26.08.2008

JULIUS EVOLA: CE QUI COMPTE AUJOURD'HUI

“Seul compte, aujourd'hui, le travail de ceux qui savent se tenir sur les lignes de crête : fermes sur les principes ; inaccessibles à tout compromis ; insensibles devant les fièvres, les convulsions , les superstitions et les prostitutions sur le rythme desquelles dansent les dernières générations. Julius_Evola.jpgSeule compte la résistance silencieuse d'un petit nombre, dont la présence impassible de “convives de pierres” sert à créer de nouveaux rapports, de nouvelles distances, de nouvelles valeurs, à construire un pôle qui, s'il n'empêchera certes pas ce monde d'égarés et d'agités d'être ce qu'il est, permettra cependant de transmettre à certains la sensation de la vérité - sensation qui sera peut-être aussi le déclic de quelque crise libératrice.” (Révolte contre le monde moderne).

28.07.2008

JULIUS EVOLA: DE L'OPPOSITION ENTRE CIVILISATIONS MODERNES ET CIVILISATIONS TRADITIONNELLES

« L’opposition entre les civilisations modernes et traditionnelles peut être exprimée comme suit :les civilisations modernes sont dévoratrices d’espace, les civilisations traditionnelles furent dévoratrices de temps. Evola.jpgLes premières – les civilisations modernes – sont vertigineuses de par leur fièvre de mouvement et de conquête spatiale, génératrice d’un inépuisable arsenal de moyens mécaniques, capables de réduire toutes les distances, d’abréger tous les intervalles, de joindre en une sensation d’ubiquité tout ce qui est épars dans la multitude des lieux… Par contre, les civilisations traditionnelles furent vertigineuses en leur stabilité, en leur identité, en leur manière de subsister inébranlablement et immuablement au milieu du courant du temps et de l’histoire : en sorte qu’elles furent même capables d’exprimer, en des formes sensibles et tangibles, une esquisse de l’éternité. » (1968)

23.07.2008

JULIUS EVOLA: DU CARACTERE ILLUSOIRE DES "LIBERTES" DEMOCRATIQUES

(…) Que "l'homme économique" n'existe pas, ce fut aussi le point de vue de Mussolini, qui lui opposa l'"homme intégral"(1933) ; son idée était que la "politique a dominé  et dominera toujours l'économie", et il releva que, dans ce contexte, ce qui est conçu comme destin de l'homme "est, pour les trois quarts, créé par son aboulie ou par sa volonté"(1932). Evola.jpgIci on peut renvoyer également aux perspectives de Spengler. celui ci, étudiant les formes sous lesquelles un cycle de civilisation prend fin (la descente de la "Kultur" au niveau de la "Zivilisation"), a envisage précisément la phase ou l'économie devient souveraine et ou se réalise une certaine connexion entre démocratie, capitalisme et finance. Cette connexion démontre par ailleurs le caractère illusoire des "libertés" revendiquées de nos jours, parce que, bien évidemment, les "libertés politiques" ne sont rien sans la liberté ou l'autonomie économique, soit dans le domaine individuel, soit dans le domaine collectif. Dans ce  dernier, parce que, en régime démocratique, ce sont les groupes en possession de la richesse qui contrôlent la presse et tous les autres moyens de formation de l'"opinion publique" et de la propagande ; dans le domaine individuel et pratique, parce que  l' accession aux diverses "conquêtes" de la civilisation moderne, technique et économique, avec sa prospérité apparente, est payée par autant d'aliénations de l'individus, par son insertion toujours plus rigoureuse dans l' engrenage collectif entraîné par l'économie. Face a cela, les libertés politiques sont quelque chose de dérisoire. (…)  Julius Evola : Le fascisme vu de droite, chapitre L’autarcie économique, page 108 et suivantes. Editions Pardès.

 

17.07.2008

JULIUS EVOLA: LE MYTHE DE LA ROYAUTE FUTURE

« (…) Mais peut-être est-ce le Moyen Âge qui présente les formulations les plus prégnantes du thème dont nous parlons. La restauratio imperii romano-germanique et gibeline fut inséparable d'une série de légendes et de mythes où elle s’exprimait avec une force plus grande, acquérant une signification supérieure, transcendante, universelle.Evola.jpg Ici entrent d'abord en jeu les légendes du Graal. Comme nous l'avons montré dans l'un de nos livres, le noyau central de ces légendes n’a pas grand-chose à voir avec les divagations mystico-chrétiennes et romantiques de Wagner. Il s'agit essentiellement, ici, de l'attente de celui grâce auquel un royaume déchu renaît à une splendeur nouvelle.  Le mythe impérial du Moyen Âge gibelin eut beaucoup d'autres variantes. Le thème dantesque de l'Arbre de l'Empire qui refleurit, s'y rapporte. Plus intéressante encore est l'idée de la « dernière bataille ». Elle se rattache au thème de l'interregnum, de la latence de la fonction royale. Une figure royale ou impériale - identifiée dans la légende à tel ou tel personnage historique - ne serait pas morte, en réalité., Elle se serait retirée en un lieu inaccessible (par exemple Frédéric Barberousse dans le Kyffhâuser) et attendrait son heure pour se réveiller et se manifester, afin de mener avec tous ceux qui lui sont restés fidèles une bataille décisive contre les forces du désordre, de l'injustice et des ténèbres. (…) »

 

22.06.2008

JUILIUS EVOLA: LE VERITABLE ESPRIT ARISTOCRATIQUE

"Le véritable esprit aristocratique ne peut avoir de traits communs avec les formes d’une domination à base, ou machiavélique, ou démagogique, comme il arrive dans les antiques tyrannies populaires ou le tribunat de la plèbe.Evola.jpg Il ne peut pas avoir pour base une théorie du « surhomme », si l’on ne devait que penser, à cet égard, qu’à un pouvoir basé  sur des qualités purement individuelles et naturalistes de figures violentes et redoutables. En son principe le plus intime, la substance de l’esprit aristocratique est, au contraire « olympienne » - qui s’extrait d’un ordre déjà métaphysique. La base du type aristocratique est, avant tout, spirituelle. La signification de la spiritualité, ici, a peu à voir, toutefois, avec la notion moderne de cette dernière : elle se relie à un sens inné de souveraineté, à un mépris pour les choses profanes, communes, d’acquisition, nées de l’habileté, de l’ingéniosité, de l’érudition et même du génie : mépris qui s’avoisine fort à celui que professe l’ascète, mais toutefois, en s’en différenciant par une absence complète de pathos et de sentiment. On pourrait enfermer l’essence de la vraie nature noble en cette formule : une supériorité de race vis-à-vis de la vis devenue nature." (1941)

15.06.2008

JULIUS EVOLA: A PROPOS DU "PROGRES"

"Le « progrès » de l'histoire au delà du Moyen-âge se résume essentiellement par un développement anormal de l'élément bourgeois ainsi que des intérêts et des activités qui lui sont propres, par rapport aux éléments supérieurs de la hiérarchie médiévale : développement qui a pris les proportions d'un véritable cancer. Evola.jpgC'est le bourgeois qui a jeté le ridicule sur les idéaux de l'ancienne éthique chevaleresque. C'est le bourgeois qui, le premier, comme cette « nouvelle engeance » méprisée par Dante, a donné le signal de la révolte anti‑traditionnelle, usurpant le droit des armes, fortifiant les centres d'une puissance économique impure, arborant ses propres bannières, opposant à l'autorité impériale – avec les Communes – une prétention anarchique à l'autonomie. C'est le bourgeois qui, peu à peu, a présenté comme naturel ce qui, en d'autres temps, aurait semblé une hérésie absurde : l'idée selon laquelle l'économie est notre destin, le gain notre but, le marchandage et le trafic les seules formes d'action ; et puis l'idée que le confort, le bien-être, le welfare, sont l'essence de la civilisation." « Regime fascista » (3 avril 1934)