17.03.2009
ROBERTO HERNANDEZ, LE NABAB MEXICAIN QUI GÊNE NICOLAS SARKOZY
Roberto Hernández Ramírez est la 615e fortune mondiale selon le classement 2009 du magazine Forbes. C’est aussi l’homme chez qui ont résidé Nicolas Sarkozy et Carla Bruni les 5 et 6 mars. Il s’agissait de deux jours de vacances avant d’attaquer la visite officielle, le 8 mars. Aucun frais à payer donc, mais une invitation à assumer. En effet, Roberto Hernández Ramírez est, au Mexique, un homme controversé.
Ex-PDG d’une des principales banques du pays, Banamex, il est aujourd’hui membre du conseil d’administration de Citigroup et le cinquième homme le plus riche du Mexique, avec 1,2 milliard de dollars. Pour Mario di Constanza, économiste, auteur de Blanchiment d’argent au Mexique et leader de l’opposition, l’homme a profité de la visite du président français pour faire fructifier ses affaires. «Il cherche à s’associer à différentes entreprises de diverses nationalités pour investir dans le secteur énergétique.»
Relations. Au Mexique, c’est un sujet sensible. Une réforme a récemment modifié le statut de l’entreprise nationale Pemex (Pétrole mexicain), autorisant, de manière indirecte, l’intervention d’entreprises étrangères dans l’exploitation du pétrole. L’homme d’affaires pourrait avoir voulu se placer pour l’avenir en se prévalant de ses prestigieuses relations.
Inquiet de possibles dépenses inconsidérées de l’Etat mexicain - si le séjour du président français a été payé par son homologue mexicain, Felipe Calderón, comme l’a indiqué l’Elysée - ou d’un possible conflit d’intérêts, Mario di Constanza a fait, mercredi, une demande officielle d’informations auprès de l’Institut fédéral d’accès à l’information publique pour savoir combien avait coûté la visite officielle et privée du président français et pour savoir qui avait payé. La réponse est normalement assurée dans un délai de dix jours. Vendredi soir, la présidence mexicaine déclarait qu’un «groupe d’entrepreneurs mexicains a mis à disposition du président Sarkozy un lieu sur la côte de l’Etat de Jalisco».
«Roberto Hernández Ramírez a toujours été très proche de l’ancien président Vicente Fox et de l’actuel Felipe Calderón [tout deux membres du Parti action national (PAN), ndlr], ce qui a entraîné, par le passé, des trafics d’influence», dénonce Mario di Constanza. Il dénonce deux scandales qui ont secoué le Mexique et auquel serait lié le milliardaire : la chute du peso en octobre, à laquelle il aurait contribué avec d’autres spéculateurs ; et la vente, en 2001, de la banque Banamex à Citigroup, qui refait parler d’elle avec l’entrée récente dans Citigroup de capitaux de l’Etat américain (les lois mexicaines interdisent aux Etats étrangers d’avoir des parts dans les banques locales).
Haciendas. Mais le banquier ne côtoie pas que les présidents issus du PAN. Et l’hébergement d’un chef d’Etat étranger n’est pas non plus une première. En 2007, il avait accueilli les présidents Bush et Calderón dans une de ses haciendas du Yucatán. Idem en février 1999 quand le président mexicain Ernesto Zedillo avait reçu Bill Clinton. A l’époque, le journal local Por Esto avait publié une enquête en trois volets dénonçant l’implication de Roberto Hernández Ramírez dans le trafic de drogue et le blanchiment d’argent. Cette enquête fut le point de départ de l’opération «Casa blanca» menée par la justice américaine. «Des opérations de blanchiment d’argent dans une des banques de Banamex avaient été détectées, explique Mario di Constanza. Mais la banque plaidera coupable et paiera, au final, une simple amende.» Quant aux accusations de trafic de drogue, reprises par The Boston Phoenix, aux Etats-Unis, le milliardaire attaqua en diffamation devant un tribunal américain. Mais il fut débouté. (Source : Libération)
14:06 Publié dans Politique nationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, roberto hernandez, vacances mexicaines
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