14.12.2009
PAS DE MINARETS ET APRES? par Jésus FRANCO
L'éruption revancharde et joyeuse qu'a provoqué dans les milieux nationalistes et identitaires le résultat de la votation suisse sur les minarets laisse entrevoir un certain simplisme de cette mouvance dans son "combat contre l'islam", voire même une cécité partielle quant aux problématiques posées par cette religion.
Bien sûr, il est sapide et délectable de voir les habituels thuriféraires de la sacro-sainte démocratie se muer en gorgones anti-peuple dénonçant les "dangers populistes" de la pratique du référendum. Mais, à contrario, on pourrait tout autant s'amuser des farouches réactionnaires élitistes et autres chantres de l'autocratie, habituellement grands pourfendeurs des aberrations et des ridiculités du principe démocratique, se faire, pour l'occasion, les avocats véhéments du caractère sacré et indiscutable du choix majoritaire. On ne gagne pourtant jamais rien à adapter ses principes aux circonstances. Passée donc la superficielle satisfaction du pied de nez adressé au "politiquement correct" se pose la question primordiale du bilan de cette décision. L'interdiction de la construction de minarets va-t-elle faire diminuer le nombre d'immigrés en Suisse, va-t-elle endiguer la pratique de l'islam et renforcer l'identité helvétique en détournant, par exemple, la jeunesse de la drogue et de la techno pour la diriger vers les églises et les temples ? Bien sûr que non. Le seul mérite de cette votation est de forcer l'ouverture d'un débat jusque là maintenu sous le boisseau. En aucun cas elle ne peut être considérée comme une réponse satisfaisante à celui-ci. Ce rejet de l'expression architecturale la plus visible du développement de l'islam ne peut qu'entretenir les musulmans dans une posture victimaire tout en donnant des arguments supplémentaires aux plus radicaux d'entre eux, et ce sans régler aucune des questions de fond. Pour se pencher politiquement, et non épidermiquement, sur l'islam, il faut avoir le courage et l'honnêteté de poser comme préalable que cette religion ne sera jamais "rejetée à la mer", éradiquée de façon totale et absolue du sol européen. Ce constat n'est nullement une démission ou une résignation mais, au contraire, la base d'une politique volontariste, concrète et efficace et non simplement incantatoire. C'est par la foi, l'évangélisation, la culture et l'identité réelles et vécues que l'on peut s'opposer efficacement à l'expansion excessive de l'Islam, pas par des interdictions administratives. La "Reconquista" ce n'est pas et ce ne sera jamais obtenir l'annulation d'un permis de construire d'une mosquée afin qu'un supermarché ou une discothèque soient bâtis à sa place. Car l'islam, religion patriarcale, traditionnelle et "archaïque", ne peut nullement être intrinsèquement, ontologiquement, l'ennemi numéro 1 des "révoltés contre le monde moderne", des militants anti-libéraux et réfractaires au progressisme et à la festivocratie obligatoire que nous sommes. Le danger de l'islam, c'est sa massification et sa transformation en force politique à volonté hégémonique. Une fois encore, la clef du problème se situe donc dans le "nombre", la "proportion" de musulmans par rapport à l'ensemble de la communauté et la solidité de celle-ci. C'est donc bel et bien l'immigration- la gestion des flux de populations- qui est le centre et le nœud causal de la problématique actuelle et non la religion musulmane "en tant que telle".Ne nous trompons pas d'adversaire prioritaire et posons-nous les questions suivantes: Qui menace le plus notre vision du monde, le musulman pratiquant ou la racaille acculturée et sous-humanisée par MTV ? Avec qui avons nous le plus de chances d'entamer un dialogue productif et utile sur les questions d'identité, d'immigration et de retour concerté au pays: avec le musulman soucieux de ses traditions et de ses origines ou avec l'ectoplasme à demi assimilé au modèle occidental du relativisme et du pognon ? L'islam, pratiqué par des communautés numériquement limitées, n'est ni plus ni moins antagoniste de nos valeurs que le bouddhisme, le "new age", l'évangélisme, le judaïsme ou, pire encore, l'athéisme consumériste doublé de culte de la technique et du progrès qui tient lieu de spiritualité à la très grande majorité de nos contemporains "de souche".Ce que nous refusons, avec la plus implacable conviction, ce n'est pas "l'islam", religion digne et respectable, mais l'importation de masses allogènes, quelles qu'elles soient, qui atomisent la société et rendent impossibles l'idée même de cohésion collective, de solidarité réelle et de conscience communautaire. Utiliser la lutte contre l'islam comme biais principal (et comme cache sexe !) de l'opposition à l'immigration est non seulement une erreur, c'est aussi une faute. N'inversons pas la hiérarchie des problématiques. Les flux migratoires incontrôlés, l'indifférenciation marchande et le multi-ethnisme sans âme, voilà les ennemis. Encore une fois, ne nous trompons pas de combat et cessons de prendre une succursale bancaire comme exemple de nos luttes et de nos espoirs. (Source: voxnr.com)
11:20 Publié dans Politique nationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : islam, minaret, identitaires, votation suisse
22.10.2009
UNE QUESTION DE VALEURS par Christian BOUCHET
L’affaire Roman Polanski, puis l’affaire Frédéric Mitterrand, auront sans doute eu un avantage inattendu, celui de procéder, une fois de plus, à un partage des eaux. Ainsi, a-t-on pu voir la totalité des islamophobes médiatiques, les dénonciateurs habituels du voile, des atteintes portées au droit des femmes, etc., les Alain Finkielkraut, les Caroline Fourest, et tous les autres, se ranger, comme pour la parade, derrière Polanski et Mitterrand.
Dans le même temps, toutes les structures musulmanes qui comptent ont dénoncées les agissements pédophiles du cinéastes et du ministre. Le site Oumma.com, par exemple (et ce n’est qu’un exemple parmi de très nombreux autres), s’est indigné de « l’indécence » de Mitterrand « s’apitoyant devant les caméras sur le cas Roman Polanski » avant de dénoncer « la tour d’ivoire des nantis décadents » et « l’immoralité qui frappe ces intouchables du pouvoir, lesquels sont à ce point dénués du sens de l’honneur qu’ils ne démissionnent jamais. » Sensiblement au même moment, un club de football de sensibilité musulmane a eu le courage de faire ce qu’aucun club de gaulois n’avait jusqu’alors osé : refuser de jouer un match contre une équipe revendiquant haut et fort son inversion sexuelle. Me sont alors revenues à l’esprit ces lignes de Gilbert Comte, parues dans le numéro du printemps 2006 du magazine Eléments : « Quand à la droite, mes propos sonnent sans doute à ses oreilles comme du chinois ou du bambara. Aux familles bourgeoises apeurées qu’elle rassemble parfois électoralement, je souhaite seulement d’avoir encore assez d’énergie pour produire des “grands frères” sourcilleux comme il faut l’être sur l’honneur, à commencer par celui des filles. L’immigration a transplanté aux périphéries de nos villes des peuples restés encore très traditionnels. Ils y subissent depuis trente ans l’agression d’un modernisme destructeur sous toutes ses formes, à commencer par la permissivité et la domination de l’argent. Si la droite clabaudeuse avait été autre chose que ce qu’elle est, c’est-à-dire un ramassis de petits bourgeois bruyants mais apeurés, c’est là qu’elle aurait envoyé des missionnaires, afin d’y lever des secours. Mais il lui aurait fallu une audace qu’elle n’imagine même pas dans ses ronrons de nonagénaires. » Comme en écho, je me suis aussi souvenu qu’Alain Soral, alors qu’il était encore au Front national, s’était risqué à écrire: « La culture musulmane ne produit pas des délinquants drogués et suicidaires, mais des hommes élevés dans des valeurs. Des valeurs de dignité et de respect qui ressemblent beaucoup, finalement, à celles qu’on inculquait aux hommes de France, et à moi-même, avant la déferlante du néo-matriarcat à l’américaine importé par mai 68. » Je n’en tirerai nullement la conclusion que nous devrions baisser la garde face à l’islam, et tout particulièrement face à certaines de ses manifestations les plus rétrogrades et les plus contraires aux mœurs européennes, mais je ne peux m’empêcher de penser, une fois de plus, que nous ne devons pas nous tromper dans la désignation de l’ennemi. Rappelons le, encore et encore, l’ennemi principal, ce n’est pas celui que le système nous désigne, ce n’est pas celui que l’on pourrait nommer l’ennemi de confort (l’immigré, le musulman, la femme voilée, etc.), mais c’est le système en lui-même et ses suppôts, ses Finkielkraut et ses Fourest... Si la mouvance nationale ne prend pas garde à cela, elle finira comme la droite hollandaise anti-immigrée que sa haine de l’islam a conduit successivement à se donner à un homosexuel militant puis à un ami d’Ariel Sharon et d’Ehoud Olmert. Certains en prennent déjà le chemin, on l’a vu le week-end passé en Provence, pour ma part je n’en serai pas. (Source: voxnr)
16:58 Publié dans Libres propos | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : islam, islamophobie, identitaires, frédéric mitterand, pédophilie, homosexualité
06.10.2009
ELLE EST AUX ORDRES DE SARKOZY, C'EST LA NOUVELLE EXTRÊME-DROITE... par Christian BOUCHET
Deux nouvelles récentes, ont confirmé une analyse que je faisais depuis plus d’un an : la mise en place par certains réseaux d’une extrême droite sarkocompatible. Il y a eu tout d’abord l’annonce que la deuxième Convention identitaire, qui doit se tenir à Orange, le temps d’un week end d’octobre, recevrait un hôte de marque : Yves-Marie Laulan, présenté dans un communiqué comme « économiste, démographe et géopoliticien. ».
Ce que le communiqué omet de préciser, c’est qu’Yves-Marie Laulan a un pedigree conséquent de libéral atlantiste. En effet, notre homme a été un cadre important du Fonds monétaire international (FMI) puis de la Banque mondiale, avant de devenir chef du service des affaires économiques de l'OTAN… Ce sont des postes que l’on n’occupe pas par hasard et des fonctions que l’on n’obtient pas si on est soupçonné du moindre désaccords avec ces instances mondialistes.
Les hommes et leurs idées changent, me direz vous. Ceci est parfaitement exact et l’on peut donc s’interroger : Yves-Marie Laulan est-il allé à Canossa ? Que nenni ! Notre homme, qui s’était porté volontaire pendant la guerre des Six Jours pour servir dans l'armée israélienne, affirme toujours haut et clair ses idées : ultra-libéralisme économique (il a, il y a quelque temps proposé la suppression de toutes les aides à l’emploi), soutien inconditionnel à Israël et haine de "l'extrême droite traditionnelle". Qu’il soit invité à prendre la parole à la Convention identitaire d’Orange est donc un signe fort : les idées qu’il défend et l’image politique qu’il véhicule sont « cachères » pour les « identitaires ». Plus récemment, la presse a annoncé la création d’une Ligue du Sud derrière le maire d’Orange, Jacques Bompard, afin de présenter une liste en PACA aux prochaines élections régionales. Ce que les journalistes ont peu dit c’est que cette Ligue du Sud sera aussi présente en Languedoc-Roussillon où sa tête de liste sera, cette fois, un certain Richard Roudier, ancien membre de la direction d’Unité radicale et maintenant un de ceux qui dirigent le Bloc identitaire et organisent la fameuse Convention identitaire.
La manœuvre là est claire et le quotidien Le Figaro, jouant contre son camp, l’a maladroitement éventée. Il a en effet révélé que dans les sondages pré-électoraux qu’à fait réaliser l’UMP en PACA, il est ressorti que, quel que soit son candidat, la droite sarkozyste arrivait en tête au premier tour (avec 31 à 34% des voix), devant le PS (27 à 29%), les Verts (14 à 16%), le MoDem (5 à 6%) et Le FN (12 à 14%). Ces sondages donnent le PS gagnant au second tour dans tous les cas de figure (avec 49 à 51% des suffrages), à la faveur d'une triangulaire avec le Front national (8 à 10 %). La seule possibilité de victoire pour l’UMP est donc d’éliminer le FN du second tour en le faisant passer sous la barre des 10 %. Cela n’est possible qu’en suscitant l’apparition d’une liste dissidente, marquée à droite mais qui donnera le moment venu les bonnes consignes de vote. La manœuvre est sensiblement la même en Languedoc-Roussillon. Ces deux nouvelles résument ce que sera la nouvelle extrême droite. D’un point de vue idéologique, elle sera libérale, européiste, favorable à la landerisation de notre sous continent et au démantèlement des nations, elle se réfèrera à l’occidentalisme et au choc des civilisations. D’un point de vue politique, elle tentera d’exister en jouant un rôle d’appoint électoral aux blocs centraux de la droite libérale.
Tout cela en fait bien sur une ennemie pour le mouvement national français dans son ensemble et tout cela donne raison à posteriori à mes mises en garde et à mes appels à la mise en quarantaine. L’ennemi était tapis dans nos rangs et peu nombreux étaient ceux qui en avait conscience. Maintenant au moins les choses sont claires et bien des yeux vont se dessiller. Christian BOUCHET (Source voxnr.com)
14:39 Publié dans Libres propos | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : extrême-droite, front national, identitaires, sarkozy
10.03.2009
NI KEFFIEH NI KIPPA par ALAIN DE BENOIST
A l’occasion des récentes opérations de guerre menées par Israël dans la bande de Gaza, on a vu une grande partie de la « mouvance nationale » se diviser en adoptant des positions totalement opposées : soutien inconditionnel à Israël (« un exemple pour la France chrétienne ») ou soutien non moins inconditionnel avec les combattants du Hamas. Qu’en pensez-vous ?
En tant qu’observateur extérieur à la mouvance en question, je vois surtout dans cette division un salutaire éclaircissement. Les fronts se précisent lorsque chacun choisit son camp. C’est la preuve que de nouveaux clivages traversent aujourd’hui toutes les familles politiques, et que la « mouvance » dont vous parlez ne correspond plus à grand chose. En tant que mouvance, elle n’est plus portée que par des souvenirs du passé. Ce sont les nouveaux clivages qui annoncent les mouvances futures.
D’autres, cependant, ont choisi de rester étrangement atones à propos des « événements » de Gaza. Certains ont même résumé leur position par cette formule : « Manger hallal ou casher ? Non merci. Nous, nous préférons le cochon ». Un commentaire ? Il n’y a pas grand-chose à répondre à des gens qui, fût-ce à titre symbolique, confondent politique et gastronomie. Sinon qu’on voit mal pourquoi le fait d’aimer le « cochon », ce qui est mon cas, devrait interdire de manger aussi hallal ou casher à l’occasion !
L’idée générale est qu’il faudrait rester neutre dans les affaires qui ne nous concernent pas… Dans un monde globalisé, je serais curieux de savoir quelles sont les affaires qui ne nous concernent pas. Mais tout dépend de ce que l’on entend par « nous ». Quand on a choisi de s’enfermer dans la fièvre obsidionale et sectaire, on est effectivement concerné par peu de choses extérieures. Dans la vie réelle, les choses se posent différemment. Un pays qui raisonnerait de la sorte n’aurait bientôt plus de politique étrangère et sortirait de l’histoire. La notion de neutralité ne peut pas non plus être tordue plus que mesure. Carl Schmitt nous l’a rappelé : s’affirmer neutre, c’est encore prendre position. Quand il y a un agressé et un agresseur, la neutralité d’un tiers profite objectivement à ceux qui agressent. Dominique de Villepin le disait l’autre jour très justement : l’équidistance est impossible à tenir lorsque l’on est en présence d’un conflit asymétrique. Or, c’est précisément ce type de conflits qui se développe aujourd’hui un peu partout.
Le refus de prendre position ne s’explique-t-il pas tout simplement par la peur de se mouiller ? Cela joue sans doute, mais je ne ferai de procès d’intention à personne. Dans l’idée que ce qui se passe à Gaza « ne nous concerne pas », je vois surtout, plus profondément, la marque lamentable, pathétique, de ce qu’on appelle en philosophie la métaphysique de la subjectivité, ou de façon plus familière le nombrilisme tribal. L’individualisme consiste à ne s’intéresser qu’à soi-même, et à se désintéresser des autres. Le nombrilisme tribal élargit le « je » en « nous », mais en conservant le même raisonnement : le moi collectif est à la fois le bien absolu et le seul critère de vérité. Si le moi c’est la France, les Allemands ou les Italiens ne me concernent en rien (on dénoncera la musique de Wagner comme une « musique de Boches »). Si le moi c’est l’Europe, on se fout de tout ce qui n’est pas européen (on dénoncera le jazz comme une « musique de Nègres »). L’Autre, c’est pas moi, donc c’est mal, impur, menaçant. Pas question dès lors de s’intéresser aux élections américaines, à la situation intérieure de la Chine, à ce qui se passe en Amérique latine ou en Afrique noire. Ca ne nous concerne pas ! On ne pourra, de même, que condamner les « soldats de fortune », sans oublier les têtes brûlées qui se battaient naguère aux côtés des Karen de Birmanie (encore des gens qui ne nous concernaient pas !). Trotsky raisonnait de la même manière quand il écrivait Leur morale et la nôtre : le bien c’est nous, point final. Un « identitaire » avant la lettre, en quelque sorte. Il fut une époque où l’on trouvait conforme à l’honneur de se battre pour une cause noble et juste, même lorsqu’elle n’était pas la nôtre. On jugeait également honorable d’être activement solidaire des populations martyrisées et de ceux qui résistaient à l’oppression. Avec le nombrilisme tribal, cette époque s’achève. On s’oriente vraiment vers le degré zéro de la réflexion. (Source voxnr.com)
16:41 Publié dans Libres propos | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : palestine, gaza, identitaires, alain de benoist














