10.07.2008
NUCLEAIRE: FUITE SUR LE SITE DE TRICASTIN, UNE SOCIETE PRIVEE MISE EN CAUSE
Si les conditions de la fuite d'uranium dans une installation de la société Socatri sur le site nucléaire de Tricastin, à Bollène, dans le Vaucluse, se sont nettement éclaircies, c'est la responsabilité de cette filiale d'Areva qui est désormais directement mise en cause. Selon une information révélée jeudi par le quotidien La Provence, Socatri avait été rappelée à l'ordre en mai par l'Autorité de Sûreté nucléaire (ASN) pour des «fuites» et des «écarts répétés» à ses autorisations de rejets chimiques et radiologiques.
Dans un rapport, l'ASN indique que «la canalisation qui évacue les effluents liquides, du fait de son ancienneté, a fait l'objet de fuites répétées en 2007». L'ASN a demandé un remplacement «au plus vite» ainsi qu'une «surveillance renforcée», peut-on lire dans le rapport. L'ASN relève encore que «les effluents liquides en sortie de la station de traitement présentent régulièrement des écarts aux seuils de rejets chimiques» et recommande la mise en service en 2008 «d'une nouvelle station de traitement». L'ASN évoque aussi un dépassement des rejets en carbone 14. «Bien que tous ces écarts n'aient pas de conséquences sur les personnes et l'environnement, l'ASN considère qu'ils ne sont pas acceptables et a demandé à Socatri plus de rigueur». L'antenne lyonnaise de l'ASN, qui a produit ce rapport, a indiqué jeudi que la Socatri avait engagé des travaux depuis ses recommandations. Autre élément qui plaide en défaveur de Socatri, la lenteur de sa réaction. L'ASN n'a été informée qu'à 7h30, mardi, de l'accident intervenu à 23 heures la veille au soir. Et «l'exploitant n'a pris conscience de l'importance du rejet que vers midi», constate l'Autorité dont le président a annoncé mercredi des sanctions. Mercredi, la Commission de recherche et d'information indépendante sur la radioactivité (Criirad) a annoncé qu'elle allait porter plainte. Elle vise notamment la Socatri «pour ses rejets radioactifs dans l'environnement». Des rejets dont l'ampleur a été revue à la baisse le même jour : 18,7 m3 de solution et non 30 m3 comme annoncé initialement. Quant au niveau de contamination des deux rivières (la Gaffière et le Lauzon), qui était de plusieurs milligrammes par litre mardi matin, il était tombé mercredi à 15 microgrammes par litre en moyenne. Mais quel est le degré de confiance que l’on peut accorder à ces déclarations? Rappelons-nous le « nuage » de Tchernobyl qui était censé s’être arrêté « miraculeusement » à la frontière française. On connaît la suite… Cette valeur est considérée par l'Organisation mondiale de la santé comme la limite pour la consommation humaine. Certaines mesures de restriction pourraient donc être levées. Une inspection du gendarme du nucléaire doit avoir lieu aujourd’hui jeudi sur place. En attendant, méfiance…
15:53 Publié dans Nucléaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tricastin, socatri, fuite, nucléaire















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