20.09.2009
ISLAM: AÏD MABRUK !
Les musulmans de France ont fêté ce dimanche la fête de l’Aïd al-Fitr, qui marque la fin du mois de jeûne de Ramadan.
La cérémonie à la Mosquée de Paris a, pour la première fois, été retransmise en direct à la télévision, sur la chaîne publique France 2. A cette occasion, CHRONIQUE DU TEMPS QUI PASSE présente tous ses vœux d’AÏD MABRUK à la communauté musulmane de France.
21:53 Publié dans Islam | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : islam, ramadan, aïd al-fitr
22.08.2009
ISLAM: DEBUT DU JEÛNE DU MOIS DE RAMADAN 1429
"Le premier jour du mois sacré de Ramadan pour l'an 1430 de l'Hégire correspondra au samedi 22 août 2009",
a annoncé Mohammed Moussaoui, président du CFCM, lors de la cérémonie de "la nuit du doute", à la Grande Mosquée de Paris.
A cette occasion, « Chronique du Temps qui passe » présente tous ses meilleurs voeux à la Communauté musulmane de France et lui souhaite un Ramadhan mabrouk.
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19.08.2009
ISLAM: LE VOILE INTEGRAL, TOUT UN HOURVARI POUR SI PEU...
Véritable lame de fond qui s’est soudainement abattue sur les femmes musulmanes dans un tumulte politique indigne, le débat de toutes les divagations sur le port de la burqa et du niqab se voit enfin ramener à une rationalité salvatrice, qui a cruellement fait défaut jusqu’ici.
Loin du péril vert claironné à grand renfort d’émissions réunissant le gotha de l’élite bien-pensante, seulement 367 femmes musulmanes revêtues du voile intégral ont été recensées sur l’ensemble du territoire national, des données concrètes émanant de la non moins indiscutable sous-direction de l’information générale (SDIG), au sein du ministère de l’Intérieur. Une telle battue médiatique stigmatisant l’islam et les musulmans, dans un hourvari aussi vainement bruyant pour … moins de 400 femmes ! La République va-t-elle donc si mal que cela, qu’elle doive livrer à la vindicte populaire des boucs émissaires tout désignés ? Enfonçant le clou, une deuxième note de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) vient tordre le cou aux lancinants fantasmes occidentaux que de vils esprits exaltent sciemment, en observant que ce signe vestimentaire distinctif relève d’un phénomène très marginal, qui ne concerne que des jeunes femmes (moins de 30 ans), vivant le plus souvent en milieu urbain, et qui, loin d’être asservies, ont fait ce choix librement.
Alors, que reste-t-il de cette bourrasque parlementaire peu glorieuse qui a déferlé sur l’Assemblée Nationale, balayant opportunément toutes les divergences, et emportant dans son sillage le plus haut sommet de l’Etat, le Président Nicolas Sarkozy en personne ?
Un élu, André Gérin, qui tente de sauver la face en récusant jeudi matin, sur les ondes de RMC, les estimations chiffrées des services du ministère de l’Intérieur, trahissant son trouble à travers une piètre échappatoire : savoir quels fondamentalistes se cachent derrière chaque musulmane portant le voile intégral… Une classe politique, une médiasphère, des intellectuels pétris d’arrogance, qui se sont discrédités en exacerbant les pires préjugés.
Enfin, une commission d’information parlementaire, dont la vocation intrinsèque échappe, qui se ridiculiserait à vouloir légiférer. (Source: oumma.com)
17:38 Publié dans Islam | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : islam, burqa
21.07.2009
ISLAM: L'ETAT RUSSE AIDERA A LA FORMATION DES IMAMS
L'Etat aidera les organisations religieuses musulmanes de Russie à créer leur propre système d'éducation et de formation des imams, a déclaré le président russe Dmitri Medvedev lors d'un entretien avec les muftis.
Le président russe a déclaré que l'éducation et l'instruction musulmanes étaient appelées à jouer un grand rôle, notamment dans la lutte contre l'extrémisme. "Nous nous rendons compte de l'importance pour nos organisations religieuses d'avoir leur propre système de formation des imams et des enseignants. L'Etat poursuivra son soutien dans ce domaine", a indiqué M.Medvedev. Selon le président russe, l'éducation musulmane est un sujet de préoccupations à part. "Elle est importante non seulement pour la communauté religieuse, mais aussi pour l'Etat", a estimé M.Medvedev
21:43 Publié dans Islam | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : russie, islam, medvedev, formation des imams
23.06.2009
ISLAM: LE GRAND AYATOLLAH FADLALLAH DEMANDE A NICOLAS SARKOZY DE RECONSIDERER SA POSITION SUR LA BURQA
Les femmes musulmanes ne doivent pas être forcées à porter la burqa, mais si elles décident de revêtir de leur propre chef le voile intégral, leur volonté doit être respectée, a estimé le religieux chiite libanais. Au lendemain des propos sur le voile islamique intégral de Nicolas Sarkozy devant le congrès, le grand ayatollah Fadlallah, le plus influent religieux chiite libanais, a appelé mardi 23 janvier le président français à reconsidérer sa position sur la burqapour respecter la volonté des femmes musulmanes qui choisissent de dissimuler leur visage sous le voile. Les femmes musulmanes ne doivent pas être forcées à porter la burqa, mais si elles décident de revêtir de leur propre chef le voile intégral, leur volonté doit être respectée a-t-il estimé. "La liberté, (…) l'un des sujets sacrés pour les êtres humains, (…) doit venir de la volonté de la personne, pas des lois qui sont imposées par des personnes", a-t-il ajouté.
16:27 Publié dans Islam | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : burqa, islamayatollah fadlallah
24.05.2009
LE DOCTEUR PHILIPPE GRENIER: PREMIER DEPUTE MUSULMAN EN FRANCE
Avant le 20 décembre 1896, aucun musulman de la France métropolitaine n’avait été élu député de la République. Au mois de décembre 1896, il y a donc 113 ans, le Docteur Philippe Grenier fut élu dans le Jura comme député à l’Assemblée nationale. Il avait 31 ans et il était musulman. Le père du Docteur Grenier était capitaine de cavalerie, membre de l’Etat-major de l’empereur Napoléon III, et avait servi dans les Chasseurs d’Afrique à Mostaganem (Algérie). Quand il meurt en 1872, son fils Philippe n’a que 7 ans. Après avoir passé son baccalauréat à Besançon, Philippe Grenier poursuit des études de médecine de 1883 à 1890 avant d’ouvrir un cabinet à Pontarlier. La même année, il rend visite à son frère cadet à Blida en Algérie et a son premier contact avec les musulmans de l’empire colonial français. Il est alors choqué par la condition dans laquelle la France maintient les Algériens musulmans. (A cette époque, les juifs d’Algérie bénéficient déjà de la citoyenneté française mais pas les musulmans). A son retour en France, il commence à étudier le Coran. En 1894, il fait un nouveau voyage en Algérie. Il se rend à Blida où il embrasse l’Islam. Après avoir prononcé la shahada, il prend le chemin de La Mecque pour y accomplir son hadj. Il est alors âgé de 29 ans. Il adopte la tenue traditionnelle des musulmans algériens. De retour en France, il est élu au Conseil municipal de sa ville et s’intéresse particulièrement aux questions d’hygiène et à l’aide aux pauvres. Son engagement auprès des démunis en fait un homme connu dans sa région et apprécié sans considération de sa foi musulmane qu’il ne cache pas. A la mort du député de Pontarlier, le Docteur Philippe Grenier se présente à sa succession. Il n’a ni le temps, ni les moyens de mener une véritable campagne électorale. De plus, il est la cible de la grande presse nationale qui déjà ne cachait pas une certaine islamophobie. Mais son discours est convaincant. Son programme politique et social est ambitieux pour l’époque. Il insiste sur la nécessaire « fraternité » entre les hommes et commence tous ces discours par la formule coranique « al-hamdu-lillah ». Contre toute attente, le 20 décembre 1896, le Docteur Philippe Grenier est élu au second tour face à un brillant avocat. Le lendemain, le « premier député musulman » fait la une de tous les journaux. A l’occasion de la rentrée parlementaire, quelques semaines plus tard, il est de nouveau à la une des journaux. Pour les uns, il est le « député des musulmans », pour les autres il est le « député des arabes ». Pourtant, dans son édition du 14 janvier 1897, le Figaro n’hésite pas à le comparer à Victor Hugo et à Louis Pasteur. De fait, le Docteur Philippe Grenier se comportera comme le « député des arabes ». Il se rendra de nombreuses fois en Algérie et rassemblera des données et des informations qui lui permettront de défendre au Parlement la cause de ceux que l’on appelle avec condescendance les « indigènes ». Si ses collègues l’écoutent souvent avec attention, et parfois l’approuvent, peu le suive au moment des votes. Dans son combat en faveur des musulmans d’Algérie, le Docteur Philippe Grenier oublie ses électeurs de Pontarlier. Aux élections de mai 1898, son adversaire est élu. Il retourne alors à son cabinet de médecin. Il meurt le 25 mars 1944 à l’âge de 79 ans. Depuis la fin de son mandat en 1898, aucun français métropolitain musulman n’a été élu à l’ Assemblée nationale.
23:04 Publié dans Islam | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : islam, docteur philippe grenier, député musulman, assemblée nationale
24.04.2009
EN MEMOIRE DE TIBERINE par Rachid KORAÏCHI
Dans une discussion, lorsque chacun fait part de son expérience personnelle, on ne parle pas d’idéologies abstraites. Et c’est ainsi, je crois, que l’on s’enrichit les uns les autres, parce que chaque personne, en se racontant, livre un témoignage sur la société à laquelle elle appartient. 
Pour ma part, j’ai quitté l’Algérie en 1968. J’ai alors voyagé, je suis allé en France, j’ai vécu à Paris, mais j’ai toujours gardé un lien très fort avec ma famille. Et je ne suis jamais autant retourné en Algérie que depuis la périodedu terrorisme, c’est-à-dire depuis 1988 et jusqu’à récemment. Dans ce va-et-vient permanent entre l’Algérie et la France, j’ai acquis un regard extérieur sur mon pays – en miroir.
Pendant la guerre d’Algérie, nous avons vécu une période très dure – notamment avec un père torturé devant nos yeux –, mais nous nous battions pour l’indépendance, qui était vue comme la clé du paradis. Aujourd’hui, on en arrive à se dire que, bizarrement, on était mieux au moment de la colonisation !
A l’époque, nous avions une cause, nous poursuivions un rêve. Maintenant, nous n’avons ni cause ni perspective claire. Et cette prise de conscience provoque une implosion intérieure très douloureuse.
En plus, l’état socialiste, pendant trente ans, a pris en charge les gens – qui se laissaient faire. Tout devait être donné, on attendait tout du système…
Aujourd’hui, les gens se rendent compte que, s’ils ne travaillent pas eux-mêmes, s’ils ne relèvent pas leurs manches, s’ils ne revendiquent pas, rien ne se fera.
En outre, l’Algérie est musulmane depuis le VIIIe siècle, l’islam venant s’ajouter à la chrétienté et au judaïsme que l’on trouvait auparavant. Elle s’est retrouvée brutalement amputée de ses deux identités antérieures. Avec l’abrogation du décret Crémieux en 1940, les Juifs sont partis, puis les chrétiens avec l’indépendance en 1962.
La petite Eglise chrétienne d’Algérie ne se sent donc aujourd’hui qu’algérienne. Pour prendre un exemple, l’ancien archevêque d’Alger, Mgr Duval, a assuré l’intérim lorsque Paul VI était malade. A cette époque, j’étais étudiant à Paris, et j’avais été outré de voir ce titre à la une du journal Minute : « Un Algérien à la tête de la chrétienté. » Des années après, je suis passé dans le bureau de Mgr Duval à Alger. On y voyait, encadrée, une couverture de Minute, sur laquelle était écrit en gros titre : « Mohammed Duval. » Et l’archevêque m’a dit : « Tu vois, me donner le nom du prophète de l’islam, c’est le plus beau cadeau qu’on m’ait fait. » Pour moi, c’était bouleversant ! De la même façon, la dernière messe en souvenir des moines de Tiberine, dans la petite église du monastère, a été dite en arabe algérien – et les cantiques aussi ont été chantés en arabe.
J’avais déjà entendu des messes en arabe dans d’autres pays orientaux, mais c’était la toute première fois en Algérie. Cette appartenance viscérale à la terre d’Algérie est pour moi très significative de la part de cette Eglise chrétienne algérienne, si pauvre et si réduite aujourd’hui.
Je viens d’une famille de mystiques soufis du désert. L’assassinat des moines de Tiberine a été pour nous un choc terrible. Nous avons tous été ravagés. J’ai dit alors à Mgr Teissier, l’évêque d’Alger, que je souhaitais faire un petit mémorial près de l’endroit où les sept moines ont été assassinés, d’autant plus que l’on a retrouvé seulement leurs têtes, pas leurs corps. J’ai demandé ensuite aux régions d’où étaient originaires les moines d’envoyer un cube de pierre pour symboliser leur lieu d’origine. A côté de ce premier cube, on poserait un autre cube de pierre provenant du lieu où ils étaient morts.
Je voulais aussi faire faire un bassin avec un fond noir dans lequel le ciel se refléterait. L’ensemble aurait formé une croix, avec de chaque côté les douze apôtres. Mais l’évêque a réfléchi et m’a dit : « C’est impossible, Rachid, et pour deux raisons. D’une part, le village de Tiberine, qui est juste en face, n’a pas d’eau, et les gens du village viennent en prendre au monastère. D’autre part, le village n’a pas de mosquée non plus, et les habitants viennent faire la prière au monastère. »
J’ai trouvé ça merveilleux.
Le soir même, je suis allé dîner chez un ami de mon père à Alger, qui est quant à lui totalement athée. Après le dîner, il m’a raccompagné à l’ascenseur pour que je parte avant le couvre-feu. Il m’a alors confié une enveloppe dans laquelle se trouvait une importante somme d’argent destinée à construire une mosquée à Tiberine. « Je suis athée, je m’en fiche, me dit-il, mais le fait que ce soit des moines chrétiens qui le demandent me touche, alors je veux apporter une contribution. »
A travers ces anecdotes, je veux dire que, à partir du judaïsme, du catholicisme ou de l’islam, et sans être forcément pratiquant, nous sommes, autour de la Méditerranée, traversés d’un mouvement autre que la politique dite « classique ». C’est un mouvement qui tend à faire se rencontrer ces différentes spiritualités, malgré les conflits qui les opposent. Rachid KORAÏCHI
12:03 Publié dans Islam | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tibérine, islam, christianisme, soufisme
25.02.2009
ISLAM: LES NOUVEAUX CONVERTIS EN FRANCE
Le phénomène toucherait 3 600 personnes par an en France. À côté d'une séduction intellectuelle et spirituelle, c'est dans les banlieues que ces conversions sont les plus fréquentes. Jean Gouraud a embrassé l’islam il y a huit ans. Il avait 18 ans. « J’étais de culture catholique, mais j’avais arrêté de pratiquer », raconte ce jeune homme de la région parisienne, âgé aujourd’hui de 26 ans. Arrêt de la pratique catholique, mais poursuite de la quête spirituelle. Ailleurs. Et d’abord avec « beaucoup d’amis musulmans que je fréquentais », explique-t-il.
Une première approche de l’islam, prolongée et nourrie par des lectures et de rencontres avec des musulmans… convertis de la première génération, il y a une vingtaine d’années. Notamment ceux qui ont fondé l’Institut des hautes études islamiques d’Embrun, lié à la Mosquée de Lyon. « C’est avec eux que j’ai pu avancer », explique-t-il. Et embrasser définitivement l’islam, en prononçant la shahada, la profession de foi islamique tirée du Coran : « J’atteste qu’il n’y a pas d’autre divinité que Dieu et que Mohammed est Son Envoyé. » Unique rituel – à faire devant deux témoins – nécessaire pour devenir musulman. Comme Jean il y a huit ans, prénommé désormais Abd Al Wadoud, ils seraient aujourd’hui une dizaine par jour à se convertir à l’Islam en France, « selon les remontées que nous font les responsables associatifs musulmans », signale Didier Leschi, chef du bureau des cultes au ministère de l’intérieur. Soit 3 600 convertis par an environ.
Entre 30 000 et 70 000 convertis à l'Islam en France
Combien sont-ils aujourd’hui en estimation cumulée ? Difficile à dire, mais des chiffres circulent. Évaluation basse : 30 000. Haute : 70 000. « Il y a toujours eu des conversions à l’islam, rappelle Didier Leschi. Ce qui change aujourd’hui, c’est le type de mouvements vers lequel les jeunes convertis se dirigent. » Il y a vingt ans, en effet, la grosse majorité des convertis français issus de la culture judéo-chrétienne passaient par le soufisme, au terme d’une quête spirituelle dans le sillage notamment d’un René Guénon, qui a joué un rôle spirituel très important dans les conversions à l’islam après-guerre. Aujourd’hui, les convertis découvrent de plus en plus l’islam dans le cadre d’une proximité vécue avec celui des banlieues. Et, contrairement à Jean « Abd Al Wadoud » Gouraud, plutôt dans la lignée des convertis de la première génération, un nombre croissant optent pour un islam radical, notamment via le salafisme, précise Didier Leschi. Échappant aux mosquées et aux grandes organisations islamiques françaises, quelles qu’elles soient. « Jeunes en rupture familiale, en conflit générationnel avec leurs parents, ils n’ont pas la valeur “familialiste” que les grandes organisations prônent, et n’ont pas la même rigueur dans la pratique », souligne encore le responsable du bureau des cultes.
Conversion de proximité
La conversion de proximité : un phénomène déjà décrit par la sociologue Fatiha Ajbli, membre de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF), auteur d’un mémoire de DEA sur la conversion dans le Nord, département où certains jeunes non musulmans côtoient l’Islam au quotidien à l’école. Un phénomène que constate aussi Éric « Younès » Geoffroy, islamologue à l’université Marc-Bloch de Strasbourg. Lui s’est converti en 1984 via le soufisme, après une quête spirituelle « de longue haleine » le faisant passer par le catholicisme – sa religion d’origine –, la pratique zen, le bouddhisme, le christianisme orthodoxe, puis l’islam. « Jusqu’à il y a une quinzaine d’années, la plupart des conversions étaient comparables à la mienne et passaient par un intérêt spirituel, explique l’universitaire alsacien. Ce qui est nouveau, ce sont les conversions de proximité, dans les cités, où des jeunes Européens, pas toujours “français” d’origine, côtoient des musulmans. Ce sont des conversions plus simples que la mienne. Et là-dedans, il y a des conversions salafistes ou même djihadistes. Ce dernier phénomène est incontestable, mais marginal. »
Un phénomène qui avait attiré l'attention des RG
Un phénomène perçu notamment lors des récentes tentatives d’attentats en Grande-Bretagne, et qui avait attiré l’attention des Renseignements généraux (RG) français en juin 2005. Un rapport remis alors au ministre de l’intérieur Nicolas Sarkozy par les RG présentait les conclusions d’une étude menée sur 1.610 convertis, repérés par la police comme étant prosélytes, impliqués dans des faits de délinquance – certains passant par la prison – ou ayant des relations avec des radicaux. Dans 37 % des cas étudiés, l’environnement social et les fréquentations étaient à l’origine de l’apprentissage de l’Islam. Loïc Le Pape, doctorant à l’École des hautes études en sciences sociales de Marseille, a étudié certains cas de conversions à l’Islam, sur les secteurs de Strasbourg et Marseille. Il distingue pour sa part quatre types de convertis aujourd’hui : « Un tiers sont des convertis mystiques à l’issue d’une quête spirituelle, un tiers le sont par proximité avec des musulmans, notamment dans les banlieues, et un autre tiers sont des convertis par le mariage avec un conjoint musulman », constate-t-il. Car même si un musulman peut se marier avec une adepte d’une autre religion monothéiste, une musulmane doit épouser un coreligionnaire.
Des conversions plus idéologiques qu'avant
« Certaines de ces conversions existent pour faire plaisir à la belle-famille ou au conjoint », précise Kamel Kabtane, recteur de la Grande Mosquée de Lyon. Et ne débouchent pas forcément sur une conversion réelle. « Il reste un quatrième type de conversion, radicale, touchant une population jeune qui en d’autres temps se serait engagée dans la bande à Baader », souligne Loïc Le Pape. Sans forcément être synonymes de radicalité, certaines conversions sont en tout cas « plus idéologiques, contiennent un rejet de la société occidentale, comme avant on pouvait adhérer à un parti politique », souligne Bruno « Abd Al Haqq » Guiderdoni, astrophysicien, converti, il y a vingt ans. « Pour certains, l’Islam est devenu un moyen de marquer sa différence », souligne aussi Marc « Aberrachid » Bossa, qui a prononcé la shahada il y a vingt-cinq ans devant le recteur de la Grande Mosquée de Paris d’alors, Si Hamza Boubakeur.
"Des jeunes en recherche de repères"
« Les jeunes gens issus des quartiers qui se convertissent sont en recherche de repères, constate Kamel Kabtane. Ils rencontrent l’Islam autour d’eux, et c’est l’islam qui vient répondre à leur questionnement sur la famille, l’autorité, etc. En venant à la mosquée, les jeunes convertis retrouvent un environnement, une démarche communautaire, et ils se sentent entourés. » Ainsi, là où les convertis français d’il y a vingt ans voyaient leur démarche comme un prolongement et un aboutissement de leur origine judéo-chrétienne, dans une optique spirituelle et apolitique, les jeunes issus des banlieues qui se convertissent aujourd’hui à l’Islam accompagnent cette démarche de convictions sociales ou politiques, en rupture avec la société actuelle. « Il y a un vide de formation », souligne Éric Geoffroy. Les organisations musulmanes françaises ont des difficultés à s’adapter à cette donne, qui n’est pas assimilable au phénomène de « re-conversion » de jeunes de culture musulmane, réel lui aussi.
Des formations spécifiques dans les mosquées
Pour accompagner la démarche des nouveaux convertis, certaines mosquées ont cependant mis en place des formations qui leur sont notamment destinées. La Grande Mosquée de Paris, par exemple, propose des cours d’initiation religieuse et fait passer un test de connaissances aux candidats, avant de délivrer un certificat de conversion. Ce dernier étant demandé surtout dans le cadre d’un mariage en pays musulman, d’un pèlerinage à La Mecque ou pour un futur enterrement. De son côté, le conseil des imams de Marseille a créé l’an dernier des sessions qui ont lieu tous les quinze jours, visant à transmettre les bases de l’islam, souligne l’imam Azzedine Aïnouche : « On propose aux convertis ou à ceux qui veulent se convertir de suivre trois à quatre séances de cette formation… » La suivent d’abord ceux qui veulent se marier avec un musulman, ou d’autres « qui sont en contact prolongé avec des musulmans dans les quartiers ». Quelles que soient leurs raisons, ces convertis sont un « objet d’étonnement » pour Azzedine Aïnouche : « Ils ne connaissent pas grand-chose de leur religion d’origine… » Pierre SCHMIDT (Source : Blog Marc-Claude de Portebane)
Des sportifs convertis à l’islam
Franck Ribéry. À 23 ans, le footballeur professionnel de l’Olympique de Marseille est membre de l’équipe de France. Il a grandi à Boulogne-sur-Mer, où certains de ses copains étaient musulmans. Issu d’une famille modeste et marié avec Wahiba, d’origine algérienne. Il s’est converti durant son adolescence et prie sur les terrains avant les matchs. « Cette religion, c’est moi qui l’ai choisie. C’est aussi elle qui me donne de la force », a-t-il expliqué au mois de juin dans Paris Match.
Nicolas Anelka. À 27 ans, le footballeur joue actuellement à Fenerbahçe, en Turquie. Il a grandi à Trappes, en région parisienne. Ses parents sont venus de Martinique et travaillaient pour l’éducation nationale. Il se serait converti vers 16 ans, alors qu’il était stagiaire au PSG. Il ne parle pas ou peu de religion dans ses interviews, sauf dans un entretien dans L’Équipe magazine, en avril 2005 : « Je vis ma religion sereinement, sans prosélytisme. »
Philippe Troussier. L’ex-footballeur professionnel de 51 ans a entraîné notamment le Nigeria et l’Olympique de Marseille. Il vit au Maroc depuis une dizaine d’années, et s’est converti au printemps, avec sa femme. Il a expliqué dans L’Équipe magazine du 8 avril 2006 que sa conversion correspondait à un «long cheminement». Par ailleurs, d’après lui, sa conversion va lui permettre de faire des trois petites filles qu’il a adoptées au Maroc ses héritières, tout en les élevant dans leur culture.
Tariq Abdul-Wahad (ex-Olivier Saint-Jean). Le basketteur de 31 ans est le premier Français à avoir joué en NBA, en 1997. Il est né à Maisons-Alfort, en banlieue parisienne, de parents venus de Guyane. Il s’est converti en 1997, aux États-Unis, où il jouait pour l’université de San Jose et où il a rencontré un musulman dont la force de caractère et la générosité l’ont poussé à vouloir en savoir plus. Il affiche sa religion (il y a d’ailleurs toute une rubrique sur l’Islam sur son site Internet personnel). Il est marié avec une Française d’origine marocaine, Khadija, qui porte le foulard. Ils ont trois enfants.
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12.11.2008
TAO ET ISLAM: ACHEVEMENT D'UN CYCLE par Tahar de la NIVE
Alors que la plupart des religions tiennent leur nom d’un homme ou « homme-dieu » qui serait leur fondateur, deux d’entre elles se définissent en fonction de la relation qui unit le Concepteur de l’Univers aux éléments de ce dernier. Ces deux religions sont l’Islam et le Tao. Alors que le mot arabe ‘Islam’ désigne la soumission des seconds au premier, plus précisément, dans le cas de la portion de l’humanité qui adhère à cette doctrine, son intégration volontaire à l’Ordre divin ; le mot chinois ‘Tao’ désigne la Voie qui les conduit vers cet état de perfection, d’identification au principe divin, de retour vers les sphères paradisiaques.
Il est significatif que dans les deux traditions, mais encore dans la doctrine de Platon, les sphères paradisiaques soient associées à l’Androgyne primordial. Le métaphysicien grec décrivait l'Homme initial, androgyne, en tant qu'être sphérique, semblable au Taï-Ki que le Tao place au centre du Pakwa, l’octogone sacré ; sphère dans laquelle Yang et Yin demeurent dans l'indivision (1). La symbolique islamique quant à elle nous enseigne que le cercle ou mieux encore la sphère d’une part, le carré ou mieux encore le cube de l’autre, symbolisent respectivement les mondes céleste et terrestre. Les Sept Cieux ne doivent donc pas être tenus pour des plans horizontaux et superposés mais bel et bien pour des sphères concentriques, le centre même étant le Trône d’Allah ; ceci alors que sur terre la Maison d’Allah, le temple primordial de l’humanité, a pour structure le cube constitué par la Kaaba. Toute aussi primordiale fut la désignation géomantique de son site : la tradition islamique nous enseigne que si une pierre tombait du Trône d’Allah, c’est sur le toit de la Kaaba qu’elle atterrirait. Et c’est bien une pierre, la fameuse pierre blanche, noircie au cours des âges et intégrée dans la construction du cube sacré, qu’Adam trouva là, à l’emplacement du temple qu’il allait ériger. Nous devons, en toute franchise, admettre notre incapacité de préciser si ce météorite se trouvait déjà là, désignant au père de l’humanité l’endroit où construire ce temple, ou bien si celui-ci la trouva là après avoir été conduit vers ce site par un autre facteur. Nous savons toutefois que, reconnaissant cette pierre qu’il avait vue au paradis, il l’étreignit avec passion et nostalgie de son premier séjour ; sentiments qu’il apaisa en faisant l’amour à Eve, recréant sur terre l’Androgyne céleste, l’homme et la femme retrouvant ensemble, pour l’instant d’une étreinte amoureuse, la condition paradisiaque. Rappelons ici brièvement les circonstances de la création d’Adam, androgyne, la façon dont le Maître de l’Univers, en un suprême acte d’amour bien supérieur aux crucifixions et autres rites sanglants, insuffla Son Esprit à l’Homme et avec lui la Science sacrée liée, véhiculée par la langue primordiale, communion suivie par l’injonction de l’enseigner aux Anges. On sait la jalousie ardente, engendrant la révolte d’un Jinn nommé Chaïtan, sa résolution d’être désormais l’ennemi juré de l’Homme. Lorsqu’au cours de la descente à travers les sphères célestes, l’Homme (au sens latin de homo) se scinda en un homme (au sens latin de vir) et une femme, ce même Chaïtan manipula la seconde pour faire commettre à son compagnon sa première faute.
Sur ce point précis, la doctrine islamique rejoint celle du judéo-christianisme mais pour s’en écarter aussitôt radicalement, car si la seconde voit en ce péché originel d’Adam une faute provoquant le courroux éternel de Dieu, l’Islam enseigne au contraire que le Seigneur des Mondes, el-rahman el-rahim, le Tout-Miséricordieux, pardonna à sa créature chérie dont il connaissait pour les avoir créées les faiblesses et les failles. Aussi, la descente d’Adam et d’Eve de l’ultime sphère paradisiaque pour entrer dans le monde de l’existence est-elle interprétée par les deux doctrines de façon antinomique. Si la Bible nous la présente comme une exclusion, un châtiment de l’homme assorti de la diabolisation de la femme, le Coran nous enseigne le contraire : Adam fut envoyé sur Terre pour y régner au Nom d’Allah, couronné par lui de la fonction impériale. Certes, il allait y affronter les épreuves, y mener le combat. Les adeptes d’une morale qui prêche le « paix mes brebis » peuvent en effet concevoir ces coups et ces épreuves comme autant de manifestations de la rancune divine. Dans le cadre du concept de Jihad, les Musulmans les considèrent au contraire comme autant de bénédictions, conscients, avec Frédéric Nietzsche, que ‘le coup qui ne me tue pas me rend plus fort’, que ces épreuves, enfin, ont été voulues par Allah, non par quelque étrange sadisme mais précisément par amour de l’Homme, pour lui donner l’occasion de les vaincre et à travers elles de se surpasser et de revenir dans sa direction. Il s’agit donc non point d’un châtiment mais d’un ennoblissement. Ainsi donc, Adam atterrit-il dans cette contrée qui correspond aujourd’hui à celle des Brahmanes, marchant vers celle que nous connaissons sous le nom d’Arabie, construisant au terme de son périple la sainte Kaaba, le cube sacré, ceci à l’intersection précise de la trajectoire du météorite projetant le Trône d’Allah, le centre des Sphères célestes, sur le site de la Maison d’Allah sur terre. Et de là, donc, le père et la mère du genre humain opérèrent leur remontée spirituelle, ésotériquement érotique, vers ce même Trône, vers ces mêmes Sphères, ne faisant plus qu’un dans leur étreinte, reconstituant l’Androgyne aux pieds de leur, de son créateur. Leur lignée allait être ponctuée de quelque trois centaines de Messagers de l’Unique, la paix soit sur eux tous, unanimement chargés de la mission de ramener leurs contemporains vers le Sirat-al-moustaqim, vers le droit chemin, ou encore, en chinois, vers le Tao ; le dernier maillon de cette chaîne étant l’Arabe Mohammed, transmetteur du Coran. Il eut le privilège de réaliser, spirituellement et physiquement, la remontée céleste, du Cube de La Mecque jusqu’au centre des Sphères, avec cette particularité toutefois qu’il fit en chemin une halte dans une autre cité terrestre : Jérusalem. L'Empereur Fou-Hsi, selon certaine interprétation, serait né du dieu-Tonnerre et d'une mortelle, Hua-Xou; naissance qui l'apparenterait à d'autres personnages nés sans père physique, tel l'empereur du Japon Jimmu, tels encore Merlin et Jésus. Selon la tradition chinoise, il eut à sa naissance une sœur, Nou-Koua. De son union avec cette sœur-épouse serait née l'espèce humaine. Nous retrouvons ici, de toute évidence, le mythe d'Adam et Eve, dans une version qui va toutefois dans le sens du Coran et dément la légende biblique selon laquelle Eve serait née d'une côte d'Adam; légende qui engendra le statut d'infériorité dont la femme souffre dans la société judéo-chrétienne, tout autant que de sa diabolisation en tant qu'incitatrice au péché (2). S’identifiant à Adam et à Eve, Fou-Hsi et Nou-Koua sont donc les incarnations humaines respectivement du Yang et du Yin, désormais dissociés en s’extrayant de la sphère symbolisée par le Taï-Ki qui nous enseigne en outre qu’il demeure un point de Yin dans le Yang et de Yang dans le Yin. Le premier empereur de Chine et le constructeur de la Kaaba ne seraient donc qu’une seule et même personne, la fonction de Rasoul s’identifiant à la fonction impériale dans son acception suprême d’autorité spirituelle précédant le pouvoir temporel, avant même que de ceindre le casque de l’Imperator, l’empereur, au sens original de terme, se coiffant de la tiare du Pontifex. Selon René Guénon, les apparats vestimentaires des empereurs de Chine consistaient en une tiare semi-sphérique (3) et en une robe dont le bas formait un carré, l’ensemble symbolisant la fonction pontificale, ou encore califale, littéralement, de ‘pont lancé entre les mondes céleste et terrestre’. Tout comme l’assise de la Kaaba, le site de la cité impériale était un carré, traversé sur chaque côté par trois portes, chacune placée sous un signe zodiacal. Par ailleurs, la cité impériale chinoise incluait une petite mosquée : construite pour l’épouse musulmane d’un empereur de Chine, son existence n’en demeure pas moins à nos yeux hautement symbolique de la relation fraternelle, mieux encore, de l’unicité de l’Islam et du Tao. Dans l’Islam comme dans le Tao, le chemin du cube vers la sphère passe par la figure intermédiaire de l’octogone. Chiffre dont le carré donne le nombre de combinaisons du Yang et du Yin dans le Yi-King, les huit faces du Pakwa entourent le Taï-Ki tout comme les huit anges se tiennent autour du Trône d’Allah, tout comme les huit côtés de la mosquée de Jérusalem entourent le site de la halte de Mohammed lors de son ascension céleste. Ce n’est donc point un hasard si, à l’heure où les poings et les imprécations de la soldatesque la plus haineuse et la plus furieuse de l’Occident se tendent, dans leur rage impuissante, vers l’Octogone qui domine les ruines du Temple de Salomon, la Chine se dresse comme l’ultime salut des peuples face au bulldozer lancé pour écraser nations et cultures. Fort de sa discipline, de sa vitalité, de sa capacité de labeur comme de sa formidable et admirable armée, de son enracinement dans la tradition primordiale comme de sa saine approche de la modernité, le peuple chinois et ses dirigeants regardent avec sang-froid et mépris les misérables tentatives de l’Occident de le déstabiliser à l’intérieur comme de l’encercler. La conquête chinoise de l’espace se réalise à un rythme six fois plus rapide que celle menée par la NASA, encore que celle-ci ne doive ses succès initiaux qu’aux savants européens capturés en 1945. Ayant tiré les leçons nécessaires de la conquête par déstabilisation de l’Irak et de l’Afghanistan par les USA, la Chine a rompu l’encerclement stratégique par l’alliance militaire avec la Russie, l’Iran et le Pakistan. Les armées russes et chinoises se sont, au cours de l’été 2005, livrées à des manœuvres communes dont le sens et l’importance n’ont échappé à aucun observateur, à l’heure où à Washington on mijote l’agression de l’Iran et de la Syrie sous le fallacieux prétexte qu’au nom de l’égalité entre les peuples, il en soit qui aient le droit d’entretenir les arsenaux nucléaires capables de pulvériser la Planète en un monopole indiscuté du terrorisme atomique face au reste de l’humanité qui n’aurait d’autre droit que de se soumettre. Sanctuaire du Monde Libre, la Chine est également en voie de devenir la plus grande puissance islamique mondiale, grâce à sa communauté musulmane parfaitement intégrée, respectée et reconnue par la majorité bouddhiste et taoïste, insensible aux incitations au séparatisme venant de ceux-là même qui sont à l’origine de la vague d’islamophobie occidentale. A l’heure du bicentenaire d’une des majeures tentatives eurasiatiques, alors conçue sur les bords de la Seine, l’Europe occidentale doit pour son salut se libérer à jamais du mythe de son appartenance à l’Occident prétendu ‘libre et civilisé’. Il est notamment à souhaiter que ses dirigeants politiques cessent de se couvrir de ridicule en prétendant, lors de leurs visites à Beijing, donner des leçons en matière de ‘Droits de l’Homme’ alors qu’en France il est question de ‘traiter au Kärcher’, pourquoi pas au napalm ou au Zyklon B, les populations que l’exclusion socio-ethno-religieuse ont poussées à la révolte, que, sous prétexte d’attentats commis par des membres de sectes faussement dites ‘islamiques’ et créées par les services américano-saoudiens, nos compatriotes sont condamnés à être fichés, filmés, répertoriés et tenus en laisse à longueur de vie, que les grands maîtres en démocratie, enfin, sont en train de légaliser les enlèvements et la torture de leurs opposants à travers le Monde. Bien plus que le fruit d’impératifs géopolitiques, l’alliance de la Chine et de l’Islam constitue l’achèvement d’un cycle multimillénaire qui fait se réunir, comme le Yin et le Yang dans la sphère matrice des mondes, l’Alpha et l’Oméga de la tradition primordiale. Il appartient aux peuples européens de s’intégrer volontairement et hardiment à cette gigantesque révolution face à laquelle l’Occident a déjà commencé à s’effriter. Ce n’est même plus une affaire de gloire mais seulement de survie. Tahar de la Nive
Notes
1) Le Pakwa est très populaire en Chine où il est souvent placé sur le seuil du foyer, même parfois aux fenêtres, ceci afin d’en repousser les êtres maléfiques invisibles appartenant à la catégorie des Jnoun (pluriel de Jinn) en terminologie coranique.
(2) Légende toutefois reprise dans un hadith, avec le commentaire qu’il faut prendre bien garde de ne point tendre cette côte afin qu’elle ne casse. Quant à nous, nous nous en tenons à la pureté de la doctrine islamique, le Coran étant un livre de science, de pédagogie, aux termes rationnels, poétiques, certes, mais sans concession aux affabulations
3) Sans doute y a-t-il là une relation avec le Japonais atama signifiant ‘tête’, mot dérivé de tama signifiant ‘sphère’. Le Nihongo désigne d’autres éléments anatomiques de façon fort pittoresque : Kintama, les ‘sphères d’or’, matrices potentielles de l’Androgyne biologique.
22:00 Publié dans Islam | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tradition, islam, tao, achèvement d'un cycle
27.10.2008
ISLAM: POURQUOI JE ME SUIS CONVERTIE A L'ISLAM par Fabienne MARTI
A mes parents
C’est en proie à un profond dilemme intérieur, symptomatique du climat délétère et hostile à l’islam qui assombrit malheureusement chaque jour notre ciel hexagonal, que je me présente à vous, dissimulée sous un pseudo, pour vous livrer ce témoignage empreint d’une vibrante émotion et de la plus grande sincérité.
Luttant contre des sentiments ambivalents qui me tiraillent sans répit, oscillant entre une culpabilité intransigeante et une sourde révolte, j’ai finalement choisi la prudence en masquant mon identité pour retracer le long cheminement qui m’a menée vers l’essentiel : ma conversion à l’islam. Si bien des obstacles jalonnent encore ma route, si de cruelles questions existentielles me plongent parfois dans le désarroi, ma foi en Dieu est ce précieux flambeau qui illumine ma vie de sa vaste clarté et me fait percevoir un hymne d’amour dans tout ce qui m’entoure. L’existence terrestre, ma propre existence prennent alors tout leur sens. Devant nos yeux, les ténèbres de l’ignorance banalisée et du racisme instrumentalisé nous conduisent inexorablement vers l’abîme. Il ne tient qu’à nous de montrer qu’en marchant vers Dieu nous bâtissons des ponts entre les hommes. Pour comprendre mon parcours, il me faut évoquer en premier lieu l’Algérie. Cette terre ensoleillée aux couleurs azurées de la méditerranée, qui enfant me semblait si lointaine, a marqué de son empreinte indélébile toute mon histoire familiale. Oran, Mostaganem, Arzew, Tlemcen, Saint-Leu, cinq noms de ville qui ont bercé la douce quiétude de ma petite enfance, et dont les paysages exotiques me faisaient rêver, m’imaginant là-bas, sous d’autres cieux, dans d’autres circonstances. Cinq noms synonymes de souffrance quand, vers dix ans, j’ai lu la nostalgie inconsolable dans les yeux de mes très chers parents, et que j’ai ressenti au tréfonds de mon être l’intensité de leur douleur à l’idée de l’impossible retour. Je suis fille et petite-fille de pieds-noirs, arrivés en 1830 et partis en 1963. Mon frère est né à Oran, j’ai vu le jour en France, et je nourris l’espoir de découvrir cette contrée qui m’est depuis si longtemps familière. L’Algérie et son long cortège d’épreuves, de part et d’autre, des familles endeuillées, décimées, déracinées, des générations sacrifiées. L’Algérie, c’est l’éveil de ma conscience politique, c’est le désir inassouvi de connaître la vérité, sans complaisance, de tirer des enseignements, de tisser des liens, riche des récits de mes parents qui regorgeaient de belles histoires d’amitié, de respect et de fraternité. L’Algérie, c’est ma première rencontre avec l’islam, cette troisième religion du Livre, celle qui inconsciemment m’attirait, m’intriguant irrésistiblement parce qu’elle est la dernière révélation divine. Elevée dans la plus pure tradition catholique, j’ai toujours cru en Dieu. La foi relève de l’indicible, et l’élévation spirituelle à laquelle j’aspirais était celle du cœur. A l’adolescence, mon élan vers Dieu se traduisait par une profonde quête de sens, et une litanie de questions critiques dont j’abreuvais ma chère maman, au demeurant très pieuse, au sujet de notre religion. Jusqu’au jour où j’ai dû me rendre à l’évidence : je croyais en Dieu, mais je rejetais le dogme catholique.
« Moi, je vais devant moi ; le poète en tout lieu
Se sent chez lui, sentant qu’il est partout chez Dieu »
C’est par ces vers que Victor Hugo a fait son entrée dans ma vie à l’âge de quatorze ans, provoquant en moi un choc et un émoi littéraires inégalés, qui depuis ne se sont jamais taris.Cet immense poète romantique, ce dramaturge, ce romancier à la stature incomparable, cet artiste du verbe, virevoltant avec les mots, cet homme engagé a su toucher l’intériorité de mon âme. Son culte ineffable à Dieu, son amour absolu de la nature, de l’humanité, et de l’univers ont résonné en moi avec une rare intensité. Je ne crains pas de dire que son œuvre magistrale, ses interrogations les plus intimes, sa proximité unique avec Dieu m’ont révélée à la foi, tout en développant progressivement mon intérêt pour l’islam. Au panthéon de mes auteurs favoris, Hugo m’a accompagnée tout au long de ces dernières années, et lorsque j’ai appris qu’il s’était peut-être converti à l’islam, une certitude inébranlable m’a peu à peu envahie : je ne devais écouter que mon cœur, et faire abstraction des préjugés les plus funestes et destructeurs qui allaient bon train dans ma sphère socio-professionnelle.
« Et puis laisse ton cœur ouvert !
Le cœur, c’est la sainte fenêtre.
Le soleil de brume est couvert ;
Mais Dieu va rayonner peut-être ! »
Oui, laissons nos cœurs ouverts à l’autre, dans toute sa différence et son individualité. La quintessence du message du Coran ne nous enjoint-elle pas à faire de nos différences une vraie richesse, à nous « entre-connaître » pour ne former qu’une seule et même communauté, celle de l’humanité. Quelle ironie cinglante d’observer qu’à l’heure de la multiplicité des circuits de communication, entreprendre la simple démarche d’apprendre à connaître son prochain, de le respecter, d’échanger avec lui, constitue une véritable gageure pour nos sociétés occidentales ! J’ai franchi le pas de la conversion il y a un an de cela. Ce pacte scellé avec Dieu m’a procuré une source inestimable de plénitude, de sérénité et d’apaisement, comme une renaissance de l’âme. En effet, après avoir été confrontée à la condamnation et l’ostracisme implacables d’un environnement relationnel médusé, aux yeux de qui j’incarnais l’exemple atypique à marginaliser d’urgence – la conversion à l’islam d’une femme occidentale, indépendante, autonome, cadre, sportive, passionnée par la culture, les voyages, bref une française de son temps - je m’engageais enfin spirituellement. Après une longue phase de réflexion, de maturation, au cours de laquelle je me dois de le reconnaître « 2001 », le terrorisme et le poids du patriarcat ont été autant de facteurs de doutes et de questionnements, je choisissais enfin ma voie. Si vous me croisiez aujourd’hui dans la rue, vous verriez qu’aucun « signe ostentatoire » ne me distingue, et que rien dans mon attitude n’indique de prime abord que je suis musulmane. Il faut dépasser le carcan réducteur des apparences pour discerner l’âme de croyante qui m’anime. Certes, je le concède avec amertume, je me vois aujourd’hui contrainte de donner le change en permanence dans ma vie quotidienne et professionnelle, et de jouer à ce que je ne suis pas, à ce que je n’ai jamais vraiment été... Face à ce que je qualifie d’inquisition inique et anachronique qui sévit de manière intolérable au « pays de Voltaire », permettez-moi de clamer non pas un « J’accuse ! », mais un humble « Je déplore ! » :
- Je déplore que notre classe politique, nos élites intellectuelles et les grands décideurs des médias français se rendent complices d’une stigmatisation orchestrée de l’islam et de ses fidèles, en conditionnant l’opinion à travers des représentations systématiquement négatives qui tronquent la réalité, abusent nos concitoyens, et au final déchaînent les passions.
- Je déplore que notre pays ne favorise pas l’émergence sur le devant de la scène d’une nouvelle génération de français musulmans, de toutes origines, susceptible d’apporter une réelle plus-value à notre société tant sur le plan intellectuel, politique, économique que scientifique, et pas uniquement sportif… (c’est une férue de sport qui parle…)
- Je déplore que l’on entretienne la peur pour mieux régner, que l’on caricature pour mieux humilier, que l’on exclut pour mieux affaiblir.
- Je déplore que les bienfaits de la loi sur la laïcité soient dévoyés pour être érigés en doctrine au détriment du spirituel, quel qu’il soit.
- Je déplore qu’en cette période de crise économique sans précédent, ceux qui nous gouvernent continuent de nous manipuler en surmédiatisant des « affaires » qui ne sont que des leurres.
- Je déplore enfin que l’essentiel soit perdu de vue : l’universalité de nos civilisations, de nos cultures, de nos religions, de nos langues, du sens même de notre existence.
Par-delà la brume épaisse du sectarisme et de l’islamophobie qui couvre, menaçante, notre horizon, je veux plus que jamais croire que le cœur de chaque homme, de chaque femme, peut à tout moment transpercer le rideau de l’indifférence, de l’ignorance et de la haine, pour rayonner. Lundi 27 octobre 2008 Fabienne MARTI (Source : Oumma.com)
15:39 Publié dans Islam | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : islam, conversion














