07.03.2009

7 MARS 1966: "LA FRANCE SE PROPOSE DE RECOUVRER L'ENTIER EXERCICE DE SA SOUVERAINETE"

Alors que le débat sur le retour de la France dans l'Otan se poursuit, voici la lettre que le général De Gaulle envoyait, il y a 43 ans aujourd'hui, au président américain Lyndon B. Johnson.de_gaulle_3.jpg Il annonçait le retrait de la France de l'organisation militaire intégrée. En voici le texte. (Source: Blog Secret Défense)

"Cher monsieur le président,

Notre Alliance atlantique achèvera dans trois ans son premier terme. Je tiens à vous dire que la France mesure à quel point la solidarité de défense ainsi établie entre quinze peuples libres de l'Occident contribue à assurer leur sécurité et, notamment, quel rôle essentiel jouent à cet égard les États-Unis d'Amérique. Aussi, la France envisage-t-elle, dès à présent, de rester, le moment venu, partie au Traité signé à Washington le 4 avril 1949. Cela signifie, qu'à moins d'événements qui, au cours des trois prochaines années, viendraient à changer les données fondamentales des rapports entre l'Est et l'Ouest, elle serait, en 1969 et plus tard, résolue, tout comme aujourd'hui, à combattre aux côtés de ses alliés au cas où l'un d'entre eux serait l'objet d'une agression qui n'aurait pas été provoquée.

Cependant, la France considère que les changements accomplis ou en voie de l'être, depuis 1949, en Europe, en Asie et ailleurs, ainsi que l'évolution de sa propre situation et de ses propres forces, ne justifient plus, pour ce qui la concerne, les dispositions d'ordre militaire prises après la conclusion de l'alliance soit en commun sous la forme de conventions multilatérales, soit par accords particuliers entre le gouvernement français et le gouvernement américain.

C'est pourquoi la France se propose de recouvrer sur son territoire l'entier exercice de sa souveraineté, actuellement entamé par la présence permanente d'éléments militaires alliés ou par l'utilisation habituelle qui est faite de son ciel, de cesser sa participation aux commandements «  intégrés » et de ne plus mettre de forces à la disposition de l'OTAN.

Il va de soi que, pour l'application de ces décisions, elle est prête à régler avec les gouvernements alliés et, en particulier, avec celui des États-Unis, les mesures pratiques qui les concernent. D'autre part, elle est disposée à s'entendre avec eux quant aux facilités militaires à s'accorder mutuellement dans le cas d'un conflit où elle s'engagerait à leurs côtés, et quant aux conditions de la coopération de ses forces et des leurs dans l'hypothèse d'une action commune, notamment en Allemagne.

Sur tous ces points, cher monsieur le président, mon gouvernement va donc prendre contact avec le vôtre. Mais, afin de répondre à l'esprit d'amicale franchise qui doit inspirer les rapports entre nos deux pays et, permettez-moi de l'ajouter, entre vous et moi, j'ai tenu, tout d'abord, à vous indiquer personnellement pour quelles raisons, dans quel but et dans quelles limites la France croit devoir, pour son compte, modifier la forme de notre alliance sans en altérer le fond.

Je vous prie de bien vouloir agréer, cher monsieur le président, les assurances de ma très haute considération et l'expression de mes très cordiaux sentiments.

Charles de GAULLE."

29.11.2008

ALGERIE: UN MANUSCRIT DU GENERAL DE GAULLE

L'étude de commissaires-priseurs Beaussant-Lefèvre organise, le 18 décembre à Drouot-Richelieu (Paris), une vente exceptionnelle de manuscrits, parmi lesquels 49 documents de la main du général de Gaulle et un d'Yvonne, évoquant la mort de son mari. On y trouve en particulier, ce premier brouillon ( daté du 22 ou 23 avril 1961) du célèbre discours prononcé par le chef de l'Etat au moment du putsch des généraux d'Alger, en avril 1961. Les formules célèbres "quarteron de généraux en retraite", "pronunciamiento" n'y figurent pas encore. Le texte est le suivant : "Un acte grave et prémédité d'indiscipline vient d'être commis à Alger où des éléments militaires, entraînés par des officiers généraux en retraire parjures à leur devoir, refusent d'obéir aux ordres du commandant, occupent les bâtiments officiels et empêchent les communications entre Alger et la métropole. Dans le reste du territoire de l'Algérie la situation est normale à tous égards. Le gouvernement prend les mesures nécessaires pour que force reste à la loi..." Ce document, de format 1/4 in-8 est estimé entre 20.000 et 30.000 euros. (Source : blog Secret Défense)

 

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24.09.2008

DE GAULLE: "IL N'Y A AUCUNE CHANCE POUR QUE LES PEUPLES D'ASIE SE SOUMETTENT A LA LOI DE L'ETRANGER"

Discours de Phnom Penh, prononcé par le général de Gaulle, le 1er septembre 1966, dans la capitale du Cambodge. Il s'agissait alors de la guerre du Vietnam, mais ses mots résonnent aujourd'hui d'une bien curieuse façon.

gaulle3.jpg"C'est pourquoi (...) on vit l'autorité politique et militaire des États-Unis s'installer à son tour (...) et, du même coup, la guerre s'y ranimer sous la forme d'une résistance nationale. Après quoi, des illusions relatives à l'emploi de la force conduisirent au renforcement continuel du Corps expéditionnaire et à une escalade de plus en plus étendue. (...) Devant une telle situation, dont tout donne, hélas ! à penser qu'elle va aller en s'aggravant, (...) la position de la France est prise. (...) Elle l'est par sa résolution de n'être pas, où que ce soit et quoi qu'il arrive, automatiquement impliquée dans l'extension éventuelle du drame et de garder, en tout cas, les mains libres. Elle l'est, enfin, par l'exemple qu'elle-même a donné naguère en Afrique du Nord, en mettant délibérément un terme à des combats stériles sur un terrain que, pourtant, ses forces dominaient sans conteste (...). Mais, comme ces combats n'engageaient ni son bonheur, ni son indépendance et qu'à l'époque où nous sommes ils ne pouvaient aboutir à rien qu'à des pertes, des haines, des destructions, sans cesse accrues, elle a voulu et su en sortir sans qu'aient, de ce fait, souffert - bien au contraire ! - son prestige, sa puissance et sa prospérité. Eh bien ! La France considère que les combats (...) n'apportent, par eux-mêmes et eux non plus, aucune issue. Suivant elle, s'il est invraisemblable que l'appareil guerrier américain vienne à être anéanti sur place, il n'y a, d'autre part, aucune chance pour que les peuples de l'Asie se soumettent à la loi de l'étranger (...) , quelles que puissent être ses intentions et si puissantes que soient ses armes. Bref, pour longue et dure que doive être l'épreuve, la France tient pour certain qu'elle n'aura pas de solution militaire."