28.08.2008

LA GRANDE MOSQUEE DE DAMAS

Damas, actuelle capitale de la Syrie,  a joué un rôle essentiel dans l’histoire de l’art musulman. La Grande mosquée de Damas a été édifiée sous le règne du calife Omeyyade al-Walid  Ier (705-715) à Damas, alors capitale du vaste empire musulman. Cette mosquée se range parmi les trois grandes mosquées, avec celle de Médine et celle du Dôme du Rocher à Jérusalem. Construite dans les premiers temps de l’Islam, la Grande mosquée des Omeyyades, était à l’origine admirablement décorée de mosaïques d’or, de marbres polis et de dessins variés. damas_mosquee_omayyad_cour_.jpgOn a prétendu pendant longtemps que cette mosquée avait été élevée sur les soubassements d’une ancienne basilique. Aujourd’hui, il est prouvé que c’est faux. La Grande Mosquée est mise en chantier par al-Walid, en 705, pour être le signe éclatant de la suprématie politique et du prestige moral de l’islam. Construite en dix ans, elle atteint pleinement le but recherché par l’ampleur et la majesté de ses proportions la richesse de son décor, la splendeur de ses matériaux et l’importance de son rôle culturel. Malheureusement, le décor d’origine a en grande partie disparu à la suite d’incendies (incendie de 1893 notamment), de tremblements de terre et de pillages. Malgré tout, elle a conservé beaucoup de sa beauté d’antan. Al-Walid y a consacré de très importantes ressources et a fait venir des artistes de fort loin. La Grande mosquée est bien la première grande réalisation architecturale qui réponde aux besoins du culte et aux prescriptions de l’islam. La Grande mosquée est constituée d’un grand rectangle de 157 mètres sur 100 qui est divisé en deux parties : Une cour (sahn) et une salle de prière Précédée par des porches à vestibule et par une grande cour, bordée de portiques ou s’élève un joli édicule octogonal posé sur huit colonnes corinthiennes (maison du Trésor), la mosquée est  flanquée de trois minarets sur plan carré. C’est un long édifice couvert en plafond, à trois nefs parallèles coupées en leur milieu par une haute travée conduisant au mihrab. En 1082, à la croisée de la nef centrale et de la travée, les Seldjoukides ont aménagé une coupole en remplacement des deux antérieures, disparues. A l’origine, l’élément dominant du décor de la mosquée était formé par ses mosaïques. Des panneaux de marbre et des fenêtres à claustra complétaient l’ornementation. Ces fenêtres ne laissaient entrer dans la salle de prière qu’une lumière très douce. Dès cette époque, la figure est exclue de l’art musulman dans les bâtiments sacrés. Il n’y a donc ni formes humaines, ni formes animales. Ce sont des motifs végétaux qui se renouvellent. Mais, exceptionnellement, à ces motifs végétaux ont été ajoutés des représentations d’architectures intégrées à un paysage. Ce style décoratif est d’inspiration Occidentale. C’est sans doute pour cela que cet essai d’art figuratif religieux n’a jamais eu de suite. Il n’a été repris dans aucune autre mosquée. Cet art se situe dans une période de transition au cours de laquelle l’art islamique cherche à forger ses propres thèmes et techniques. On peut supposer que cet essai iconographique était trop proche de la démarche chrétienne pour s’implanter en milieu islamique. Avec la Grande mosquée de Damas, le minaret devient l’un des symboles du culte musulman. De forme carrée ou en fuseau, effilé ou en spirale, le minaret est une tour, d’où le muezzin appelle les fidèles à la prière cinq fois par jour. Le premier minaret construit est celui de Damas. Sa forme carrée a été adoptée au Maghreb et en Andalousie comme en témoigne la Giralda de Séville. Les petites mosquées n’ont qu’un minaret alors que les grandes peuvent en avoir jusqu’à sept comme à la Mecque. Contrairement à ce que l’on peut parfois lire, l’art islamique n’a pas banni la représentation des êtres vivants. C’est uniquement dans le décor des édifices religieux que les formes humaines et animales ne figurent pas. Cette absence dans l’art religieux ne relève pas d’une interdiction exprimée par le Coran. En effet, le Livre sacré est muet sur la question. En revanche, le Coran met en garde contre le culte des images ou idolâtrie. Cela aboutit à ne pas pouvoir illustrer une doctrine religieuse de manière visuelle. Il existe de rares exceptions à cette règle, comme les faïences ornées d’oiseaux ou d’éléphants qui font partie du décor des parois de mosquées en Iran. C’est pourquoi, les motifs géométriques et végétaux ainsi que la calligraphie forment l’essentiel du décor de l’art religieux islamique. La calligraphie occupe une place très importante dans l’art musulman. On peut dire qu’elle est l’expression plastique du sacré, tout comme la psalmodie du Coran est son expression musicale. Par contre, les être vivants sont largement représentés dans l’art profane comme par exemple sur les peintures qui décorent les palais des Omeyyades et des Abbassides. (Voir l'album photo: La Grande Mosquée de Damas)

03.08.2008

DECES DE L'ECRIVAIN RUSSE ALEXANDRE SOLJENITSYNE

L'écrivain russe Alexandre Soljenitsyne, 89 ans, prix Nobel de littérature, est décédé dans la nuit de dimanche à lundi à son domicile à Moscou, a annoncé l'agence de presse Itar-Tass, citant son fils Stepan. alexandre-soljenitsyne.jpgAlexandre Soljenitsyne est décédé "à la suite d'une insuffisance cardiaque aigue" dimanche à 23h45 heure de Moscou a déclaré le fils de l'écrivain, cité par l'agence. Soljenitsyne a révélé au monde la réalité du système concentrationnaire soviétique dans ses ouvrages "Une journée d'Ivan Denissovitch", "Le premier cercle" et "L'Archipel du Goulag". Prix Nobel de littérature en 1970, il a été privé de sa citoyenneté soviétique en 1974 et expulsé d'URSS. Il a alors vécu en Allemagne, en Suisse puis aux Etats-Unis, avant de revenir en Russie en 1994 après la chute de l'URSS.

27.07.2008

LE CINEASTE EGYPTIEN YOUSSEF CHAHINE EST DECEDE AUJOURD'HUI AU CAIRE

Le plus célèbre des cinéastes égyptiens, Youssef Chahine, est décédé dimanche à l'aube à l'âge de 82 ans, après avoir passé six semaines dans le coma à la suite d'une hémorragie  "Youssef Chahine est décédé à 03H30 ce matin à l'hôpital militaire de Maadi", dans la banlieue du Caire, a déclaré son ancien disciple, le réalisateur Khaled Youssef. Ses funérailles auront lieu lundi à 13H00 (10H00 GMT) en la cathédrale grecque-catholique du Caire. chahine.jpgPuis le cinéaste sera enterré dans le caveau familial à Alexandrie, la grande ville du nord où il est né, a précisé l'agence officielle Mena. "Au revoir Chahine", saluait dimanche la télévision publique dans un bandeau, après avoir annoncé la mort du dernier monstre sacré des cinéastes égyptiens. La chaîne a rendu hommage au "remarquable" cinéaste, diffusant de brefs extraits de ses films et des images d'archives de Youssef Chahine, notamment au festival de Cannes. Youssef Chahine avait été hospitalisé en France pendant un mois à la suite d'une hémorragie cérébrale survenue en Egypte, qui l'avait plongé dans le coma à la mi-juin. Même si ses relations avec le régime étaient, du propre aveu du cinéaste, "très mauvaises", le président Hosni Moubarak avait fait annoncer que l'Etat égyptien prendrait à sa charge ses frais d'hospitalisation en France. Ceux qui ont tourné sous sa direction, ou à ses côtés, car sa vocation première était d'être acteur, le décrivent comme une "personnalité mythique du cinéma arabe", a dit l'actrice égyptienne Yosra. "C'était l'un des cinéastes les plus importants du monde, et pas seulement du monde arabe", a affirmé un autre acteur égyptien, Nour el-Chérif. Chahine était une véritable "école du cinéma égyptien", a pour sa part estimé le critique de cinéma Kamal Ramzi. "Tous ceux qui ont travaillé avec lui ont beaucoup appris de son style". La presse égyptienne, gouvernementale comme d'opposition, avait donné en "Une" la nouvelle de l'attaque cérébrale qui avait frappé un cinéaste déjà entré dans la légende. Le réalisateur, scénariste et producteur, né en 1926, avait obtenu en 1997 le Prix du cinquantième anniversaire du Festival de Cannes pour l'ensemble de son oeuvre. C'est l'actrice française Isabelle Adjani qui lui avait remis le prix, en saluant "son humanité, sa tolérance et son courage, en des temps difficiles et troublés". Parmi ses films les plus connus figurent "Le Destin" (1987), une dénonciation du fanatisme, ainsi que "La Terre" (1969) et "Alexandrie, Pourquoi" (1978), premier volet d'une trilogie autobiographique. C'est lui qui découvrit au début des années 50 Omar Charif, l'autre grand nom du cinéma égyptien, seul grand acteur arabe de stature internationale. Eduqué en français et en anglais, Youssef Chahine était parti étudier à 21 ans le cinéma en Californie. Il s'insurgea contre l'islamisme, lui qui connut dans son enfance une Egypte tolérante et multi-ethnique, où les chrétiens comme lui, mais aussi les juifs, vivaient en harmonie. Très critique envers le régime égyptien, son dernier film, "Le chaos", co-réalisé avec Khaled Youssef en 2007 et qui dépeignait la corruption et la torture en Egypte, ne remporta pas le succès qu'il escomptait dans son pays ni à l'étranger. Francophone et francophile, Youssef Chahine avait été décoré de la Légion d'honneur française en novembre 2006. Le cinéaste était marié à une Française, Colette. Il n'avait pas d'enfants.

05.07.2008

L'ECOLE DE PEINTURE DE MUROL (Puy de Dôme)

Par École de Murol, on désigne une cinquantaine de peintres qui, dans la première moitié du 20ème siècle, se sont côtoyés ou succédés dans ce bourg du Massif des Dores. Attirés et accueillis par l'abbé Léon Boudal, curé du lieu et peintre lui-même, ils furent stimulés par les exemples de maîtres comme Charreton, Point, Terlikowski, Zingg... Adolphe rey.jpgChez ces artistes, qui se situent dans la suite de l'Impressionnisme ou du Fauvisme, on trouve des individualités aussi fortes que diverses, mais ce que tous possèdent en commun, c'est l'amour du paysage, et plus particulièrement du paysage sous la neige. Au Musée des Peintres de l'École de Murol, on peut admirer des oeuvres de André Bardet, Christian Bardet, Joseph Barrière, Charlotte Bay, Léon Boudal, Maurice Busset, Ernest Chanonat, Victor Charreton, Jean de Chasteauneuf, Roger Deverin, Elisabeth Dodel-Faure, A. Ferreyrolles, Jules Guiboud, Georges Gobo, Charles Jaffeux, Robert Luton, A. Millat, Henri Moinier, Francis Moulette, Pierre Paillassoux (Pip), J. Mario Pérouse, Adolphe Rey, Pierre Petit-Gérard, Alphonse Simon, Wladimir de Terlikowski, Alfred Thésonnier, Jules Zingg...  Voir l’album consacré à l’Ecole de Murol.

 

03.07.2008

JOSEF THORAK

D’origine prussienne, Josef Thorak est né le 7 février 1889 à Salzburg (Autriche). Eduqué au cloître de Salzbourg, il commence à 14 ans l’apprentissage deu métier de poêlier. Il apprend la céramique à l’ancienne, notamment en voyageant dans toute l’Europe centrale et les Balkans. Il travaille pour le Tsar Ferdinand de Bulgarie avant de rentrer à Vienne, en 1906.ThorakAB.jpg Il suit les cours du soir de l’Ecole des Arts et Métiers en travaillant la journée comme potier. Il suit les cours du sculpteur Harnak et du professeur Müller et reçoit à la veille de la Grande Guerre une médaille d’or récompensant son œuvre artistique. Suivent des années difficiles après son installation à Berlin où ; après quelques mois à la guerre, il part vivre dans une ferme comme cultivateur. Il reçoit à partir de 1919 diverses récompenses pour ses monuments, notamment aux morts. « Son art, parfois qualifié de “naturalisme monumental”, est à cette époque très influencé par Rodin et l’école naturaliste de Manzel, avec de fortes réminiscences musicales du vieux baroque autrichien » (Mortimer G. Davidson, Kunst in Deutschland). Il devient célèbre et accumule les prix ; un film le prend même pour sujet (Schaffende Hände). Après de nombreuses réalisations en Turquie, il revient en Allemagne en 1935. Son art est reconnu mondialement et les commandes se multiplient. Ses deux groupes conçus pour l’exposition universelle de Paris de 1937 (Kameradschaft - camaraderie - et Die Familie - la famille -) remportent le Grand Prix du Jury international. Son activité augmente avec la guerre. Mais à la fin de celle-ci, avec la chute du IIIe Reich, de nombreuses de ses œuvres sont détruites ou volées par les troupes américaines.  Traîné devant les tribunaux, il est acquitté en 1945, mais on lui interdit de travailler pendant quelques années. Il poursuit clandestinement son œuvre et réalise un certain nombre de sculpture d’inspiration religieuse. Il meurt le 26 février 1952 à Hartmannsberg en Allemagne. (Voir l'album: Josef Thorak)

 



 

29.06.2008

ARNO BREKER

Le sculpteur allemand Arno Breker est né le 19 juillet 1900 à Elberfeld. Fils d’un sculpteur sur pierre, il étudie les beaux-arts dans sa ville natale puis à Düsseldorf. D’abord intéressé par l’art abstrait, il s’oriente progressivement vers les représentations classiques. Il s’installe pendant quelques temps à Paris, où il est l’élève d’Aristide Maillol, puis à Rome après avoir obtenue le Prix de Rome de la Prusse en 1932, il séjourne à la Villa Massimo, l’Académie allemande de Rome. Arno_Breker%2C_Albert_Speer_%281940%29.jpgSa notoriété gagne rapidement toute l’Europe. Au milieu des années trente, il se rapproche progressivement du Parti national-socialiste. Nommé professeur à l’école d’arts plastiques de Berlin, il est remarqué par le Dr Joseph Göbbels qui lui passe plusieurs commandes dans le cadre de son ministère. Il travaille également avec Albert Speer au projet de réaménagement et d’embellissement de Berlin.  Le 22 juin 1940, il sert de guide au Führer lors de sa visite de Paris. Arno Breker honore des commandes de l’Etat et participe, en 1942, à une exposition de ses œuvres à Paris. Cette exposition est saluée avec enthousiasme par de nombreux intellectuels français dont Jean Cocteau. En 1945, son atelier est réquisitionné et certaines de ses œuvres sont détruites. Il ne sera jamais poursuivi pour son adhésion au National-socialisme et refusera toujours d’exprimer le moindre regret ou excuse, estimant que les artistes n’ont rien à voir avec la politique. Il continuera de sculpte jusqu’à sa mort en 1991. Wolff. (Visiter l'album photo consacré à Arno Breker)

16.06.2008

LE CINEASTE YOUSSEF CHAHINE HOSPITALISE EN FRANCE APRES UNE HEMORRAGIE CEREBRALE

Le plus célèbre des cinéastes égyptiens, Youssef Chahine, 82 ans, a été admis d'urgence lundi dans un hôpital de la région parisienne, à la suite d'une hémorragie cérébrale qui l'a plongé dans le coma, a indiqué un membre de sa famille à l'AFP. Youssef Chahine.jpgLe réalisateur égyptien, qui a marqué le cinéma de son pays depuis les années 50 par une oeuvre à la fois intimiste et politiquement engagée, a été transféré lundi par avion-ambulance privé d'Egypte en France. Son état de santé "est critique mais stable", a précisé à l'AFP sa nièce, Marianne Khoury, qui l'accompagne. Le cinéaste a été victime samedi d'une hémorragie cérébrale, et "la décision a été prise dimanche soir de le transférer en France", a précisé Mme Khoury. Youssef Chahine, qui est toujours "inconscient", a été admis à l'Hôpital américain de Neuilly (Hauts-de-Seine), a précisé sa nièce.Youssef Gabriel Chahine (يوسف جبريل شاهين) (né le 25 janvier 1926 à Alexandrie) est un réalisateur, acteur, scénariste et producteur égyptien de réputation internationale. Il commence ses études au collège Saint-Marc puis il rejoint ensuite The English College où il obtient son baccalauréat. À 21 ans, il quitte l’Egypte natale pour aller étudier le cinéma dans les environs de Los Angeles. le destin.jpgÀ son retour, trois ans plus tard, l'occasion lui est donnée, grâce à Alvise Orfanell, de réaliser son premier film, Papa Amine. Fréquemment confronté à la censure, Youssef Chahine ne cesse néanmoins de dénoncer la bêtise et l'intégrisme ("Le destin" (1997), qui évoque le philosophe arabe du XIIè siècle Averroès), tout en multipliant les choix stylistiques, du mélodrame chanté (J'ai quitté ton amour avec Farid el Atrache) à la reconstitution historique (Adieu Bonaparte) ou à l'évocation autobiographique (Alexandrie pourquoi).

24.05.2008

EXPRESSIONISME ALLEMAND: UNE REVOLTE CONTRE L'ORDRE BOURGEOIS

Die Brücke est un groupe d’artistes allemands expressionnistes formé le 7 juin 1905 à Dresde. Ses premiers membres furent quatre étudiants en architecture issus du Jugendstil, influencés par Hermann Obrist : Ernst Ludwig Kirchner (1880-1938)  Erich Heckel (1883-1970) Fritz Bleul (1860-1966) et Karl Schmidt-Rottluff (1884-1976). Emil Nolde (1856-1956) et Max Pechstein (1881-1955) les rejoindront en 1906 et Otto Mueller (1874-1930) en 1910. Die Brücke est l’un des deux groupes fondamentaux du mouvement expressionniste allemand, le second étant Der blaue Reiter, fondé en 1911 à Münich. Le groupe fut ainsi nommé en référence à un passage de l’ouvrage de Nietzsche « Also sprach Zaratoustra » :  « L’homme est une corde, entre bête et surhomme tendue, une corde sur un abîme. Dangereux de passer, dangereux d’être en chemin, dangereux de se retourner, dangereux de trembler et de rester sur place ! Ce qui chez l’homme est grand c’est d’être un pont et de n’être pas un but : ce que chez l’homme on peut aimer, c’est qu’il est un passage, un déclin. J’aime ceux qui ne savent vivre qu’en déclinant, car ils vont au-dessus et au-delà. » Les membres de Die Brücke voulaient être un pont entre la peinture néo-romantique allemande et la peinture expressioniste.  Die Brücke voulaient en finir avec les vieilles conventions  d’un monde étriqué et ranci. Selon Kirchner, l’artiste ne doit pas s’imposer de règle. L’inspiration doit couler librement afin de rendre l’immédiateté de l’expression selon les émotions et la conscience subjective de l’artiste. Il s’ensuit un dessin au trait rapide et le recours à des couleurs vives, pures ou très peu mélangées. Les aspects formels ne sont pas leur préoccupation, ce qui les séparent du fauvisme de Matisse ou de Braque. Pour ces allemands, le contenu est plus important que la forme. S’ajoutent à cela la conscience aiguë d’un vieux monde qui s’écroule (Le Cri prémonitoire d’Edward Munch) et la critique acerbe des relations sociales imposées par le capitalisme, ce qui leur vaudra rapidement l’hostilité de la bourgeoisie allemande et de tous les bien-pensants. L’expressionisme allemand est avant tout l’expression d’une révolte contre l’ordre bourgeois établi. Dans les années trente d’ailleurs, ce que l’on feint d’oublier aujourd’hui, communistes et nationaux-socialistes partageront une même détestation de la république de Weimar, de la bourgeoisie, de la démocratie  et de la corruption des prétendues « élites » républicaines. Les membres de Die Brücke trouveront refuge dans un quartier ouvrier de Dresde. Ils développeront un style basé sur des couleurs vives, violemment opposées, sur des formes tourmentées. Le nu, en tant que symbole d’un état paradisiaque primordial, sera l’un de leurs motifs préférés. Mais ils peignent et gravent également tous les sujets classiques tels que natures mortes, paysages, portraits et décors urbains. Ils remettent à l’honneur la technique de la gravure sur bois, jouant avec les contrastes violents du noir et du blanc. Ils organisent une première exposition à Berlin en mai 1910 et s’y installent peu de temps après. Le groupe se dissout le 27 mai 1913, conséquence des divergences qui ont vu le jour entre ses membres. Un autre groupe lui succède en 1919, Die Dresdner Sezession, avec entre autre le peintre Conrad Felixmüller. Ernst Ludwig Kirchner est considéré comme le peintre le plus représentatif de Die Brücke. Il sut exprimer l’ambiance des rues et de la vie urbaine de Berlin dans des formes nouvelles et originales.

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 Formes sèches et aiguës, couleurs acides sont caractéristiques de sa peinture. Il se suicide le 15 juin 1938. Emil Nolde, bien qu’il quitte le groupe en 1911, est également considéré comme un des plus grands représentants de Die Brücke. Il est influencé par le peintre belge James Ensor et par Vincent Van Gogh. Il se sent fortement attité par le mythe du « sauvage ». Sa quête du  paradis primordial s’exprime au travers d’un sentiment tragique de la nature.

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Vers 1909, suite à une grave maladie, il commence à peindre des tableaux d’inspiration religieuse où  s’exprime son mysticisme. Alors que le Fascisme italien fera sien le Futurisme ( voir l’ouvrage de Marinetti « Futurisme et Fascisme », paru en 1934, dans lequel il présente le Futurisme comme précurseur et partenaire du Fascisme), le National-Socialisme, quant à lui, condamnera sans appel l’Expressionisme comme « art dégénéré ». Faut-il sans doute sans doute en rechercher une explication dans l’incompréhension du Führer, qui resta toujours très attaché aux formes du néo-classicisme, qui marquent ses œuvres de jeunesse.

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(Voir Album photos Expressionisme allemand Die Brücke)

WOLFF