24.03.2009

ECOLOGIE : LA PENURIE PLANETAIRE D'EAU MENACE

La pénurie planétaire d’eau menace. Déjà un milliard de personnes n’ont pas accès à l’eau potable. Si rien n’est fait, les plus alarmistes prévoient une grave instabilité politique et économique, voire une mise en péril du développement humain. Plus de 25.000 personnes ont participé à Istanbul au 5e forum mondial de l’eau pour pointer l’urgence de protéger cette ressource naturelle.arton1719.jpg La déclaration finale, qui n’a pas retenu la notion de "droit à l'accès à l'eau", a déçuLe 5e forum mondial de l’eau s’est achevé à Istanbul sur une belle frustration. La France, l'Espagne, l'Afrique du Sud ou encore le Bangladesh ont tenté de faire modifier la déclaration finale, afin que l'accès à l'eau potable et à l'assainissement soit reconnu comme un "droit" humain fondamental et non pas seulement un "besoin". Sans succès. Comme souvent, la déclaration finale regorge de bonnes résolutions, mais n’engage à rien de concret. Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat à l’écologie l’a déploré : "Je suis déçue, car je pense que c'est un droit très important". Si l’épilogue de ce forum a laissé un gout amer, il y a quand même eu durant ce forum un véritable foisonnement d'idées et d'échanges, qui a mis en relief le lien étroit entre eau, énergie et alimentation. Le temps de “l’eau facile" est révolu. L'eau subit à la fois la pression du réchauffement climatique et de la croissance démographique. Avec une population mondiale estimée à 9 milliards d’humains en 2050, la demande en eau devrait augmenter, selon l'ONU, de 64 milliards de m3/an. En 2015, 2,4 milliards de personnes ne disposeront pas d'un service d'assainissement minimal, alors que, dans les pays en développement, 80 % des maladies sont liées à l’eau. En 2030, 47 % de la population mondiale vivra dans des régions exposées aux pénuries, ce qui aura pour conséquence des exodes massifs. Le document de l'UNESCO, publié avant le forum, affirme qu’"en dépit du caractère vital de l'eau, le secteur souffre d'un manque chronique d'intérêt politique, d'une mauvaise gouvernance, et de sous-investissement. Il faut agir d'urgence pour éviter une crise globale."
Un collège de 300 parlementaires de 90 pays s’est réuni à Istanbul. Il insiste sur le renforcement de la coopération entre pays en voie de développement et pays développées pour favoriser la diffusion des solutions de gestion de l’eau et d’assainissement. Il préconise la création d’un fonds, financé par les pays développés à hauteur de 1 % de leur budget eau. La coopération irait au-delà de l’aide financière, et devrait porter sur des transferts de technologies et des aides techniques. Les parlementaires ont plaidé pour une gouvernance mondiale de l’eau, dont le rôle serait de garantir à chaque pays sa souveraineté dans la gestion de ses ressources en eau. Un diplomate européen résume : «Les pays en position de "château d'eau" par rapport à leurs voisins sont plutôt réticents car ils craignent une ingérence dans leurs affaires intérieures», à l’instar de la Chine, en position "hydro-hégémonique". S’il n’y a pas pour le moment de guerre de l’eau, les problèmes diplomatiques, liés à l’accès aux ressources en eau, risquent de s’amplifier. (Source : www.lepetitjournal.com)