29.09.2009

HISTOIRE: LE "CRÂNE DE HITLER" CONSERVE A MOSCOU EST CELUI D'UNE FEMME

Un fragment de crâne censé être celui d'Adolf Hitler est en fait celui d'une femme non identifiée, selon une étude américaine qui ravive les questions entourant la mort du dirigeant nazi. L'os, troué par une balle, alimente la thèse selon laquelle Hitler s'est suicidé dans son bunker à Berlin à l'arrivée des troupes soviétiques en avril 1945.Crâne Tonton.jpg

Des doutes sur la succession des événements -et même des spéculations sur une possible fuite du "Führer"- persistent depuis des décennies.

Le morceau de crâne avait été exposé pour la première fois par le Département des archives à Moscou en 2000. Les Russes affirment détenir également la mâchoire d'Hitler.

Or, des professeurs de l'Université du Connecticut (nord-est) assurent que leurs analyses démontrent que le crâne est celui d'une femme, d'un âge compris entre 20 et 40 ans.

Archéologue et spécialiste des ossements humains, Nick Bellantoni affirme avoir immédiatement pensé qu'il s'agissait d'une femme en raison de la structure du crâne.

Partenaire dans ce projet, Linda Strausbaugh, directrice du centre de recherche génétique de l'Université du Connecticut, a accepté d'effectuer des recherches ADN.

Nick Bellantoni s'est alors rendu à Moscou, où il a prélevé un échantillon, et l'équipe s'est mise au travail au laboratoire de l'université en mai dernier. Il leur a fallu trois jours pour boucler leurs analyses.

Les chercheurs craignaient initialement que l'état du squelette rende les résultats illisibles, parce que le crâne avait été conservé à température ambiante et que le morceau qui leur avait été remis était brûlé par le projectile.

Mais l'intérieur du fragment était intact et l'équipe a pu effectuer ses analyses. Pour arriver à un résultat étonnant.

"L'ADN nous dit qu'il s'agit d'une femme", a affirmé Mme Strausbaugh à l'AFP, interrogée lundi.

Cette révélation fait l'objet d'un documentaire diffusé sur History Channel et intitulé "La fuite d'Hitler", qui avance à nouveau l'idée que le dictateur ait pu fuir Berlin.

La chercheuse explique pour sa part que les analyses ne prouvent rien sur le sort d'Hitler et se contente d'affirmer que le crâne n'est pas le sien.

En fait, même à Moscou, certains scientifiques ont déjà exprimé des doutes quant à l'origine du fragment de crâne.

Une question reste en suspens: à qui appartient le crâne de Moscou? Selon Mme Strausbaugh, si des échantillons d'ADN de parents des personnes mortes dans le bunker pouvaient être obtenus, un peu de clarté pourrait être faite. Mais pour l'instant, son identité reste une énigme.

18.09.2009

LE BATALLON DE SAN PATRICIO, UN EXEMPLE D'UNION DES PEUPLES CATHOLIQUES CONTRE LES USA par Albert JACQUEMIN

Lors de la seconde guerre du Golfe, nombre de journalistes ont insisté sur le fait que, connaissant des problèmes de recrutement parmi ses nationaux, l’armée des USA avait intégré dans ses rangs un nombre non-négligeable d’étrangers en leur promettant la nationalité américaine à l’issue de leur engagement. Pour surprenante quelle soit, cette pratique n’est pas nouvelle au sein de l’US Army. Pratiquée sur une grande échelle au milieu du XIXème siècle, elle a été la cause d’un des épisodes figurant parmi les plus occultés de l’histoire des USA : la création du Batallón de San Patricio.san%20patricios%205.jpg Dans les années 1830-1850, les États-Unis entreprirent de se rendre maître des territoires, alors sous domination mexicaine, situés au Sud et au Sud-Est de leur frontière. Le moment le plus important de cette marche vers le sud fut l’annexion du Texas en 1845, dix années après que les colons anglo-saxons qui y résidaient se soient soulevés contre le Mexique et aient déclaré leur indépendance. Cette annexion fut la cause la guerre américano-mexicaine qui se déroula de 1846 à 1848. Connaissant une pénurie d’homme de troupe qu’elle ne réussissait pas à combler en faisant appel à ses nationaux, l’armée américaine eut alors l’idée d’enrôler, plus ou moins de force, les immigrants célibataires à leur descente des navires les amenant d’Europe. Ainsi, nombreux furent, parmi les soldats qui combattirent contre les Mexicains, ceux originaires d’Irlande d’où la « Grande famine » occasionnait alors une immigration particulièrement conséquente. Ces soldats, à qui on avait promis la nationalité américaine et quelques arpents de terre à l’issue de la guerre, eurent rapidement de multiples raisons de regretter leur engagement dans les troupes de l’oncle Sam. D’une part, dirigée par des officiers wasp (white anglo-saxon protestant), ils devaient subir le racisme ethnique et religieux de ceux-ci qui se manifestait par le mépris, par des mauvais traitements ainsi par des difficultés à pouvoir pratiquer la foi catholique. D’autre part, cette même foi les poussait à être solidaires des Mexicains et à considérer comme inacceptable le comportement au combat de l’US Army caractérisé par des exécutions sommaires, des pillages et des viols. C’est en conséquence de cela qu’un nombre important d’entre eux, menés par un lieutenant du nom de John Riley, choisirent, selon les termes de l’historien Peter Quinn « de combattre au côté des Mexicains catholiques contre les protestants américains, formant le régiment de saint Patrick qui est le seul exemple dans toute l’histoire américaine d’une désertion de masse en temps de guerre pour se mettre au service de l’ennemi. ». Exclusivement irlandais à l’origine les San Patricios furent rapidement rejoints par d’autres déserteurs de religion catholique et de souche européenne : Français, Italiens, Polonais, Espagnols et Suisse. Au nombre de huit cents, ils s’illustrèrent lors des combats de Monterrey Angostura, Churubusco et Chapultepec, où leurs capacité d’artilleurs et leur ardeur au combat firent des miracles. Vaincu militairement, le Mexique dut accepter de signer, le 2 février 1848, le traité de Guadalupe par lequel il abandonna aux États-Unis, contre une indemnisation minime, le Texas, la Californie, le Nevada, l’Utah, le Colorado, l’Arizona, le Nouveau-Mexique et le Wyoming, soit les deux tiers de son territoire national… Il n’oublia cependant pas les étrangers qui avaient servi dans ses rangs. Rendus à la vie civile en 1850, ceux ci furent décorés, reçurent la nationalité mexicaine et il se virent attribuer des terres agricoles. Ceux qui, par contre, eurent le malheur d’être capturés par les troupes yankees furent tous condamnés à mort et exécuté par pendaison. Si aux USA, cet épisode fut dès l’origine totalement occulté  et y suscite toujours une très grande réticence, il fut l’objet au Mexique et en Irlande d’une glorification qui n’a jamais cessée. Chaque 12 septembre, anniversaire du jour où les San Patricios prisonniers furent pour la plupart pendus, leur souvenir est commémoré au Mexique par des cérémonies officielles. À Monterrey et à Mexico, des rues portent leurs noms et une plaque apposée sur le Parlement mexicain relate en lettres d’or leur sacrifice pour une nation qui n’était pas la leur. En Irlande, à Clifden, ville natale de John Riley, une statue, offerte par le gouvernement mexicain, évoque son histoire sur la place centrale de la ville et chaque année, le 12 septembre, la ville pavoise aux couleurs mexicaines. Dans le champ politique, les San Patricios sont aussi depuis quelques temps régulièrement invoqués. Le sous-commandant Marcos de l’Armée zapatiste de libération en a fait un exemple d’union des peuples contre l’impérialisme américain et, aux États-Unis même, depuis quelques années, une partie de la droite catholique se revendique de leur souvenir, voyant dans l’augmentation de la proportion des latinos dans la population une occasion pour les catholiques de prendre leur revanche sur l’Amérique protestante qui les a si longtemps considérée comme des citoyens de seconde zone. (Source voxnr)

 

07.03.2009

7 MARS 1966: "LA FRANCE SE PROPOSE DE RECOUVRER L'ENTIER EXERCICE DE SA SOUVERAINETE"

Alors que le débat sur le retour de la France dans l'Otan se poursuit, voici la lettre que le général De Gaulle envoyait, il y a 43 ans aujourd'hui, au président américain Lyndon B. Johnson.de_gaulle_3.jpg Il annonçait le retrait de la France de l'organisation militaire intégrée. En voici le texte. (Source: Blog Secret Défense)

"Cher monsieur le président,

Notre Alliance atlantique achèvera dans trois ans son premier terme. Je tiens à vous dire que la France mesure à quel point la solidarité de défense ainsi établie entre quinze peuples libres de l'Occident contribue à assurer leur sécurité et, notamment, quel rôle essentiel jouent à cet égard les États-Unis d'Amérique. Aussi, la France envisage-t-elle, dès à présent, de rester, le moment venu, partie au Traité signé à Washington le 4 avril 1949. Cela signifie, qu'à moins d'événements qui, au cours des trois prochaines années, viendraient à changer les données fondamentales des rapports entre l'Est et l'Ouest, elle serait, en 1969 et plus tard, résolue, tout comme aujourd'hui, à combattre aux côtés de ses alliés au cas où l'un d'entre eux serait l'objet d'une agression qui n'aurait pas été provoquée.

Cependant, la France considère que les changements accomplis ou en voie de l'être, depuis 1949, en Europe, en Asie et ailleurs, ainsi que l'évolution de sa propre situation et de ses propres forces, ne justifient plus, pour ce qui la concerne, les dispositions d'ordre militaire prises après la conclusion de l'alliance soit en commun sous la forme de conventions multilatérales, soit par accords particuliers entre le gouvernement français et le gouvernement américain.

C'est pourquoi la France se propose de recouvrer sur son territoire l'entier exercice de sa souveraineté, actuellement entamé par la présence permanente d'éléments militaires alliés ou par l'utilisation habituelle qui est faite de son ciel, de cesser sa participation aux commandements «  intégrés » et de ne plus mettre de forces à la disposition de l'OTAN.

Il va de soi que, pour l'application de ces décisions, elle est prête à régler avec les gouvernements alliés et, en particulier, avec celui des États-Unis, les mesures pratiques qui les concernent. D'autre part, elle est disposée à s'entendre avec eux quant aux facilités militaires à s'accorder mutuellement dans le cas d'un conflit où elle s'engagerait à leurs côtés, et quant aux conditions de la coopération de ses forces et des leurs dans l'hypothèse d'une action commune, notamment en Allemagne.

Sur tous ces points, cher monsieur le président, mon gouvernement va donc prendre contact avec le vôtre. Mais, afin de répondre à l'esprit d'amicale franchise qui doit inspirer les rapports entre nos deux pays et, permettez-moi de l'ajouter, entre vous et moi, j'ai tenu, tout d'abord, à vous indiquer personnellement pour quelles raisons, dans quel but et dans quelles limites la France croit devoir, pour son compte, modifier la forme de notre alliance sans en altérer le fond.

Je vous prie de bien vouloir agréer, cher monsieur le président, les assurances de ma très haute considération et l'expression de mes très cordiaux sentiments.

Charles de GAULLE."

29.11.2008

ALGERIE: UN MANUSCRIT DU GENERAL DE GAULLE

L'étude de commissaires-priseurs Beaussant-Lefèvre organise, le 18 décembre à Drouot-Richelieu (Paris), une vente exceptionnelle de manuscrits, parmi lesquels 49 documents de la main du général de Gaulle et un d'Yvonne, évoquant la mort de son mari. On y trouve en particulier, ce premier brouillon ( daté du 22 ou 23 avril 1961) du célèbre discours prononcé par le chef de l'Etat au moment du putsch des généraux d'Alger, en avril 1961. Les formules célèbres "quarteron de généraux en retraite", "pronunciamiento" n'y figurent pas encore. Le texte est le suivant : "Un acte grave et prémédité d'indiscipline vient d'être commis à Alger où des éléments militaires, entraînés par des officiers généraux en retraire parjures à leur devoir, refusent d'obéir aux ordres du commandant, occupent les bâtiments officiels et empêchent les communications entre Alger et la métropole. Dans le reste du territoire de l'Algérie la situation est normale à tous égards. Le gouvernement prend les mesures nécessaires pour que force reste à la loi..." Ce document, de format 1/4 in-8 est estimé entre 20.000 et 30.000 euros. (Source : blog Secret Défense)

 

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01.10.2008

REHABILITATION DE LA LA FAMILLE IMPERIALE RUSSE

Le tsar Nicolas II a été tué illégalement en 1918 par les bolcheviques, estime la Cour suprême russe qui a ordonné sa réhabilitation officielle. Exécuté avec sa femme et leurs cinq enfants par un peloton de soldats bolcheviques dans la ville d'Ekaterinbourg, l'ancien monarque n'avait pas eu droit à un procès. TsarNicolasFamily_468x438.jpgCette décision de justice fait suite à une campagne des sympathisants monarchistes et des descendants de la dynastie des Romanov pour que leurs ancêtres soient reconnus comme victimes de crimes. L'an passé, la Cour suprême avait estimé que la réhabilitation des membres de la famille royale russe était rendue impossible par un point technique de droit : les Romanov n'ayant jamais été accusés de crimes, ils ne pouvaient être recevables à demander une réhabilitation. Le jugement rendu mercredi en appel casse cette décision."Le présidium de la Cour suprême a établi que (le tsar Nicolas et sa famille) avaient été exécutés sans fondement et qu'ils devaient être réhabilités. La décision est définitive", a déclaré un porte-parole de la cour. Pour Alexander Zakatov, représentant des héritiers de la dynastie Romanov, c'est "avant tout une décision symbolique". "Il est très important pour notre société qu'un crime, commis il y a 90 ans, soit condamné et que les accusations injustes contre le tsar et sa famille, selon lesquelles ils étaient les ennemis du peuple, soient effacées," a-t-il expliqué à Reuters."Il s'agit d'une grande victoire", a ajouté Zakatov, précisant que la grande duchesse Maria Vladimirovna, qui vit à Madrid, recevra bientôt un document attestant que le tsar et sa famille ont été victimes de la répression soviétique. A quand la réhabilitation de Louis XVI et de la famille royale assassinés par les "humanistes" de la Révolution française?

 

23.09.2008

STONEHENGE: NOUVELLE HYPOTHESE

Deux archéologues britanniques avancent une nouvelle explication sur le mystérieux site mégalithique de Stonehenge, dans le Sud de l'Angleterre, qui alimente les spéculations depuis des milliers d'années. Les professeurs Geoffrey Wainwright et Timothy Darvill pensent que des pèlerins malades y venaient de toute l’Europe dans l'espoir de guérir. Stonehenge.jpg"Nous avons trouvé plusieurs raisons de croire que les pierres ont été construites dans le cadre d'une croyance dans un processus de guérison", a déclaré le Pr. Wainwright devant les journalistes réunis à la Société des antiquaires de Londres. Jusqu'à présent, les diverses hypothèses faisaient de Stonehenge un temple où était révéré le soleil, un site de sépulture sacré, ou encore une calculatrice astronomique géante. MM. Wainwright et Darvill étaient les premiers archéologues à y réaliser des fouilles depuis plus de 40 ans. Au centre du site se trouvent deux cercles rares de roches bleues transportées depuis le Pembrokeshire, au Pays de Galles. Or ces pierres étaient réputées pour leurs propriétés curatives, notent-ils. Les squelettes découverts sur place portaient des traces de blessures ou des signes de maladies graves. "Lorsqu'ils venaient au monument de Stonehenge, les gens étaient dans un état de détresse, pour parler poliment", a expliqué le Pr. Darvill. Selon les deux collègues, cela indique que les gens venaient de toute l'Europe à ce sanctuaire dans l'espoir d'une guérison. Ce qui n'exclut pas les autres fonctions de Stonehenge. "Ca a pu être un temple, en même temps que c'était un centre de guérison", a affirmé M. Darvill. "Tout comme Lourdes, par exemple, demeure un centre religieux".

10.08.2008

TIRAILLEURS SENEGALAIS: CHARLES T'CHORERE (1896-1940), français par le sang versé

1896 - Charles N'Tchoréré est né à Libreville en novembre 1896. Fils de notable, il fait ses études à Montfort, après lesquelles il est contraint d'entrer dans la vie active et occupe un poste commercial au Cameroun. Première Guerre mondiale (1914 - 1918) A la déclaration de guerre, N'Tchoréré quitte la colonie allemande pour rentrer au Gabon.  En 1916, il se porte volontaire pour le front. A la fin de la guerre, il opte définitivement pour la carrière des armes. yabonbanania-tchorere.jpg1919 - Promu adjudant, N'Tchoréré prend part aux combats du Maroc. Entré à l'école d'officiers de Fréjus, il en sort "major" en 1922. Désigné pour le Levant, le lieutenant N'Tchoréré est gravement blessé lors des opérations en Syrie.  1925 - N'Tchoréré est cité à l'ordre de la division et décoré de la Croix de guerre avec étoile d'argent. Ensuite, après un bref passage au ministère de la guerre, il demande à partir pour le Soudan. Il prend à Kati le commandement de la compagnie hors-rang du 2e RTS, dirigeant parallèlement l'école d'enfants de troupe. 1933 - Promu capitaine, N'Tchoréré est affecté au 1er RTS, à Saint-Louis (Sénégal), où il commande également l'école d'enfants de troupe. Seconde Guerre mondiale (1939-1945) À la déclaration de guerre en septembre 1939, le capitaine N'Tchoréré demande à partir avec un bataillon de volontaires gabonais. Affecté au camp de Sauge, près de Bordeaux, il est envoyé sur le front de la Somme où il prend le commandement de la 7e compagnie du 53e RICMS. Le 7 juin 1940 - Le capitaine N'Tchoréré est éxécuté par l'armée allemande. Le capitaine N'Tchoréré et sa compagnie sont retranchés dans le village d'Airaines, près d'Amiens. Débordés par les assauts allemands, ils sont faits prisonniers au terme de rudes combats. Pour avoir revendiqué le droit d'être traité en officier français, il est abattu à bout portant d'un coup de pistolet. DISTINCTIONS ·  Pour son comportement durant la campagne de France, le capitaine N'Tchoréré est cité à titre posthume à l'ordre de la division (octobre 1940), puis à l'ordre du corps d'armée en août 1954, et il est décoré de la Croix de guerre avec étoile de vermeil. ·  La promotion 1957-1959 de l'École de formation des officiers ressortissants des territoires d'outre-mer prend le nom "Capitaine N'Tchoréré".

06.08.2008

ROUMANIE: LE DESTIN TRAGIQUE DE ION ANTONESCU (1882-1946)

Quelques jours après le deuxième arbitrage de Vienne (30 août 1940), qui réglait les contentieux entre la Hongrie et la Roumanie sous la houlette de von Ribbentrop, des troubles éclatent à Bucarest. En effet, les Roumains sont consternés: sans qu’un seul coup de fusil n’ait été tiré, la Bessarabie, le Nord de la Boukovine et la moitié de la Transylvanie ont été perdus et on s’attend à la perte du Sud de la Dobroudja. La Grande Roumanie de 1918, voulue par les Français à Versailles, s’est tout bonnement effritée. La colère du peuple se tourne d’abord contre le roi et contre sa maîtresse, Madame Lupescu. Le roi ne sait quelle décision prendre. Le conseil de la Couronne se réunit en permanence. C’est alors qu’un général se présente au Château royal: il s’appelle Ion Antonescu. L’officier vient d’un cloître éloigné de Bistritza, où le souverain l’a fait interner. Antonescu.jpgLa résidence royale devient subitement le lieu d’un affrontement. Antonescu évoque l’état d’esprit qui règne au sein du peuple et des forces armées et force le roi à se contenter d’un rôle purement représentatif. Le monarque appelle alors le commandant de sa garde. Il lui pose la question: ses soldats sont-ils prêts à tirer sur les manifestants? Le commandeur des prétoriens roumains répond par la négative. Carol II ne voit dès lors pas d’autre issue: sur l’heure, en ce 4 septembre 1940, il nomme Antonescu Premier Ministre. Après avoir reçu la promesse de pouvoir quitter le pays sain et sauf, le roi abdique, s’en va au Portugal, pays généralement choisi par beaucoup d’exilés à l’époque. Son successeur est son fils Mihail, qui cède au nouvel homme fort de la Roumanie bon nombre de ses prérogatives royales: il n’en gardera que cinq. Qui est donc cet homme qui veut sortir son pays de la crise, d’une main de fer? Ion Antonescu est le fils d’une ancienne famille d’officiers. Il est né le 15 juin 1882 à Pitesti en Valachie, dans le pays vallonné, semi-montagneux, qui annonce les Carpates du Sud. Avec le grade de major, il s’était distingué pendant la première guerre mondiale. Après la Grande Guerre, par des coups de hussard, il lutte victorieusement contre la république communiste des Conseils hongrois, ce qui lui vaut un avancement rapide. Sous le règne de Carol II, en 1933, il accède au poste de chef d’état-major. Antonescu se jette avec fougue dans sa nouvelle mission mais ses projets déplaisent au monarque. Antonescu démissionne au bout d’un an. En 1937, il assume brièvement la charge de ministre de la défense. Ce poste de ministre n’est qu’une fausse promotion car le général n’est guère apprécié du roi et de la camarilla de la cour: il a des manières trop ouvertes, un style direct et surtout il mène une vie d’ascète. Pour les gens simples, Antonescu incarne le contraire diamétral de ce que représente à leurs yeux la caste dominante roumaine de Bucarest, francophile et aux mœurs dépravées, dont le symbole était le roi Ferdinand, plus tard Carol, alcoolique notoire. Les cercles dominants du “Paris de l’Est” se complaisaient dans le clinquant d’une “victoire” fictive lors de la première guerre mondiale. Le gouvernement avait fait édifier un arc de triomphe dans la capitale. Après cette parenthèse, le nouveau chef d’Etat (le “Conducatorul al Statului”) se met énergiquement au travail. Un jour seulement après son entrée en fonction, les négociateurs roumains signent le Traité de Craiova qui sanctionne la rétrocession de la Dobroudja méridionale à la Bulgarie. En échange, les Roumains obtiennent ce qu’ils voulaient par ailleurs: que Berlin et Rome garantissent l’intangibilité de leurs nouvelles frontières. Sur le plan de la politique intérieure, Antonescu innove également. Il appelle plusieurs représentants de la fameuse Garde de Fer dans les cabinets ministériels. Le chef des « gardistes » roumains, Horia Sima, devient son représentant, son substitut. Le nouveau gouvernement demande à Berlin une aide substantielle pour réorganiser l’armée roumaine. Les Allemands ne se le font pas demander deux fois car ils songent surtout au pétrole de Ploesti. Le 15 septembre, le Général Kurt von Tippelskirch arrive à Bucarest. Des troupes composées d’instructeurs le suivent très rapidement: en tout, 20.000 hommes. Le calcul d’Antonescu est clair: il veut récupérer les régions perdues, en montrant une loyauté exemplaire à l’égard d’Adolf Hitler. A la fin du mois d’octobre 1940, les Soviétiques occupent trois îles dans le delta du Danube, acte qui soude littéralement Bucarest à Berlin. La réponse à la provocation soviétique est simple: la Roumanie adhère immédiatement au Pacte des Trois Puissances (ou l’Axe Berlin-Rome-Tokyo). A la fin du mois de mai 1941, les troupes allemands commencent à se déployer le long de la Moldava, où, dans le cadre d’une mobilisation cachée, stationnent déjà quinze divisions roumaines. Au début de l’Opération Barbarossa, 200.000 soldats de l’infanterie allemande se trouvent sur le sol roumain. Le 12 juin 1941, Antonescu rencontre Hitler. Celui-ci l’informe de l’imminence de la guerre à l’Est. Le Chancelier du Reich est séduit par ce général aux arguments clairs, aux discours sans fioritures inutiles et lui offre aussitôt le commandement de toutes les unités de l’aile droite du futur front de l’Est. hitler et Antonescu.jpgCe “Groupe d’armées Antonescu” comprend la 11ème Armée allemande et les 3ème et 4ème armées roumaines. Le matin du 22 juin fatidique, Antonescu part immédiatement pour le front, dans un train spécial. Les Roumains étaient déjà en train de consolider des têtes de pont sur la rive orientale du Prouth. Le 26 juin, des appareils soviétiques bombardent Bucarest, la zone pétrolifère de Ploesti et le port de Constanza sur la Mer Noire. Le Conducator devint rapidement le terreur des états-majors. Il harangue ses troupes, veille à ce qu’elles soient parfaitement approvisionnées. Les soldats l’adorent: sans peur, le Général vient leur rendre visite sous le feu de l’ennemi dans les tranchées les plus exposées du front. Au départ, le “Groupe d’armées Antonescu” avait reçu pour mission de protéger la Roumanie contre toute attaque soviétique vers le Danube. Mais au bout d’une semaine, ce groupe d’armées s’élance à l’attaque, avec succès car, le 26 juillet, il prend la ville d’Akkerman (ou, en roumain, “Getatea-Alba”) sur le cours inférieur du Dniestr, qui redevient roumaine, comme toute la Bessarabie et le Nord de la Boukovine. La population acclame les troupes roumaines libératrices. Le 6 août 1941, Antonescu est le premier étranger à recevoir la Croix allemande de Chevalier; deux semaines plus tard, le roi le nomme Maréchal de Roumanie. Après avoir atteint le fleuve-frontière qu’est le Dniestr, Antonescu renonce à ses fonctions de commandant de groupe d’armées et retourne à Bucarest. Beaucoup pensent qu’avec la reconquête de la Bessarabie, que Moscou avait obtenue en faisant pression sur la Roumanie, la guerre est finie. Le jeune roi Mihail déclare: “Nous devons rester sur le Dniestr. Entrer en Russie signifierait agir à l’encontre de la volonté du pays”. Mais personne ne l’écoute. Antonescu prend alors une décision qui sera lourde de conséquence: il croit aux vertus de la Blitzkrieg, de la guerre-éclair, et fait marcher les troupes roumaines dans la région qui s’étend immédiatement au-delà de la rive orientale du Dniestr. Les Roumains l’annexent sous le nom de Transnistrie. Lors de la prise d’Odessa, les difficultés surviennent: la ville ne capitule qu’au bout de deux mois et les Roumains ont dû faire appel à l’aide allemande. En décembre 1941, le Reich demande à ses alliés de participer plus activement à la consolidation du front oriental. Antonescu, sans broncher, renforce ses contingents, dans l’idée de récupérer bientôt le nord de la Transylvanie, devenu hongrois. Vingt-six divisions de l’armée royale roumaine garnissent désormais le flanc sud du front de l’Est. Vers la fin de l’année 1942, la fortune des armes change de camp. Le 19 novembre 1942, les Soviétiques amorcent une grande offensive vers le Don, ce qui conduit à l’effondrement de la 3ème armée roumaine. En même temps, l’Armée Rouge annihile la 4ème armée dans la steppe des Kalmoucks. Au début de l’année 1943, le Maréchal Antonescu est pris entre deux feux. Les pertes énormes en hommes font que le roi se met à douter de son Premier Ministre. Par ailleurs, lors d’une rencontre, Hitler le morigène cruellement. Dans une atmosphère de glace, où la conversation est menée debout, l’Allemand le rend responsable du désastre sur le Don et à Stalingrad. Au printemps, Antonescu envoie des négociateurs pour traiter avec les alliés occidentaux. A la mi-mai, ces négociations sont rompues parce que les conditions imposées par les Anglo-Américains sont trop dures. “Nolens volens”, Antonescu est contraint de poursuivre le combat dans le camp de l’Axe. Neuf mois plus tard, les troupes soviétiques s’approchent des frontières roumaines. Dans le royaume, on décrète la mobilisation générale. Le “Groupe d’Armées d’Ukraine méridionale”, commandé par le Colonel-Général Hans Friessner compte à l’été 1944 un million de soldats. Le 20 août, les feux de l’enfer se déchaînent. Après une préparation d’artillerie qui a duré des heures, où les Soviétiques lancent des milliers et des milliers de fusées “Katiouchka”, les blindés de Staline se taillent une brèche dans le front. Deux jours après, Antonescu se présente chez Freissner, qui commence par lui servir un bon verre de vin, avant de lui annoncer que l’effondrement menace, est imminent. Le roi, à son tour, passe à l’action, et ordonne au Prince Stirbey, chef de la délégation roumaine qui négocie au Caire, d’accepter les conditions draconiennes imposées par les Alliés pour un armistice. C’est alors que se répéta un scénario semblable à celui qui eut lieu à Rome un an plus tôt: le souverain convoque Antonescu au palais l’après-midi du 23 août; lors de l’audience, des officiers affidés au roi s’emparent de la personne du Maréchal. Le nouveau Premier Ministre est le Colonel-Général Constantin Sanatescu. A vingt-deux heures, à la fin de cette journée de tumultes, les Roumains entendent la voix de leur roi à la radio: “la dictature a pris fin et ainsi toute forme d’oppression”. Le gouvernement Sanatescu rompt le lendemain toutes les relations avec Berlin et déclare la guerre à l’Allemagne le 25 août. Ion Antonescu et ses plus proches collaborateurs sont alors aux mains des communistes roumains, actifs dans la clandestinité; ils livrent leurs prisonniers aux Soviétiques.antonescu3.jpg Après deux ans d’emprisonnement en Union Soviétique, l’ancien Premier Ministre roumain revient à Bucarest. Un procès pour crimes de guerre s’organise, qui se termine par une sentence de mort comme l’avaient exigé les Soviétiques. Tôt le matin du 1 juillet, on amena le Maréchal dans la cour de la prison militaire de Bucarest-Jilava. Ce furent les dernières minutes de la vie de Ion Antonescu.  Article paru dans « Zur Zeit », Vienne, n°32/2006. Traduction française : Robert Steukers.

 

04.08.2008

LES TIRAILLEURS SENEGALAIS DANS LA SECONDE GUERRE MONDIALE

De septembre 1939 à mai 1940, les troupes coloniales sont réorganisées : trois nouvelles divisions, constituées de réservistes, sont mises sur pied (5e, 6e et 7e DIC). En avril 1940, des renforts venus d'Afrique permettent de créer de nouveaux régiments, les 25e et 26e RTS, qui vont former la 8e DIC. La 9e DIC, en cours d'instruction dans le Midi, ne peut être rassemblée et ses éléments sont engagés sur place dans la lutte. Au 1er avril 1940, le nombre total des Sénégalais mobilisés était estimé à 179 000 hommes, et celui des Sénégalais engagés dans les combats en métropole à quelque 40 000. tirailleur sénégalais avril 1940.jpgIls vont prendre une part active pendant la campagne de 1939/1940. Par exemple, du 15 mai au 11 juin 1939, les 1ère et 6ème DIC (Division d'Infanterie Coloniale) arrêtent l'ennemi dans l'Aisne et l'Argonne avant de manœuvrer en retraite sur les Vosges où elles subissent le sort de la ligne Maginot. Les 4ème, 5ème et 7ème DIC participent à la défense dans la Somme ; elles sont en grande partie anéanties lors de l'offensive allemande du 5 juin. D'autres éléments se distinguent dans la région de Lyon et de l'Isère (25ème RTS), en Normandie et dans la région de la Loire (27ème et 28ème RICMS). A la suite de l'Armistice, l'Afrique Equatoriale Française se rallie à De Gaulle et parvient à mettre sur pied dès l'hiver 1940/41, 3 bataillons de marche prêts à partir et 3 autres à l'instruction. A la fin de 1944, 15 bataillons y avaient été mis sur pied et 15 000 africains recrutés. Tout au long de la guerre, les Tirailleurs sénégalais participent à l'ensemble des combats menés par la France Libre, intervenant notamment au Gabon (1940), à Bir Hakeim (1942) ou encore pendant la Libération, débarquant en Provence avec la 1re Armée (1944).  Au total 4439 sont tués, 21 505 sont faits prisonniers et 10 049 ont « disparus ». En fait, les sources sur les pertes sénégalaises sont très rarement concordantes car une autre source retient 24 000 tués et 49 500 prisonniers. Par rapport au 140 000 africains mobilisés entre 1938 et 1945, cela fait environ 17,4% des effectifs mobilisés. Cependant, il faut noter qu'une tendance à l'intégration des troupes coloniales dans l'ensemble de l'armée française a pu en partie biaiser ces statistiques. Les autorités françaises avaient compris, depuis la Grande Guerre, que l'administration coloniale était réticente à une levée en masse en Afrique. Pendant la Grande Guerre, Joost Van Vollenhoven avait préféré démissionner plutôt que de recruter des militaires de "seconde zone"  en Afrique. Mais la France connaissait l'importance des marabouts. Elle allait les utiliser pour obtenir un recrutement optimal. Au lieu des 10 à 12 000 appelés des années précédentes, la France recrutera 25 000 hommes parmi une classe normale. Et ce nombre ne fera qu'augmenter. Ainsi, de 21 000 appelés en septembre 1939, il va  passer à 122 320 en juin 1940. Mais le véritable succès du recrutement est dû incontestablement à l’utilisation des marabouts. En Afrique Occidentale Française, l'illustre marabout Seydou Nourou Tall, descendant du fondateur de l'empire musulman Toucouleur, au nord du Sénégal, fait une tournée de plus d'un mois, haranguant les foules pour la défense de la France. Mais beaucoup d'africains, lors de la mobilisation, fuirent en Gold Coast (actuel Ghana). Pour les Africains, la guerre en Europe signifiait une mort certaine et une douloureuse épreuve (réquisition). La Première Guerre mondiale avait laissé des souvenirs douloureux et il semble que beaucoup d’entre eux n'avaient pas le choix tout simplement. Ils étaient obligés d'aller se battre pour la France. Cependant, certains africains vont rejoindre le camp gaulliste de leur propre chef. C'était surtout des Africains dit "évolués" qui avaient été à l'école française et avaient grandi avec l'idée que "La France est la mère Patrie qui nous nourrit". Pour le tirailleur non instruit qui ne comprenait que le "moi ya dit", c'était juste une épreuve de plus imposée par l'homme blanc. D'ailleurs, lorsqu'on leur en donnait l'occasion, beaucoup choisissaient de rentrer au pays plutôt que de poursuivre les combats. Sur le front cependant, ils se conduisirent tous bravement  face aux Allemands et restèrent loyaux à la France. Les officiers français disposaient d'un réel pouvoir sur leurs troupes car les Tirailleurs sénégalais étaient d'une incroyable fidélité. Ceci dit, utilisés tout d’abord au cours du grand suicide européen que fut la Grande Guerre puis au cours du dernier conflit mondial, qui acheva l’autodestruction  de la civilisation de notre vieille Europe, il n’est pas sûr que ces combats fratricides aient été réellement les leurs et nous ne pouvons que les comprendre.

 

21.07.2008

IDENTITE FRANCAISE: L'AUVERGNE UNE TERRE GAULOISE par Pierre VIAL

L'Auvergne est au cœur de la France. Elle doit cette situation hautement symbolique tant à la géographie qu’à l'histoire. Sise, en effet, dans le cadre de ce Massif central qui est tout à la fois, par son relief, un bastion et un château d'eau, l'Auvergne plonge ses racines au plus profond de notre héritage, de notre mémoire. blason_auvergne.gifSon nom même le prouve. Au tout début du Moyen Age, deux écrivains, deux aristocrates gallo-romains devenus évêques - Sidoine Apollinaire et Grégoire de Tours - nous parlent de l’Arvena regio, du territorium Arvenorum. Les plus anciens actes du cartulaire de Brioude évoquent, quant à eux, le pagus Arvenicus. Il est donc question du "pays des Arvernes", du "territoire des Arvernes", de la région "arverne". C’est de l’adjectif arvernicus qu’est sorti le nom Auvergne, devenu Alvergne puis, enfin, Auvergne. Lire la suite...

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