01.10.2009

FREDERIC MITTERRAND: LA CULTURE FRANCAISE EST ENTRE DE BONNES MAINS !

"Il y a une Amérique généreuse que nous aimons et il y a aussi une certaine Amérique qui fait peur et c’est cette Amérique là qui vient nous présenter son visage", a déclaré Frédéric Mitterrand pour justifier son soutien à Roman Polanski, actuellement poursuivi par la justice américaine pour des actes de pédophilie. photo_1254068742442-1-0.jpgPour certains, cette prise de position est, pour le moins, imprudente car elle consiste en une ingérence dans les affaires intérieures des Etats-Unis. Mais d’autres se demandent si le Ministre de la Culture français n’a pas voulu se prémunir de poursuites éventuelles notamment pour des relations avec des garçons en Thaïlande.
C’est ce qu’il a raconté dans son livre "Mauvaise vie", publié en 2005 dans les termes suivants : "J’ai pris le pli de payer pour des garçons [...] Évidemment, j’ai lu ce qu’on a pu écrire sur le commerce des garçons d’ici .[...] Je sais ce qu’il y a de vrai. La misère ambiante, le maquereautage généralisé, les montagnes de dollars que ça rapporte quand les gosses n’en retirent que des miettes, la drogue qui fait des ravages, les maladies, les détails sordides de tout ce trafic. Mais cela ne m’empêche pas d’y retourner. Tous ces rituels de foire aux éphèbes, de marché aux esclaves m’excitent énormément […] On ne pourrait juger qu’un tel spectacle abominable d’un point de vue moral, mais il me plaît au-delà du raisonnable […] La profusion de jeunes garçons très attrayants et immédiatement disponibles me met dans un état de désir que je n’ai plus besoin de réfréner ou d’occulter. L’argent et le sexe, je suis au cœur de mon système, celui qui fonctionne enfin car je sais qu’on ne me refusera pas". La culture française est entre de bonnes mains....

 

08.09.2009

LE PEN: CHRONIQUE D'UNE RETRAITE ANNONCEE

Le président du Front national devait officiellement garder son poste jusqu’au congrès de 2011 mais la date pourrait être avancée. Sa fille, Marine Le Pen, et Bruno Gollnisch sont sur les rangs pour lui succéder. Le leader frontiste, Jean-Marie Le Pen en meeting à Nice pendant la campagne européenne, le 3 juin. (Eric Gaillard / Reuters) m_1252416319.jpgA 81 ans, Jean-Marie Le Pen annonce qu’il pourrait lâcher les rênes du Front national dès 2010, jugeant plus «raisonnable de passer la main». «Ce sera en 2011 ou 2010», hésite le leader d’extrême droite, invité de France 2. Officiellement, le président du FN devait conserver son poste jusqu’au prochain congrès du parti prévu en 2011, mais dont la date pourrait être avancée. «Sauf événement extraordinaire, j’ai autre chose à faire que la direction du Front national», a justifié Le Pen, qui a participé à cinq présidentielles depuis 1974. Interrogé sur une nouvelle candidature à la présidentielle de 2012, il a estimé «probable que non», renvoyant aux «militants et aux adhérents du FN» la responsabilité de trancher au congrès. Le Pen s’est gardé d’afficher sa préférence entre ses deux successeurs potentiels, sa fille Marine, reboostée par la municipale partielle d’Hénin Beaumont  , début juillet, et l’autre vice-président du parti, Bruno Gollnisch. «Ca peut être en effet Marine, ça peut être Gollnish et ça peut être quelqu’un d’autre, il y a d’autres candidats, il paraît. On verra bien», a-t-il éludé.

 

GRIPPE A: DES MESURES D'EXCEPTION EN PREPARATION POUR LA JUSTICE

Selon le Syndicat de la magistrature, le gouvernement aurait prévu "des mesures qui relèvent de l'Etat d'exception" en cas de pandémie : les audiences seraient confiées à un seul magistrat, la détention provisoire serait prolongée, les gardés à vue verraient leur avocat à la 24e heure de détention.2007-10-04T143904Z_01_NOOTR_RTRIDSP_2_OFRTP-FRANCE-JUSTICE-DATI-AGEN-20071004.jpg

Le gouvernement envisagerait de prendre des mesures d'exception pour la justice, en cas de pandémie de grippe H1N1, selon des documents présentés par le Syndicat de la magistrature (SM), et publiés mardi 8 septembre par le journal Libération. Le syndicat classé à gauche s'en inquiète, et dénonce un "dispositif liberticide".Selon le SM, il s'agirait notamment "d'adapter la procédure pénale" par "voie d'ordonnance en cas de pandémie".Concrètement, les audiences pénales pourraient être confiées à un seul magistrat, "en violation du principe de collégialité", note le SM dans une lettre adressée à la ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie et citée par Libération. Le huis clos des débats pourrait être généralisé, et les mineurs envoyés devant le tribunal correctionnel. Par ailleurs, le gouvernement envisagerait de ne permettre aux gardés à vue de voir leur avocat qu'à la 24e heure de détention, plutôt qu'au début, mais aussi " de prolonger les délais de détention provisoire de 4 à 6 mois sans audience ni débat devant le juge des libertés et de la détention qui statuerait sur dossier".Enfin, "tous les délais de prescription" seraient suspendus. Dans cette lettre adressée à Michèle Alliot-Marie, "le Syndicat dénonce 'la volonté de créer une justice d'exception par ordonnances gouvernementales', et 'demande expressément' à la ministre 'de renoncer à la mise en oeuvre d'un tel dispositif liberticide'", écrit Libération. "Ces projets d'ordonnance sont révoltants", renchérit la présidente du SM, interrogée par le journal. "Ce sont des mesures qui relèvent de l'Etat d'exception".Le SM doit rendre publics les textes du plan gouvernemental mardi, mais affirme qu'ils "ont été transmis dans le plus grand secret aux chefs de cour en juillet 2009".

BURQA: LE COMMISSAIRE A L'EGALITE ET A LA DIVERSITE DES CHANCES S'EXPRIME

Le débat sur la burqa est un «nouveau piège tendu» à la France, lâche Yazid Sabeg dans un entretien à paraître ce mardi dans le quotidien La Croix. burqa77.jpg Le commissaire à l’égalité et à la diversité des chances a été interrogé alors que la mission parlementaire sur la question du port du voile intégral, burqa et niqab, lancée en juin dernier, entame ses auditions ce mercredi. Selon lui, «la confusion qui est installée dans les esprits va encore perturber le vrai débat sur les vrais enjeux qui sont d'abord économiques et sociaux». Et de rappeler que les «vrais sujets» sont avant tout le chômage, le logement ou encore l’éducation dans les quartiers difficiles. Pas la peine, assure-t-il, de relancer une polémique qui va «rouvrir des frustrations, des antagonismes, des racismes alors qu'il faut au contraire rassembler les Français». D’autant que «la crise s'aggrave dans les quartiers, et les tensions sociales sont à leur maximum». «Va-t-on interdire de pratiquer le monokini sur la plage?» Pour Yazid Sabeg, le timing n’est pas anodin: le débat sur la burqa intervient «de nouveau avant les régionales, et c’est  par pur calcul politique, que certains élus de droite ou de gauche veulent relancer le processus». Reste que, selon lui, «l'Etat n'a pas à se prononcer sur les tenues vestimentaires des Français».

20.08.2009

LES TRENTE DENIERS DU VICOMTE par Philippe RANDA

Il y a des départs à la retraite tonitruants, avec pince-fesses et flonflons… et il y en a d’autres plus discrets, les fesses très pincées et étouffée par la lourdeur de la chaleur estivale. L’avis de décès des ambitions nationales du vicomte Philippe Le Jolis de Villiers de Saintignon est de ceux-là.images.jpg C’est le quotidien Libération qui l’a poussé à l’aveu, au détour d’un entretien auquel sinon personne n’aurait sans doute guère prêté d’attention. Le Figaro et Le Monde ont relayé “l’affaire”, faute d’événements plus excitants et quelques sites internet d’une droite plus radicale que celle de l’intéressé s’en sont à peine gaussés : « Même pas drôle ! » En reconnaissant songer à « entrer au comité de liaison de la majorité présidentielle présidé par Jean-Claude Gaudin », Philippe de Villiers rentre donc à son bercail politique, comme un fils retourne dans sa famille après s’être couvert de dettes et aphone d’avoir trop plastronné qu’on allait voir ce qu’on allait voir…Fredonne-t-on du côté du Puy-du-fou : « Il est tombé dans la peine, c’est la faute à Le Pen ; le nez dans le ruisseau, c’est la faute à Sarko » ? La faute à Le Pen ? Il comptait bien prendre sa place, encore aurait-il fallût que le président du FN la lui laissa… et le menhir breton ne semble toujours pas décidé à passer la main, pas même à ses plus proches, alors à lui, à quel titre, vraiment ! Bien fous ceux qui y ont crû ! La faute à Sarko ? Sans doute, si toute son aventure politique n’a jamais eu d’autre sens, comme beaucoup le pensent, que de freiner l’ascension du Front national. L’actuel hôte de l’Élysée a fait le travail à sa place. Son échec est tel qu’il lui serait sans doute plus grotesque encore de s’acharner que d’abandonner. Laisser tomber, oui, mais il aurait pu le faire avec panache. En se retirant définitivement de l’arène politique, il gardait la tête haute et l’estime que méritent ceux qui se sont battus sincèrement en mettant leurs convictions au bout de leur engagement. Philippe de Villiers préfère se défiler par la petite porte de service de la domesticité pour rappeler à ses maîtres quelques gages non perçus – un éventuel maroquin au gouvernement – ou pour conserver coûte que coûte ceux déjà reçus : la présidence du Conseil général de Vendée. Car tel est désormais la piètre ambition du Président du bien pompeusement nommé Mouvement pour la France (MPF) au sein de ce « comité Théodule » qui réunit à la solde de l’UMP Hervé Morin (Nouveau Centre), Jean-Marie Bockel (Gauche moderne) et Éric Besson (ancien socialiste), tous riches des trente deniers de Judas ! Philippe de Villiers n’aura trahi que ses troupes, lui ! Encore heureux qu’elles ne furent jamais très importantes… Philippe RANDA  (voxnr.com)

 

03.04.2009

LA FRANCE DANS L'OTAN ? C'EST LA SERVITUDE VOLONTAIRE par Maxime DUBLANC

Ainsi la France, toute honte bue, retourne au bercail atlantiste. Comme si l’intégration militaire était notre état naturel, l’indépendance gaullienne une simple parenthèse, et l’alignement sur les Etats-Unis le « destin » de la France. Bernard Kouchner se pâme littéralement à la perspective de ces noces atlantistes. Il martèle un oxymore de son invention avec la foi du charbonnier.otan.jpg « La France dans l’OTAN, écrit-il, c’est le choix d’un destin ». Au delà de cette étrangeté métaphysique, nous voilà sommés d’entonner un refrain éculé : les Etats-Unis, nos sauveurs d’hier, « nous ne pouvons les décevoir » demain. (« Le Monde », 17/03/09) Peu importe que les Etats-Unis, en l’occurrence, ne nous aient rien demandé. Et l’argument selon lequel on ne peut refuser à Barack Obama ce qu’on eût mégoté à George W. Bush est d’autant plus curieux qu’Obama est davantage susceptible de comprendre la position française.

Entre une hypothétique déception américaine et celle, inévitable, des peuples du Sud, le tandem Sarkozy-Kouchner a donc fait son choix. Celui de sceller, jusque dans les réunions d’état-major, notre mariage contre-nature avec une Amérique dont le rêve néoconservateur, au même moment, s’effondre avec fracas. Celui de célébrer d’émouvantes retrouvailles avec un Oncle Sam dont l’Amérique latine, de son côté, commence enfin à desserrer l’étreinte mortifère qui l’opprime depuis plus d’un siècle. Celui de s’aligner sur un impérialisme en crise fauteur de chaos au Moyen-Orient, au lieu d’assumer la vocation naturelle de la France, celle de partenaire privilégié d’un monde arabe hostile à la tutelle étrangère.

Au fond, c’est comme si on oubliait l’essentiel : le commandement intégré de l’OTAN est une machine de guerre. On nous présente comme une évidence la nécessité d’en faire partie. Mais pour quoi faire ? Le débat sur les avantages supposés de notre intégration n’est pas seulement fastidieux : il n’a aucun sens. A quoi bon obtenir des postes pour quelques généraux français si c’est pour servir de supplétifs ? Quel intérêt présente le débat technique sur les moyens si l’on n’est pas d’accord sur les fins ? Barack Obama veut sortir son pays du guêpier irakien : fort bien. Mais il veut aussi poursuivre la guerre en Afghanistan, tout en confessant son échec face aux talibans. Cette hésitation stratégique de la première puissance mondiale devrait inciter à la prudence. Rien n’y fait : sous l’effet d’un réflexe pavlovien, on a hâte de rallier la bannière étoilée.

Dans un vibrant plaidoyer pour l’intégration atlantique, Bernard Kouchner avance que la participation française eût été plus efficace, au Kosovo, si nos militaires avaient été associés aux « vrais centres de commandement ». Mais la question est plutôt de savoir si, demain, notre participation à un nouveau Kosovo sera opportune ou pas. Occulter cette question, c’est considérer comme allant de soi l’embrigadement de la France, au nom de l’OTAN, dans des opérations militaires étrangères aux impératifs de la défense nationale. « Nous ne devons pas nous laisser entraîner dans des guerres qui ne sont pas les nôtres », souligne justement Jean-Pierre Chevènement. Et cette erreur, qui risque fort d’être commise au nom de la lutte contre le terrorisme, « nous mettra à la merci de ceux qui tireront partie de ces assimilations abusives pour nous frapper, y compris sur notre sol » (« Libération », 11/02/09).

Une alliance militaire n’a de sens que si les alliés ont une vision commune de la menace qu’il s’agit de conjurer. Est-ce le cas aujourd’hui ? Il est stupéfiant de voir à quel point nos gouvernants ont oublié - ou plutôt veulent qu’on oublie - la signification profonde de la décision prise par le général de Gaulle en 1966. Le sort du monde était suspendu à l’affrontement entre les blocs, l’Amérique engagée au Vietnam, le Tiers Monde en effervescence. En sortant la France de la gangue atlantique, de Gaulle voulait conjurer les affres de la bipolarité et tendre la main aux peuples du Sud. La France reconnut la Chine populaire, dénonça l’intervention américaine en Asie (discours de Phnom Penh), amorça la détente avec l’URSS. Sortir de l’Alliance ? De Gaulle n’y a jamais songé. Mais en refusant de laisser les forces françaises sous commandement américain, il donnait sa crédibilité à une politique étrangère indépendante et à son plaidoyer pour un monde multipolaire.

A entendre les partisans de l’intégration, les choses ont fondamentalement changé depuis les années 60. Maniant le truisme avec brio, ils nous expliquent que le monde d’aujourd’hui n’est plus celui d’hier. Assurément ! Le pacte atlantique puisait sa légitimité dans la perception d’une menace venant de l’Est. Fruit de la guerre froide, l’OTAN enrôlait l’Occident sous la bannière américaine. Son véritable moteur, c’était la peur : celle du communisme et de son incarnation historique, l’ours russe. C’est pourquoi de Gaulle s’employa doublement à secouer ce carcan : en dialoguant avec Moscou et en quittant le commandement intégré. Aujourd’hui, quelles menaces justifient cette alliance militaire ? A l’affrontement des blocs, nous dit-on, se serait substitué la menace diffuse exercée par le terrorisme d’inspiration jihadiste. Mais en quoi l’appareil militaire de l’OTAN permet-il de le combattre ? Si la solution au problème était militaire, il y a belle lurette qu’on l’aurait trouvée. Le fiasco afghan illustre cette contradiction.

Le retour de la France au bercail atlantiste, qui plus est, a lieu au pire moment. Loin de consacrer une réforme de l’Alliance dictée par la fin de la guerre froide, il conforte une dérive désastreuse. Embourbée en Afghanistan après avoir matraqué la Serbie, l’OTAN apparaît comme le bras séculier d’un Occident vassalisé par une hyperpuissance en crise. « Les circonstances ont bel et bien changé, observe Nicolas Dupont-Aignan. Mais cela souligne l’audace visionnaire du général de Gaulle : l’émergence d’un monde multipolaire. Il serait donc complètement contre-productif pour la France, qui a vu juste avant tout le monde, de se renier, notamment face aux pays émergents trop souvent qualifiés d’adversaires par la doctrine américaine du choc des civilisations » (« Le Monde », 20/02/09).

L’on ne cesse de s’interroger, au demeurant, sur le périmètre et les missions de l’Alliance. «  On peut résumer la problématique, explique l’historien Frédéric Bozo, en se demandant si les alliés voudront continuer dans la voie qu’ils suivent depuis quelques années et qui est celle d’une double globalisation, géographique (élargissement à des pays comme l’Ukraine et la Géorgie, mise en place de partenariats avec des pays non européens comme le Japon) et fonctionnelle (élargissement des missions de l’OTAN au delà de la stricte défense collective) ». (« Le Monde », 11/03/09) En d’autres termes : faut-il, oui ou non, que cette alliance militaire continue à intervenir tous azimuts, dans le sillage d’une Amérique convaincue de sa mission planétaire ? Et faut-il qu’elle s’implique davantage dans une lutte contre le terrorisme dont la définition est délibérément extensive ?

Paradoxe qui n’est qu’apparent, ce débat ressemble à s’y méprendre à celui de 1966. « Que l’Alliance atlantique se perpétue dans l’hypothèse, de moins en moins vraisemblable, d’une agression soviétique, soit. Mais qu’elle entraîne la France dans toutes les aventures où pourront s’engager les USA, c’est ce que refuse le général de Gaulle. Car, grisés par leur puissance militaire et suivant leur chemin habituel, les Etats-Unis entendent faire régner partout leurs conceptions », lit-on dans « Combat » le 12 mars 1966. Mais le choc des civilisations, lui non plus, n’est pas une idée nouvelle. Dans « Le Figaro » du 11 mars, André François-Poncet dresse l’inventaire hallucinant des menaces qui pèsent sur l’Occident : « Mao-Tsé-Toung est un autre Hitler. A sa place peut surgir un Gengis Khan, un Tamerlan, un Mahomet qui, muni d’armes atomiques, entraînera les populations affamées d’Asie et d’Afrique à l’assaut des peuples nantis et prospères, à l’assaut des Blancs et de leur civilisation. »

Le plus cocasse, c’est que cet enrôlement de l’Alliance au service d’une croisade mondiale a aussi pour effet de ressusciter la guerre froide. De la « révolution orange » à la crise géorgienne en passant par le bouclier anti-missiles, Washington a réussi cet exploit : relancer la course aux armements avec Moscou. La Russie, qui réarme à grande échelle, n’a pas manqué de le faire savoir à la veille du sommet de l’OTAN. Et c’est le moment choisi par Paris pour annoncer la réintégration des forces françaises ! Crédité d’une certaine sympathie pour Vladimir Poutine, le président français pourra-t-il infléchir les positions de l’Alliance ? Il faut être naïf pour le croire. Comme le rappelle Hubert Védrine, « on ne peut pas citer de cas au cours des dernières décennies où un pays autre que les Etats-Unis ait eu une influence importante dans l’Alliance parce qu’il était intégré » (« Le Monde », 17/03/09). A supposer bien sûr que l’exécutif français en ait la volonté, au risque de « décevoir » nos amis américains.

La désillusion sera également au rendez-vous s’agissant d’une « réforme de l’Alliance » dont on parle depuis quarante ans sans en avoir vu la couleur. Formule lancée par Kennedy, « l’Alliance à deux piliers » est restée lettre morte. Elle suppose que les Européens (le second pilier) soient en mesure de définir une position commune sur des sujets qui sont de véritables pommes de discorde. Le tropisme atlantique de la Grande-Bretagne rendait déjà l’exercice quasiment impossible. L’élargissement de l’UE aux pays de l’Est en a fait une véritable gageure. Pour rendre l’Alliance plus européenne, encore faut-il esquisser une « Europe de la défense ». Mais la plupart des Etats-membres, ayant renoncé à tout effort militaire, préfèrent la protection du parapluie américain. Et ce n’est pas en rendant l’Europe plus atlantique qu’on rendra l’OTAN plus européenne. L’exécutif français veut nous bercer de cette illusion, mais personne n’est dupe, et surtout pas les Américains.

Reste à se demander, du coup, quelles sont les raisons profondes du réalignement français. Un argument souvent invoqué fait valoir que le président actuel parachève une évolution amorcée sous ses prédécesseurs. Ce n’est pas totalement inexact. La SFIO était viscéralement atlantiste et François Mitterrand dénonça la décision du général de Gaulle en 1966. Elu président, il emprunte des accents gaulliens lors du discours de Cancun (1983), mais se rallie à la coalition onusienne à direction américaine lors de la guerre du Golfe (1991). Simultanément, « en 1990-1991, il a testé auprès des Américains l’idée d’une réforme de l’Alliance préalable à tout changement de la position française, soit le contraire de ce qui est fait aujourd’hui » (Hubert Védrine).

« Pour François Mitterrand, résume l’universitaire Louis Gautier, le retour complet de la France dans l’OTAN se résumait à une formule : « Nous bougerons quand l’OTAN changera ». Après 1995, Jacques Chirac tente une autre approche  : « Nous allons bouger pour faire changer l’OTAN ». Il conditionne alors la réintégration de la France au rééquilibrage de l’Alliance en faveur des Européens. Les Français réclament le commandement Sud. C’est un échec. Enfin, pour Nicolas Sarkozy : « Nous bougeons puisque l’OTAN ne change pas ». Il n’est plus question de revendication ni de contrepartie » (« Le Monde », 20/02/09). Morale de l’histoire : Nicolas Sarkozy ne s’inscrit pas seulement dans une continuité, mais il infléchit sensiblement la position française. La réintégration de la France est bien un préalable et la transformation de l’Alliance un vœu pieux.

Quoi qu’il en soit, la question essentielle demeure en suspens : à quoi sert l’OTAN ? Le débat sur le partage des responsabilités n’a d’intérêt que si la France a l’intention de faire valoir sa vision du monde. Mais celle de M. Sarkozy est-elle différente de celle de l’administration américaine ? Pour le président français, l’Europe et les USA communient dans les mêmes valeurs, appartiennent à ce monde féérique où règnent la liberté et la démocratie, et combattent avec la même ardeur vengeresse l’hydre islamo-terroriste. Certes, pour faire avaler la pilule de l’intégration militaire, nos dirigeants préconisent une France « alliée mais pas vassale » et « fidèle mais pas soumise » [sic]. Sans faire de psychanalyse, on constatera simplement que s’ils le disent, c’est qu’ils y pensent. Cette dénégation est trop insistante pour ne pas s’apparenter à un aveu. Et puis on les croirait volontiers, si l’on n’avait déjà éprouvé la signification particulière qu’ils donnent à l’indépendance nationale.

Une France ni « vassale » ni « soumise » ? Mais une France, en tout cas, qui s’empresse de rejoindre le commandement intégré de l’OTAN après avoir expédié davantage de soldats en Afghanistan, qui a pratiqué une absurde surenchère belliciste à l’égard de l’Iran, généreusement absous Israël de toute responsabilité dans la tragédie de Gaza, contribué à la diabolisation du Hamas et du Hezbollah, jeté de l’huile sur le feu dans le conflit du Darfour, fait quasiment amende honorable pour sa rébellion à propos de l’Irak et, bien sûr, relayé la paranoïa américaine face à « l’Axe du Mal ». Mais il est vrai que ni M. Sarkozy ni M. Kouchner n’ont besoin de se forcer pour assumer ce rôle historique.

« French Doctor qui aime l’Amérique » (« Paris-Match »), Bernard Kouchner n’a jamais fait mystère d’un atlantisme béat. Depuis trente ans, il parcourt la planète en brandissant le « devoir d’ingérence » de l’Occident civilisé, y compris lorsque Washington y voit le droit du plus fort à l’écrasement des plus faibles. Du Biafra au Darfour en passant par le Kosovo et la Somalie, il s’est toujours placé du côté du manche, quitte à vanter les mérites de la démocratie importée et la vertu roborative des B 52. Son étonnante popularité, il l’a bâtie sur une posture répétitive, celle de l’indignation emphatique, laquelle coïncide toujours, comme par enchantement, avec les options de l’oncle Sam. Ajoutée à sa prédilection pour les solutions militaires, son obstination à repérer partout des bons et des méchants est conforme au manichéisme américain, à tel point que sa rhétorique ampoulée paraît la fidèle traduction du moralisme hypocrite d’outre-Atlantique.

Moins porté sur la doctrine, Nicolas Sarkozy est également un inconditionnel avéré de l’hyperpuissance. Lui aussi, il aime l’Amérique et il s’en vante. Son amour pour les Etats-Unis traduit avant tout sa fascination pour un modèle américain, plus fantasmé que réel, dont la vertu est de faire ressortir l’archaïsme français dont il prétend nous débarrasser ( c’est « la rupture »). Si les Européens (et surtout les Français) vous dénigrent, aime-t-il déclarer aux Américains, c’est parce qu’ils sont jaloux de votre réussite et de votre puissance. Et il ne viendrait pas à l’esprit de Nicolas Sarkozy de douter de la réalité de ces succès, ni a fortiori de s’interroger sur la pertinence du « rêve américain » : « J’aime l’énergie et la fluidité de l’Amérique. Ce sentiment que tout est possible. Cette impression -peut-être artificielle- que des sagas sont possibles, qu’on peut partir du bas de l’échelle et monter très haut, ou bien le contraire ». (« Le Monde », 10/09/06). On pourrait rétorquer que les Etats-Unis eux-mêmes pourraient aussi tomber de très haut, et nous avec.

Cette allégeance proclamée induit une attitude inimaginable chez ses prédécesseurs. On en citera deux exemples. M. Sarkozy a fini par reconnaître que la France avait eu raison, en 2003, de refuser la légitimité onusienne à l’expédition américaine contre Saddam Hussein. Mais en septembre 2006, bien avant son élection, il fait le procès rétrospectif de l’opposition chiraquienne aux visées moyen-orientales de George W. Bush. « J’ai toujours préféré l’efficacité dans la modestie plutôt qu’une grandiloquence stérile, déclare-t-il devant la French American Foundation. Et je ne veux pas d’une France arrogante et pas assez présente ». La messe est dite. Il percevra, le moment venu, les dividendes de cette contrition en célébrant, une fois élu, des retrouvailles atlantiques dont l’ostentation devra beaucoup à la générosité de ses amis milliardaires.

Tout aussi significatif, le deuxième épisode concerne la crise du nucléaire iranien. Résumant la situation en août 2007, le président français se contente d’une traduction littérale de l’antienne des néoconservateurs américains : « Iran Bomb or Bomb Iran ». Incroyable surenchère belliciste, alors que la France fait partie du trio diplomatique censé explorer les voies d’une solution pacifique à la crise. Toujours prompt à en rajouter, son ministre des affaires étrangères s’exclame deux semaines plus tard, face à des journalistes lui demandant s’il est vrai que nos états-majors préparent des plans d’attaque : « Mais Monsieur, c’est la guerre ! ». On atteint le summum du ridicule lorsque paraît en novembre le rapport du renseignement américain montrant que la menace nucléaire iranienne est largement surestimée. Que les ardeurs guerrières de l’exécutif français soient battues en brèche par le gotha des services secrets d’outre-Atlantique, voilà qui ne manque pas de sel.

Ni « vassale » ni « soumise » ? D’un zèle admiratif jusqu’à la surenchère, en tout cas, et décidée à jouer le rôle du premier de la classe dans la cour atlantiste. Nul doute que ce réalignement français soit une catastrophe sur le plan symbolique : il signe le reniement d’un héritage qui conférait à la France une aura singulière. Mais ce renoncement aux attributs de la souveraineté militaire pourrait aussi nous entraîner dans une course à l‘abîme. Engluée dans le bourbier afghan, l’Amérique aura peut-être la tentation de la fuite en avant. Que feront les troupes françaises sous commandement américain ? Rééditant le fiasco irakien, les Etats-Unis ne peuvent ni déserter ce théâtre d’opérations ni l’occuper indéfiniment. Décidés à jouer les supplétifs de l’US Army dans cette nouvelle guerre coloniale, les Français vont-ils continuer de se jeter dans la gueule du loup ? On connaît la réponse de nos dirigeants : c’est oui.

Puisque l’Amérique est un modèle indépassable, les démocraties occidentales en danger et l’ennemi islamo-fasciste à nos portes, le reniement du gaullisme n’est ni une erreur d’appréciation ni une faute politique. C’est un choix cohérent. Si nous partageons tout avec les Etats-Unis, pourquoi ne pas partager aussi leurs aventures militaires ? L’indépendance affirmée il y a quarante ans par un général sourcilleux n’a plus cours. Cette « illusion d’une grandeur passée » dénoncée par Bernard Kouchner ? Bonne à jeter dans les poubelles de l’histoire ! Et peu importe que l’Amérique soit dirigée par Bush ou Obama, puisque son leadership mondial est aussi naturel que la gravitation universelle. Rallions-nous, puisque nous n’avons pas le choix et que c’est bon pour la France dès lors que c’est bon pour l’Amérique. La France dans l’OTAN ? C’est la servitude volontaire. Maxime DUBLANC  (Source umma.com)

 

02.04.2009

CRISE : 59% DES FRANCAIS NE FONT PAS CONFIANCE A NICOLAS SARKOZY


Une large majorité des Français (59%) pense que l'action de Nicolas Sarkozy face à la crise depuis six mois "va plutôt dans la mauvaise direction", selon un sondage TNS Sofres/Logica pour Europe 1 publié mardi 31 mars.sarkozy_pouvoir_achat.jpg A la question, "globalement, depuis septembre 2008, diriez-vous que l'action de Nicolas Sarkozy pour lutter contre la crise financière et économique en France va plutôt dans la bonne direction ou va plutôt dans la mauvaise direction?", 59% des personnes interrogées répondent "plutôt dans la mauvaise direction". 29% répondent au contraire qu'elle "va plutôt dans la bonne direction". 12% n'ont pas d'opinion. Selon ce sondage, 62% des sympathisants de droite approuvent l'action du président, alors que 79% des sympathisants de gauche la désapprouvent.


LE RETOUR DE DOMINIQUE DE VILLEPIN

C'était l'aboutissement logique d'une démarche entamée il y a quelques semaines par une présence inhabituelle dans les médias. Dominique de Villepin a réuni ses partisans mercredi après-midi à l'Assemblée nationale, sur un thème taillé sur mesure: le retour de la France dans l'Otan. L'objectif? Si l'ancien Premier ministre se défend de toute «arrière-pensée partisane», d'autres y réfléchissent pour lui: «prendre le temps de préparer 2012», répond en privé le collaborateur d'un de ses proches. «Si ça doit se faire, ça se fera en dehors de l'UMP», pronostique-t-il. En public, ses soutiens sont plus policés: «il n'y a pas de réseau, de club, et pourtant la salle est pleine. article_villepin.jpgC'est une donnée politique», se félicite François Goulard, député du Morbihan. Dans la salle, où étaient réunies plus de 300 personnes, on comptait notamment les anciens ministres Henri Cuq, Brigitte Girardin et Nelly Olin, l'ancien président du Conseil constitutionnel Yves Guéna, et le député Nicolas Dupont-Aignan, qui a quitté l'UMP. Les partisans de Villepin se sont attachés à souligner leur différence par rapport à l'UMP, notamment en donnant la parole à Hervé Mariton, député de la Drôme, partisan lui du retour de la France dans l'Otan. Il s'est réjoui du «bel exemple que nous donnons à la majorité».
Dominique de Villepin a commencé son intervention en évoquant son «émotion» de se retrouver parmi ses partisans. Il a dit s'exprimer sur le sujet par «conviction d'une nécessité: l'idée qu'on se fait de son pays fait qu'il y a une volonté à exprimer une vision à définir, un peuple à rassembler». Une critique voilée de la présidence de Nicolas Sarkozy, dont il s'attache à ne jamais prononcer le nom. Sans surprise, il n'approuve pas la décision «inopportune et dangereuse» de réintégrer le commandement militaire intégré de l'Otan. D'abord parce qu'elle est prise «à contre-temps: il y a le risque d'un retour à une logique de bloc».  Ensuite parce que c'est à ses yeux «un contre-sens»: la priorité serait d'avancer sur la défense européenne. Enfin parce qu'il s'agit d'une décision «contre-nature» au regard de «l'identité française». Pour Dominique de Villepin, cette décision repose sur «un certain nombre de paris, qui seront gagnés ou pas». Il a prévenu: «nos actes nous suivent. C'est un acte qui suivra le président de la République».

17.03.2009

ROBERTO HERNANDEZ, LE NABAB MEXICAIN QUI GÊNE NICOLAS SARKOZY

Roberto Hernández Ramírez est la 615e fortune mondiale selon le classement 2009 du magazine Forbes. C’est aussi l’homme chez qui ont résidé Nicolas Sarkozy et Carla Bruni les 5 et 6 mars. Il s’agissait de deux jours de vacances avant d’attaquer la visite officielle, le 8 mars. Aucun frais à payer donc, mais une invitation à assumer. En effet, Roberto Hernández Ramírez est, au Mexique, un homme controversé.Sarko Mexique 2.jpg Ex-PDG d’une des principales banques du pays, Banamex, il est aujourd’hui membre du conseil d’administration de Citigroup et le cinquième homme le plus riche du Mexique, avec 1,2 milliard de dollars. Pour Mario di Constanza, économiste, auteur de Blanchiment d’argent au Mexique et leader de l’opposition, l’homme a profité de la visite du président français pour faire fructifier ses affaires. «Il cherche à s’associer à différentes entreprises de diverses nationalités pour investir dans le secteur énergétique.»

Relations. Au Mexique, c’est un sujet sensible. Une réforme a récemment modifié le statut de l’entreprise nationale Pemex (Pétrole mexicain), autorisant, de manière indirecte, l’intervention d’entreprises étrangères dans l’exploitation du pétrole. L’homme d’affaires pourrait avoir voulu se placer pour l’avenir en se prévalant de ses prestigieuses relations.

Inquiet de possibles dépenses inconsidérées de l’Etat mexicain - si le séjour du président français a été payé par son homologue mexicain, Felipe Calderón, comme l’a indiqué l’Elysée - ou d’un possible conflit d’intérêts, Mario di Constanza a fait, mercredi, une demande officielle d’informations auprès de l’Institut fédéral d’accès à l’information publique pour savoir combien avait coûté la visite officielle et privée du président français et pour savoir qui avait payé. La réponse est normalement assurée dans un délai de dix jours. Vendredi soir, la présidence mexicaine déclarait qu’un «groupe d’entrepreneurs mexicains a mis à disposition du président Sarkozy un lieu sur la côte de l’Etat de Jalisco».

«Roberto Hernández Ramírez a toujours été très proche de l’ancien président Vicente Fox et de l’actuel Felipe Calderón [tout deux membres du Parti action national (PAN), ndlr], ce qui a entraîné, par le passé, des trafics d’influence», dénonce Mario di Constanza. Il dénonce deux scandales qui ont secoué le Mexique et auquel serait lié le milliardaire : la chute du peso en octobre, à laquelle il aurait contribué avec d’autres spéculateurs ; et la vente, en 2001, de la banque Banamex à Citigroup, qui refait parler d’elle avec l’entrée récente dans Citigroup de capitaux de l’Etat américain (les lois mexicaines interdisent aux Etats étrangers d’avoir des parts dans les banques locales).

Haciendas. Mais le banquier ne côtoie pas que les présidents issus du PAN. Et l’hébergement d’un chef d’Etat étranger n’est pas non plus une première. En 2007, il avait accueilli les présidents Bush et Calderón dans une de ses haciendas du Yucatán. Idem en février 1999 quand le président mexicain Ernesto Zedillo avait reçu Bill Clinton. A l’époque, le journal local Por Esto avait publié une enquête en trois volets dénonçant l’implication de Roberto Hernández Ramírez dans le trafic de drogue et le blanchiment d’argent. Cette enquête fut le point de départ de l’opération «Casa blanca» menée par la justice américaine. «Des opérations de blanchiment d’argent dans une des banques de Banamex avaient été détectées, explique Mario di Constanza. Mais la banque plaidera coupable et paiera, au final, une simple amende.» Quant aux accusations de trafic de drogue, reprises par The Boston Phoenix, aux Etats-Unis, le milliardaire attaqua en diffamation devant un tribunal américain. Mais il fut débouté. (Source : Libération)

16.03.2009

LES SINGULIERES VACANCES DE NICOLAS SARKOZY AU MEXIQUE

Une semaine après l’escapade du couple Sarkozy-Bruni sur la côte Pacifique du Mexique, l’Elysée est sur la défensive. Nombre de questions sont toujours sans réponse sur les conditions de leur séjour et la polémique enfle en France. Au départ, il y a la volonté du Château de dissimuler ces vacances pour ne pas donner prise aux critiques : la visite d’Etat du président français ne dure que douze heures pour sa partie officielle à Mexico… contre deux jours et demi de farniente bling-bling sur les plages du Pacifique. Sarko Mexique.jpgLe black-out sur ce «séjour privé du Président et de son épouse» est donc décrété. Mais une gaffe de Carla Bruni - qui ne peut s’empêcher, lors d’une soirée, d’annoncer son départ imminent pour le Mexique - anéantit le plan com de l’Elysée. Bombardés de questions sur le coût et lieu de la villégiature des Sarkozy, les conseillers refusent dans un premier temps de révéler quoi que ce soit, puis finissent par indiquer qu’ils ont été «invités» par le président mexicain, Felipe Calderón, à Manzanillo.

Légèreté. En début de semaine, RTL révèle que les Sarkozy n’ont pas séjourné dans un hôtel de luxe, comme initialement rapporté dans plusieurs médias, mais dans une luxueuse villa, propriété du richissime banquier Roberto Hernández Ramírez. Problème, ce proche de Calderón est tout sauf un enfant de chœur. L’Elysée affirme aujourd’hui que Nicolas Sarkozy ne le connaît pas. Et qu’il ne se serait pas renseigné sur le propriétaire de la maison du lieu de ses vacances. Tant de légèreté n’est ni dans les habitudes du Président ni dans celles des services ad hoc de la République française, qui veillent à ce que ses hauts dirigeants ne puissent pas se retrouver dans des situations embarrassantes à l’étranger ou face à des interlocuteurs indésirables… Parmi une centaine d’invités, Roberto Hernández Ramírez était cependant présent au grand dîner d’Etat offert par Calderón au Palais national de Mexico, lundi, juste avant le départ des Sarkozy. Cette information du Parisien a été confirmée par l’Elysée.

Englué. Mais le Château reste toujours aussi silencieux sur le prix du séjour dans la fastueuse villa d’Hernández Ramírez et assure que ni Sarkozy (de sa poche) ni la France n’ont payé. Les conseillers de l’Elysée renvoient «vers la présidence mexicaine», puissance invitante du chef de l’Etat français.

Une fois de plus, voilà Sarkozy englué dans une affaire de vacances, comme après sa virée sur le yacht de Vincent Bolloré, son séjour dans une villa de luxe louée par de riches amis dans le New Hampshire ou son transport vers un palace égyptien dans un jet de l’ami Bolloré (lire ci-contre). Vendredi, Frédéric Lefebvre, porte-parole de l’UMP et fidèle parmi les fidèles du Président, a relayé la communication élyséenne : «Si des gens veulent demander des comptes, c’est au Mexique qu’il faut le faire.» Puis il a dénoncé une polémique «gratuite». Gratuites comme des vacances présidentielles qui finissent par coûter cher. (Source : Libération)

 

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