05.02.2009

"LE MONDE SELON K.": BERNARD KOUCHNER CONTRE-ATTAQUE

Mis en cause dans un livre paru hier, Bernard Kouchner se défend tous azimuts, soutenu par le Premier ministre François Fillon. Première salve hier devant l'Assemblée nationale, où Kouchner affirme avoir toujours agi «en toute transparence et en toute légalité», ajoutant que le livre Le Monde selon K du journaliste-écrivain Pierre Péan était «fait d'amalgames et d'insinuations» et portait des attaques «nauséabondes». Sur France 2 le soir, il déclare avoir «parlé un petit peu» du livre avec Nicolas Sarkozy, à l'occasion du conseil des ministres, et indique qu'il pense porter plainte. photo_0302_459_306_23390.jpg«C'est un livre entièrement à charge mais sans le début d'une preuve contre moi», poursuit-il dans une interview paru dans le Figaro ce matin. «Je n'ai jamais touché les sommes dont parle Pierre Péan.» Le livre dresse une critique sévère des positions de politique étrangère de Bernard Kouchner, en particulier sur le Rwanda, et l'accuse de mélange des genres entre activités publiques et privées. Dans un communiqué, François Fillon a dit sa «confiance» et son «respect» à Bernard Kouchner, estimant que «rien ne justifie que la réputation d’un homme soit ainsi piétinée suite à de simples allégations». La principale accusation de Pierre Péan concerne des activités de consultant dans le secteur de la santé en Afrique, entre 2002 et 2007, après la défaite électorale de la gauche à laquelle Bernard Kouchner appartenait et avant sa nomination dans un gouvernement de droite. Selon le journaliste, il a mené ces activités pour deux sociétés privées, Africa Steps et Iméda, gérées par deux proches, alors qu'il présidait en même temps un groupement d'intérêt public, Esther, consacré à la coopération internationale hospitalière. Il affirme que ces sociétés ont vendu pour près de 4,6 millions d'euros de contrats de conseil sur la réforme des systèmes de santé au Gabon du président Omar Bongo Odimba et au Congo de Denis Sassou Nguesso. Selon Pierre Péan, une partie de ces sommes n'a été recouvrée par les sociétés qu'après l'entrée en fonctions de Bernard Kouchner au Quai d'Orsay, le 18 mai 2007. Dans le Nouvel Observateur, le ministre assure n'être pas intervenu. Des discussions menées avec Omar Bongo visaient à «lui dire que je ne pouvais plus m'occuper du système gabonais d'assurance maladie». Pierre Péan a précisé hier qu'il ne reprochait «rien d'illégal» à Bernard Kouchner, mais plutôt d'être en décalage avec ses principes moraux. Opposé au rapprochement de la France avec le président rwandais Paul Kagamé, un Tutsi, Pierre Péan avait affirmé en 2005 que les Tutsis, généralement présentés comme les victimes du génocide de 1994, devaient aussi en être tenus pour responsables.

 

04.02.2009

PIERRE PEAN: "LE MONDE SELON K."

Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner fait l'objet d'une charge virulente dans un livre à paraître aujourd'hui, accusé d'avoir mélangé les genres entre activités publique et privée en Afrique et aussi sévèrement critiqué pour ses positions politiques.  "Le monde selon K." (Editions Fayard), du journaliste-écrivain Pierre Péan, constitue probablement l'attaque la plus violente contre l'ancien "French doctor", l'une des personnalités politiques les plus populaires de France. 2285483745-le-monde-selon-k-livre-charge-contre-bernard-kouchner.jpgLa principale accusation concerne de lucratives activités de consultant menées dans le secteur de la santé en Afrique, entre 2002 et 2007, après la défaite électorale de la gauche à laquelle il appartenait et avant sa nomination dans un gouvernement de droite, sous Nicolas Sarkozy. Selon le journaliste, Bernard Kouchner a mené ces activités pour deux sociétés privées, Africa Steps et Iméda, gérées par deux de ses proches, alors qu'il présidait en même temps un groupement d'intérêt public, Esther, consacré à la coopération internationale hospitalière. Les deux sociétés ont vendu pour près de 4,6 millions d'euros de contrats de conseil sur la réforme des systèmes de santé au Gabon et au Congo. Pierre Péan affirme qu'une partie de ces sommes n'ont pu être recouvrées par les sociétés qu'après l'entrée en fonctions de Bernard Kouchner au Quai d'Orsay, le 18 mai 2007.L'écrivain assure que l'un des proches du ministre, Eric Danon, gérant d'Iméda et alors ambassadeur auprès de Monaco, a démarché les autorités gabonaises pour obtenir des paiements de factures jusqu'en septembre 2007. Mais il ne fournit pas la preuve d'interventions du ministre après sa prise de fonctions. Dès le 12 janvier, Bernard Kouchner avait dénoncé "certaines allégations inexactes" du livre à paraître et affirmé se "réserver le droit d'engager des poursuites judiciaires". Bernard Kouchner "s'enorgueillit d'avoir toujours mené (...) un combat permanent en faveur de la santé publique en Afrique", selon un communiqué. Pierre Péan affirme également que les activités de Bernard Kouchner au Congo et au Gabon se sont télescopées avec le fonctionnement de la diplomatie française. Au moment où, selon lui, ces deux pays payaient leurs dettes aux deux sociétés, le secrétaire d'Etat à la Coopération Jean-Marie Bockel, placé sous l'autorité de Bernard Kouchner, disait le 15 janvier 2008 vouloir signer l'acte de décès de la "Françafrique", la relation privilégiée mais souvent opaque entre la France et ses ex-colonies. "A eux deux, le Gabon et le Congo ont commandé pour près de 4,6 millions d'euros de rapports à Iméda et Africa Steps! Ils en veulent beaucoup à Kouchner d'avoir laissé son secrétaire d'Etat tenir des propos qu'ils considèrent comme désobligeants", écrit Pierre Péan. Jean-Marie Bockel a été remplacé au mois de mars 2008. Mais le livre consiste essentiellement en une critique des positions politiques de Bernard Kouchner, en particulier sur le rapprochement avec le Rwanda, et de sa proximité supposée avec les thèses américaines, sur l'Iran, le Darfour et l'ex-Yougoslavie. "C'est à propos du Rwanda et de la nouvelle politique qu'il mène à l'égard de ce pays depuis son arrivée au Quai d'Orsay que je me suis vraiment intéressé à ce personnage", reconnaît Pierre Péan, auteur d'un autre ouvrage controversé, "Noires fureurs, blancs menteurs". Selon lui, cet ouvrage lui avait permis "de revenir sur une autre vérité officielle, selon laquelle, et pour l'éternité, tous les Hutus étaient des bourreaux et tous les Tutsis des victimes".