24.09.2009

ENTRETIEN AVEC CHRISTIAN BOUCHET (Propos recueillis par Alexandre LASTA)

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Christian Bouchet bonjour et merci de répondre à mes questions. Tout d’abord, pourriez-vous vous « présenter » de façon synthétique ?

 Je suis enseignant de profession et, dans le même temps, je suis aussi journaliste - à la fois sur le net et dans des organes de la presse traditionnelle - ainsi qu’écrivain et éditeur. Comme je ne dédaigne pas non plus le militantisme politique de terrain, je vous laisse imaginer à quel point mes journées sont bien remplies… Je suis de ceux qui disent : « Les 35 heures je suis pour, mais pas tous les jours ! »

 Vous avez eu un parcours varié au sein de la « mouvance nationale » française et européenne, comment le résumeriez-vous aujourd’hui avec un peu de recul ?

 En réalité, mon parcours n’a pas été si varié que cela. Bien au contraire, j’ai tendance à penser qu’il se caractérise par une grande constance. Je suis entré en politique durant le second semestre 1969. J’avais à l’époque 14 ans et demi. Après un court passage dans les milieux monarchistes, dû à mon origine familiale, je me suis rattaché à un courant que je n’ai jamais quitté depuis : celui du nationalisme-révolutionnaire. Il s’en est suivi presque trente ans d’activisme politique, comme militant d’abord puis comme cadre dirigeant, dans des groupuscules dont le nombre d’adhérents a varié, selon les périodes, entre quelques dizaines et quelques centaines. Alors que j’ai sacrifié beaucoup de choses à cet engagement groupusculaire, je n’ai jamais réellement cru à ses chances de réussite politique. On peut donc se demander pourquoi j’ai persisté… C’est tout simplement parce que si je ne croyais pas à la réussite organisationnelle, j’étais en revanche convaincu – et je le suis toujours – par la justesse des idées et par leur influence possible. Ainsi, je me retrouve assez bien dans cette citation de Gilles Martinet, qui a passé, pour sa part, une partie de sa vie dans des groupuscules de la gauche dure : « Je n’ai jamais cru à l’avenir des petites organisations se situant en marge des grandes formations historiques. Et pourtant, j’ai participé moi-même à la constitution et à la direction de plusieurs de celles-ci. C’est que je croyais que leur existence et que leur combat pouvaient entraîner des changements au sein des grands partis. » Ce rôle les NR français l’ont joué au sein du mouvement national. En plus de lui fournir quelques cadres de très haut niveau, il ont servi de laboratoire idéologique et de passeurs d’idées. C’est ce qu’a très bien vu Nicolas Lebourg, un universitaire hostile mais honnête, qui, dans sa thèse Les nationalistes-révolutionnaires en mouvements (1962-2002), écrit (p. 704) : « Au sein même du système politique concurrentiel, les groupuscules trouvent leur importance en leur travail de “veilleur” et de fournisseur de concepts et d’éléments discursifs aux structures populistes qui ont, quant à elles, accès à l’espace médiatique. Si on y regarde bien, les nationalistes-révolutionnaires ont donné trois idées au Front national : l’anti-immigration, l’anti-américanisme, l’anti-sionisme, et l’ont ainsi armé lexico-idéologiquement. » Mais pour jouer ce rôle de formateur de cadres, de laboratoire idéologique et de passeur d’idées, encore faut-il avoir une structure, une presse, des activistes, etc. C’est ce qui a justifié les constructions groupusculaires auxquelles j’ai participé et c’est ce qui justifie toujours mon combat.

 Récemment sont apparues, dans la scène politique et au sein des partis, de nouvelles lignes de fractures : atlantisme/continentalisme, sionisme/anti-sionisme, mondialisme/anti-mondialisme, libéralisme/anti-libéralisme, etc. Elles touchent tous les partis politiques y compris la mouvance nationale à un point tel qu’il est difficile de s’y retrouver. Quelles sont pour vous aujourd’hui les principales, et quelles sont celles que vous prônez ?

 Ces lignes de fractures sont, du moins pour ce qui est de la mouvance nationale française, beaucoup plus anciennes qu’on ne le croit et on les retrouve déjà clairement dans les années 1950/1960. Il me semble que la situation est la même, à des niveaux différents, pour les autres forces politiques françaises, à l’exclusion sans doute des communistes. Cela étant, ce qui est sans doute nouveau et plus prometteur, c’est que des recompositions, dans l’immédiat fort timides cependant, se produisent et qu’elles se font en fonction de ces lignes de fracture et non pas en fonction du schéma gauche-droite. C’est ce, qu’en d’autres temps, j’avais défini comme les « nouvelles convergences » et qu’un Thierry Meyssan a très bien décrit en faisant part de sa surprise quand il les a découvertes : « Lorsque j’ai publié L’Effroyable imposture, je m’attendais à des réactions selon le clivage droite-gauche, parce que j’avais toujours vécu avec. Je me suis rendu compte qu’une autre ligne de partage apparaissait, que j’avais des amis et des adversaires dans tous les camps. » A cette occasion, Thierry Meyssan précisait : « Je pense que nous devons tous nous repositionner en fonction de la question principale, celle de la souveraineté des peuples face à l’impérialisme. ». C’est une opinion que je partage et qui contient la réponse à votre question, soit en clair que les lignes de fracture principales se structurent autour de l’opposition continentalisme/atlantisme, anti-sionisme/sionisme, anti-libéralisme/société marchande, etc. On a souvent l’impression que le FN n’était qu’une bouée pour une grande majorité d’électeurs frustrés, qu’il faisait tout le temps le grand écart (absence de programme économique clair, prises de positions géopolitiques contradictoires, etc..) mais qu’il était maintenu soudé et en position de force par son président, Jean Marie Le Pen.

Comment envisagez-vous l’après Le Pen ? Êtes vous gollnischien ou mariniste ?

 Je me garderais bien de me définir par rapport à une personne quelconque… Si j’ai fait un choix, et celui-ci est clair et notoire, il a été non pas lié à une sympathie humaine particulière mais à une réflexion idéologique et stratégique sur la nécessité de développer en France un mouvement national populaire et sur la personnalité la plus apte à l’incarner. Pour me résumer, je reprendrais à mon compte les termes d’une tribune libre d’Alain de Benoist publiée sur le site voxnr.com peu de temps après les dernières législatives : « Le Front national paraît avoir mis du temps à comprendre que la culture de ses électeurs n’était pas forcément la même que celle de ses militants. L’avenir du FN dépendra de sa capacité à comprendre que son “ électorat naturel ” n’est pas le peuple de droite, mais le peuple d’en-bas. L’alternative n’est pas pour lui de s’enfermer dans le bunker des “ purs et durs ” ou, au contraire, de chercher à se “ banaliser ” ou à se “ dédiaboliser ”. L’alternative à laquelle il se trouve confronté aujourd’hui de manière aiguë est toujours la même : vouloir encore incarner la “ droite de la droite ” ou se radicaliser dans la défense des couches populaires pour représenter le peuple de France dans sa diversité. » Mon combat et celui de mes amis est là : à l’intérieur ou à l’extérieur du FN contribuer a ce qu’il devienne, selon les termes d’Alain de Benoist, « une force de transformation sociale dans laquelle puissent se reconnaître des couches populaires au statut social et professionnel précaire et au capital culturel inexistant, pour ne rien dire de ceux qui ne votent plus. » Qu’il devienne en clair le véritable « parti du peuple de France ». Quand je lis dans une déclaration de Marine Le Pen à 20 minutes « Je ne me sens pas à l’aise dans les quartiers bourgeois. Je suis plus à l’aise dans les quartiers populaires », quand je vois le FN axer sa campagne contre l’immigration sur les aspects économiques et sociaux de celle-ci ou organiser une manifestation devant le siège des patrons-voyous de la Fédération nationale de l’industrie hôtelière, quand je vois les excellents résultats obtenus à Hénin-Beaumont, je me dis que si nous n’avons pas encore gagné, il se pourrait bien que nous en prenions le chemin.

L’étiquette souverainiste a-t-elle pour vous un quelconque sens à l’heure de la mondialisation, où l’on assiste dans le monde à une sorte de renaissance des grands espaces en Asie (Chine, Inde), dans le monde musulman (Turquie, union panafricaine), en Eurasie (Russie), en Amérique du sud (Brésil, Venezuela). La France a-t-elle une chance de survivre (démographiquement, culturellement, économiquement) sans l’Europe ?

 Si par souverainisme on entend « la France seule » et une politique étrangère d’enfermement obsidional réduite à la défense du pré-carré, ce terme n’a pour moi aucun sens. Il en a en revanche, s’il recouvre une volonté de redonner à la France les moyens d’avoir une politique étrangère et économique indépendante et de pouvoir agir tant pour recréer l’indispensable axe Paris-Berlin-Moscou, que pour structurer une Europe active et indépendante. Disons, pour résumer à l’extrême, que la politique étrangère que je souhaite à la France correspond mille fois plus à celle que mena Dominique de Villepin qu’à celle que défend Philippe de Villiers.

 Paradoxalement alors que l’on assiste à cette renaissance des grands espaces, l’Europe semble incapable d’unité politique, tant les dissensions semblent fortes entre « vieille Europe » (continentale ?) et « nouvelle Europe » (atlantiste ?), comment l’expliquez-vous ?

 Sans aucun doute par l’influence et l’action du « parti américain ». Dans les années 1960, Jean Thiriart parlait des « centaines de petits Quisling » qui agissaient en Europe de l’Ouest. Il y en a maintenant des milliers à l’œuvre en Europe orientale…De plus, il y en a aussi beaucoup chez nous, et à des postes dirigeants. Il y aurait beaucoup à dire par exemple sur les structures du type French American Foundation – il en existe des similaires dans presque tous les pays – qui sélectionnent parmi les élites locales ceux qu’il faut séduire. Actuellement, en France, ce type de think tanks s’intéresse de très près aux meilleurs jeunes éléments issus des communautés immigrées pour préparer l’avenir et les gagner à la cause du Grand Occident.

 La France vient de faire le choix de réintégrer le commandement armé de l’OTAN. Pourtant au même moment, l’administration Sarkozy semble jouer l’adoucissement avec la Russie. En gros Nicolas Sarkozy joue sur les deux tableaux. Dans le même temps, des voix se font entendre (mouvances d’extrême gauche, divers intellectuels gaullistes…) pour que la France intègre l’Organisation de la coopération de Shanghai. Quelle est votre opinion à ce sujet et comment jugez-vous ce grand écart du président Français ?

 Il n’est pas exclu que notre président se laisse emporter par une volonté d’exister par lui-même en politique étrangère. Il est suffisamment égocentrique pour le faire et ceci pourrait expliquer cela. Toutefois, il sait que la laisse est courte et ses dissidences sont toujours très contrôlées et balisées…Pour ce qui est d’une intégration de la France à l’Organisation de la coopération de Shanghai, dans l’état actuel des choses, même si l’idée est sympathique, elle me semble relever de l’utopie.

A l’heure de la crise financière, tout le monde s’accorde à dire, enfin, que « peut être » la globalisation libérale à « échoué », et que le modèle Occidental pour l’humanité n’est peut être pas le « meilleur ». D’après vous d’où viendront les nouveaux modèles civilisationnels et économiques ?

 D’où viendront-ils ? Je ne sais. Sans doute seront-ils multiples et adaptés aux zones civilisationnelles. La finance islamique, qu’il est de bon ton de dénoncer dans la mouvance nationale, est sans doute un exemple d’alternative économique intéressante. Quant à nous, notre courant ne manque pas d’idées. Dans un texte récent intitulé « Le solidarisme comme alternative à la crise », Emmanuel Leroy a proposé une troisième voie économique dont je dont je vous invite à lire le développement ici puisque je ne suis pas de taille à concevoir une argumentation supérieure à la sienne

http://www.voxnr.com/cc/dt_autres/EkVplZpkEFUySZGCbr.shtm...)

Vous êtes très présent sur la scène géopolitique et notamment auprès du mouvement Eurasien d’Alexandre Douguine (dont le programme politique généralement peu connu est détaillé sur ce blog). Pouvez nous nous en parler ? Y a-t-il une volonté de la part de nationalistes révolutionnaires comme vous de créer des structures eurasistes en Europe ?

Il existe en Europe occidentale des cercles eurasistes au moins au Portugal, en Italie, en Allemagne et en France. Le site evrazia.info est mis régulièrement à jour dans quatorze langues dont huit sont parlées en Europe de l’Ouest. L’an passé, lors des « Journées de la dissidence » qui regroupent traditionnellement tous les ans, au mois de novembre, les cadres NR européens à Madrid, Dimitri Kutzenov, qui est d’une certaine mesure l’ambassadeur du Mouvement international eurasiste avait fait le voyage de Moscou pour s’entretenir avec nous. Vous pouvez en conclure qu’il y a bien une volonté d’organiser une nébuleuse eurasiste « à l’Ouest ». Cela étant, nous n’avons pas d’ambitions strictement politiques, nous nous contentons de répandre des idées, de les faire connaître… Parfois avec un succès indéniable : la revue Eurasia, qui a des éditions en langue italienne et française, publie des textes d’universitaires et de géopoliticiens reconnus qui ne craignent pas de s’afficher dans nos colonnes.

Le projet eurasien vous semble-t-il compatible avec le projet paneuropéen de nombre de nationalistes d’Europe ?

 Si vous faîtes allusion aux projets du type de ceux élaborés par Guillaume Faye ou par les proches de Pierre Vial, je vous répondrais bien sûr non. Il est d’ailleurs piquant que ceux-ci, qui rêvent à une grande Europe blanche, écrivent eux-mêmes qu’« il est malheureusement possible que l’Eurasie soit un concept plus réaliste dans l’immédiat que celui d’Eurosibérie que nous soutenons. » (Terre et peuple n° 37, 2008. En revanche, l’eurasisme qu’Alexandre Douguine développe actuellement en Russie, et qui est pour partie redevable à Ernst Niekisch et à Jean Thiriart, est parfaitement compatible avec le paneuropéisme nationaliste-révolutionnaire. Pour la petite histoire, il semble même être, aux yeux de certains hiérarques du Front national, compatible avec le nationalisme français. Du moins dans l’esprit de Jean-Marie Le Pen qui, lors de la convention d’Arras du FN du 15 mars dernier, a déclaré : « Nous voulons une Europe puissante, indépendante et respectée englobant les nations du continent boréal de Brest à Vladivostok. (…) Cette Europe-là, elle va, comme disait le Général de Gaulle, de l'Atlantique à l'Oural, et même jusqu’à Vladivostok, dessinant l’arc septentrional de nos solidarités culturelles et de nos intérêts communs. (…) Cette Europe enrichie des cultures grecques et latines, magnifiée par le christianisme, sublimée par la Renaissance, cette Europe transmise de génération en génération jusqu’à nous et nos enfants, elle englobe bien sûr l’immense Russie. La France, l’Allemagne, l’Italie, nous avons tous besoin des gigantesques ressources en énergies fossiles de la Sibérie. La Russie, quant à elle, qui est entrée depuis longtemps dans la nuit glaciale de l’hiver démographique, a besoin d’hommes, d’ingénieurs, d’ouvriers, de colons, pour aménager l’espace sibérien et contenir l’expansion démographique naturelle de la Chine. La grande Europe continentale a, incontestablement, la taille critique pour contrebalancer la superpuissance américaine, et contribuer à l’équilibre des forces qui est le meilleur garant de la paix mondiale. »

Pour les Français et les Européens, les grandes inquiétudes du futur sont le plausible leadership économique Chinois et l’explosion démographique des populations musulmanes, notamment à l’intérieur de l’Europe. Comment estimez-vous compatible/incompatible ces deux éléments ?

Je ne suis pas convaincu que telles soient réellement les grandes inquiétudes des Français et des Européens. Du moins des simples citoyens. Il me semble que, selon la classe sociale à laquelle ils appartiennent et en suivant, d’une certain mesure, la pyramide de Maslow, ceux-ci s’inquiètent pour les uns des risques de chômage, de l’insécurité, de leur paupérisation, pour les autres des OGM, du réchauffement climatique, voire de la montée de l’antisémitisme…S’inquiéter de problèmes géopolitiques ou démographiques n’est pas une attitude commune ni courante. Cela étant, il faut différencier deux choses : un « péril jaune » tant économique que démographique, qui est réel, et auquel il faut apporter des réponses géopolitiques qui justifient les thèses eurasistes et un éventuel péril démographique musulman qui lui me semble relever d’un problème mal posé. Vous me parlez en effet de « l’explosion démographique des populations musulmanes, notamment à l’intérieur de l’Europe ». Dois-je en conclure que la seule explosion démographique du tiers-monde qui vous préoccupe soit celle des musulmans ? De même, dois-je conclure que la seule immigration – car tel est le véritable problème – qui vous chagrine soit celle des mahométans ? Je suis convaincu que non, mais votre question, par sa formulation même, montre que vous avez inconsciemment subis l’influence des lobbies qui nous désignent qui nous devons aimer et qui nous devons haïr. Maintenant soyons sérieux, qu’il y ait un problème d’explosion démographique dans les pays du tiers-monde, je suis d’accord même s’il faudrait mettre quelques bémols à cette analyse. Qu’il y ait un problème d’immigration en Occident, je le suis aussi. Mais à mes yeux, tout d’abord, l’ennemi ce n’est pas l’immigré, c’est celui qui le fait venir, c’est ce patronat qui délocalise ainsi à domicile et qui se sert des travailleurs qu’il importe pour maintenir un chômage élevé et donc des salaires bas. Ensuite, il n’y a pas pour moi d’immigration non-européenne qui soit pire ou qui soit meilleure du fait de la religion. Un musulman marocain en tant qu’immigré vaut un tamoul hindouiste ou un ivoirien catholique. Nos amis espagnols qui connaissent une importante immigration de sud-américains catholiques ne font guère de différence en terme de nuisance entre celle-ci et l’immigration maghrébine musulmane… Or, la manœuvre de nos ennemis, de ceux justement qui font venir les immigrés, c’est de nous en désigner certains comme mauvais pour que nous trouvions les autres meilleurs, donc acceptables…

Alain Soral ou vous (entre autres) donnez l’impression de jouer à fond la carte « arabo-musulmane », par exemple vous êtes notamment régulièrement présents dans les manifestations pro Palestiniennes, E&R jouant la carte de la « mixité » bleu-blanc-rouge, etc. Ces « terrains » étaient pourtant jusqu’alors réservés à l’extrême gauche ?

Sur les positions d’Alain Soral et de ses partisans, dont je ne suis pas, je peux difficilement vous répondre. La seule chose que je peux vous dire est que mon agenda et le leur sont notablement différents. En ce qui me concerne, je soutiens effectivement la résistance palestinienne et j’appelle régulièrement ceux qui me suivent à faire de même, y compris en participant à d’éventuelles manifestions ou actions organisées par d’autres que nous. Je suis surpris que cela semble être quelque chose de nouveau à vos yeux, puisque Jean Thiriart, Maurice Bardèche, François Duprat et bien d’autres s’y sont déjà engagés dès le milieu des années 1960, à une époque où l’extrême gauche était bien timide sur ce point. Il faut se rappeler, qu’en France, une des toutes premières associations de solidarité avec la Palestine a été le Rassemblement pour la libération de la Palestine créé en 1967 par François Duprat. De même, il est important d’insister sur le fait que le premier européen tombé dans les rangs de la résistance palestinienne, Roger Coudroy, n’était pas une membre de la gauche radicale, bien au contraire, c’était un des nôtres puisqu’il avait milité à Jeune Europe avant de rejoindre les commando naissants de l’OPL. A titre tout à fait personnel, j’ajouterais que mon engagement en faveur de la Palestine ne date pas d’hier. En effet, le tout premier article que j’ai donné à la presse nationaliste-révolutionnaire, à la fin des années 1970, fut un article de soutien au FPLP.

 Est-ce que ce soutien est tactique ? Est-ce par antiaméricanisme et/ou antisionisme ?

Mon soutien, comme celui de mes amis, est légitimé par deux arguments. Tout d’abord par une révolte, bien naturelle, contre une injustice faite à tout un peuple à qui on a volé sa terre. Ensuite par un souhait d’être libres chez nous de nos choix de politique extérieure et intérieure. Je m’explique. La création puis la survie de l’entité sioniste n’a été rendue possible que par le soutien des pays occidentaux. Pour obtenir celui-ci, les sionistes ont du développer des lobbies, plus ou moins importants et plus ou moins actifs, afin de faire pression sur les gouvernements et les hommes politiques. En France, tout particulièrement, ce lobby n’a jamais cessé d’agir afin que notre pays modifie sa politique étrangère, non pas dans notre intérêt mais dans un sens favorable à l’État d’Israël. Par ailleurs, à la fois pour inquiéter les juifs de France et les pousser ainsi à faire leur Alyah, et pour mettre en mauvaise posture notre gouvernement et l’obliger à « faire des gestes positifs », il n’a cessé de crier au loup afin de faire croire à un péril antisémite. Dans cette manœuvre, il a désigné un bouc émissaire particulier, le mouvement national dans son ensemble, quelle que soit d’ailleurs sa position réelle vis-à-vis d’Israël, et ce faisant, il a largement contribué à sa démonisation et à sa marginalisation politique. Combattre l’entité sioniste et son lobby c’est donc, à mes yeux, revendiquer le droit pour la France d’avoir la politique étrangère qui convient à ses intérêts et pour les Français le droit de voter pour qui ils l’entendent et non pas uniquement pour ceux que le CRIF désigne comme cacher.

 Ne serait-il pas préférable d’adopter une ligne « ni keffieh, ni kippa » ?

 Alain de Benoist nous a récemment démontré la stupidité d’une telle thèse. Interrogé sur la neutralité dans le conflit palestino-sioniste que suppose cette ligne il a répondu : « Carl Schmitt nous l’a rappelé : s’affirmer neutre, c’est encore prendre position. Quand il y a un agressé et un agresseur, la neutralité d’un tiers profite objectivement à ceux qui agressent. Dominique de Villepin le disait très justement : l’équidistance est impossible à tenir lorsque l’on est en présence d’un conflit asymétrique. Or, c’est précisément ce type de conflits qui se développe aujourd’hui un peu partout. (…) Dans l’idée que ce qui se passe à Gaza « ne nous concerne pas », je vois surtout, plus profondément, la marque lamentable, pathétique, de ce que l’on appelle en philosophie la métaphysique de la subjectivité, ou de façon plus familière le nombrilisme tribal. L’individualisme consiste à ne s’intéresser qu’à soi-même, et à se désintéresser des autres. Le nombrilisme tribal élargit le « je » en « nous », mais en conservant le même raisonnement : le moi collectif est à la fois le bien absolu et le seul critère de vérité. (…) Il fut une époque où l’on trouvait conforme à l’honneur de se battre pour une cause noble et juste, même lorsqu’elle n’était pas la nôtre. On jugeait également honorable d’être activement solidaire des populations martyrisées et de ceux qui résistaient à l’oppression. Avec le nombrilisme tribal, cette époque s’achève. On s’oriente vraiment vers le degré zéro de la réflexion. » Je n’ai rien à ajouter à cette brillante analyse que je partage totalement.

 Seriez-vous de ceux qui pensent que le nationalisme français ne se régénérera que par l’immigration, même de non Européens ?

 Non, je ne le pense absolument pas. Il n’est, cependant, pas exclu que certains descendants d’immigrés deviennent des nationalistes français et participent ainsi au mouvement national. Il y en a déjà un certain nombre. Mais je crains quand même qu’un tel phénomène reste marginal. Il me semble que le sentiment nationaliste des « français de branche » a plus de chance de se manifester dans un rattachement plus ou moins fantasmé à la terre ou à la culture de leurs ancêtres. Je ne serais donc pas surpris si le phénomène d’apparition de partis ethniques ou religieux à connotation nationaliste auquel on assiste déjà en France - avec le Parti des musulmans de France, le Parti antisioniste, le Mouvement des indigènes de la république ou le Mouvement des damnés de l’impérialisme – prenait dans les années à venir une certaine ampleur. Cela étant dit, l’idée de régénération des idées que l’on pourrait qualifier comme étant celles de la « droite des valeurs » par l’immigration a été brillamment défendue par Gilbert Comte, dans le numéro du printemps 2006 du magazine Eléments : « Quand à la droite, mes propos sonnent sans doute à ses oreilles comme du chinois ou du bambara. Aux familles bourgeoises apeurées qu’elle rassemble parfois électoralement, je souhaite seulement d’avoir encore assez d’énergie pour produire des “grands frères” sourcilleux comme il faut l’être sur l’honneur, à commencer par celui des filles. L’immigration a transplanté aux périphéries de nos villes des peuples restés encore très traditionnels. Ils y subissent depuis trente ans l’agression d’une modernisme destructeur sous toutes ses formes, à commencer par la permissivité et la domination de l’argent. Si la droite clabaudeuse avait été autre chose que ce qu’elle est, c’est-à-dire un ramassis de petits bourgeois bruyants mais apeurés, c’est là qu’elle aurait envoyé des missionnaires, afin d’y lever des secours. Mais il lui aurait fallu une audace qu’elle n’imagine même pas dans ses ronrons de nonagénaires. » C’est une idée que l’on retrouve chez Alain Soral, évoquée en ces termes : « La culture musulmane ne produit pas des délinquants drogués et suicidaires, mais des hommes élevés dans des valeurs. Des valeurs de dignité et de respect qui ressemblent beaucoup, finalement, à celles qu’on inculquait aux hommes de France, et à moi-même, avant la déferlante du néo-matriarcat à l’américaine importé par mai 68. »

 Des mouvements régionalistes et identitaires se développent en Italie, et également en France. Ces mouvements comme les Identitaires (en France) ou la Ligue du Nord (en Italie) prônent une identité à triple échelle : régionale, nationale et Européenne, et sont farouchement opposées au jacobinisme républicain, quelle est votre opinion sur ces mouvements ?

 Vous auriez aussi pu citer le Vlaams Belang, la Plate-forme pour la Catalogne ou des groupes plus marginaux comme Alsace d’abord ou Adsav en Bretagne… Mon opinion à leur sujet est bien entendu négative. Comment pourrait-il en être autrement ? Bien sur, défendre les identités locales est un engagement louable avec lequel nous sommes tous d’accord. Mais il y a aussi un risque d’hétérotélie, de dérive perverse, qui, au final, peut aboutir à favoriser la landerisation de l’Europe et son affaiblissement. Et, c’est, malheureusement, dans cette optique qu’agissent les divers groupes identitaires actifs au niveau européen. Leur l’Europe aux cents drapeaux c’est une Europe aux cents Kossovo… C’est une Europe où toute solidarité disparaît, où l’on arrive à des prises de position odieuses et grotesque comme celle de ce dirigeant identitaire breton qui déclarait récemment qu’en Bretagne, il ne voyait pas de différence entre un immigré poitevin et un immigré africain ! C’est aussi une Europe encore plus divisée qu’elle ne l’est actuellement, donc dont les composantes les plus faibles sont encore plus manipulables, et en définitive c’est une Europe totalement impuissante. Une Europe que l’on pourrait comparer à l’Allemagne d’après le traité de Westphalie, divisée en 350 États, qui pendant plus de 200 ans regarda l’Histoire être écrite par d’autres. Quand je vois que ceux qui prônent ce démembrement de notre pays et de l’Europe osent dans le même temps au mépris de toute réalité géopolitique faire campagne sur le thème de l’Europe puissance, je ne peux que m’interroger sur leur intelligence ou leur sincérité.

 Vous citez le Kossovo, justement, le 24 mars dernier, c’était l’anniversaire des bombardements de 1999 sur la Serbie. Depuis un an, le Kosovo « serait » un état indépendant... Que vous inspire ces évènements ?

 Que voulez-vous qu’ils m’inspirent d’autre que de la révolte ? Cela étant, votre question me permet de revenir sur la précédente. Si la mouvance identitaire, en France, a beaucoup médiatisé les modestes actions caritatives qu’elle a menées en faveur des Serbes du Kossovo, elle s’est bien gardée de faire ressortir les contradictions idéologiques internes dans laquelle l’affaire kossovare la plaçait. La question centrale ici, qui est rarement posée, est pourquoi l’indépendance du Kossovo est-elle inadmissible ? Est-ce parce qu’elle est la résultante d’une action des USA, par OTAN interposé, pour s’implanter un peu plus dans une région européenne géopolitiquement stratégique ? Ou est-ce parce que les Kossovars sont musulmans ? Si pour moi, il est évident que la première réponse est la bonne, il est tout aussi évident que pour les Identaires de France, c’est la seconde qui est justifiée. Les Kossovars n’auraient pas été musulmans, ils auraient applaudi des deux mains la « libération d’un peuple défendant son identité », ce que n’ont pas manqué de faire d’ailleurs un certain nombre de mouvements identitaires en Belgique, en Bretagne et ailleurs, plus sensibles, pour une fois, aux thèses de Yann Fouéré qu’à celles de Guillaume Faye…

Pour finir, pouriez-vous conseiller 5 ouvrages clefs a lire, 5 sites/blogs a consulter ? Cinq ouvrages c’est bien peu…Julius Evola : Les Hommes au milieu des ruines et Révolte contre le monde moderne. Alain de Benoist : Les Idées à l’endroit. Alexandre Douguine : Le Prophète de l’eurasisme. Jean Thiriart : L’Europe, un empire de 400 millions d’hommes. Francis-Parker Yocker : Imperium. Cela en fait six ! Quant aux sites là aussi c’est difficile : le portail Eurasia d’Alexandre Douguine, le Réseau Voltaire, Alterinfo, Géostratégie et Voxnr, sans oublier Dissonnances. Là aussi j’en suis à six…

Avez vous quelque chose à ajouter pour lecteurs du blog Dissonance ?

 Seulement quelques citations à méditer… Charles Maurras : « En politique le désespoir est bêtise absolue », Johann Wolfgang Goethe : « Au commencement était l’action », Guillaume d'Orange : « Où il y a une volonté, il y a un chemin ».

 

03.09.2009

GRIGNY, UNE COMMUNE DE LA NOUVELLE FRANCE... par Christian BOUCHET

Depuis la fin du mois d’août, à Grigny, ville de taille moyenne de l'Essonne (officiellement 26 000 habitants, 31 000 au moins si on compte les « illégaux »), c’est le préfet du département qui s’est substitué à la municipalité en matière budgétaire. Sa première décision a été d'augmenter de 50 % les taxes foncières et de 45 % la taxe d'habitation ! 56-w250.jpgIl faut dire que la commune connaît une crise budgétaire sans précédent : de 1,9 million d'euros en 2006, son déficit est passé à 9,8 millions en 2008 et à 15,5 millions en 2009, soit un tiers de son budget total. Comment en est-on arrivé là ? Non pas à cause de détournements financiers, d’investissements hasardeux ou de la crise économique, mais tout simplement de l’immigration. Si Wikipedia indique avec pudeur que la population de Grigny « comprend une très forte proportion de membres issus de l'immigration : antillaise, africaine, portugaise, tamoule, h'mong, etc. », le quotidien Le Monde va pour sa part plus loin et précise : «Grigny constitue une des portes d'entrée en France des immigrés (…) Avec beaucoup de sans-papiers. Et un nombre important d'habitants qui vivent, illégalement, dans des appartements sur-occupés. » Conséquence de cela les classes moyennes, qui payaient des impôts, sont progressivement parties et les nouveaux arrivants, non imposables, mais grands consommateurs d’aides publiques (49 % de logements sociaux, 21 % de bénéficiaires de minima sociaux, jeunes et prolifiques - 750 naissances par an, 4 500 élèves en classes maternelles et élémentaires) les ont remplacées occasionnant des dépenses que l’on rencontre habituellement dans une commune d’au moins 50 000 habitants. La situation est inextricable, Grigny est structurellement dans l'incapacité d'assumer ses missions et la forte hausse des impôts décidée par la préfecture aura vraisemblablement l’effet inverse de celui attendu. Ne pénalisant que les derniers représentants des classes moyennes – les seuls qui paient des impôts – elle pourrait bien à court terme accélérer leur fuite... Au final, c’est l’État qui paiera (donc vous et moi…) et cela devrait faire jurisprudence car ce qui se passe à Grigny est susceptible de se reproduire, à plus ou moins brève échéance, dans de nombreuses autres communes françaises. On a là presque un cas d’école, et c’est sans doute pour cela qu’on en parlera peu, des conséquences de l’immigration pour la France et ses citoyens. Soit des gains incontestables pour un patronat à qui elle permet de maintenir les salaires bas et de délocaliser à domicile. Des gains aussi pour une classe politique qui se constitue une « clientèle fidèle » : il n’est pas insignifiant que la mairie de Grigny soit communiste ni que le député de la circonscription soir Julien Dray. Et, au contraire, pour le vulgum pecus, pour le Dupont-Lajoie, tous les maux inimaginables : insécurité (c’est à Grigny que se trouve le quartier de La Grande Borne), baisse du niveau scolaire (Le Monde, faisant dans la litote, note que les « résultats y sont médiocres »), perte de valeur des biens immobiliers, augmentation des impôts, etc. D’où la toujours brûlante actualité des slogans dont usaient, il y a quelques années, un certain nombre de mes amis radicaux : « Immigration, faisons payer les patrons !» et « Immigration, les patrons disent oui, le peuple dit non !» D’où aussi l’impérative nécessité de ne pas se tromper d’ennemi (celui qui fait venir les immigrés et pas les musulmans) et de ne pas se tromper de combat (un combat social pas un combat religieux)…

09.04.2009

LA LOGIQUE DE GUERRE DE NICOLAS SARKOZY par AGATHON

Voici un article qui date de trois mois, et qui, malheureusement est vérifié par l’actualité. Il a déjà été publié sur le site d’Egalité et Réconciliation de la région Normandie. Il mérite bien que nous le reprenions.

Voici quelques mois, au sujet de l’Iran, Monsieur Kouchner se présentait en va-t-en-guerre. En avait-il trop dit ? Le silence gêné du Président Sarkozy n’était pas un démenti.Sarkozy_bush.jpg

Aujourd’hui les faits éclatent au grand jour avec le projet d’installation de bases militaires françaises, notamment face à l’Iran. Monsieur Sarkozy, « Américain possédant un passeport français » et son ami Kouchner seraient-ils chargés d’une double mission ? :
- Précipiter l’Europe aux côtés des Etats-Unis dans un conflit avec l’Iran au Proche-Orient ;
- Verrouiller l’unité européenne le plus rapidement possible afin de stopper le risque de rapprochement entre le vieux continent et une Russie émergente.
C’est l’application pure et simple de l’archaïque politique américaine du « diviser pour régner » et du « déstabiliser pour intervenir ».

L’implication de la France aux cotés des Américains, par l’engagement d’une présence militaire et la volonté hystérique de bâcler la constitution des Etats-Unis d’Europe avant d’accéder pour six mois à la présidence, sont donc les deux volets d’une même logique de guerre arrêtée par Bush.

Cet alignement était prévisible dès l’instant où Sarkozy plaçait dans le poste si important des affaires étrangères l’atlantiste sulfureux Kouchner, seul défenseur officiel de l’intervention américaine en Irak (il faut d’ailleurs rappeler que Sarkozy s’était engagé à ne choisir comme ministre que des hommes ayant obtenu un mandat électif). L’intouchable ex-médecin, antimilitariste quand il s’agit de l’armée de son pays, serait-il commis aujourd’hui de fournir de la chair à canon ? L’implication croissante de nos troupes en Afghanistan en appui de la politique américaine n’est que l’illustration de cette rupture dans l’indépendance de notre diplomatie.

On peut comprendre l’inquiétude du monde industrialisé quant à la garantie de ses approvisionnements ; on peut admettre que les pays industrialisés, parlant d’une seule voix, décident de la mise en place d’une force opérationnelle de protection d’une zone dans laquelle transite la quasi-totalité de l’énergie mondiale. Cette solution eût pu faire fléchir les éventuelles velléités de l’Iran sur cette partie du Monde en associant à ce dispositif préventif, son allié russe. Le dispositif eut été plus dissuasif qu’une compromission sans poids.

Il est moins compréhensible qu’un Président n’ait pas évalué l’état de la force armée qu’il vient de démanteler, avant que de s’en servir comme fer de lance de sa politique de présence dans cette région sous tension. La Fontaine raillerait que la grenouille franco-hongroise veuille se faire plus grosse que le bœuf américain. On se souvient comment la grenouille du fabuliste a fini…Cette politique impulsive du revirement va avoir deux conséquences catastrophiques pour l’équilibre du vieux continent : - La première est d’engager la France à court terme et l’Europe à moyen terme dans un rapport de force dont elles sont les maillons faibles ; - La seconde va être de réanimer des tensions entre une Russie à nouveau présente sur l’échiquier politique et une Europe occidentalisée sans maturité politique et aux intérêts divergents.

La France maillon faible parce que son armée est sous dotée « budgétairement », sous dotée matériellement, en sous-effectif quantitatif et qualitatif.

La France maillon faible parce qu’elle est incapable de régler ses divergences intérieures ni même d’assumer sa propre sécurité (on l’a vu au moment des vagues d’émeutes ethniques de banlieues)

La France maillon faible car elle n’a pas le courage de s’attaquer au fond du problème créé par une immigration, en mal d’un eldorado inexistant, disponible au recrutement des réseaux fondamentalistes qui infiltrent le pays.

La stratégie de l’infiltration s’est pratiquée depuis plusieurs décennies en Afghanistan, en Afrique de l’Est, dans les archipels d’Extrême-Orient où règne la guérilla. L’Afrique est islamisée par l’installation d’écoles coraniques qui préparent des enfants d’aujourd’hui à être les soldats de l’islam, demain. « Un jour viendra où les peuples du sud envahiront les peuples du Nord et cela ne se fera ni amicalement ni pacifiquement » (Boumediene)

Les Français vont découvrir sous peu, hélas, et douloureusement le visage du terrorisme salafiste comme ils ont découvert voici quelques années, non sans stupeur, qu’un ouvrier modèle, discret, bon travailleur chez Renault était responsable de la tuerie de la rue de Rennes.

La France maillon faible parce qu’elle refuse d’admettre que l’immigration est l’agence de voyage qu’emploie aussi le terrorisme.

La France maillon faible parce que la détermination nationale est sapée depuis des décennies par l’idéologie du repentir, de l’anti- France, et par la démotivation de la jeunesse préparée au fatalisme de la régression.

L’Amérique a besoin de ce maillon faible pour asseoir sans partage son hégémonisme sur le Monde. L’implication de la France n’est donc que le fusible à court terme de la politique va-t-en-guerre d’une Présidence américaine qui se demande chaque matin en se rasant jusqu’où elle va pouvoir bluffer. Mais le rôle d’un fusible est de sauter à la place de l’installation principale.

L’étape suivante sera l’Europe déjà plombée par l’économie américaine. Sarkozy veut faire l’Europe tout de suite, quitte à faire un déni de démocratie, à mépriser l’avis des peuples. Il en va de l’intérêt Américain qui doit verrouiller l’essor européen avant que la Russie ait les moyens de s’y intégrer économiquement. En outre, l’enjeu stratégique est la façade méditerranéenne de l’Europe, Israël ne pouvant plus tenir longtemps cet emplacement capital entre l’Asie l’Afrique et l’Europe. (Lire Les clés de la guerre de Pierre Rossi, écrit en 1966 et toujours d’actualité.)

Une Europe bâclée par une constitution illisible ratifiée dans l’ombre des peuples et l’obscurantisme des signataires. Une Europe supranationale qui préside déjà au démantèlement des états et communautés nationales historiques. On vient de le voir avec la récente création de l’état du Kosovo quasiment imposée par la diplomatie américaine. Voilà résumée la méthode miracle sarkozienne pour vous ôter tous les maux de Bush. L’économie américaine a encore de beaux jours devant elle.

Mais c’est oublier que Vladimir Poutine, ayant assaini la Russie des mafias qui l’avaient porté au pouvoir a redoré le blason de son pays, motivé la conscience nationale de sa jeunesse et de son armée. L’Europe est le fusible « instrumentalisé » par Bush contre Poutine (comme le fut en son temps la révolte afghane dont un certain Ben Laden était le pion de la CIA) : la désastreuse affaire du sous-marin russe Kurks n’en est que la triste et peu médiatique provocation à la sauce américaine. Il y avait une logique de paix qui s’annonçait, au-delà des clivages idéologiques, avec la fin de la guerre froide, l’ouverture de la Chine à l’économie de marché, les échanges et la coopération technologique et surtout la mise en route d’un continent africain paupérisé par une décolonisation trop rapide. L’impérialisme américain n’en veut pas. D’où la campagne médiatique orchestrée chez les autres contre la Chine à l’occasion des J.O.

Le président Sarkozy a donc choisi une logique de guerre : celle de la fuite en avant, de l’arrogance ; celle de l’Amérique autiste à tous les avertissements de l’histoire et dont les propres armes se retournent contre elle : Ben Laden, 11 septembre, guerre d’Irak ; Autant d’échecs meurtriers - celle de la négociation et du troc avec le n’importe quoi (voyage de Kadhafi). Celle du camp qui va perdre. Grâce à l’oncle d’Amérique, déjà, « L’Europe a perdu l’Afrique ». C’est toute l’Europe qui risque d’être déstabilisée si un terme n’est pas mis à la politique atlantiste de Sarkozy. Le président Sarkozy ne doit pas quitter la tradition de paix de la diplomatie qui avait su donner à la France un rôle d’interlocuteur et de médiateur objectif apprécié de tous. Il doit tenir compte du fait que la ratification que la charte européenne n’a de valeur qu’après l’aval des peuples par voie de référendum. Il ne doit pas oublier que la dissuasion est l’arme de la paix. Si la diplomatie française ne reprend pas le langage rationnel qui lui permit pendant des décennies d’imposer la négociation à l’affrontement, si le peuple est rejeté de la démocratie, la paix en Europe et en France sera menacée. La seule différence entre Chamberlain en 1939 et Sarkozy en 2008, c’est que le premier croyait avoir sauvé la paix et que le second est en train de sauver la guerre que nous perdrons. Mais de toute façon, comme en 1945, la France et son peuple mais aussi l’idéal de paix qu’ils représentent seront les mutilés de l’histoire. Voilà pourquoi, au-delà des idéologies, La France doit devenir notre arme de Résistance commune contre la mondialisation, mais aussi notre flamme de l’espérance en la paix. Agathon

 

 

31.10.2008

LES IMMIGRES DEUX FOIS PLUS AU CHÔMAGE QUE LES NON-IMMIGRES

Le taux de chômage des immigrés, qui sont principalement ouvriers ou employés, est deux fois plus élevé que celui des non-immigrés, avec des différences selon les qualifications, le sexe et l'origine, souligne une étude de l'Insee réalisée en 2007 et publiée vendredi. En 2007, 361.000 immigrés de 15 ans ou plus étaient au chômage, d'après l'enquête Emploi de l'Institut national de la statistique. ANPE2.jpgLes immigrés (nés étrangers à l'étranger mais qui ont pu devenir Français) représentent ainsi 16% des chômeurs, alors qu'ils ne constituent que 9% de la population active (2,4 millions d'immigrés sur 27,8 millions d'actifs). Le taux de chômage parmi les immigrés (15,2%) est deux fois plus élevé que parmi les non-immigrés (7,3%). Cet écart est en partie dû aux différences de qualifications. "Les immigrés sont plus nombreux à occuper des emplois peu ou non qualifiés et sont donc davantage exposés au chômage", explique l'Insee. Parmi les 30-64 ans, les immigrés actifs sont trois fois plus nombreux que les non-immigrés à ne posséder aucun diplôme (37% contre 12%). Mais, à diplôme égal, les immigrés actifs, dont un quart sont diplômés de l'enseignement supérieur, demeurent plus souvent au chômage que les autres. Ainsi, le taux de chômage de ces immigrés diplômés est près du triple de celui des autres actifs de niveau équivalent. "Les formations qu'ils ont pu suivre à l'étranger ne sont pas forcément reconnues en France", souligne Pascale Breuil (Insee) qui se dit "prudente sur la question des discriminations". Les femmes immigrées sont également plus touchées par le chômage que les hommes immigrés (17,3% contre 13,5%) et elles travaillent plus fréquemment à temps partiel que les autres actives (34% contre 28%). Même constat chez les jeunes immigrés : 28% des 15-24 ans sont au chômage, contre 13% des 50 ans et plus. L'Insee note également que les immigrés actifs nés dans l’Union européenne sont beaucoup moins exposés au chômage que les autres. "Les immigrés qui viennent d'Espagne, d'Italie ou du Portugal, qui sont présents depuis plus longtemps en France", ont même un "taux de chômage inférieur" d'un point à celui des actifs non immigrés, précise Mme Breuil. À l'inverse, les natifs d'Algérie ou de Turquie ont un risque de chômage triple de celui des non-immigrés. Globalement, 62% des immigrés occupent des emplois d'ouvriers ou d'employés, contre 51% des autres actifs ayant un emploi. Les immigrés venus des pays d'Europe, autres que l'Espagne, l'Italie et le Portugal, sont davantage cadres ou professions intermédiaires. Quant aux femmes immigrées, un tiers d'entre elles occupent des postes d'employées non qualifiées, contre une sur cinq pour les non immigrées. Comme le reste de la population en emploi, les immigrés travaillent majoritairement dans le tertiaire (73%). Et dans des secteurs comme le nettoyage, les services domestiques et les entreprises de sécurité, plus de 20% de la main d’œuvre est constituée d'immigrés. L'Insee précise qu'en Ile-de-France, 69% des salariés des entreprises de nettoyage sont des immigrés.

 

10.07.2008

IMMIGRATION: QUATORZE MIGRANTS AFRICAINS MEURENT EN MER

Quatorze migrants originaires d'Afrique sub-saharienne, dont neuf jeunes enfants, sont morts à bord d'un bateau qui les transportait vers le sud de l'Espagne, a annoncé la radio espagnole citant des survivants. La radio a indiqué qu'une patrouille de la police maritime avait intercepté le bateau pendant la nuit au large de la province d'Almeria (sud) avec 35 survivants à bord, dont trois femmes enceintes.2249113977-14-migrants-africains-meurent-sur-un-bateau-destination-de-l.jpg Les survivants ont indiqué que 14 personnes étaient mortes au cours du voyage, dont neuf enfants âgés de 12 mois à quatre ans, a précisé la radio. Selon l'agence Europa Press, une quinzième personne a succombé, une femme dont le corps a été retrouvé sur le bateau. La police interroge les survivants pour tenter de déterminer ce qui est arrivé aux 14 autres personnes, bien qu'ils pensent que leurs corps aient vraisemblablement été jetés par dessus bord, a précisé l'agence. L'agence a précisé que les survivants étaient physiquement affaiblis à leur arrivée sur la côte. Au total, 921 immigrants illégaux sont morts en 2007 en essayant d'atteindre les côtes espagnoles, selon APDH-A, une organisation des droits de l'Homme andalouse. Parmi eux, 732 ont péri au début de leur voyage près de la côte ouest de l'Afrique du Nord et 189 près des côtes espagnoles, selon l'organisation. La plupart d'entre eux, 629, étaient originaires d'Afrique sub-saharienne, 287 venaient du Maghreb et cinq étaient asiatiques.

 

 

07.07.2008

IMMIGRATION: LA POLITIQUE DES QUOTAS JUGEE INEFFICACE PAR LA COMMISSION MAZEAUD

Les quotas d'étrangers prônés par le gouvernement sont jugés inefficaces dans un rapport qu'une commission doit remettre vendredi au ministre de l'Immigration Brice Hortefeux, rapporte la presse lundi. Le 30 janvier, Brice Hortefeux avait confié à Pierre Mazeaud, ancien président du Conseil constitutionnel et gaulliste historique, la présidence d'un groupe de 13 sages - parlementaires, juristes, démographes, économistes - pour réfléchir au cadre constitutionnel de la nouvelle politique d'"immigration choisie" chère au président Nicolas Sarkozy. 1609844812_small.jpgSelon Le Figaro, la commission répond "trois fois non" aux interrogations gouvernementales - pas de quotas, pas de réforme des juridictions et pas de révision de la Constitution - et conclut qu'"une politique de contingents migratoires limitatifs serait sans utilité réelle en matière d'immigration de travail, inefficace contre l'immigration irrégulière". "Voilà une formule qui semble enterrer définitivement un dispositif de quotas en France", commente le quotidien. Libération ajoute que la commission déborde le cadre qui lui avait été fixé en formulant "un certain nombre de recommandations" qui reviennent à prôner une véritable politique d'immigration alternative "inspirée par trois soucis : la transparence, la simplicité et la solidarité". La commission relève aussi qu'une politique de quota migratoire global ou par grand type d'immigration "n'est pratiquée nulle part en Europe", alors que le président Sarkozy, en septembre 2007 sur France 2, avait affirmé que "tous les pays démocratiques le font". "Si les voisins de la France ne l'ont pas mise en place, c'est peut-être parce qu'elle est moralement condamnable", écrit Libération qui, comme Le Figaro, s'est procuré le rapport. Pour la Commission, ajoute Libération, quota est synonyme de "fixation unilatérale et opportuniste de contingents d'entrées" et sur le fond les sages jugent que "des quotas migratoires contraignants seraient irréalisables ou sans intérêt".

27.06.2008

RUDY H. : ANTISEMITISME, EXTREMISME SIONISTE ET RECUPERATION POLITIQUE

On lira ci-dessous un article pertinent d’Olivier Bonnet, journaliste indépendant qui épingle sur son blog les réactions des politiques et des médias, qui dans l’affaire Rudy Haddad crient, comme d’habitude, à l’antisémitisme, pour mieux cacher la réalité des faits.

« Où il est question de l’agression d’un jeune juif, présenté d’abord comme victime innocente, tabassé parce que porteur d’une kippa, avant que l’on ne s’aperçoive que les choses sont un peu plus compliquées que cela ! Rudy H. est-il proche du Betar et de la Ligue de défense juive ? Que sont ces groupuscules ? Comment son agression s’est-elle déroulée ? Les médias ont-ils été manipulés ? Pourquoi les politiques se sont-ils empressés de crier à l’antisémitisme ? Enquête"Il y avait aussi des actions plus musclées, comme la protection des manifestations. On débarquait en scooter, casques sur la tête. On encerclait les opposants à nos idées et, à coups de matraque ou à mains nues, on les tabassait.Betar.jpg J’ai participé à plusieurs actions dont la presse a parlé. Aujourd’hui, à cause de ça, je suis sous contrôle judiciaire pour violence en réunion" : ainsi parle Mickaël Tolédano, ancien membre du Betar, interviewé par le site Recherches sur le terrorisme. Le Betar ? Un mouvement de jeunesse ultrasioniste effectivement connu pour ses pratiques violentes. Le jeune Rudy H., laissé sur le carreau dans le coma, le 21 juin dernier, après avoir été tabassé square Petit, dans le XIXè arrondissement de Paris, en était-il proche ? Oui, d’après Le Figaro : "Selon des sources informées, il est proche de la Ligue de défense juive comme du Betar, ce dont se défendent ces mouvements". La LDJ, c’est le Betar en pire : cette organisation est interdite, car considérée comme terroriste, aux États-Unis et même jusqu’en... Israël ! Qu’elle soit autorisée en France ne lasse du reste pas d’étonner. Un de ses militants, Anthony Attal, a été condamné à 10 mois de prison avec sursis et deux ans de mise à l’épreuve pour sa participation à l’agression de quatre étudiants d’extrême gauche de l’Association générale des étudiants de Nanterre, perpétrée le 30 décembre 2003 à l’intérieur même du tribunal administratif de Paris. Un autre de ces extrémistes, du Betar - les frontières entre les deux groupuscules sont poreuses -, Joseph Ayache, a été pour sa part condamné en août 2004 à quatre mois de prison ferme pour agression raciste (celle de militants pro-palestiniens et d’organisations pacifistes juives, lors d’une manifestation devant le siège de la délégation palestinienne en France à Paris). Le président du Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples, Mouloud Aounit, fut lui aussi agressé le 13 novembre 2003. Signalons également les attaques contre l’intellectuel d’extrême droite Alain Soral en 2004 (dans une librairie où il dédicaçait son livre) et contre l’humoriste Dieudonné en 2005 (dont on pense par ailleurs ce qu’on veut). Pire, le 7 avril 2002, en marge d’une manifestation organisée par le Conseil représentatif des institutions juives de France "contre le terrorisme et l’antisémitisme avec Israël pour la paix et sa sécurité", un policier avait été poignardé, un crime attribué à un membre du Betar, jamais interpellé. Des scènes de ratonnades se sont aussi déroulées dans le sillage de la manifestation du 26 février 2006 en hommage à Ilan Halimi, assassiné par Fofana et le "gang des barbares". Le 15 mai dernier encore, 25 nervis de la LDJ ont agressé 5 personnes fermant le Centre international de culture populaire, où est par exemple domiciliée l’Union Juive française pour la paix, au terme d’une conférence sur la Palestine. Voyez le genre d’énergumènes. Mais à ce stade de l’enquête, restons prudent à propos de la fréquentation ou pas par Rudy H. de ces groupuscules extrémistes Ce qui est sûr en revanche, c’est qu’il était "connu des services de police", suivant la terminologie usuelle : il a été interpellé, en compagnie de deux camarades, pour "violences volontaires avec arme par destination" (son casque de scooter) et placé en garde à vue à la suite d’une manifestation en faveur des soldats israéliens enlevés par le Hezbollah organisée en décembre dernier. Et les policiers ont retrouvé sur les jeunes hommes des "projectiles de défense" et des poings américains, comme le narre Le Figaro. Rudy H. n’est donc pas un ange. Or la présentation de son agression par les médias a d’abord laissé croire à une victime innocente frappée au hasard, comme dans l’article du 22 juin de Libération, Un jeune juif entre la vie et la mort après avoir été lynché, qui donne la parole à Raphaël Haddad, le président de l’Union des étudiants juifs de France, qui "considère que les agresseurs ont voulu « fracasser le premier juif qui leur tombait sous la main ». 20 minutes écrit pour sa part : "Samedi, vers 20 h, un jeune homme de 17 ans a été violemment agressé par une bande d’ados alors qu’il marchait, seul, dans le 19e arrondissement de Paris. « Comme tous les jours de shabbat, il portait la kippa », a expliqué son père à RTL, convaincu « à 90% » que c’est pour cela qu’il a été frappé." Le Parisien présente quant à lui l’affaire ainsi : "Coiffé d’une kippa, ce mineur âgé de 17 ans appartenant à la communauté loubavitch, domicilié à Pantin (Seine-Saint-Denis), sortait de chez un ami, vers 20h 30, pour se rendre à la synagogue de la rue Petit (XIXe), lorsqu’il a été stoppé par une quinzaine d’adolescents âgés de 15 à 18 ans. « D’origine maghrébine et africaine, ces jeunes, probablement du quartier, l’ont frappé à la tête avec des béquilles », précise une source proche du dossier. « Ils se sont attaqués à lui parce qu’il est juif, estime Ariel Goldman, vice-président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), présent hier sur le lieu de l’agression. Aujourd’hui, c’est toute la communauté qui est sous le choc. » Décrit par ses proches comme un « gentil garçon de constitution assez fluette », Rudy est scolarisé en deuxième année dans une école de plomberie. Ses parents, rassemblés hier devant l’entrée de l’hôpital Cochin (XIVe ) avec une trentaine de proches, ne comprenaient toujours pas ce qui a motivé « tant de violence » sur un jeune « seul et sans défense". Le Monde enfin livre une version semblable : "Le jeune Rudy H., 17 ans, portait un jean, un tee-shirt et une kippa. Il était seul lorsqu’il a été violemment agressé, samedi 21 juin, aux alentours de 19 heures, rue Petit, dans le XIVe arrondissement de Paris, en se rendant à la synagogue. Les témoins n’ont rien entendu, rien compris. Ils ont juste vu une quinzaine de jeunes hommes d’origine africaine et nord-africaine s’acharner sur le jeune homme et le rouer de coups de pieds, de poings, avec une béquille. L’un de ces témoins a décrit un agresseur sautant à pieds joints sur la victime." Comment dès lors ne pas se scandaliser d’une telle agression, sauvage et raciste ? C’est du reste ce que s’empresse de faire avec une belle unanimité la classe politique, au premier rang de laquelle nos gouvernants, rivalisant d’indignation, du président Nicolas Sarkozy au Premier ministre François Fillon, en passant par la ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie ou celle de la Justice Rachida Dati Or il semble bien que chacun soit tombé dans le piège de la pauvre victime qui n’avait rien fait qu’être juive. Outre les révélations du Figaro sur les drôles d’accointances de Rudy H., les événements de ce 21 juin ne se seraient pas exactement déroulés comme les journaux les ont racontés ci-dessus. Cité par Le Point, le procureur de Paris, Jean-Claude Marin, livre une toute autre version, précisant que l’agression s’est produite "au terme d’une échauffourée opposant une bande d’une vingtaine ou 25 jeunes appartenant à une bande de jeunes noirs à des jeunes européens, dits de la communauté juive en nombre nettement inférieur. Ces jeunes prennent la fuite, l’un d’entre eux (Rudy, ndlr) s’est retrouvé dans un voie sans issue pour lui. Il s’est retrouvé bloqué contre le portillon du square puis bloqué entre deux véhicules où il s’est fait rouer de coups". Le patron du bar tabac situé à 50 mètres du square, interrogé par RTL, a vu toute la scène et il est formel : le jeune homme n’allait pas à la synagogue mais "au front", pour se battre. "J’ai vu passer une vingtaine de jeunes juifs très excités, ils disaient « on va les taper, on va les niquer ». Ils sont allés vers le square et la bagarre a commencé", a-t-il rapporté à l’AFP, cité par L’internaute. Son récit est complété par l’un de ses clients : "J’ai entendu des cris, je me suis mis à la fenêtre et j’ai vu des gens éparpillés dans le square qui se battaient, ça courrait partout, au début il y a plus de juifs que de noirs, puis d’autre noirs sont arrivés et le rapport de force s’est inversé, et les juifs sont partis, abandonnant un de leurs copains. Le seul qui est resté est un jeune juif tombé entre deux voitures, il a été frappé, un type lui a sauté à deux pieds dessus." L’altercation était la troisième de la journée entre ces bandes et Rudy H. avait déjà été impliqué dans l’une d’elles. Il s’agit par conséquent d’un enchaînement de représailles et contre-représailles. Pas question d’excuser ceux qui se sont acharnés sur Rudy H., évidemment, mais on obtient au final, en lieu et place d’une victime innocente, un petit voyou tombé à l’occasion d’une bagarre entre bandes. Et nos politiques ont comme d’habitude parlé trop vite. Le pire étant que, même une fois les faits rétablis, ils maintiennent leur dénonciation d’une agression antisémite, alors qu’on a vu que les choses sont un peu plus compliquées que cela ! Ainsi Sarkozy, qui se dit "particulièrement choqué de ce qui est arrivé à un jeune Français, sous prétexte qu’il portait une kippa". Non, Monsieur le président ! Il a été tabassé parce qu’il avait participé à une expédition punitive pour se venger d’une première bagarre. Mais évidemment, cette version est moins efficace pour cajoler l’opinion communautariste juive, dont on sait qu’elle est toute acquise à Sarkozy. En quatre mots pour conclure : démagogie et récupération politicienne. »  Olivier Bonnet

25.06.2008

VIOLENCES INTER-ETHNIQUES AUX BUTTES-CHAUMONT: Nicolas Sarkozy et la communauté juive veulent à tout prix une agression "antisémite"

L'agression d'un jeune juif dans le 19e arrondissement de Paris, samedi, ne serait pas seulement un acte antisémite, comme l'ont immédiatement dénoncé les associations juives. Au fur et à mesure que l'enquête avance, l'affaire semble plus compliquée. Le procureur de la République de Paris a annoncé hier qu'une information judiciaire a été ouverte pour « tentative de meurtre aggravée par le caractère antisémite » et « violences en réunion avec circonstances aggravantes ». sarkozy-temple-salomon.jpg Entre l'ennui, les luttes de territoire, les trafics de drogue et les tensions entre communautés, les bandes rivales de « feujs » et de « renois » du quartier trouvent toujours un prétexte pour se battre. Selon Shanna et ses copines du collège Sonia-Delaunay (19e), les torts sont partagés et les provocations réciproques. « Les bandes se retrouvent devant les Buttes-Chaumont le samedi et au moindre regard ou mot de travers, la situation peut dégénérer. » Le jour du drame, trois bagarres ont eu lieu. Au cours des deux premières, un jeune juif se fait arracher son étoile de David, un autre reçoit un coup de machette au bras. La troisième rixe oppose de jeunes juifs « assez nombreux » à des « Afro-Maghrébin ». C'est au cours de celle-ci que Rudy, 17 ans, est grièvement blessé. Toujours hospitalisé hier, il était sous contrôle judiciaire depuis des « incidents intercommunautaires » en décembre.  Dans le quartier, le calme ne semble pas près de revenir. « Les amis de Rudy ont promis de se venger, jusqu'à la mort s'il le faut », s'inquiète Shanna. « S'ils nous cherchent, on est prêts », répliquent les garçons. (Source 20minutes.fr) En attendant, les cinq adolescents de 14 à 17 ans interrogés dans l'enquête sur des violences intercommunautaires samedi à Paris ont bénéficié du statut de témoin assisté et ont été libérés par un juge d'instruction dans la nuit de mardi à mercredi, apprend-on de source judiciaire. La magistrate, Géraldine Rigollot, n'a pas suivi le procureur qui demandait leur mise en examen pour "violences avec armes en réunion" avec la circonstance aggravante de l'antisémitisme, ainsi que le placement en détention provisoire de quatre d'entre eux, le cinquième n'étant pas « incarcérable » en raison de son âge. Aucun suspect véritable n'a donc été pour l'instant arrêté dans l'enquête sur ces violences de samedi qui, a précisé le parquet, ont fait au total quatre blessés samedi dernier. Selon le parquet, l'enquête a établi que les cinq jeunes gens qui avaient été placés en garde à vue samedi n'étaient pas parmi les auteurs des coups infligées à un jeune Juif de 17 ans, Rudy, dans le XIXe arrondissement, mais qu'ils étaient présents sur les lieux. Le parquet souhaitait leur mise en cause sur le fondement de témoignages, soit pour la bagarre ayant immédiatement précédé le passage à tabac du jeune Rudy, soit pour d'autres affrontements plus tôt dans la journée dans le même quartier. La juge d'instruction a estimé que les éléments d'enquête étaient insuffisants pour le faire. Le parquet disait étudier mercredi la possibilité d'un appel. La version présentée par le parquet et la police n'est, bien sûr, pas celle des associations confessionnelles juives et des principales personnalités politiques, notamment Nicolas Sarkozy, qui ont parlé de l'agression d'un homme seul, motivée uniquement selon eux par le fait qu'il portait une kippa. Nous ne devrions pas tarder de voir le « lobby » et les « professionnels » de l’antisémitisme une nouvelle fois à l’œuvre… Au mépris de la vérité et des conclusions des magistrats si nécessaire ?

24.06.2008

VIOLENCES INTER-ETHNIQUES AUX BUTTES-CHAUMONT: une victime plutôt ambigue

Rudy H., le jeune juif violemment agressé samedi 21 juin dans le 19e arrondissement de Paris était-il seul au moment des faits ? Les enquêteurs n'en sont plus du tout sûrs. Selon un adulte présent lors du drame, le jeune homme, âgé de 17 ans, qui portait sa kippa, faisait partie d'un groupe. Violences banlieues.jpgIl aurait été le seul à ne pas parvenir à s'échapper, et se serait ainsi fait rouer de coups. Ce témoignage, considéré comme solide par la police, accréditerait un peu plus la thèse d'une bagarre entre bandes. De fait, les incidents s'étaient multipliés tout au long de la journée dans ce quartier de Paris où s'affrontent depuis plusieurs semaines des jeunes juifs et des jeunes noirs. Dans ce cas, il ne s'agirait plus d'une agression isolée. Les cinq mineurs, âgés de 14 à 17 ans, interpellés peu après l'agression et placés en garde à vue 48 heures, ont été déférés au parquet de Paris pour "non assistance à personne en péril". Ils ne font pas partie des auteurs des coups portés à la victime, mais ils auraient assisté à la scène. Selon une source policière, leur garde à vue n'aurait pas apporté beaucoup d'information. Dans la foulée, mardi, une information judiciaire devait être ouverte. Lundi, Rudy H. est sorti du coma artificiel dans lequel il avait été plongé, mais les enquêteurs n'ont toujours pas pu l'entendre. La police a confirmé qu'il était connu de ses services. Le 9 décembre 2007, Rudy H. avait été interpellé aux abords de Bercy, à Paris, à l'issue d'une bagarre intercommunautaire entre jeunes juifs et maghrébins. Mis en examen pour violence "avec arme par destination" – il s'était servi de son casque de scooter –, Rudy H. avait été, depuis, placé sous contrôle judiciaire. Mardi 24 juin, il avait justement rendez-vous avec un juge du tribunal pour enfants de Paris.  Selon la police, Rudy H. pourrait toutefois être impliqué dans une autre affaire. De source judiciaire, on indique que son nom "apparaît plusieurs fois dans le champ pénal". Issu d'une famille pratiquante, mais n'appartenant pas au mouvement Loubavitch, Rudy H., fils d'un commerçant et d'une conseillère en orientation dans l'éducation nationale, est l'aîné d'une fratrie de trois enfants. Résidant en proche banlieue, à Pantin (Seine-Saint-Denis) il venait d'achever, en formation par alternance, un BEP de plomberie au lycée technique Ort, rue des Rosiers, à Paris, et s'apprêtait à partir, le 2 juillet, en Israël dans le cadre du volontariat civil. En fin de compte, une victime plutôt ambigue...Tous ces éléments nouveaux, n’ont pas empêché mardi matin, le Grand rabbin de France, Gilles Bernheim, interrogé sur Radio J, une radio de la communauté juive, de faire volte-face et d’adopter à son tour la version « officielle » en déclarant que l'agression contre Rudy H. était "notoirement antisémite" bien qu’il ait estimé, la veille, que le caractère antisémite était "probable" mais "pas certain". "Ce qui vient de se passer ce week-end est quelque chose d'immonde, notoirement antisémite, d'une rare violence", a insisté M. Berheim, qui s'est rendu au chevet de la victime. Le Grand rabbin de France voudrait nous faire prendre des vessies pour des lanternes, qu’il n'agirait pas autrement. Que cette agression  ait eu ou non un caractère antisémite ne suffira pas à transformer la victime en oie blanche. Une nouvelle fois , ce malheureux fait divers permet de toucher du doigt  les conséquences désatreuses de la "communautarisation" de la société française.

 

 

23.06.2008

VIOLENCES INTER-ETHNIQUES AUX BUTTES-CHAUMONT: UNE VERSION OFFICIELLE?

Comment expliquer que les informations données par Le Parisien.fr, et que nous avons publiées (voir la note que nous y avons consacré aujourd’hui), n’aient été reprises par aucun médias et pas davantage sur le Net, censure.jpgpuisque ni Orange, ni Yahoo, ni MSN n’en ont encore fait état, se contentant de reprendre une « version » semble-t-il officielle ? Censure, auto-censure? Ils ne sont d’ailleurs pas les seuls. Ainsi, en déplacement en Israël, le président Nicolas Sarkozy a réitéré la version d'un acte antisémite."J'ai été particulièrement choqué de ce qui est arrivé à un jeune Français il y a quelques jours sous le seul prétexte qu'il portait une kippa. Une bande de voyous l'a agressé", a dit le chef de l'Etat lors d'une rencontre avec les Français d'Israël.  Bizarre ! Vous avez dit bizarre…

 

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