11.02.2009
L'ANTISEMITISME RESTE FORT EN EUROPE SELON UN SONDAGE
Pas moins de 31% des personnes interrogées dans sept pays européens imputent la crise économique mondiale aux juifs et une proportion plus importante encore pensent que ces derniers sont trop influents dans le monde des affaires, selon un sondage de la Ligue anti-diffamation (ADL) publié mardi. L'ADL, une organisation basée aux Etats-Unis qui affiche l'objectif de "lutter contre la diffamation des juifs et pour la justice et le traitement équitable de tous", estime que ce sondage confirme la persistance d'un antisémitisme fort en Europe.
L'enquête a été menée auprès de 3.500 personnes au total, à raison de 500 dans chacun des pays où elle a été conduite: Allemagne, Autriche, Espagne, France, Grande-Bretagne, Hongrie, Pologne. Globalement, 40% des personnes interrogées dans les sept pays estiment que les juifs ont trop de pouvoir dans le monde des affaires, un avis exprimé par plus de la moitié des sondés hongrois, Espagnols et Polonais. Et 44% estiment qu'il est "probablement vrai" que les juifs parlent trop de la Shoah. Si 31% estiment que les juifs sont "en grande partie" ou au moins "un peu" responsables de la crise économique mondiale, ce chiffre varie largement d'un pays à l'autre: C'est en Hongrie que cette opinion est la plus forte avec 46%, devant l'Autriche (43%), la Pologne (38%), l'Allemagne (30%), l'Espagne (25%), la Grande-Bretagne (16%) et la France (15%). Selon le sondage commandité par l'ADL, 74% des personnes interrogées en Espagne estiment "probablement vrai" que les juifs ont trop de pouvoir sur les marchés financiers mondiaux. Il s'agit du chiffre le plus élevé relevé par l'étude."Ce sondage confirme que l'antisémitisme persiste bel et bien dans l'esprit de nombreux Européens", commente Abraham Foxman, directeur nationale d'ADL aux Etats-Unis. "Clairement, les vieux stéréotypes antisémites ont la vie dure." Selon M. Foxman, les résultats du sondage sont "particulièrement inquiétants" à la lumière de la colère suscitée par la crise mondiale, et alors que des violences antisémites ont été recensées après le déclenchement de l'offensive israélienne menée dans la bande de Gaza le mois dernier. L'étude a été menée par l'institut First International Resources entre 1er décembre 2008 et le 12 janvier 2009, et comporte une marge d'erreur de 4 points pour chaque pays.
22:18 Publié dans Antisémitisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : antisémitisme, europe, crise financière
08.01.2009
JEAN-MARIE LE PEN DENONCE "LES APPRENTIS-SORCIERS DE L'ECONOMIE"
Le président du Front national Jean-Marie Le Pen a dénoncé jeudi "les apprentis sorciers de l'économie" responsables de la crise financière, au premier rang desquels il a placé Nicolas Sarkozy, qu'il a rebaptisé du nom du surintendant de Louis XIV, "Nicolas Fouquet". "Auréolés d'une gloire factice, éblouis par des idées qu'ils croyaient modernes, ils ont détruit les nations, les Etats constitués (...) les services publics, tous livrés aux lois de la marchandisation universelle", a lancé M. Le Pen lors des ses vœux à la presse, au nouveau siège du parti à Nanterre.
"Les voilà tous, avec l'ardeur des néophytes, des nouveaux convertis, défenseurs des nations protectrices, des intérêts de la communauté nationale, adeptes du contrôle et des réglementations, eux qui ne juraient hier que par le laissez faire, laissez aller", a-t-il ironisé. Evoquant le président de la République, qu'il a traité de "fondé de pouvoir des grands du CAC 40", il a dit "ce n'est pas Nicolas Sarkozy, c'est Nicolas Fouquet!", du nom du surintendant des finances de Louis XIV soupçonné de malversations financières par le roi, condamné et jeté en prison. Interrogé sur les échéances européennes à venir, marquées par l'entrée en dissidence de deux cadres historiques du FN, Carl Lang et Jean-Claude Martinez, Jean-Marie Le Pen a affirmé que son mouvement était prêt "au combat". Le parti, qui a aujourd'hui sept députés au parlement européen, espère faire "aussi bien" au scrutin de juin prochain, a-t-il dit. Evoquant aussi le lourd endettement auquel le FN doit faire face, Jean-Marie Le Pen a assuré que son parti était "enfin sorti de ses ennuis financiers", même s'il n'a pas encore réussi à vendre son ancien siège de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine). "Nous sommes parvenus à un accord avec les banques qui nous laisse de longs mois pour vendre le siège", a expliqué à l'AFP Marine Le Pen, vice-présidente du mouvement.
16:34 Publié dans Politique nationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : front national, jean-marie le pen, crise financière
28.10.2008
ECONOMIE: INDUSTRIELS ET MENAGES INQUIETS POUR L'EMPLOI
La perception de l'évolution du marché du travail par les ménages français et les industriels s'est fortement dégradée en octobre et ne laisse augurer rien de bon pour les prochains mois, montrent deux enquêtes publiées par l'Insee.
La publication de ces données coïncide avec le discours sur l'emploi que doit prononcer le président Nicolas Sarkozy en fin de matinée à Rethel, dans les Ardennes, à deux jours de l'annonce des chiffres du chômage de septembre. Le moral des ménages, qui avait enregistré le mois dernier sa première amélioration de l'année, est retombé en octobre principalement sous l'effet des anticipations de hausse du chômage, selon l'enquête mensuelle de conjoncture auprès des ménages de l'Insee. L'indicateur résumé de l'opinion des ménages en données corrigées des variations saisonnières a reculé de trois points à -47 contre -44 en septembre, soit un point de moins que le consensus établi par Reuters. Il retrouve ainsi son niveau de juillet qui était un plus bas depuis la création de l'enquête en janvier 1987. La dégradation s'explique principalement par les craintes sur le niveau de vie futur en France et sur les perspectives d'augmentation du chômage qui flambent de 17 points à 69, après avoir pris 29 points entre juin et septembre. L'Insee a publié au même moment son enquête trimestrielle dans l'industrie, qui montre là aussi une détérioration sensible des anticipations concernant le marché du travail. Cette enquête complète l'enquête mensuelle publiée la semaine dernière qui montrait que la confiance des entreprises était à son plus bas depuis la récession de 1993."Selon les chefs d'entreprise, la baisse des effectifs s'est de nouveau accentuée au cours du troisième trimestre (...) et elle pourrait s'intensifier au cours des trois prochains mois", écrit l'institut national de la statistique.
14:10 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : économi, chômage, crise financière
27.10.2008
ECONOMIE: LA BOURSE DE PARIS OUVRE EN FORTE BAISSE
L'indice CAC 40 était en chute libre lors des premiers échanges lundi matin, accusant une baisse de 5,81%.
Peu après 9h, le CAC 40, qui regroupe les principales valeurs françaises, est passé sous la barre des 3.000 points à 2.998,41.
10:19 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : économie, bourse, crise financière
15.10.2008
ECONOMIE: LA CRISE FINANCIERE POURRAIT PRECIPITER EN FRANCE LES FAILLITES D'ENTREPRISE
Dernière victime en date: le premier fabricant de meubles français, Cauval Industries, connu pour ses marques de matelas Dunlopillo ou Tréca, a été placé sous procédure de sauvegarde à cause de problèmes de trésorerie. "C'est une illustration directe de la crise financière", a expliqué mercredi un porte-parole du groupe.
"Les établissements de crédit coupent les lignes de crédit sans qu'on sache vraiment pourquoi". Selon l'assureur crédit Euler-Hermès SFAC, le nombre de défaillances d'entreprises -qui inclut dépôts de bilan, procédures de sauvegarde et redressements judiciaires- est désormais à son plus haut niveau depuis 10 ans. Et en 2008, il s'attend à une hausse de 10 à 15%. "Le niveau des défaillances a été très élevé en septembre", souligne Karine Berger, directrice des études chez Euler-Hermès. Une hausse qui s'explique d'abord par le ralentissement économique, mais qui pourrait accélérer sous le coup de la crise financière, selon l'économiste. "Mes entreprises m'appellent trois fois plus que l'an dernier à la même époque car elles n'arrivent pas à payer leurs charges sociales", témoigne ainsi Agnès Bricard, présidente d'honneur de l'ordre des experts comptables de Paris-Ile-de-France. Selon Karine Berger, "l'Ile-de-France et Rhône-Alpes sont un peu moins touchées que d'autres régions, où l'industrie est en perte de vitesse". En Seine-Saint-Denis, le Tribunal de commerce a enregistré 60 déclarations de cessations de paiements sur le mois de septembre, en nette hausse (+39%) par rapport à septembre 2007. Une procédure de sauvegarde vise aussi l'entreprise de vente de lingerie Body One, après des difficultés pour "obtenir de nouvelles lignes de crédit". Mais selon le greffier en chef, Marc Doucède, "on ne peut pas dire que la crise soit vraiment arrivée, il y a eu des mois avec un nombre plus fort de dépôts de bilan". Parmi les secteurs les plus touchés, Euler-Hermès SFAC cite le bâtiment, la construction, l'immobilier, ainsi que le commerce de détail, qui subit la stagnation de la consommation depuis le début de l'année. La société Cauval a ainsi expliqué une partie de ses difficultés par le "ralentissement brutal de la consommation des ménages". La société Lamberet, basée dans l'Ain, et spécialisée dans la fabrication de semi-remorques isothermes et frigorifiques, a de son côté été placée en procédure de sauvegarde, après avoir subie depuis le printemps un retournement de la demande au niveau européen. Le groupe papetier Matussière et Forest, placé fin septembre en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce de Grenoble, avait été pour sa part affecté par la chute des prix de vente et la hausse du coût des matières premières et de l'énergie. Lorsque des problèmes de trésorerie s'ajoutent à ces "chocs économiques", c'est un cercle vicieux qui risque de s'enclencher, prévient Karine Berger: "les grandes enseignes ont plus de difficultés à régler leurs fournisseurs, qui ne peuvent plus eux-mêmes s'approvisionner et payer les salaires de leurs employés"."Si les trésoreries s'écroulent et que les PME ne peuvent plus payer leurs factures à temps, on court à la catastrophe en chaîne", s'est aussi récemment inquiété le président de la Confédération générale des petites et moyennes entreprises Jean-François Roubaud.
21:46 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : crise financière, faillite d'entreprises
12.10.2008
LA CRISE FINANCIERE DE L'AUTOMNE 2008 par Alain de BENOIST
On dit souvent que le capitalisme est synonyme de crise, qu’il se nourrit des crises qu’il provoque, ou encore que sa « faculté d’adaptation » est sans limites, laissant ainsi entendre qu’il est indestructible. En réalité, il faut distinguer les crises cycliques, conjoncturelles (on connaît les célèbres cycles de Kondratieff), et les crises systémiques, structurelles (comme celles qui ont eu lieu entre 1870 et 1893, lors de la Grande Dépression de 1929, ou entre 1973 et 1982, lorsqu’un chômage structurel a commencé à apparaître dans les pays occidentaux).
Avec la crise financière actuelle, il ne fait pas de doute que nous sommes devant une crise conjoncturelle, correspondant à une rupture de la pertinence logique et de la cohérence dynamique de l’ensemble du système. Venant après la crise du marché des actions de 1987, la récession américaine de 1991, la crise asiatique de 1997, l’explosion de la bulle des valeurs Internet de 2001, cette crise, beaucoup plus forte que les précédentes, est de toute évidence la plus grave que l’on ait connue depuis les années trente. La plupart des gens ne comprennent pas grand-chose à ce qui se passe. On leur a pendant des années vanté les mérites du « modèle américain » et assuré des bienfaits de la « mondialisation heureuse ». Ils voient maintenant le modèle américain s’effondrer et la globalisation accroître la misère sociale. Le spectacle des banques centrales, tant aux Etats-Unis qu’en Europe, qui ont injecté, depuis le 15 septembre, des centaines de milliards de dollars et d’euros sur les marchés financiers, les laisse songeurs : d’où vient tout cet argent ? Les interrogations se nourrissent encore du sentiment que personne ne semble vraiment savoir ce qu’on peut faire. Le silence relatif de la plupart des hommes politiques est à cet égard significatif. Enfin, les gens se demandent si cette crise était ou non prévisible. Si elle était prévisible, pourquoi n’a-t-on rien fait avant ? Si elle était imprévisible, n’est-ce pas la preuve que plus personne ne contrôle un système financier lancé dans une folle course en avant ? C’est en fait à une triple crise que nous nous trouvons confrontés : crise du système capitaliste, crise de la mondialisation libérale, crise de l’hégémonie américaine. L’explication la plus souvent avancée pour interpréter la crise actuelle est l’endettement des ménages américains par le biais des prêts hypothécaires immobiliers (les fameux « subprimes »). On oublie seulement de dire pourquoi ils se sont endettés. L’un des traits dominants du « turbo-capitalisme », correspondant à la troisième vague de l’histoire du capitalisme, est la complète domination des marchés financiers globalisés. Cette domination donne un pouvoir accru aux détenteurs du capital, et plus particulièrement aux actionnaires, qui sont aujourd’hui les véritables propriétaires des sociétés cotées en Bourse. Désireux d’obtenir un rendement maximal aussi rapide que possible de leurs investissements, les actionnaires poussent à la compression des salaires et à la délocalisation opportuniste de la production vers des pays émergents où la hausse de la productivité va de pair avec de très bas coûts salariaux. Résultat : partout, l’augmentation de la valeur ajoutée profite aux revenus du capital plutôt qu’aux revenus du travail, la déflation salariale se traduisant par la stagnation ou la baisse du pouvoir d’achat de la plupart des gens, et la diminution de la demande solvable globale. La stratégie actuelle de la Forme-Capital est donc de comprimer toujours plus les salaires, d’aggraver toujours plus la précarité du marché du travail, produisant ainsi une paupérisation relative des classes populaires et des classes moyennes qui, dans l’espoir de maintenir leur niveau de vie, n’ont d’autre ressource que de s’endetter, alors même que leur solvabilité diminue. La possibilité offerte aux ménages d’emprunter pour couvrir leurs dépenses courantes ou acquérir un logement a été l’innovation financière majeure du capitalisme d’après-guerre. Les économies ont alors été stimulées par une demande artificiellement fondée sur les facilités du crédit. Outre-Atlantique, cette tendance a été encouragée depuis les années 1990 par l’octroi de conditions de crédit de plus en plus favorables (apport personnel voisin de 0 %), sans aucune considération de la solvabilité des emprunteurs. On a ainsi cherché à compenser la baisse de la demande solvable résultant de la compression des salaires par l’emballement de la machine à crédit. En d’autres termes, on a stimulé la consommation à travers le crédit, faute de pouvoir la stimuler par l’augmentation du pouvoir d’achat. C’était là le seul moyen, pour les détenteurs de portefeuilles financiers, de trouver de nouveaux gisements de rentabilité, fût-ce au prix de risques inconsidérésD’où le surendettement pharamineux des ménages américains qui ont depuis longtemps choisi de consommer plutôt que d’épargner (alors que 17 % de la population est déjà dépourvue de toute couverture sociale). Les ménages américains sont aujourd’hui deux fois plus endettés que les ménages français, trois fois plus endettés que les ménages italiens. Leur surendettement est même pratiquement égal au produit intérieur brut (PIB) des Etats-Unis. Après quoi, on a spéculé sur ces « créances pourries » par le biais de la « titrisation », qui a permis aux grands acteurs de la sphère du crédit de se décharger, en les rendant liquides, des risques d’insolvabilité de leurs emprunteurs. La « titrisation », qui est une autre des innovations financières majeures du capitalisme d’après guerre, consiste à découper en tranches, dites obligations, les prêts accordés par une banque ou une société de crédits, puis à en revendre le montant, c’est-à-dire le risque, à d’autres agents financiers appartenant au monde des fonds de placement. Il se crée ainsi un vaste marché du crédit, qui est aussi un marché du risque. C’est l’effondrement de ce marché qui a provoqué la crise actuelle. Mais celle-ci est aussi une crise de la mondialisation libérale. La transmission brutale de la crise hypothécaire américaine aux marchés européens est le fruit direct d’une mondialisation conçue et réalisée par les apprentis sorciers de la finance. Au-delà de sa cause immédiate, elle constitue l’aboutissement de 40 ans de déréglementation voulue par un modèle économique globalisé selon les recettes libérales. C’est en effet l’idéologie de la dérégulation qui a rendu possible le surendettement américain, tout comme elle avait déjà été à l’origine des crises mexicaine (1995), asiatique (1997), russe (1998), argentine (2001), etc. D’autre part, c’est aussi la globalisation qui a créé une situation dans laquelle les crises majeures se propagent désormais presque instantanément, de façon « virale » aurait dit Jean Baudrillard, à l’ensemble de la planète. C’est pourquoi la crise américaine a touché aussi vite les marchés financiers européens, à commencer par les marchés du crédit, avec toutes les conséquences que peut avoir une pareille onde de choc à un moment où l’économie américaine comme celle de l’Europe sont au bord de la récession, sinon de la dépression. De ce point de vue, il est d’un irrésistible comique de voir ceux qui n’ont cessé de gloser sur les mérites de la « main invisible » et les vertus du marché « autorégulé » (« c’est le marché qui doit s’occuper du marché », lit-on régulièrement dans le Financial Times) se précipiter vers les pouvoirs publics pour demander leur recapitalisation ou leur nationalisation de fait. C’est le vieux principe de l’hypocrisie libérale : privatisation des bénéfices et socialisation des pertes. On savait déjà que les Etats-Unis, grands défenseurs du libre-échange, ne se privent jamais de recourir au protectionnisme chaque fois que celui-ci sert leurs intérêts. On voit maintenant comment les adversaires du « big governement » se tournent vers l’Etat quand ils sont au bord de la faillite. La nationalisation de fait de Fannie Mae et Freddie Mac, les deux géants du prêt hypothécaire américains, représente à cet égard un fait sans précédent. Alors qu’en 1929, le gouvernement américain avait fait l’erreur de confier la gestion de la crise à un « syndicat de banquiers » dirigé par Rockefeller, Henry Paulson, secrétaire au trésor, et Ben Bernanke, président de la Réserve fédérale, ont décidé de nationaliser les établissements les plus menacés. Décision unique dans l’histoire des Etats-Unis depuis l’époque de Ronald Reagan, et intervention la plus radicale jamais faite dans le monde privé de la finance de toute l’histoire de la Réserve fédérale. On peut y voir un brutal retour du principe de réalité. Mais c’est aussi, pour l’idéologie libérale, un effondrement de l’un de ses principes de légitimation (la sphère publique ne doit jamais interférer avec les mécanismes du marché, sous peine d’en diminuer l’efficacité). On ne doit pas perdre de vue, enfin, que cette crise mondiale a sa source aux Etats-Unis, c’est-à-dire dans un pays qui doit déjà faire face à un déficit budgétaire abyssal, une dette extérieure qui ne cesse de croître et un déficit commercial colossal. Depuis dix ans, l’économie américaine n’a plus pour moteur la croissance due à la production réelle, mais l’expansion de la dette et la rente monétaire résultant de la domination mondiale du dollar. L’endettement total (dette publique + dette des ménages + dette des entreprises) représente aujourd’hui 13 000 milliards de dollars, soit l’équivalent de 410 % du PIB – l’adoption du plan Paulson étant encore appelée à aggraver le déficit ! Or, la crise ne peut que contribuer à éroder la confiance dans le dollar, lequel sera probablement amené encore à baisser. Le fait que le dollar soit à la fois une monnaie nationale et une unité de compte internationale, qui plus est libérée de tout lien avec l’or depuis 1971, a longtemps permis aux Etats-Unis d’affirmer et de faire peser leur hégémonie tout en contribuant d’enregistrer des déficits colossaux. Le procédé a consisté pour les Américains à exporter systématiquement leurs titres de dettes vers des pays excédentaires. A l’avenir, l’inquiétude des grands fonds publics et privés qui, notamment en Asie, détiennent des quantités considérables de titres publics et parapublics américains (bons du Trésor, etc.), et donc autant de créances sur les Etats-Unis, sera déterminante. A l’heure actuelle, 70 % de toutes les réserves étrangères dans le monde sont constituées en dollars, cette masse n’ayant plus depuis longtemps le moindre rapport avec le volume réel de l’économie américaine. Dans les années qui viennent, il n’est pas impossible que les pays exportateurs de pétrole abandonnent peu à peu le dollar (les fameux « pétrodollars ») pour l’euro. A long terme, cette situation pourrait aboutir à ce que des pays comme la Chine et la Russie postulent à des responsabilités financières internationales, voire à ce qu’ils se concertent pour concevoir un projet alternatif à l’ordre financier international actuel. George Soros, au printemps dernier, le disait sans ambages : « Le monde fonce vers la fin de l’ère du dollar ». On assure maintenant qu’il suffirait de « réguler » ou de « moraliser » le système pour éviter ce genre de crises. Les hommes politiques, à commencer par François Fillon et Nicolas Sarkozy, parlent de « dévoiement de la finance », tandis que d’autres stigmatisent l’« irresponsabilité » des banquiers, laissant ainsi entendre que la crise n’est due qu’à une insuffisance de réglementation et qu’un retour à des pratiques plus « transparentes » permettrait de faire revenir sur la scène un capitalisme moins carnassier. C’est une double erreur. D’abord parce que c’est précisément l’impuissance des politiques à faire face à la crise d’efficacité du capital qui a ouvert la voie à la libéralisation totale du système financier. Ensuite et surtout, parce que c’est ignorer la nature même du capitalisme. « Le capital ressent toute limite comme une entrave », disait déjà Karl Marx. La logique de l’accumulation du capital, c’est l’illimitation, le refus de toute limite, l’arraisonnement du monde par la raison marchande, la transformation de toutes les valeurs en marchandises, le Gestell dont parlait Heidegger. L’adoption du plan Paulson était certes nécessaire, mais elle aura sans doute des effets pervers. En effet, si les banques et les grosses sociétés au bord de la faillite sont par avance assurées du soutien financier des pouvoirs publics, cela représente une incitation indirecte à ce que les mêmes dysfonctionnements se reproduisent, débouchant ainsi sur de nouvelles crises spéculatives. Dans l’immédiat, il est significatif que ni les injections de liquidités en provenance de la Réserve fédérale et des banques centrales, ni l’adoption du plan Paulson, ne semblent avoir provoqué la réaction positive escomptée de la part des marchés. C’est une claire démonstration des limites d’une politique purement monétaire. Dans les phases de suraccumulation du capital, le renforcement du pouvoir financier devient le levier déterminant de toute stratégie visant à augmenter la rentabilité du capital. Au-delà de la seule finance, c’est en fait la régulation de l’économie tout entière par le seul critère du taux de profit, sans considération des facteurs humains, des vies broyées, de l’épuisement des ressources naturelles, des coûts non marchands (les « externalités négatives »), qui est mise en question par la crise financière. La cause finale de cette crise, c’est la recherche du profit financier le plus élevé possible dans le minimum de temps possible, en clair la recherche de l’augmentation maximale de la valeur des capitaux engagés à l’exclusion de toute autre considération. Par un effet de « dominos », la crise peut-elle entraîner à terme des défauts de paiement en chaîne de tous les agents économiques, et donc un effondrement de tout le système financier mondial ? On n’en est pas là. Il est possible que les mesures prises ces dernières semaines soient de nature à empêcher le système financier de s’écrouler complètement. Mais dans le meilleur des cas, la crise économique va durablement se maintenir, avec une récession (voire une dépression) aux Etats-Unis et un très fort ralentissement en Europe, qui provoquera une remontée du chômage. Il devrait en résulter une baisse importante des profits, qui se répercutera inévitablement sur les marchés et les cours de la Bourse. Contrairement à ce que l’on dit parfois, le lien entre l’économie spéculative et l’économie réelle est bien réel. Les entreprises dépendent en effet du système bancaire, ne serait-ce que pour le crédit dont elles besoin pour leurs investissements. Or, la crise fait que les banques, fragilisées par l’accumulation de mauvaises dettes issues de l’immobilier, réduisent aujourd’hui brutalement leurs crédits (c’est le « credit-crunch »). Les conséquences politiques et sociales se feront très vite sentir. Les difficultés ne font que commencer. Paris, 10 octobre 2008 Alain de BENOIST
23:50 Publié dans Libres propos | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : crise financière, alain de benoist
08.10.2008
CRISE FINANCIERE: LE CAUCHEMAR CONTINUE
Le CAC 40 a été suspendu pendant un quart d'heure à 9 h 59 par Euronext qui a arrêté de calculer l'indice, conformément à sa réglementation, car 35 % de la capitalisation de l'indice boursier était réservée à la baisse, a appris lepoint.fr auprès de l'opérateur. Après la reprise de la cotation, quatre titres ont été suspendus car 35 % de leur valeur respective était toujours réservée à la baisse.
Mais à 11 heures, toutes les transactions avaient repris. A 11 h 30, le CAC 40 s'effondre de 5,02 %, à 3.544,90 points. Plus tôt dans la matinée, le CAC 40 avait dégringolé de 8,18 %, retombant à son plus bas niveau depuis décembre 2003, dans un marché affolé par la poursuite de la crise financière et ses répercussions sur l'économie. Londres perd 3,89 %, l'indice Footsie-100 tombant à 4.426,04 points malgré l’annonce du plan britannique. À Francfort, la tendance est identique et l'indice Dax descend de 5,98 % à 5.008,12 points. À Moscou, la chute était tellement forte que les deux Bourses de la capitale russe ont interrompu leurs cotations à 9 h 05. Dégringolade à Wall Street Les places asiatiques sont aussi au bord du gouffre. L'indice Nikkei de Tokyo a terminé sur une descente vertigineuse de 9,38 %, le pire krach enregistré par le marché tokyoïte depuis le "lundi noir" de 1987. L'indice Nikkei 225, moyenne non pondérée des 225 valeurs vedettes, lâchant 952,58 points à 9.203,32 points, se rattrapant très légèrement en fin de séance après avoir fondu de plus de 9,81 %. Le dollar est tombé mercredi sous le seuil des 100 yens pour la première fois en sept mois, en raison de la crise économique aux États-Unis qui fait de la devise japonaise une valeur-refuge. La Bourse de Séoul cède aussi au mauvais climat avec - 5,81 %. Hong Kong ne fait guère mieux, clôturant la séance en baisse de 8, 2 % tandis que l'or clôture en hausse à 909 USD l'once. La Bourse de Shanghai perd 3,04 % en fin de séance. L'indice composite, qui regroupe les valeurs A libellées en yuans et les valeurs B libellées en dollars, lâche 65,62 points à 2.092.22 points dans un volume d'échanges de 40,8 milliards de yuans, soit 6 milliards de dollars. Dubaï, dans les Émirats arabes unis, ouvre sur - 9,6 %, minée par la crainte d'un impact de la crise financière internationale sur la région. Le Dubaï Financial Market était déjà à - 7,6 % lundi et de 5,14 % mardi, clôturant à 3.369,15 points, son niveau le plus bas en plus de deux ans. Sydney achève la journée sur - 5 %. Aux États-Unis, la situation n'a pas été meilleure mardi. Wall Street a poursuivi sa spirale infernale. New York s'est déprécié pour la cinquième séance consécutive, incapable de trouver du réconfort dans les initiatives de la Réserve fédérale américaine : le Dow Jones a lâché 5,01 % et le Nasdaq 5,58 %. La Bourse mexicaine a fermé sur - 3,97 %, à 20.884,74 points. La Bourse de Sao Paulo, première place financière d'Amérique latine, a accusé une perte de 4,66 % à 40.139 points, mardi à la clôture.
15:01 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : économie, crise financière, cac40
06.10.2008
ECONOMIE: EFFONDREMENT DES MARCHES BOURSIERS
Les marchés boursiers se sont effondrés lundi, alors que la crise financière continuait de frapper durement les banques européennes et que les gouvernements tentaient, en ordre dispersé, de rassurer les épargnants dans l'attente d'une hypothétique réponse européenne commune. Après avoir perdu plus de 7% en séance, le Dow Jones a reculé de 3,54% à New York en clôture, alors qu'en Europe les bourses ont terminé la séance sur de très fortes chutes, les actions des banques et des compagnies d'assurance affichant les plus fortes pertes.
Paris a dévissé de 9,04%, le plus fort recul en une séance depuis la création de l'indice CAC-40 en 1988, tandis que Londres a chuté de 7,85%, alors que le ministre britannique des Finances n'a pas confirmé un plan de recapitalisation des banques. Francfort a perdu 7,07%, Milan 8,24% et Amsterdam 9,14%. Moscou a dévissé de 19,1%, une chute record. Les marchés boursiers d'Asie-Pacifique, de la région du Golfe et d'Amérique latine ont également connu une journée noire. Face au risque de panique chez les épargnants, plusieurs gouvernements européens ont annoncé des mesures de garantie des dépôts, à l'instar de l'Irlande, de l'Allemagne, de la France, du Portugal, de l'Espagne et de l'Islande --où le Premier ministre a annoncé que le gouvernement était prêt à prendre le contrôle de toutes les banques du pays pour faire face à la crise financière. La mesure la plus spectaculaire est venue d'Allemagne, où la chancelière Angela Merkel a annoncé dimanche la couverture par l'Etat de toute l'épargne des ménages, soit plus de 1.600 milliards d'euros. Soyons en certains, le plus dur est à venir.
22:47 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : économie, crise financière, effondrement boursier
10.07.2008
DSK: LES CONSEQUENCES DE LA CRISE FINANCIERE DEVANT NOUS
Il est difficile de prédire combien de temps encore peut durer la crise financière mondiale, l'ampleur des pertes sur les marchés du crédit étant liée à l'évolution du secteur immobilier aux Etats-Unis, déclare Dominique Strauss-Kahn, le directeur général du FMI.
La poursuite du repli de l'immobilier pourrait conduire à de nouvelles dépréciations d'actifs dans le secteur bancaire et des assurances, même si certains affirment que les marchés a déjà tenu compte des difficultés à venir, a-t-il dit à Reuters en marge du sommet du G8 à Toyako, au Japon "Ce qui est sûr, c'est que les conséquences de la crise financière pour (l'économie) réelle sont encore devant nous."
12:06 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : dsk, économie, crise financière
07.06.2008
LE PRESIDENT RUSSE DIMITRI MEDVEDEV ACCUSE LES ETATS-UNIS D'AVOIR PROVOQUE LA CRISE FINANCIERE MONDIALE
Le président russe Dimitri Medvedev a accusé samedi les Etats-Unis d'avoir provoqué la crise financière mondiale par excès d'ambition, leur opposant l'exemple d'une Russie "consciente de sa responsabilité pour le sort du monde" et futur leader économique. S'exprimant devant des milliers d'hommes d'affaires, de responsables russes et étrangers réunis au Forum économique de Saint-Pétersbourg, le président s'en est vivement pris à "l'illusion qu'un pays, même le plus puissant au monde, puisse jouer le rôle de gouvernement global".
"C'est précisément le fait que le rôle des Etats-Unis dans le système économique mondial ne correspond pas à ses capacités réelles qui a été une des principales raisons de la crise actuelle", a-t-il insisté. La Russie, à l'inverse, "est un acteur mondial qui est conscient de sa responsabilité pour le sort du monde", a-t-il martelé. "Nous voulons participer à la formation des règles du jeu, pas en raison d'ambitions impériales, mais parce que nous sommes conscient de notre responsabilité et que nous possédons des ressources", en particulier énergétiques, a-t-il poursuivi. Là où d'autres pays se sont consacrés aux biocarburants, aggravant la crise alimentaire, la Russie libéralise son marché du gaz et prend des mesures fiscales pour relancer sa production de pétrole, ce qui contribuera à "stabiliser les marchés énergétiques mondiaux", a-t-il souligné en exemple.
13:26 Publié dans Politique internationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : medvedev, russie, crise financière














