07.05.2009
DEFENSE: UN RAPPORT ACCABLANT
Le «Rapport d'information par la commission de la défense nationale et des Forces armées sur l'exécution de la loi de programmation militaire pour les années 2003 à 2008 » sonne-t-il l’hallali pour nos forces? Hallali debout ou hallali « couché »? Un rapport accablant qui ne semble pas mobiliser les élus de la nation... Serons-nous toujours plus condamnés à être « serviles »?
Il y a bien sûr les matériels, les hommes aussi. Les retards... Des hommes qui parfois ne sont pas assez entraînés...
De rapports en commissions, d'années en années le « tableau » s'est obscurci. A point d'être devenu bien « noir ».
Ce dernier rapport enregistré à l'Assemblée nationale le 14 janvier 2009 annonce-t-il un prochain coup de grâce?
A lire sans être obsédé par une lecture « entre les lignes », nous devons nous rendre à quelques évidences: La disponibilité technique des appareils de l'armée de l'air affiche pour les années 2003 à 2008 une moyenne qui n' a eu de cesse de se dégrader avec un prévisionnel qui a du mal à décoller des 50% pour 2008... Ce pour la chasse.
Du côté de l'armée de terre, plus d'avenir pour nos blindés lourds et nos AMX 10 RC se hissant à 53% de disponibilité... tous les espoirs sont portés sur le VAB... Dans l'ALAT, tous les rotors sont en berne: Gazelle, Puma et Cougar plongent... et le Tigre se hausse à 51%...
Dans la « Royale » bien des bâtiments sont à bout de souffle...
Combien de déclarations et de grandes promesses ont-elles été trahies?
Aujourd'hui l'Armée de l'air est incapable de remplir en totalité le contrat imposé par l'Etat: projeter une force de réaction immédiate de 2.200 personnes et de 3.400tonnes de matériel en trois jours et à 5.000km. Pas de problème majeur pour les hommes. En revanche, moins d'un tiers du matériel peut être acheminé. Des hommes oui, mais pas complètement équipés! Notait le Télégramme, le 16 avril... Que dire quand nous apprenons que seulement 4% des hélicoptères sont récents (Toutes armées confondues).
Un tableau noir qui avait été illustré par l'opération de sauvetage des otages du Ponant: « Sur place, la frégate Surcouf avait été victime de problèmes de ligne d'arbre, la frégate Jean-Bart de problèmes de moteur. Un chaland de débarquement avait même coulé, sous le poids des équipements des commandos. Enfin, victime d'une panne moteur, l'avion de patrouille, qui supervisait l'interception des preneurs d'otages, avait dû atterrir en catastrophe au Yémen. Une heure plus tôt et toute l'opération, menée avec brio, capotait! »
A nos armées, héritières de grands savoirs et de technologies jadis en « pointe », disposant encore d'hommes motivés, il manque quelque chose de primordial et qui n'est pas de leur ressort: une volonté politique.
Précisons toutefois que depuis quelques années,du côté des « Opex » la situation est nettement plus brillante. Encore heureux diraient vous...
Mais plus nous avançons et plus ces « Opex » sont au service d'intérêts qui sont de moins en moins dans l'intérêt de la France...
Un rapport à lire et relire pour comprendre bien des enjeux...
«Rapport d'information par la commission de la défense nationale et des Forces armées sur l'exécution de la loi de programmation militaire pour les années 2003 à 2008 »
09:12 Publié dans Défense | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : défense nationale, rapport d'information, commission de la défense nationale
17.02.2009
RETOUR DE LA FRANCE DANS L'OTAN: "CONTRAIRE A L'INTERÊT SUPERIEUR DU PAYS" selon Nicolas Dupont-Aignan
Le député Nicolas Dupont-Aignan (ex-UMP) s'est prononcé ce lundi pour un référendum d'initiative populaire «pour décider ou non le retour de la France dans l’Otan».
«Prise sans avoir été annoncée durant la campagne présidentielle ni fait l’objet d’aucune consultation des forces politiques ou du Parlement, la décision du retour de la France dans l’Otan est gravissime pour notre pays», affirme dans un communiqué le président du parti Debout la République (DLR). Il a adressé une lettre aux parlementaires de la majorité, "les priant de laisser parler leur conscience et de s’opposer à cette politique si manifestement contraire à l’intérêt supérieur du pays". "Si le palais de l’Elysée devait rester sourd et aveugle aux légitimes revendications des représentants de la Nation, la voie de l’appel au peuple par le biais du référendum d’initiative populaire constituerait alors un recours naturel et nécessaire", a-t-il ajouté.
17:02 Publié dans Politique nationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : défense nationale, otan, dupont-aignan
09.02.2009
AYMERIC CHAUPRADE DENONCE LE PETIT CLAN QUI DEFEND LES INTERETS AMERICAINS AU COEUR DE LA DEFENSE NATIONALE
Aymeric Chauprade, expert en géopolitique et enseignant au CID, qui a été congédié jeudi dernier par le ministre de la Défense après la parution d'un texte contestant ce qu'il appelle "la version officielle" des attentats du 11 septembre, va attaquer en justice le ministre de la Défense Hervé Morin. Son avocat devrait préciser cette semaine la nature de la plainte .
"Une riposte juridique est engagée" dit-il. Ce samedi, Chauprade assure n'avoir toujours eu aucun contact avec le cabinet du ministre, afin de pouvoir s'expliquer. "J'ai désormais les mains libres pour m'exprimer. Le petit clan qui, au coeur de la Défense défend des intérêts étrangers, essentiellement américains, va devoir s'inquiéter", menace-t-il. Aymeric Chauprade, 40 ans, a été reçu vendredi matin par le général Vincent Desportes, commandant du Collège interarmées de Défense. Au cours d'un entretien "très courtois" d'un quart d'heure, le général lui a signifié la fin immédiate de sa collaboration. Chauprade a demandé à ce que son renvoi lui soit notifié par écrit. Les autres interventions de Chauprade dans des organismes de la Défense, comme l'IHEDN, l'Emsom (troupes de marine) et le Cesa (armée de l'air), devraient également être annulées. Il devait par exemple embarquer le 20 février sur le navire-école Jeanne d'Arc pour une série d'interventions auprès des élèves-officiers de la Marine, entre Djakarta et La Réunion. La Marine l'a averti d'un "changement de programme brutal". Interrogé par Secret Défense sur le fond de l'affaire, c'est-à-dire les attentats du 11 septembre, Aymeric Chauprade maintient ses affirmations qui rejoignent celles des « complotistes », visant à dédouaner l'islamisme radical pour en attribuer la responsabilité aux Américains ou aux Israéliens : "On a le droit de ne pas savoir (qui est à l'origine des attentats). Je ne suis pas convaincu par le version officielle. J'ai en effet présenté de manière crédible les thèses alternatives. Mais je donne la version officielle - que tout le monde d'ailleurs connait - dans une chronologie. J'ai des doutes importants , mais cela ne veut pas dire que je crois que les responsables sont des éléments des services américains ou israéliens. Je ne tire pas de conclusions, je m'interroge".
22:26 Publié dans Défense | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : aymeric chauprade, lobby américano-sioniste, défense nationale
14.10.2008
DEFENSE: VERSAILLES, VENDREDI 10 OCTOBRE, 19h20
Ce ne sera pas un scoop de vous dire qu'à CHRONIQUE DU TEMPS QUI PASSE, nous ne sommes pas trop "tricolore", notre préférence allant aux "Lys de France". Mais une pareille photo, mise en ligne par le blog "Secret Défense", cela fait quand même plaisir. Alors, nous n'avons pas hésité un seul instant pour partager ce petit moment de bonheur avec vous. Wolff.

19:21 Publié dans Défense | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : défense nationale, versailles, armée de l'air
08.07.2008
"SURCOUF: LA CHASSE AUX SORCIERES A COMMENCE
Chasse aux sorcières : les ordinateurs du CHEM ont été auscultés Selon nos informations, les ordinateurs portables des officiers du Centre des Hautes Etudes Militaires (CHEM) ont été fouillés vraisemblablement par la DPSD, dans le cadre de l'enquête sur Surcouf. La Direction de la protection et de la sécurité de la Défense cherche en effet qui sont les officiers qui, en se cachant sous ce pseudonyme, ont publié un texte dans le Figaro, pour critiquer le Livvre blanc.
La fouille des disques durs a, semble-t-il, eu lieu après la fin de la session du CHEM, une fois que les officiers - tous colonels ou capitaines de vaisseau - avaient rendu l'ordinateur portable qui leur est prêté durant l'année. Le CHEM accueille chaque année une trentaine d'officiers pour les préparer à prendre les plus hautes responsabilités au sein des armées. La fouille de leurs ordinateurs témoigne du degré de confiance qu'on leur accorde désormais dans certains milieux de la République. La police sur les traces de Surcouf ? Sur son site Internet, le Nouvel Observateur affirme cet après-midi que "Nicolas Sarkozy a demandé en sous-main, à la DST de rechercher les officiers "rebelles" du groupe Surcouf (...) Les policiers de la DCRI (DST et RG) qui, fait sans précédent, travaillent de manière non-officielle sur cette affaire, auraient identifiés les coupables (...) A la DPSD, où l'on partage généralement les opinions de Surcouf, on mettait peu d'empressement à trouver les rebelles pourtant connus par bien des militaires", affirme le journaliste Jean-Baptiste Naudet. Nous ne sommes pas, pour l'instant, en mesure de confirmer cette information. Source : Blog « Secret Défense »
19:16 Publié dans Défense | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : défense nationale, surcouf, chasse aux sorcières
05.07.2008
ENTRE LE BIDASSE SARKOZY ET L'ARMEE, CELA AVAIT MAL COMMENCE
Réduction drastique des effectifs, suppression de bases et mise en cause brutale du patron de l’Armée de terre : rien ne va plus entre les gradés et Nicolas Sarkozy. Ces mauvais rapports datent visiblement de son service militaire. Serait-ce une vieille rancœur qui sommeillait dans les tripes de notre cher président ? Lors de son service en 1978, le bidasse Sarko était cloîtré à l’état-major de l’armée de l’air, affecté au service de propreté. Le pauvre, condamné à passer la cireuse de bon matin entre six heures et neuf heures. Obligé de sortir les poubelles. Sommé de récurer les toilettes. A première vue, Sarko bénéficiait pourtant d’un traitement de faveur.
Comme le dévoile le journaliste William Emmanuel dans Nicolas Sarkozy, la fringale du pouvoir (Flammarion), ce jeune conseiller municipal de Neuilly demande à Charles Pasqua, alors chef des gros bras de Chirac, d’intervenir en sa faveur afin de pouvoir accomplir son service militaire dans les meilleures conditions. Avec une certaine ingratitude, ce jeune ambitieux fougueux ira, quelques années plus tard, jusqu’à ravir la place de maire de Neuilly à Charles Pasqua. Une méchante manière faite à Charlie, dont Sarko, toujours d’après William Emmanuel, aurait eu l’idée pendant son service. Après trois semaines de classe à la base aérienne du Bourget, Sarko se retrouve avec d’autres privilégiés à la caserne de Balard. Une planque pour ceux qui ont des relations : les recrues peuvent rentrer chez eux le soir, et même dès l’après midi. A la caserne, le matin, notre vrai faux bidasse soigne ses relations avec d’autres pistonnés : Hughes Dewavrin, PDG de Pomona (175ème fortune de France), Olivier Barre, fils de Raymond et Eric Raoult, le futur député UMP. Tous habitent Neuilly, tous se retrouvent non loin de chez eux. Sarko décide de continuer ses études de droit et d’exercer son mandat de conseiller municipal. Une chance de planqué mais qui ne le satisfait pas complètement. Au détour d’une interview donné au Nouvel Obs en décembre 2007, il dévoile sa faible passion de l’armée, « mes ministres qui représentent la diversité de la France ne sont pas enrégimentés. Je n’ai jamais aimé être enfermé dans une caserne, même pendant mon service militaire ! ». Voilà bien un ingrat ! (Source : bakchich.info)
22:40 Publié dans Défense | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : défense nationale, livre blanc, sarkozy
25.06.2008
LIVRE BLANC SUR LA DEFENSE: UN MAUVAIS COUP POUR LA FRANCE, UN MAUVAIS COUP POUR L'EUROPE
Le Livre blanc sur la défense a été jugé par les membres du groupe Surcouf - une dizaine d'officiers généraux et supérieurs – dans une lettre ouverte publiée récemment par Le Figaro comme « déficient », « marqué par un certain amateurisme », « incohérent » « dicté par des groupes de pression » et … « servant des intérêts industriels précis. Ce n’est malheureusement pas tout. L’Europe compte uniquement trois véritables armées : celles de la Grande Bretagne, de la France et de la République fédérale.
Mais cette dernière est bridée par son histoire, et la nature des relations du Royaume Uni avec les États-Unis est sans ambiguïté. Reste la France, seule nation européenne jusqu’à aujourd’hui à disposer d’une capacité d’intervention autonome, qui l’autorisait à mener une politique internationale propre. Le déploiement des forces françaises sur de nombreux théâtres d’affrontement nous permettait d’affirmer nos choix politiques internationaux et de préserver au mieux nos intérêts, il permettait aussi d’envisager une politique étrangère européenne indépendante. Or les réductions d’effectifs décidées par Nicolas Sarkozy interviennent au plus mauvais moment de notre histoire récente : L’époque est dangereuse, nous le savons tous, or, alors que les crises se multiplient et se superposent sans se résoudre, la France diminue son effort de défense au moment même où chacun l’augmente (les dépenses militaires mondiales ont progressé de 45 % en dix ans). Comme l’a déclaré dans un communiqué Jean-Marie Le Pen : « Le Livre Blanc sur la Défense programme la destruction de pans entiers de notre défense nationale. (…) Un Etat sans défense nationale n’est pas un Etat qui se respecte. Nicolas Sarkozy détruit encore un peu plus le respect que notre patrie savait inspirer dans le monde. » De surcroît, ce faisant, Nicolas Sarkozy joue contre l’Europe puissance. Alors qu’il prétend faire de la politique européenne de sécurité et de défense un dossier majeur du renforcement de la défense européenne sous présidence française, il baisse la garde au moment où il affirme entraîner nos partenaires vers un renforcement de la défense européenne, ainsi, comme le remarque le groupe Surcouf, « il abandonne aux Britanniques le leadership militaire européen. (…) La France jouera désormais dans la division de l'Italie. » En clair, la réduction de nos forces en diminuant les capacités opérationnelles de la seule armée européenne réellement à même de peser de façon indépendante sur le cours des conflits s’inscrit dans une vision atlantiste des relations internationales. L’Europe dépourvue de capacité militaire autonome et indépendante n’aura bientôt plus d’autre solution que de se ranger derrière la bannière étoilée et son bras armé l’OTAN. C’est le souhait d’une partie des élites européennes, pour lesquelles le lien transatlantique représente notre indépassable horizon, et qui proposent - comme Edouard Balladur - la création d’une « Union organique » avec les Etats-Unis. Ne nous méprenons donc pas. Le véritable enjeu du Livre Blanc sur la défense n’est pas uniquement français il est aussi européen, c’est celui de l’indépendance politique d’une nation et d’un continent. Pour Nicolas Sarkozy le choix est fait : c’est à Washington que se décidera notre avenir. Christian Bouchet
19:43 Publié dans Défense | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : défense nationale, livre blanc
DST ET RG FUSIONNENT LE 1er JUILLET
La Direction de la surveillance du territoire (DST) et la Direction centrale des renseignements généraux, les "RG", disparaîtront le 1er juillet pour donner naissance à la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI).
La ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, a présenté mercredi en conseil des ministres le décret instituant cette entité unique pour le renseignement français. La DCRI assurera quatre missions : lutte contre l'espionnage et les ingérences étrangères, lutte contre le terrorisme, protection du patrimoine et de la sécurité économique, surveillance des mouvements subversifs et violents et des "phénomènes de société précurseurs de menaces". La recherche, la centralisation et l'analyse des renseignements seront confiées à la Direction centrale de la sécurité publique (DCSP). La réforme concerne environ 4.000 fonctionnaires.
19:29 Publié dans Défense | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : défense nationale, dst, rg, dcri
19.06.2008
LE LIVRE BLANC SUR LA DEFENSE DENONCE PAR DES OFFICIERS SUPERIEURS
Un groupe d'officiers généraux et supérieurs des trois armées terre, air, mer , tenu à l'anonymat, commente, sous le pseudonyme de "SURCOUF", le livre blanc sur la défense et la sécurité nationale présenté le 17 juin par le président de la République.
« Les éléments de la nouvelle politique de défense qui viennent d'être rendus publics ont été, ce qui est bien normal, présentés par leurs auteurs d'une manière très encourageante. La réalité est quelque peu différente. Personne ne peut, ou ne souhaite, à l'intérieur des armées, mettre en cause les choix politiques du jour. D'abord, ils sont incontestables par nature. Ensuite, le souhait du président de la République, chef des armées, est de disposer d'un instrument militaire plus efficace pour un moindre coût ; de raisonner en termes d'efficacité et non d'équipements de prestige ; de faire preuve de réalisme quant aux menaces ; et enfin de ne se laisser arrêter par aucun a priori dogmatique. Ce souhait ne peut rencontrer que l'approbation de tous ceux qui ont fait le choix de la carrière des armes et qui ont souffert, ces dernières années, de l'immobilisme des institutions de défense. Et, dirions-nous, plus que l'approbation, le désir, avec volonté et discipline, de faire passer ce souhait dans la réalité. La vérité oblige à dire, cependant, qu'au-delà des déclarations, la volonté présidentielle a été largement dénaturée par ceux, politiques, militaires ou personnalités qualifiées, qui avaient la charge de la mettre en œuvre. Voici pourquoi.
Dès avant l'élection présidentielle et comme le président de la République l'avait bien vu, le système militaire français était à bout de souffle. En termes, tout d'abord, de capacités opérationnelles réelles : à cause du choix dicté par les groupes de pression de programmes d'équipement, sans considération particulière pour les nécessités nées de la réalité des engagements (cela aboutit, par exemple et dès cette année, à une rupture de la capacité de transport aérien stratégique, ce qui est à tout le moins regrettable pour une armée très engagée à l'extérieur) ; à cause de l'interdiction faite par les autorités politiques de l'époque à l'état-major des armées de poursuivre une véritable «étude capacitaire», qui eût révélé que, comme de nombreuses fois au cours de notre histoire militaire, une conception de la défense centrée sur les «programmes d'équipement» aboutissait à une dépense publique considérable pour une utilité opérationnelle faible ; avec en résultante, une «impasse financière» mettant en cause la crédibilité même du gouvernement dans son exécution des lois de programmation militaire. Ensuite, en termes de choix des engagements, la situation n'était pas plus satisfaisante. L'absence de critères politico-militaires d'intervention, le flou des priorités géopolitiques (Afrique), l'absence de gestion des engagements dans le temps (Kosovo) aboutissaient à un saupoudrage de forces dicté par les habitudes du passé et la logique moutonnière de la participation obligatoire («il faut en être»). Il en résultait un rythme d'emploi soutenu, indifférencié, affectant des unités aux équipements vieillissants, dégradant leur niveau de préparation opérationnelle. Et, dans l'autre sens, alors que les menaces terroristes prenaient plus d'ampleur, le gouvernement comme les armées se refusaient même à penser l'action militaire sur le territoire national, à partir d'un contrat opérationnel distinct (à la notable exception de l'action de l'État en mer). Enfin, en termes d'organisation, la situation était marquée par une grande confusion. Les choix d'interventions étaient opaques, ne donnant lieu à aucun débat, notamment parlementaire, à l'extérieur du cercle présidentiel, ce qui, les phénomènes de cour et les ambitions personnelles aidant, n'était certes pas un facteur de qualité des analyses préalables à la décision. La nouvelle définition des pouvoirs du chef d'état-major des armées n'avait entraîné aucune véritable réflexion, fondée sur la subsidiarité, entre la logique interarmées et la logique de milieu, notamment pour le soutien. Les organisations militaires restaient lourdes, «doublonnantes», peu centrées sur l'opérationnel. Les désignations aux postes les plus importants étaient délibérées entre militaires sur le fondement des couleurs d'uniforme, dans le cadre d'un «troc» presque permanent, aboutissant d'ailleurs à une durée d'exercice des responsabilités abusivement courte. La procédure de choix des programmes d'équipement, entre la direction générale pour l'armement (DGA) et les états-majors, était caractérisée par l'opacité et le conflit d'intérêt (le «service aux industriels») aboutissant à la dérive de coûts opaques, non maîtrisés, et à l'inadaptation des équipements. C'est dire si le début du quinquennat avait fait naître les plus grands espoirs. Il est malheureusement probable aujourd'hui qu'ils seront déçus. Tout d'abord, les instances de la décision n'ont pas fonctionné de manière satisfaisante, la mission budgétaire de la révision générale des politiques publiques (RGPP) ayant prévalu, y compris en termes calendaires, sur la mission conceptuelle du livre blanc. Quant à cette dernière, la sous-représentation des militaires compétents n'a pas permis d'y effectuer un travail réaliste, ce que ses conclusions montrent à l'évidence. L'ampleur enfin des conflits structurels internes propres au ministère de la Défense n'a pas permis un travail serein. Plusieurs points positifs sont à relever : le principe du resserrement des implantations (dont il faudra attendre la mise en œuvre, les militaires étant habitués à ce que les logiques politiques locales prévalent, ce qui est le cas depuis plus de vingt ans). L'insistance mise sur la protection «interne» de la nation elle-même, en termes d'organisation centrale et de contrat opérationnel. La revalorisation des fonctions de renseignement. Pour le reste, le modèle d'analyse présenté par le livre blanc est à notre sens déficient et, davantage, marqué par un certain amateurisme. Le livre blanc souffre en effet d'une quadruple incohérence. Incohérence, tout d'abord, par rapport à l'évolution générale des crises et des réponses généralement adoptées dans le monde. Alors que les crises se multiplient et se superposent sans se résoudre, l'Europe en général et la France en particulier diminuent leur effort de défense au moment même où chacun les augmente (les dépenses militaires mondiales ont progressé de 45 % en dix ans). On ne peut certes nier la crise budgétaire. Au moins devrait-elle donner lieu à une analyse «priorisante» des arbitrages, entre la défense et les autres budgets, et à l'intérieur du budget de la défense.
Le livre blanc n'en fournit pas l'armature conceptuelle, puisqu'au titre des menaces il retient à la fois l'attentat terroriste, la guerre de haute intensité, le désordre dans le tiers-monde et la pandémie grippale. Incohérence, ensuite, par rapport à l'évolution de la «conflictualité», le paradigme de la «guerre industrielle» (entre arsenaux étatiques) ayant été remplacé par celui de la «guerre bâtarde», le plus souvent «au sein des populations». Ce dernier exige à la fois des forces terrestres plus nombreuses, une capacité de projection aérienne et navale plus affirmée, une réorientation des programmes en conséquence. Ces choix ont été faits par les Britanniques voici plus de cinq ans. Nous en sommes, nous, à la diminution des effectifs de l'armée de terre et au «report» de la décision de construire le deuxième porte-avions, qui signe une rupture capacitaire majeure. Notre incapacité à sortir de la «réduction homothétique», faute d'une véritable analyse que le livre blanc ne fournit pas, conduit le modèle 2008 à n'être que la version dégradée du modèle 1996, lui-même version amoindrie du modèle 1989. Autant dire qu'aucun choix sérieux, hors celui, purement budgétaire, d'une réduction proportionnelle, n'aura été fait depuis vingt ans. Sous ce rapport, la nouvelle orientation en faveur du satellitaire ou la création d'un «commandement interarmées de l'espace» font figure de gadgets, lorsqu'on connaît les besoins réels et actuels des armées. Non que de telles mesures soient en elles-mêmes absurdes. Mais elles ne pourraient valoir que si elles procédaient d'une véritable analyse doctrinale et pratique de la «conflictualité», fondée sur les exemples nombreux que présente l'actualité, du Proche-Orient à l'Asie centrale. Cette analyse est absente du livre blanc. Les «avancées» qu'il présente (satellites, etc.) ressemblent à des lubies parce qu'elles ne sont pas sérieusement argumentées en termes d'arbitrage (alors qu'on voit les intérêts industriels qu'elles servent). Une réduction prévisible et sans imagination du format des armées, à peine compensée par d'hypothétiques innovations technologiques et organisationnelles : il y a comme une imposture à présenter ces résultats comme un progrès dans l'efficacité de l'instrument militaire. Incohérence, en troisième lieu, par rapport à la volonté politique affichée à juste titre par le chef de l'État. Nous revenons dans l'Otan, avec une capacité militaire affaiblie, et tout en y revendiquant des postes de commandement. Nous prétendons faire de la politique européenne de sécurité et de défense (PESD) un dossier majeur du renforcement de la défense européenne sous présidence française, et nous baissons la garde au moment où nous souhaitons entraîner nos partenaires vers un renforcement de la défense européenne. Mais surtout, nous abandonnons aux Britanniques le leadership militaire européen, alors que nous connaissons la nature particulière de leurs relations avec les États-Unis. La France jouera désormais dans la division de l'Italie. Il est inutile de se payer de mots. Incohérence, en quatrième lieu, par rapport à la seule certitude que nous ayons : celle de nous engager vingt fois en Afrique dans les années qui viennent, pour y éviter des catastrophes humanitaires ou assurer l'évacuation de nos ressortissants. Si nous pouvons le faire aujourd'hui, c'est parce que notre réseau de bases nous confère une efficacité d'autant plus unique que l'ensemble des pays africains refuse le déploiement de l'US African command (commandement américain en Afrique) sur le sol africain. Pour gagner, et ceci est révélateur de la méthode retenue, 3 000 postes budgétaires, nous affaiblissons de manière définitive notre positionnement, avec ce paradoxe que nos abandons vont conduire mécaniquement à un accroissement du nombre de crises que nous ne pourrons plus prévenir et dans lesquelles nous ne pourrons intervenir qu'à un coût incomparablement plus élevé. En contrepartie, les structures administratives intermédiaires des états-majors n'ont pas été touchées par l'exercice RGPP, alors qu'elles représentaient un gisement d'économies d'au moins le double. Quant aux «bases de défense», il ne s'agira, faute de crédits budgétaires pour de vrais investissements d'infrastructure, que de circonscriptions administratives de mutualisation de certaines dépenses mineures (habillement, restauration, etc.), entraînant simplement la création d'un maillage administratif supplémentaire. La mise en regard de ces deux éléments permet de mesurer le caractère de trompe-l'œil des mesures présentées ces jours-ci. Le propos de cet article n'est pas de présenter le modèle qu'une réflexion plus avisée, et plus conforme aux volontés du chef de l'État, aurait permis d'élaborer. Nous voulons simplement souligner qu'une grande dépense d'énergie intellectuelle a simplement abouti à une réduction homothétique du format des armées. Au mieux, nous serons mieux renseignés, mais nous pourrons moins agir. Il eût fallu, au contraire, mieux définir les ambitions militaires de la France, puis ses priorités géostratégiques, y compris en termes concrets, en désignant les théâtres utiles ; en déduire un modèle pour notre armée et ses équipements, sans se refuser à porter le fer dans l'organisation militaire ou dans celle de la DGA ; ne pas s'illusionner sur les bénéfices à attendre de la «mutualisation des soutiens», dans un domaine où l'expérience (notamment britannique) enseigne qu'elle ne peut concerner que des secteurs de second ordre, la «logique de milieu» continuant de gouverner l'entretien des équipements majeurs. Pour ne l'avoir pas fait, les autorités de la défense ont laissé passer l'occasion historique que leur présentaient les circonstances et que justifiaient les ambitions du chef de l'État. Le reste est affaire de communication politique, qui ne saurait masquer la réalité d'un véritable déclassement militaire de notre pays, dans un monde bien plus dangereux qu'hier. »
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17.06.2008
LES EFFECTIFS DE LA DEFENSE REDUIT DE 54 000 HOMMES
Voici les principaux points contenus dans le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale :
1) 54.000 postes, civils et militaires, vont être supprimés sur une période de "six ou sept ans". L'Armée de terre atteindra ainsi un format de 130.600 hommes ( - 17%), l'Armée de l'air, 50.000 h (-25%) et la Marine nationale, de 44.000 h. (-11%). Comme prévu, les conséquences en terme de fermetures de garnisons et de bases ne seront connues que le 3 juillet. A ces réductions, devraient s'ajouter les éventuelles "externalisations" vers le secteur privé.
2) La décision sur la deuxième porte-avions est reportée à plus tard, sans doute 2011. Idem pour les 18 frégates de premier rang. 3) L'accent mis sur le spatial, avec la création d'un commandement interarmées de l'Espace. De nouveaux satellites d'observation et d'écoutes électromagnétiques seront lancés. 4) Développement d'un système d'alerte avancé contre la menace des missiles balistiques, à base de capteurs spatiaux infra-rouges et de radars à très longue portée. Première capacité en 2015, système opérationnel en 2020. 5) Le contrat opérationnel de l'armée de terre sera de 30.000 hommes projetables à 7/8000 kilomètres dans le cadre d'une coalition pendant un an. Mise en place en six mois, non relevables. Le chiffre de 54.000 suppressions de postes correspond au scénario évoqué depuis plusieurs mois, avec les prudences d'usage. Selon les derniers chiffres disponibles (début 2007), les effectifs du ministère de la Défense s'élèvent à 431.315 personnes, dont 350.159 militaires et 81.156 civils. De ce chiffre, il faut retirer les 105.389 personnels de la gendarmerie, qui rejoindront le ministère de l'Intérieur le 1er janvier 2009. La réduction annoncée de 54.000 portera donc sur un effectif de départ de 325.926, soit une baisse de plus de 16%. Chacun appréciera.
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