10.06.2009

LIBAN: LE HEZBOLLAH PARTICIPERA PEUT-ÊTRE AU NOUVEAU GOUVERNEMENT

Le chef de la Coalition du 14 mars, victorieuse des élections législatives au Liban, Saad Hariri, ne s'oppose pas à une entrée du Hezbollah dans le nouveau gouvernement. Dans une interview accordée à La Libre Belgique, Saad Hariri, fils de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri assassiné en 2005, et vainqueur des législatives qui se sont déroulées ce dimanche, n'exclut pas une participation du Hezbollah au nouveau gouvernement. HassanNasrallah.jpg"Le meilleur moyen de servir les intérêts du pays est d'essayer d'unifier les efforts de tout le monde pour ramener la stabilité, la sécurité et améliorer l'économie", a-t-il déclaré. Et le leader de la Coalition du 14 mars de préciser qu'il veut opter pour un "dialogue calme afin d'élire le président de la Chambre et former un nouveau gouvernement". Satisfait de l'énorme progrès réalisé ces derniers mois dans les relations avec le parti d'opposition, Saad Hariri estime que son souci majeur dans les jours qui viennent sera de déterminer la forme de gouvernement la plus adéquate qui permette de prendre des décisions qui répondent aux besoins de la population libanaise. Et la participation du Hezbollah n'y est pas exclue. Le futur probable Premier ministre reconnaît en effet le réalisme et la maturité avec lesquels le mouvement mené par Hassan Nasrallah a accepté les résultats donnant la victoire à la Coalition soutenue par l'Occident.

 

08.04.2009

GUANTANAMO: DES PERSONNELS MEDICAUX ONT PARTICIPE AUX INTERROGATOIRES DE LA CIA RELEVANT DE LA TORTURE

1135862224-prisons-de-la-cia-un-rapport-secret-du-cicr-fait.jpgQuand l'interrogatoire passe avant la santé du patient. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) affirme dans un rapport confidentiel que des personnels médicaux ont participé à des interrogatoires de la CIA relevant de la torture, a rapporté la presse américaine. Des pratiques en violation des règles déontologiques de la médecine. «La première intention des personnels médicaux semble avoir été d'être utiles aux procédures d'interrogatoires, et non au patient», assure le CICR dans ce rapport mis en ligne lundi par le site The New York Review of Books. Des premières conclusions de ce document, dévoilé en mars par la presse américaine, avaient montré que les traitements infligés aux personnes soupçonnées de terrorisme dans les prisons secrètes de la CIA relevaient de la «torture»: coups, privations de sommeil, expositions à des températures extrêmes, simulations de noyade... Selon les nouvelles révélations, des personnels médicaux étaient présents lors de ces interrogatoires, surveillant l'état de santé des détenus alors que leur étaient infligés des mauvais traitements. Ils «donnaient des instructions pour poursuivre, cesser ou modifier» les interrogatoires, assure le rapport, qui s'appuie sur les conclusions de responsables du CICR qui ont pu rencontrer des détenus des prisons de la CIA, membres présumés d'Al-Qaida, après leur transfert en 2006 dans le camp de prisonniers de Guantanamo, sur l'île de Cuba. Un des détenus a ainsi affirmé «qu'à plusieurs occasions, des simulations d'asphyxie ont été arrêtées sur intervention» d'équipes de santé présentes dans la pièce. A l'inverse, celles-ci pouvaient «recommander» la poursuite de tels traitements. «Je m'occupe de ta santé seulement parce qu'on a besoin de tes informations», aurait par ailleurs lancé un membre de ces équipes à un détenu. Le CICR rappelle dans son rapport que la pratique de la médecine obéit à des principes déontologiques: respect de la dignité du malade, recherche de l'amélioration de sa santé, interdiction des mauvais traitements. Le comité conclut que «la participation du personnel médical» dans le cadre de ces interrogatoires «constituent une violation flagrante de l'éthique médicale, et s'apparente dans certains cas à une participation à la torture et/ou à des traitements cruels, inhumains ou dégradants». Au moins cinq copies du rapport ont été réalisées et diffusées auprès de hauts responsables de la CIA et de la Maison Blanche en 2007, mais interdits de diffusion auprès du public par le CICR, censé garder sa neutralité dans les conflits. Le CICR n'a pas contesté l'authenticité du rapport, mais regretté sa diffusion. La CIA avait refusé de réagir. A mesure qu'elles ont été révélées, les méthodes utilisées par l'agence de renseignement dans le cadre de la «guerre contre le terrorisme» de l'ancien président américain George W. Bush n'ont cessé de faire scandale. (Source : 20mn.fr)

17.03.2009

ETATS-UNIS: UN RAPPORT SECRET DE LA CROIX ROUGE INTERNATIONALE FAIT ETAT DE TORTURES DANS LES PRISONS SECRETES DE LA CIA

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a rédigé en 2007 un rapport confidentiel dans lequel il conclut que le traitement infligé aux personnes soupçonnées de terrorisme dans les prisons secrètes de la CIA "constitue une torture", rapporte le Washington Post lundi. Le journal cite le rapport du CICR selon lequel le traitement subi par les personnes détenues dans des prisons secrètes de la CIA (Agence centrale du renseignement américaine) est "cruel, inhumain et dégradant" et interdit par les conventions de Genève. 1135862224-prisons-de-la-cia-un-rapport-secret-du-cicr-fait.jpgLe rapport se base sur les conclusions de responsables du CICR qui ont pu rencontrer des détenus de la CIA après leur transfert en 2006 dans le camp de prisonniers de Guantanamo, sur l'île de Cuba. Les 14 détenus interrogés par le CICR ont indiqué avoir subi des mauvais traitements, tels que des coups, une privation de sommeil, des températures extrêmes et, dans certains cas, des simulations de noyade, rapporte le Washington Post. Le quotidien indique qu'au moins cinq copies du rapport ont été réalisées et diffusées auprès de hauts responsables de la CIA et de la Maison Blanche en 2007, mais interdits de diffusion auprès du public par le CICR censé garder sa neutralité dans les conflits. Des extraits ont été diffusés dimanche dans la publication New York Review of Books datée du 9 avril après qu'un journaliste a réussi à se procurer le document. Le rapport indique que les personnes détenues dans les prisons secrètes de la CIA ont été régulièrement frappées, arrosées à l'eau froide et projetées la tête la première contre des murs, selon le Post. Entre les interrogatoires, ils étaient dépouillés de leurs habits, soumis à un volume très élevé de musique, privés de sommeil et de nourriture consistante pendant plusieurs jours, précise le journal. Certains détenus ont indiqué avoir été contraints de rester debout pendant plusieurs jours, les mains attachés dans le dos et portant uniquement une couche, selon le rapport du CICR. "Tous les jours (...) j'avais un collier autour du cou qui (leur) servait à me projeter contre les murs de la salle d'interrogatoire", indique le détenu Walid ben Attash, cité dans le rapport, assurant aussi avoir été enveloppé dans un drap en plastique et arrosé à l'eau froide. Les responsables du CICR n'ont pas contesté l'authenticité du rapport, mais un de ses porte-paroles s'est dit consterné du fait que le document ait été diffusé publiquement, a indiqué le Washington Post. "Nous regrettons que l'information attribuée au rapport du CICR ait été rendue publique de cette manière", indique le porte-parole Bernard Barrett, cité par le journal.

 

24.02.2009

PAKISTAN: CESSEZ-LE-FEU CONTRE SHARIA DANS LA VALLEE DE SWAT

Cet accord, qui prévoit l'application de la loi islamique comme seul système judiciaire dans cette région himalayenne, avait suscité les inquiétudes des alliés occidentaux du Pakistan, les Etats-Unis et l'Otan en particulier craignant qu'il ne laisse le champ libre aux fondamentalistes. Taleb vallée de Swatt.jpgLa vallée de Swat, à seulement 120 kilomètres au nord-ouest d'Islamabad, était l'une des régions les plus touristiques du pays avant de tomber à l'automne 2007 aux mains d'un groupe de talibans pakistanais dirigé par le maulana Fazlullah, qui depuis menait campagne pour y imposer la charia. Le gouvernement du Pakistan, sous pression des Etats-Unis pour lutter plus activement contre les islamistes, a prévenu que l'accord ne serait appliqué que si les talibans cessaient durablement les combats. Les combattants islamistes ont également annoncé qu'ils relâchaient «tous les prisonniers de façon inconditionnelle. Aujourd'hui, nous avons libéré quatre paramilitaires et nous relâcherons tous les membres des services de sécurité entre nos mains dans un geste de bonne volonté», a indiqué à l'AFP Muslim Khan, porte-parole du groupe de Fazlullah. Le porte-parole de l'armée, le général Athar Abbas, a déclaré à l'AFP que l'armée avait déjà interrompu ses opérations dans la vallée de Swat et observerait aussi un cessez-le-feu. «L'armée ne mènera aucune offensive», a-t-il souligné. «Nous accueillons du fond du coeur l'annonce du cessez-le-feu par les talibans, qui ouvre la voie à une paix durable», a réagi Syed Mohammad Javed, un haut responsable du gouvernement local.

 

10.02.2009

L'IRAN PRÊT AU DIALOGUE AVEC LES ETATS-UNIS MAIS DANS L'EGALITE ET LE RESPECT

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a déclaré mardi que son pays était prêt au dialogue avec les Etats-Unis mais dans l'égalité et le respect mutuel, à l'occasion du 30e anniversaire de la révolution islamique "Le nouveau gouvernement américain a déclaré qu'il voulait le changement et entamer le chemin du dialogue mais le changement réel doit être fondamental et non tactique. aminajad.jpgLe peuple iranien est prêt au dialogue mais dans un climat d'égalité et de respect mutuel", a-t-il dit devant des dizaines de milliers personnes rassemblées à Téhéran. Les deux pays, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques depuis 1980, s'opposent sur plusieurs dossiers, dont le programme nucléaire iranien, officiellement civil mais soupçonné par les Occidentaux de masquer des ambitions militaires. Signe de la méfiance entre les deux pays, M. Ahmadinejad a également lancé une mise en garde aux Etats-Unis. "Le monde ne désire pas la répétition de la période noire de (l'ex-président George W. Bush). Si certains cherchent à répéter son expérience, même avec des méthodes nouvelles, ils doivent savoir que leur destin sera encore pire", a-t-il dit. Enumérant les acquis scientifiques et technologiques de l'Iran, notamment dans le domaine nucléaire et le récent envoi d'un satellite dans l'espace, il a affirmé que l'Iran était désormais "une grande puissance". Non loin de là, les autorités avaient érigé une réplique grandeur nature de la fusée qui a mis en orbite la semaine dernière un satellite. Des manifestants portaient des pancartes "30 ans de liberté, 30 ans de fierté" ou encore "mort à l'Amérique", "mort à Israël". La République islamique se pose aujourd'hui en chef de file de l'anti-impérialisme et de l'ordre injuste que font peser, selon elle, sur le monde les grandes puissances au Conseil de sécurité de l'ONU. La télévision d'Etat a diffusé les images de manifestations similaires à travers le pays pour célébrer la révolution marquée par le retour d'exil le 1er février 1979 de l'ayatollah Rouhollah Khomeiny, fondateur de la République islamique, et par le renversement du Shah.

05.02.2009

GREVE ANTI-ETRANGERS: LES SALARIES PORTUGAIS DE TOTAL ONT QUITTE L'ANGLETERRE

Le dernier groupe de Portugais recrutés pour travailler dans une raffinerie de Total à Lindsey, dans l'est de l'Angleterre, est rentré mercredi au Portugal sous la pression des manifestations contre l'embauche d'étrangers au Royaume-Uni, rapporte jeudi la presse portugaise.  Les douze Portugais rentrés mercredi se disent toutefois prêts à retourner au Royaume-Uni dès que ces manifestations prendront fin.2252348502-greve-anti-etrangers-les-salaries-portugais-de-total-ont-quitte.jpg "Les Portugais sont rentrés pour des raisons de sécurité. Mais nous avons l'intention d'y retourner", a déclaré au quotidien Correio da Manha Luis Bento, porte-parole de la société portugaise Semi-sul, chargée du recrutement au Portugal. Une série de grèves sauvages ont éclaté la semaine dernière dans le secteur de l'énergie au Royaume-Uni, des milliers de travailleurs intérimaires s'opposant à l'embauche de travailleurs italiens et portugais, décidée par une entreprise sous-traitante chargée de l'agrandissement de la raffinerie de Lindsey, qui appartient au groupe pétrolier français Total. Une quarantaine de Portugais était arrivée le 25 janvier dernier en Angleterre pour travailler dans cette raffinerie de Total. Les ouvriers portugais, qui ont été conseillés par leur ambassade à rentrer, dénoncent des actes racistes. "J'ai travaillé plusieurs années aux Pys-Bas et en Allemagne, souvent au milieu de skinheads, et je n'ai jamais senti de racisme, au contraire de ce qui se passe en Angleterre où je ne suis resté qu'une semaine", a confié Cesar Rodrigues à son arrivée à l'aéroport de Lisbonne. Ce mouvement de grèves illégales a été critiqué par les gouvernements anglais et portugais. Le Premier ministre britannique Gordon Brown l'avait notamment qualifié d'"indéfendable" et de "contre-productif", tandis que le gouvernement portugais avait estimé que ces mouvements étaient "inacceptables". Les grévistes du chantier de la raffinerie Total doivent se prononcer jeudi sur un projet de compromis destiné à mettre fin au conflit, selon les syndicats.

04.02.2009

PAYS-BAS: ENQUÊTE SUR LE SOUTIEN DU GOUVERNEMENT NEERLANDAIS A L'INVASION AMERICAINE DE L'IRAK

US%20Army%20Xbox%20360%20Irak.jpgLe Premier ministre néerlandais Jan Peter Balkenende a ordonné lundi l'ouverture d'une enquête indépendante sur la décision de son gouvernement de soutenir l'invasion américaine de l'Irak en 2003.   Cette mesure constitue une volte-face spectaculaire pour le cabinet de M. Balkenende, longtemps opposé à toute enquête. Ces dernières semaines, des éléments sont apparus montrant que des juristes du gouvernement estimaient que l'invasion pouvait être illégale au regard du droit international, une situation potentiellement embarrassante pour un pays qui abrite de nombreuses juridictions internationales. Le gouvernement de M. Balkenende n'a pas envoyé de soldats en Irak pour participer à l'invasion du pays, mais avait exprimé son soutien à la campagne militaire menée par les Etats-Unis.

 

03.02.2009

L'IRAN PLACE SON PREMIER SATELLITE EN ORBITE

L'Iran a annoncé avoir placé en orbite lundi soir son premier satellite à l'aide de sa fusée Safir-2. Ce satellite, baptisé Omid ("Espoir"), est de fabrication 100% iranienne, a en outre souligné l'agence officielle Irna. "C'est le premier satellite a être lancé dans l'histoire de notre nation et il était porté par la fusée Safir-2", a rapporté mardi l'agence Fars, sans citer de source, alors qu'Irna a précisé que le lancement avait eu lieu lundi soir. La télévision a montré le président Mahmoud Ahmadinejad donnant l'ordre de lancement de la fusée, qui portait un "message d'amitié et de paix du président", selon l'agence Fars. D'après l'agence Isna, la première opération du satellite a été de diffuser ce message vers la Terre, sans préciser de quelle façon.1190800711-l-iran-place-en-orbite-son-premier-satellite.jpg

"Cher peuple iranien, vos enfants ont envoyé leur premier satellite indigène qui a été placé en orbite de la Terre, au nom de Dieu et du douzième imam" du chiisme, dit ce message. "La présence officielle de la République islamique d'Iran dans l'espace a été enregistrée dans l'histoire pour renforcer la foi en Dieu, la justice et la paix", se conclut-il, selon Isna. L'Iran avait annoncé le 17 août dernier avoir procédé au lancement avec succès de sa fusée Safir ("ambassadeur"), capable selon Téhéran d'envoyer dans l'espace un satellite léger. "La fusée est capable de placer un satellite léger en orbite basse à une distance minimale de 250 km de la Terre et maximale de 500 km", avait affirmé la télévision d'Etat, sans citer de source. La République islamique avait annoncé fin novembre avoir procédé avec succès au lancement de sa deuxième fusée spatiale, Kavoshgar-2, et à la récupération d'une sonde qu'elle transportait. Les deux fusées semblent dérivées du missile balistique Shahab-3, le plus performant dans son arsenal, avec une portée déclarée de près de 2.000 km. Cet engin, issu du No-dong nord-coréen, peut théoriquement frapper Israël. En ce qui concerne le satellite Omid, il "a été lancé dans l'espace et placé en orbite", a indiqué l'agence Fars. L'engin "a été fabriqué entièrement en Iran et est de type léger", a précisé l'agence officielle Irna, ajoutant qu'il avait "pour objectif d'avoir des communications avec une station à terre pour effectuer des mesures d'orbite et de télémesure". "Tous les éléments de Safir-2 et d'Omid ont été réalisés par des scientifiques iraniens", écrit encore Irna. Selon l'agence, Omid "effectue 15 révolutions autour de la terre par 24 heures et est contrôlé à deux reprises par la station au sol à chaque révolution". Si la mise en orbite d'Omid est confirmée, l'Iran serait le deuxième pays de la région, après Israël, à disposer d'une capacité de lancement de satellites. Le Pakistan a eu recours à la Chine pour placer ses propres satellites en orbite.

 

22.01.2009

L'ENFER DE GUANTANAMO

Battus, attachés des heures durant, humiliés, enfermés des années dans de minuscules cellules sans lumière du jour, les détenus qui sortiront de la prison de Guantanamo à sa fermeture ne sont pas au bout de leur calvaire  "Personne ne peut imaginer combien c'était terrible. Même le diable n'aurait pu créer un endroit aussi mauvais", a expliqué à l'AFP Mustapha Ait Idir, 38 ans, libéré en décembre dernier après sept ans d'emprisonnement à Guantanamo. Il a été totalement innocenté par la justice américaine.Murat.jpg

"Les gardiens avaient l'habitude de venir en groupe de six ou sept et utilisaient d'abord des pulvérisateurs à gaz, et c'est alors que le tabassage commençait", se souvient-il. "Une fois, j'ai vu un docteur en compagnie des gardiens. Il désignait certains endroits sur le corps et disait +frappez-le ici+. Après le tabassage, il n'y avait pas de marques de coups visibles sur le corps mais on avait tellement mal qu'on ne pouvait pas bouger", a-t-il raconté.

"Ces hommes sont restés trois ans sans voir qui que ce soit d'autre que leurs gardiens", a de son côté expliqué à l'AFP David Remes, avocat d'une vingtaine de détenus. Les premiers conseils d'avocats n'ont été autorisés à se rendre au chevet de leur client que fin 2004, près de trois ans après l'ouverture du centre de détention.

Tous les avocats civils de détenus interrogés par l'AFP racontent le choc qu'ils ont ressenti la première fois qu'ils se sont rendus à la prison, même si, pour des raisons de sécurité, ils ne peuvent entrer dans les détails.

Conseil de Lakhdar Boumediene, qui comme M. Idir a été totalement blanchi en novembre par la justice américaine, Stephen Oleskey avait néanmoins expliqué comment son client, en grève de la faim depuis des mois, était "maintenu deux fois par jour sur une chaise, attaché en sept endroits, avec un masque sur la bouche" pour être nourri de force, à l'aide d'un tuyau introduit par le nez.

"Une de ses narines a cédé, ils utilisent l'autre, parfois le tuyau va vers le poumon et non l'estomac: c'est de la torture", avait-il déploré.

En tout, environ 800 hommes, soupçonnés de terrorisme, sont passés par les geôles de Guantanamo, dont quelque 550 ont été libérés ou transférés, selon le Pentagone.

Soixante-deux d'entre eux ont fait l'objet d'une étude menées par deux universitaires de Berkeley (Californie, ouest), Laurel Fletcher et Eric Stover.

"Le cauchemar des détenus ne s'arrête pas avec leur libération: ces hommes qui n'ont jamais été inculpés d'aucun crime et à qui on n'a jamais donné l'occasion de laver leur honneur souffrent d'un +stigmate Guantanamo+ durable et ne parviennent pas à retrouver du travail", expliquent les chercheurs.

L'étude décrit aussi les cauchemars et les angoisses liés à leurs souvenirs, comme ce détenu attaché pendant des heures dans une position inconfortable avec de la musique à fond et une lumière très intense.

"Au début, vous ne sentez rien puis après un moment (...), vous commencez à avoir des crampes aux cuisses, aux fesses, aux mollets et lentement, vos jambes s'engourdissent (...) et même quand vous fermez les yeux, vous pouvez toujours voir cette lumière et vous commencez à halluciner", détaille-t-il.

Les chercheurs observent "un effet cumulatif" de ces mauvais traitements qui se répètent "dans la durée".

Libéré après cinq ans de calvaire alors que personne n'avait rien à lui reprocher, Murat Kurnaz a raconté ces années cauchemardesques en mai devant les rangs dégarnis de la commission des Affaires étrangères du Sénat.

"Je n'ai rien fait de mal et j'ai été traité comme un monstre", a-t-il raconté, évoquant de nombreuses tortures lorsqu'il était à Kandahar (Afghanistan).

"J'ai été privé de sommeil, placé à l'isolement, soumis à des humiliations religieuses et sexuelles, battu à de nombreuses reprises, interrogé encore et encore" et laissé à la merci des caprices de geôliers. "Il n'y avait pas de loi à Guantanamo", a-t-il insisté.

 

21.01.2009

LE MONDE ARABO-MUSULMAN JUGERA BARACK OBAMA SUR SES ACTES

Face aux promesses de Barach Obama, le monde arabo-musulman accorde généralement le bénéfice du doute au nouveau président américain mais le jugera sur ses actes.

Après huit années de présidence Bush, marquées par l'invasion de deux pays musulmans - l'Afghanistan en 2001 et l'Irak en 2003 - et un soutien sans faille à Israël, le discours d'investiture du nouvel hôte de la Maison blanche a été suivi de très près mardi dans le monde islamique, à l'affût d'un changement de la politique américaine.Obama 1.jpg

En règle générale, le ton adopté par Barack Obama, qui a promis de nouvelles relations fondées sur le respect mutuel et l'intérêt commun, a été bien accueilli.

"C'est un discours qui reflète un esprit nouveau, favorable au dialogue et à la coopération. C'est une nouvelle orientation qui nous change vraiment de celle de l'administration Bush", déclare l'ancien ministre égyptien des Affaires étrangères Ahmed Maher.

Hilal Khashan, professeur de sciences politiques à l'université américaine de Beyrouth, souligne que la référence d'Obama aux musulmans américains, partie importante de la population des Etats-Unis, est quelque chose de rare dans le discours politique américain.

"Le fait qu'il ait mentionné les musulmans revêt une grande signification. C'est un geste symbolique à l'adresse du monde musulman, qui n'est plus exclu", ajoute-t-il.

Le Conseil musulman de Grande-Bretagne a également salué l'offre d'Obama d'établir de nouvelles relations avec l'islam.

"Ses intentions sont nobles. J'espère que cela comblera le fossé entre les Etats-Unis et le monde musulman qui n'a cessé de se creuser depuis huit ans", dit Mouhammad Abdoul Bari, secrétaire général de l'organisation.

Même au Soudan, dont les rapports avec Washington se sont singulièrement dégradés ces dernières années, en raison notamment du conflit du Darfour, le gouvernement a bien accueilli l'arrivée de Barack Obama à la Maison blanche.

"Nous sommes très optimistes (...) Nous avons entendu ce qu'Obama a dit sur un changement de politique étrangère, sur un retrait d'Irak", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Ali al Sadig.

En Egypte, les Frères musulmans sont également satisfaits des déclarations du président américain."J'ai été heureux quand il a dit que les relations avec le monde arabo-musulman devaient être fondées sur le respect", a dit Essam el Erian, chef du comité politique de l'organisation."Ce respect mutuel est nécessaire. Si cette attitude se confirme, je pense que les relations entre les Arabes et les Etats-Unis seront transformées."

Gamila Ismaïl, dont le mari Ayman Nour a passé trois ans en prison après s'être présenté aux élections contre le président Hosni Moubarak, a retenu les mots d'Obama sur les dirigeants politiques qui s'accrochent au pouvoir "par la tromperie et en faisant taire toute opposition".

"C'est très fort (...), ces mots nous donnent beaucoup d'espoir pour l'avenir mais j'espère qu'ils se traduiront en actes et en initiatives politiques", dit-elle.

L'homme de la rue est généralement satisfait des déclarations d'Obama mais doute souvent qu'elles se traduisent un jour dans les faits. D'autres sont encore plus critiques.

"Nous pensions qu'il était différent et qu'il mènerait une politique juste au Proche-Orient. Mais il me semble qu'il est comme ses prédécesseurs. Il n'a rien dit sur le massacre de Gaza. Quand Israël a mis fin à sa guerre, il a parlé d'un nouveau départ avec le monde musulman. Mais ce ne sont que des mots et nous ne verrons rien de concret sur le terrain", dit à Tunis Zoubeïr Ben Sassi, un technicien de 40 ans.

La réticence de Barack Obama à s'exprimer sur l'offensive menée pendant trois semaines par Israël dans la bande de Gaza a en effet douché les espoirs de nombreux Arabes.

Le politologue libanais Sateh Noureddin reconnaît "un changement dans les mots" mais ne croit pas à des modifications essentielles dans les relations avec Washington.

"Tout ce bla-bla ne mènera à rien. Obama et Bush, c'est kif-kif", affirme un autre Libanais, Zahi Abdo.

Pour Adil Gatae, 42 ans, un garde en faction devant un bâtiment officiel à Bagdad, "l'Occident n'aime pas l'islam, qui est pour lui une religion de terreur". "Je ne pense pas que la politique américaine changera vraiment. Ce ne sont que de fausses promesses", dit-il.

Au Maroc, Abdelilah Benkirane, qui dirige le principal parti islamique d'opposition, se réjouit des propos d'Obama mais doute que le nouveau président puisse mettre ses bonnes intentions en pratique."Nous attendons des actes. Les paroles de Barack Obama sont douces à nos oreilles mais il n'est pas le seul aux commandes des Etats-Unis. Il est aussi le président des grandes multinationales, comme celles qui fabriquent et vendent des armes..."

 

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