16.08.2009

CHOSES VUES EN IRAN par Christian BOUCHET

« Dans les circonstances actuelles, il est recommandé de surseoir à tout voyage non essentiel en Iran. Cette recommandation s’applique aussi bien aux voyages d’affaires qu’aux voyages touristiques. Les services de sécurité sont en effet très suspicieux à l’égard des contacts avec la population, notamment avec les milieux universitaires et étudiants, qu’ils observent avec attention, et à l’égard des prises de photographies. » Ministère français des Affaires étrangères et européennes. Conseils aux voyageurs, juillet 2009. _10613_iran-women-13-7-2004.jpg

Quand j’ai annoncé à mes proches, il y a quelques temps, que j’avais l’intention de me rendre, début août, pour une grosse dizaine de jours en Iran, les réactions ont été de deux types. Mes amis politisés n’ont pas caché qu’ils m’enviaient et qu’ils auraient aimé être à ma place. Les autres, par contre, n’ont eu de cesse de me mettre en garde contre le danger inutile que je prenais, vu les circonstances, en me jetant volontairement dans ce qu’ils considéraient comme la gueule du grand méchant loup…Pour ma part, j’étais perplexe. J’avais, naturellement, un a priori favorable, je savais ce que la Propaganda Staffel occidentale peut générer comme désinformation, mais je ne m’attendais pas à ce que la réalité soit à ce point différente de l’image que les médias du Grand Occident nous délivrent. Il est vrai qu’ils peuvent mentir sans risques, bien rares étant les occidentaux qui se rendent en Iran et qui donc pourraient les contredire. Ainsi, durant mon séjour, si j’ai rencontré un certain nombre de touristes, ceux-ci venaient d’Irak ou des pays du Golfe, et moins d’une quinzaine d’entre eux étaient originaires de pays européens. Je ne ferai pas ici le détail de mon voyage (1) – réalisé en voiture de location et sans aucun contrôle des autorités du pays - me limitant à relever ce qui m’a le plus étonné.
Étant donné les troubles liés à l’élection présidentielle contestée, je m’attendais à une présence policière forte. Or, je n’ai nulle part vu plus de police que ce qui est normal et coutumier dans tout pays civilisé. En ce qui concerne la fameuse milice des basijis, je n’en ai vu nulle trace. Pire, en me rendant à son Quartier général de Téhéran, j’ai pu constater qu’il était fermé (week end musulman oblige) et … non gardé. Si j’ai bien eu l’occasion d’assister à deux manifestations, ce qui m’a surtout surpris a été le faible nombre des participants (2) : 100 à 150 à Téhéran dont l’agglomération compte 14 millions d’habitants, quelques dizaines à Ispahan (1.6 millions d’habitants)… Si des policiers anti-émeutes étaient bien sur les lieux, ils n’étaient guère nombreux et leur présence n’avait rien à voir avec ce à quoi m’a habituée ma participation aux cortèges protestataires en France. Quant au Tchador, dont tout le monde nous rebat les oreilles, Delphine Minoui évoquait dans une de ses récentes chroniques du Figaro le fait que Mahmoud Ahmadinejad pourrait, pour se rabibocher avec la population, lâcher du lest en supprimant l’action de la police chargée de veiller au respect de son port correct ainsi qu’à ce que les jeunes iraniens des deux sexes n’aient pas de rapports trop étroits. Correspondante de presse à Téhéran, Delphine Minoui ne doit pas rester, je présume, cloîtrée dans son appartement… Alors pourquoi écrire cela ? Tout le monde sait en Iran que depuis plusieurs années cette police n’est plus active. D’ailleurs cela se voit dans les rues et la tenue, adoptée par un nombre non négligeable de femmes, si elle est fort élégante est aussi bien peu conforme au dress-code islamique. Quand à la drague, il suffit de se rendre sur les contreforts des monts Alborz, à Darband par exemple, pour se rendre compte que tout, le long de ruisseaux romantiques à souhait, y est organisé pour… Pour résumer mon séjour, j’écrirai que j’ai visité un pays moderne, aux infrastructures développées et au parc automobile conséquent (3), où rien ne m’a laissé supposer que la démocratie soit moins bien respectée qu’en France et que peuple soit plus opprimé. (Source: voxnr.com)

Notes

1 – Je réserve ce récit au bimestriel Flash (numéro de la première quinzaine de septembre – disponible à la librairie Primatice ou à www.flashmagazine.fr).
2 – Ce qui explique les plans serrés des reportages TV que nous pouvons voir.
3 – Les autoroutes sont d’excellente qualité, pour partie payante et les excès de vitesse y sont contrôlés, comme chez nous, pas des radars…

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05.08.2009

IRAN: LE PRESIDENT MAMOUD AHMADINEJAD A PRETE SERMENT

Le président iranien a prononcé mercredi son discours d'investiture devant le Parlement iranien. "L'épopée de l'élection présidentielle du 12 juin est le début de changements importants en Iran et dans le monde", a déclaré le chef d'État dès le début de son allocution. 56189_55613_ahma-une.jpgLe dirigeant iranien a par ailleurs averti que l'Iran allait continuer à résister face aux puissances "oppressives". "Ils (les pays occidentaux) ont dit qu'ils reconnaissaient les élections (en Iran), mais qu'ils n'enverraient pas de messages de félicitations. Cela signifie qu'ils veulent la démocratie seulement pour leurs propres intérêts et ne respectent pas les droits des peuples", a-t-il estimé. "Sachez qu'en Iran personne n'attend vos messages de félicitations", a-t-il lancé, notamment à l'intention de Washington, qui a, jusqu'ici, refusé de le féliciter pour sa réélection. Puis le président a formellement prêté serment. "Moi, en tant que président de la République islamique d'Iran, jure devant le Coran sacré, la nation iranienne et Dieu d'être le gardien de la religion officielle, de la République islamique et de la constitution", a-t-il déclaré. Mahmoud Ahmadinejad dispose dorénavant de deux semaines pour soumettre son gouvernement à cette assemblée. La cérémonie a commencé par la récitation de versets du Coran. Le Guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, qui décide des grandes questions politiques du pays, a confirmé lundi l'élection de Mahmoud Ahmadinejad au cours d'une cérémonie en présence de hauts dignitaires du régime.

29.06.2009

IRAN: NOUVELLE PREUVE DE L'INFLUENCE DU LOBBY SIONISTE EN FRANCE

Très rapidement après l’élection présidentielle iranienne, les médias français ont repris à leur compte les accusations de fraude propagées par les partis battus. Pourtant, en approfondissant le sujet, on trouve extrêmement peu d’indices allant dans ce sens. Libération n’hésite pourtant pas à sous-titrer : Comment la communauté internationale a-t-elle réagi à la fraude électorale en Iran ? Le Point donne la parole à des experts affirmatifs : "Une victoire difficile à comprendre sans fraude massive" . Pourtant dans l’article aucune précision, juste quelques vagues suppositions. L’Express voit les choses en grand affirmant que : la réélection en elle-même d’Ahmadinedjad, jette aujourd’hui des millions d’Iraniens dans la rue, et pas seulement à Téhéran, pour que la volonté populaire soit respectée dans un article à sens unique. Sur quoi repose cette certitude ? Sur extrêmement peu de choses : Le peu prudent site Rue89 les énumère : - Mir Hossein Moussavi, Mehdi Karoubi et Mohsen Rezaee, les trois candidats battus à l’élection présidentielle ont d’ailleurs annoncé avoir déposé plainte auprès du Conseil des gardiens de la Constitution, après avoir constaté 646 irrégularités. Des opposants contestant des résultats, ce n’est pas nouveau. On a aucune précision sur les 646 irrégularités. - Toujours d’après Rue89, The Guardian rapporte que le site Ayandeh, resté neutre pendant la campagne, a constaté un taux de participation qui a dépassé 100% dans 30 villes d’Iran. En ajoutant plus loin : ces déclarations sont impossibles à vérifier. En cherchant un peu, on trouve quand même des précisions sur le site "neutre" Ayandeh : c’est une vitrine de l’Iran Futurist Foundation, une fondation d’Iraniens américaine, qui adhère apparemment à tous les thèmes défendus par les USA. Pas tout à fait une source sûre. - Enfin, des informations stupéfiantes d’un mystérieux informateur anonyme, fonctionnaire du ministère de l’intérieur, qui aurait été arrêté par les autorités iraniennes, et qui parle de bassidji (“volontaires” des milices islamiques) qui auraient pris le contrôle des terminaux de totalisation des votes. Après quelques recherches, on s’aperçoit que Libération est la seule source de cette information, qu’on ne connaît pas l’identité de la personne, qu’aucune autre source ne parle de cela, que rien ne permet de le confirmer. Tout cela se termine en roman-photo : "Selon « Libération », des témoins l’ont vu se faire empoigner par des policiers le lendemain, alors qu’il s’apprêtait à sauter par la fenêtre du neuvième étage du bâtiment.". Apparemment, les médias français n’hésitent pas à sauter sur la première info non vérifiée qui passe et à la reproduire stricto-senso : "Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad est de nouveau accusé d’être impliqué dans l’assassinat d’un opposant kurde à Vienne en 1989, révèle ce jeudi un parlementaire autrichien, qui a rendu public un témoignage inédit dans cette affaire." Suivent des explications vagues qui suscitent le rire ou la consternation, au choix. Le gouvernement français n’est pas en reste. Mr Sarkozy dénonce "l’ampleur de la fraude", alléguant que celle-ci "est proportionnelle à la violence de la réaction" tandis que monsieur Kouchner se dit "convaincu que quelque chose s’est passé". Rama Yadé va jusqu’à affirmer "L’ambassade de France attaquée", avant de se voir apparemment tancée par Mr Sarkozy. Alors, devant un tel déferlement, que faut-il penser ? On n’a pas beaucoup d’éléments disponibles, mais il y en a qui apparaissent peu à peu. D’abord, des sondages préélectoraux très favorables à Ahmadinejad : ”Le sondage d’opinion mené à Téhéran ainsi que dans 29 autres capitales provinciales et dans 32 villes importantes du 3 au 4 mai, indique que 58,6% personnes interrogées voteront en faveur d’Ahmadinejad, alors que 21,9% choisiront Moussavi. Dans un autre sondage plus récent mené à Téhéran, 44,8% de personnes interrogées ont estimé que eu égard au choix entre Ahmadinejad et Mousavi, ils opteraient pour l’actuel président pendant que quelque 29% éliraient Moussavi. "Le "Payam magazine", le journal de la communauté iranienne de Los Angeles, cité par Courrier International, allait dans ce sens : "Le président iranien se présente pour un deuxième mandat le 12 juin. Malgré une forte contestation en Iran, il a toutes les chances d’être réélu, estime Payam magazine." Alors, truquées les élections ? En cherchant un peu, d’autres vérités apparaissent, comme 7sur7.be : Les experts manquent de preuves pour conclure à la fraude électorale en Iran. Mais alors qu’une poignée seulement d’observateurs indépendants étaient sur le terrain pour rendre compte du déroulement du vote, les experts de l’Iran qui se sont penchés sur les résultats sont dans l’embarras pour établir une analyse claire de la situation et, le cas échéant, révéler une éventuelle fraude. Ken Ballen, président du groupe de réflexion "Terror Free Future" basé à Washington, avait conduit il y a trois semaines un sondage par téléphone auprès de 1.001 Iraniens. Cette enquête, conforme aux résultats de samedi, donnait une confortable avance pour Mr Ahmadinejad, avec 34% des intentions de vote, contre 14% pour Mr Moussavi. "Mr Ahmadinejad était devant, à deux contre un. Est-il plausible qu’il ait remporté l’élection ? Oui", avance Mr Ken, tout en soulignant que 27% des personnes interrogées au moment du sondage étaient indécises et que "tout a pu changer" le jour de l’élection. Les partisans de Mr Moussavi pointent eux la grande rapidité avec laquelle des millions de voix ont été comptées ou encore la victoire surprise de Mr Ahmadinejad dans la propre ville de Mr Moussavi. Mr Moussavi fait partie de la minorité azéri, importante dans cette région, dont les électeurs auraient -théoriquement- dû voter pour lui, remarque Ali Alfoneh, un expert de l’Iran de l’American Enterprise Institute. Mais là encore, les analystes en restent au stade de la spéculation, d’autant que le sondage mené par Mr Ballen montre que seulement 16% des Iraniens azéris entendaient voter pour M. Moussavi, contre 31% pour Mr Ahmadinejad. Walter Mebane, un universitaire du Michigan (nord), a également passé à la loupe les résultats de l’élection, grâce à une série d’outils statistiques conçus pour détecter les fraudes, baptisés "autopsie d’élection". Les moyens d’analyse divergent, mais les résultats sont finalement les mêmes : en comparant les données de 366 districts avec ceux de la précédente élection présidentielle en 2005, Mr Mebana a relevé que les résultats de samedi étaient conformes aux tendances qui existaient précédemment. "En 2009, Mr Ahmadinejad a fait ses meilleurs scores dans les villes où il bénéficiait déjà de ses plus forts soutiens en 2005", explique le spécialiste, tout en soulignant que les informations fournies par les autorités iraniennes ne sont pas assez détaillées pour faire une analyse exhaustive. "Le décompte des voix que j’ai vu est relativement réaliste, mais cela n’exclut en rien la possibilité d’une manipulation", dit-il, expliquant par exemple que ses propres résultats auraient été globalement identiques même si le gouvernement iranien avait légèrement gonflé le décompte des voix. Le Grand Soir partage ces évidences, s’appuyant sur un article du Washington post : "Et pourtant la forte participation, estimée à environ 85%, était présentée comme la garantie d’une victoire écrasante d’Ahmadinejad, considéré comme l’allié des iraniens plus traditionnels des classes ouvrières et paysannes. C’est ce qu’affirment Ken Ballen and Patrick Doherty dans un article du Washington Post qui citent les conclusions d’un sondage qu’ils ont mené à travers tout le pays au mois de mai et qui prévoyait pratiquement la même avance en voix - de l’ordre de 2 pour 1 en faveur d’Ahmadinejad - que celle annoncée à la sortie des urnes. Ballen et Doherty démolissent aussi un des principaux arguments avancés par de nombreux observateurs qui affirment qu’il y a eu fraude. Cet argument est que Moussavi, un Azeri, avait très certainement gagné dans les circonscriptions à majorité Azeri mais où Ahmadinejad est sorti vainqueur. Cependant, Ballen et Doherty rappellent que « notre sondage montre… que les deux tiers des Azeri préfèrent Ahmadinejad à Moussavi ». Leur sondage contredit aussi une idée largement partagée par les grands médias selon laquelle la jeunesse branchée sur Internet soutient Moussavi. Ils ont trouvé que seul 1 Iranien sur 3 a accès à l’Internet et que « les intentions de vote en faveur d’Ahmadinejad parmi les 18-24 ans étaient plus fortes que dans toute autre tranche d’âge de la population »." Si vous voulez une analyse plus profonde des rapports de force en Iran, vous en trouverez des éléments dans cet article de Planète non-violence. Certainement pas dans le déferlement à sens unique des médias, qui ne parlent de l’atmosphère de liberté qui a régné pendant la campagne que pour mieux décrire aujourd’hui une "atmosphère de terreur", où pourtant l’opposition peut défiler tous les jours et poser des recours contre l’élection. Certains médias commencent à mettre la pédale douce, comme dans cet article du Monde, qui finit par lâcher : De légers soupçons de fraude, aucune preuve. Car, lecteurs de TSS, nous voyons devant nous l’expression assez incroyable d’une presse et de médias partisans, partiaux, engagés, ne citant que les éléments allant à charge dans le sens d’une vision prédéfinie, dans la négation de toute objectivité. Le déferlement d’une pensée unique sans partage. Un spectacle effarant, et pourtant bien réel. Je ne m’étendrai pas sur les mécanismes démocratiques de l’Iran, qui ne marchent pas si mal. Je ne parlerai pas non plus des nombreux organismes d’influence/propagande/manipulation soutenus par des services occidentaux, spécialement Américains, contre l’Iran et ce de notoriété publique, comme Voice Of America. Je vous inviterai simplement à vous demander pourquoi une nième fraude dans un état africain par un dictateur corrompu, qui reçoit immédiatement les félicitations de Mr Sarkozy, fait dix lignes en bas d’une page, alors qu’on en fait des tonnes pour une élection qui jusqu’à présent ne présente aucun élément significatif de contestation. (Source : Tout sauf Sarkozy)

 

23.06.2009

IRAN: LE PEUPLE IRANIEN A BIEN VOTE AHMADINEJAD

Le résultat des élections en Iran est peut-être le reflet de la volonté du peuple iranien. De nombreux experts affirment que la marge de victoire du sortant, le Président Mahmoud Ahmadinejad, est le résultat d’une fraude électorale ou d’une manipulation, mais notre sondage de l’opinion publique iranienne effectué dans tout le pays trois semaines avant l’élection a montré qu’Ahmadinejad menait par une marge de 2 contre 1 – plus que celle sortie des urnes vendredi dernier. Alors que les médias occidentaux signalaient depuis Téhéran, dans les jours qui ont précédé l’élection, une vague d’enthousiasme en faveur de Mir Hossein Mousavi, principal opposant d’Ahmadinejad, notre sondage scientifique effectué dans les 30 provinces du pays révélait une nette avance pour Ahmadinejad. Les sondages indépendants et non censurés à l’échelle nationale sont rares en Iran. D’une manière générale, les sondages préélectoraux sont effectués ou contrôlés par le gouvernement et sont notoirement indignes de confiance. Par contraste, le sondage effectué par notre ONG du 11 au 20 mai était le troisième d’une série effectuée au cours de ces deux dernières années. Dirigé par téléphone à partir d’un pays voisin, le travail sur le terrain a été effectué en langue Farsi par un institut de sondage dont le travail dans la région pour ABC News et la BBC a reçu un prix Emmy Award. Notre sondage était financé par le Rockefeller Brothers Fund. L’étendue du soutien à Ahmadinejad était perceptible dans notre enquête préélectorale. Par exemple, pendant la campagne, Mousavi a mis en avant ses origines Azéries, le deuxième groupe ethnique en Iran après les Perses, pour soudoyer les électeurs Azéris. Cependant, notre enquête a montré que les Azéris préféraient Ahmadinejad à Mousavi, à 2 contre 1. De nombreux commentaires ont présenté la jeunesse iranienne et les internautes comme des partisans du changement dans cette élection. Mais notre sondage a montré que seul un tiers des Iraniens a accès à Internet et que la tranche d’âge des 18-24 ans constituait le groupe le plus favorable à Ahmadinejad parmi toutes les tranches d’âge de la population. Selon notre sondage, les seuls groupes démographiques favorables à Mousavi ou divisés entre lui et Ahmadinejad étaient les étudiants et les diplômés ainsi que les Iraniens ayant les niveaux de revenus les plus élevés. Lorsque notre sondage fut effectué, presqu’un tiers des Iraniens se déclarait indécis. Néanmoins les chiffres obtenus par notre enquête reflètent les résultats annoncés par les autorités et semblent indiquer qu’il n’y a pas eu de fraude à grande échelle. Certains pourraient nous opposer que le soutien déclaré à Ahmadinejad que nous avons trouvé n’était que le résultat de la réticence des sondés à répondre honnêtement. Mais l’intégrité de nos résultats est confirmée par les réponses politiquement risquées que les sondés ont bien voulu nous donner. Par exemple, prés de quatre Iraniens sur cinq – y compris une majorité de partisans d’Ahmadinejad – ont déclaré qu’ils souhaitaient un changement du système politique qui leur permettrait d’élire le Guide Suprême, qui n’est pas actuellement élu par suffrage universel. De même, les Iraniens ont déclaré que les élections libres et la liberté de la presse étaient leurs principales priorités pour leur gouvernement, pratiquement à égalité avec l’économie nationale. On ne peut pas dire que ces réponses étaient d’une nature « politiquement correcte » pouvant être exprimées à haute voix et en public dans une société largement autoritaire. De fait, et cela a été confirmé par les trois enquêtes effectués ces deux dernières années, plus de 70 pour cent des Iraniens ont exprimé leur soutien à une totale liberté d’accès aux inspecteurs en armement et la garantie que l’Iran ne développera pas d’armes nucléaires, en échange d’une aide et des investissements étrangers. Et 77 pour cent des Iraniens se déclarent favorables à une normalisation des relations avec les Etats-Unis, autre résultat confirmé par nos précédents sondages. Les Iraniens considèrent leur soutien à un système plus démocratique et des relations normalisées avec les Etats-Unis est compatible avec leur soutien à Ahmadinejad. Ils ne veulent pas le voir maintenir une ligne dure mais le considèrent plutôt comme leur meilleur négociateur, la personne la mieux placée pour obtenir des conditions favorables – pas comme un Nixon version perse qui se rendrait en Chine. Les accusations de fraude et de manipulation ne feront qu’isoler l’Iran un peu plus et probablement renforcer sa belligérance et son intransigeance envers le monde extérieur. Avant que des pays, y compris les Etats-Unis, ne tirent des conclusions hâtives sur les élections présidentielles en Iran, avec les graves conséquences que cela pourrait provoquer, ils feraient mieux d’examiner l’information indépendante. Le fait est que le peuple iranien a peut-être tout simplement choisi de réélire le Président Ahmadinejad.

Ken Ballen et Patrick Doherty  (Source : voxnr.com)

15.06.2009

IRAN: ARROGANCE OCCIDENTALE par Christian Bouchet

L’onde de choc de la réélection de Mahmoud Ahmadinejad a été ressentie dans toute l’Europe et bien sûr aux Etats-Unis. Et pour cause ! Le candidat qui portait les espoirs de Washington, Tel Aviv, Paris, Berlin et Londres, Mir Hossein Moussavi , a été battu à plate couture par la figure emblématique de l’axe du mal le président Mahmoud Ahmadinejad. 346613-03-43_n.jpgEt c’est le cauchemar qui continue pour les pays occidentaux qui croyaient avoir trouvé le dirigeant iranien qui leur permettrait de faire rentrer ce pays dans le concert des nations asservies au Nouvel ordre mondial et de neutraliser une position géopolitique de la plus haute importance. Avec un score sans appel de 62,63% des suffrages exprimés Mahmoud Ahmadinejad a balayé son rival qui n’a recueilli que 33,75% des voix. La surprise a été de taille car le conditionnement médiatique était tel que la victoire de Moussavi était considérée comme quasiment acquise avant même que le peuple iranien n’aille aux urnes. Cela étant, il y a plusieurs choses à retenir de cette élection. Tout d’abord que le peuple iranien ne prête pas son oreille à ce qui se dit dans les cénacles occidentaux. Le fait est que, comme l’a relevé le chroniqueur d’al-Watan, Hassan Moali , « bon ou mauvais, populiste ou agressif, Ahmadinejad a eu largement les faveurs de son peuple qui a trouvé en lui l’homme qui entend restituer la grandeur de l’antique Perse. La vision de l’Occident selon laquelle Ahmadinejad incarnait le parfait provocateur qui s’amuse à réduire jusqu’à la caricature le fameux « holocauste » et qui s’accroche à son droit de développer l’industrie nucléaire, est perçue différemment à Téhéran. Dans son pays, et cette présidentielle l’a prouvé, Ahmadinejad est élevé au rang de héros national qui tient tête aux puissants de ce monde, même sous embargo. » Ensuite, il n’est pas inutile de se pencher sur le choix de l’Occident, aussi hypocrite qu’étonnant. Comme l’a soulignée Zeina el-Tibi, Présidente de l’observatoire d’études géopolitiques de Paris et codirectrice de la revue Études géopolitiques : « Moussavi n’était pas un personnage plus « recommandable » qu’Ahmadinejad. Il ne faut pas oublier qu’il a été Premier ministre sous Khomeiny et l’un des jusqu’au-boutistes de la guerre contre l’Irak. En plus, c’est sous son gouvernement que la terreur et la répression ont été les plus dures. » Cela les grands médias l’avaient soudain volontairement oublié pour lui donner l’image d’un Obama ou d’un Kennedy iranien…Enfin, on ne peut qu’être choqué par l’arrogance occidentale dont les dirigeants qui n’ont que le mot de démocratie à la bouche, contestent le suffrage populaire dès qu’ils ne confirme pas leurs options. Quand le vice-président américain, Joe Biden, déclare « Vu la façon dont ils répriment la liberté d'expression, la façon dont ils répriment la foule, la manière dont les gens sont traités, il y a de vrais doutes sur la légitimité de la réélection du président Ahmadinejad », quand le représentant spécial de la France pour l'Afghanistan et le Pakistan, Pierre Lellouche, exprime ses « doutes » sur la validité de la réélection de Mahmoud Ahmadinejad, quand les Pays-Bas « sont certains que la présidentielle a été influencée » , etc., on ne peut que s’interroger sur ce qu’aurait pensé les opinions française ou américaine si des pays du Tiers Monde avaient émis les mêmes doutes sur l’élection de Nicolas Sarkozy ou de Barack Obama, pourtant aussi démocratiques et aussi incontestables que celle de Mahmoud Ahmadinejad. Mais il est vrai que comme l’écrivait Pascal : « Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà ». Cela étant écrit, ne cachons pas notre joie. La victoire de Mahmoud Ahmadinejad, c’est aussi d’une certaine mesure notre victoire, celle des mal-pensants et celle des résistants… Christian Bouchet (Source voxnr.com)

10.04.2009

IRAN: LE PRESIDENT AHMADINEJAD INSISTE SUR LE CARACTERE PUREMENT PACIFIQUE DU PROGRAMME NUCLEAIRE IRANIEN

Ahmadinejad insiste sur le caractère purement pacifique de son programme nucléaire, les Occidentaux doutent. Le président iranien a inauguré jeudi à Ispahan, dans le centre du pays, la première usine de fabrication de combustible nucléaire. Une nouvelle étape importante dans le programme nucléaire controversé de l'Iran. article_photo_1237527173563-2-0.jpgAvec l'inauguration de cette usine, Téhéran affirme maîtriser désormais le cycle de la fabrication de combustible nucléaire. L'Iran a en outre «testé deux nouveaux types de centrifugeuses d'une capacité plusieurs fois supérieure à celle existante actuellement», a ajouté le président iranien lors d'un discours à l'occasion de la «Journée nationale de l'énergie atomique». La République islamique a «installé environ 7.000 centrifugeuses (à Natanz, centre) et ce chiffre atteindra les 50.000 durant le programme quinquennal», a indiqué pour sa part le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA) Gholamreza Aghazadeh. L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), a refusé de commenter ces chiffres. Dans un rapport du 19 février, l'AIEA affirmait que l'Iran possédait 3.964 centrifugeuses en activité, 1.476 machines sous test et quelque 125 centrifugeuses installées mais pas encore en fonctionnement. L'usine inaugurée à Ispahan a une capacité annuelle de production de dix tonnes de combustible nucléaire pour alimenter le réacteur de recherche à eau lourde d'Arak, actuellement en construction dans la province Markazi (centre) et une capacité de trente tonnes de combustible pour les futurs réacteurs à eau légère, selon l'agence de presse Mehr. Ces annonces interviennent alors que le groupe des Six (Russie, Allemagne, Chine, Etats-Unis, France et Grande-Bretagne) a annoncé mercredi qu'il allait adresser à l'Iran une invitation pour une rencontre directe afin de discuter de son programme nucléaire. «Cette proposition doit être examinée. Mais il s'agit d'une proposition constructive et d'un changement d'attitude», a déclaré Ali Akbar Javanfekr, un proche conseiller du président Ahmadinejad. «Nous espérons que cela montre un changement d'attitude vers une approche plus réaliste», a-t-il ajouté. Le président Ahmadinejad a déclaré jeudi que «l'Iran cherchait toujours un dialogue logique» mais que tout dialogue devait être «basé sur le respect mutuel et la justice». Il a ajouté que l'Iran n'acceptait pas de «dialogue à sens unique et des négociations dans une atmosphère d'intimidation.» L'Iran a souligné sa volonté de poursuivre son programme nucléaire en insistant sur son caractère purement pacifique, malgré plusieurs résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU, dont trois assorties de sanctions. Les instances internationales se font moins pressantes quant il s'agit de l'Etat d'Israël. Deux poids, deux mesures...

 

09.04.2009

LA LOGIQUE DE GUERRE DE NICOLAS SARKOZY par AGATHON

Voici un article qui date de trois mois, et qui, malheureusement est vérifié par l’actualité. Il a déjà été publié sur le site d’Egalité et Réconciliation de la région Normandie. Il mérite bien que nous le reprenions.

Voici quelques mois, au sujet de l’Iran, Monsieur Kouchner se présentait en va-t-en-guerre. En avait-il trop dit ? Le silence gêné du Président Sarkozy n’était pas un démenti.Sarkozy_bush.jpg

Aujourd’hui les faits éclatent au grand jour avec le projet d’installation de bases militaires françaises, notamment face à l’Iran. Monsieur Sarkozy, « Américain possédant un passeport français » et son ami Kouchner seraient-ils chargés d’une double mission ? :
- Précipiter l’Europe aux côtés des Etats-Unis dans un conflit avec l’Iran au Proche-Orient ;
- Verrouiller l’unité européenne le plus rapidement possible afin de stopper le risque de rapprochement entre le vieux continent et une Russie émergente.
C’est l’application pure et simple de l’archaïque politique américaine du « diviser pour régner » et du « déstabiliser pour intervenir ».

L’implication de la France aux cotés des Américains, par l’engagement d’une présence militaire et la volonté hystérique de bâcler la constitution des Etats-Unis d’Europe avant d’accéder pour six mois à la présidence, sont donc les deux volets d’une même logique de guerre arrêtée par Bush.

Cet alignement était prévisible dès l’instant où Sarkozy plaçait dans le poste si important des affaires étrangères l’atlantiste sulfureux Kouchner, seul défenseur officiel de l’intervention américaine en Irak (il faut d’ailleurs rappeler que Sarkozy s’était engagé à ne choisir comme ministre que des hommes ayant obtenu un mandat électif). L’intouchable ex-médecin, antimilitariste quand il s’agit de l’armée de son pays, serait-il commis aujourd’hui de fournir de la chair à canon ? L’implication croissante de nos troupes en Afghanistan en appui de la politique américaine n’est que l’illustration de cette rupture dans l’indépendance de notre diplomatie.

On peut comprendre l’inquiétude du monde industrialisé quant à la garantie de ses approvisionnements ; on peut admettre que les pays industrialisés, parlant d’une seule voix, décident de la mise en place d’une force opérationnelle de protection d’une zone dans laquelle transite la quasi-totalité de l’énergie mondiale. Cette solution eût pu faire fléchir les éventuelles velléités de l’Iran sur cette partie du Monde en associant à ce dispositif préventif, son allié russe. Le dispositif eut été plus dissuasif qu’une compromission sans poids.

Il est moins compréhensible qu’un Président n’ait pas évalué l’état de la force armée qu’il vient de démanteler, avant que de s’en servir comme fer de lance de sa politique de présence dans cette région sous tension. La Fontaine raillerait que la grenouille franco-hongroise veuille se faire plus grosse que le bœuf américain. On se souvient comment la grenouille du fabuliste a fini…Cette politique impulsive du revirement va avoir deux conséquences catastrophiques pour l’équilibre du vieux continent : - La première est d’engager la France à court terme et l’Europe à moyen terme dans un rapport de force dont elles sont les maillons faibles ; - La seconde va être de réanimer des tensions entre une Russie à nouveau présente sur l’échiquier politique et une Europe occidentalisée sans maturité politique et aux intérêts divergents.

La France maillon faible parce que son armée est sous dotée « budgétairement », sous dotée matériellement, en sous-effectif quantitatif et qualitatif.

La France maillon faible parce qu’elle est incapable de régler ses divergences intérieures ni même d’assumer sa propre sécurité (on l’a vu au moment des vagues d’émeutes ethniques de banlieues)

La France maillon faible car elle n’a pas le courage de s’attaquer au fond du problème créé par une immigration, en mal d’un eldorado inexistant, disponible au recrutement des réseaux fondamentalistes qui infiltrent le pays.

La stratégie de l’infiltration s’est pratiquée depuis plusieurs décennies en Afghanistan, en Afrique de l’Est, dans les archipels d’Extrême-Orient où règne la guérilla. L’Afrique est islamisée par l’installation d’écoles coraniques qui préparent des enfants d’aujourd’hui à être les soldats de l’islam, demain. « Un jour viendra où les peuples du sud envahiront les peuples du Nord et cela ne se fera ni amicalement ni pacifiquement » (Boumediene)

Les Français vont découvrir sous peu, hélas, et douloureusement le visage du terrorisme salafiste comme ils ont découvert voici quelques années, non sans stupeur, qu’un ouvrier modèle, discret, bon travailleur chez Renault était responsable de la tuerie de la rue de Rennes.

La France maillon faible parce qu’elle refuse d’admettre que l’immigration est l’agence de voyage qu’emploie aussi le terrorisme.

La France maillon faible parce que la détermination nationale est sapée depuis des décennies par l’idéologie du repentir, de l’anti- France, et par la démotivation de la jeunesse préparée au fatalisme de la régression.

L’Amérique a besoin de ce maillon faible pour asseoir sans partage son hégémonisme sur le Monde. L’implication de la France n’est donc que le fusible à court terme de la politique va-t-en-guerre d’une Présidence américaine qui se demande chaque matin en se rasant jusqu’où elle va pouvoir bluffer. Mais le rôle d’un fusible est de sauter à la place de l’installation principale.

L’étape suivante sera l’Europe déjà plombée par l’économie américaine. Sarkozy veut faire l’Europe tout de suite, quitte à faire un déni de démocratie, à mépriser l’avis des peuples. Il en va de l’intérêt Américain qui doit verrouiller l’essor européen avant que la Russie ait les moyens de s’y intégrer économiquement. En outre, l’enjeu stratégique est la façade méditerranéenne de l’Europe, Israël ne pouvant plus tenir longtemps cet emplacement capital entre l’Asie l’Afrique et l’Europe. (Lire Les clés de la guerre de Pierre Rossi, écrit en 1966 et toujours d’actualité.)

Une Europe bâclée par une constitution illisible ratifiée dans l’ombre des peuples et l’obscurantisme des signataires. Une Europe supranationale qui préside déjà au démantèlement des états et communautés nationales historiques. On vient de le voir avec la récente création de l’état du Kosovo quasiment imposée par la diplomatie américaine. Voilà résumée la méthode miracle sarkozienne pour vous ôter tous les maux de Bush. L’économie américaine a encore de beaux jours devant elle.

Mais c’est oublier que Vladimir Poutine, ayant assaini la Russie des mafias qui l’avaient porté au pouvoir a redoré le blason de son pays, motivé la conscience nationale de sa jeunesse et de son armée. L’Europe est le fusible « instrumentalisé » par Bush contre Poutine (comme le fut en son temps la révolte afghane dont un certain Ben Laden était le pion de la CIA) : la désastreuse affaire du sous-marin russe Kurks n’en est que la triste et peu médiatique provocation à la sauce américaine. Il y avait une logique de paix qui s’annonçait, au-delà des clivages idéologiques, avec la fin de la guerre froide, l’ouverture de la Chine à l’économie de marché, les échanges et la coopération technologique et surtout la mise en route d’un continent africain paupérisé par une décolonisation trop rapide. L’impérialisme américain n’en veut pas. D’où la campagne médiatique orchestrée chez les autres contre la Chine à l’occasion des J.O.

Le président Sarkozy a donc choisi une logique de guerre : celle de la fuite en avant, de l’arrogance ; celle de l’Amérique autiste à tous les avertissements de l’histoire et dont les propres armes se retournent contre elle : Ben Laden, 11 septembre, guerre d’Irak ; Autant d’échecs meurtriers - celle de la négociation et du troc avec le n’importe quoi (voyage de Kadhafi). Celle du camp qui va perdre. Grâce à l’oncle d’Amérique, déjà, « L’Europe a perdu l’Afrique ». C’est toute l’Europe qui risque d’être déstabilisée si un terme n’est pas mis à la politique atlantiste de Sarkozy. Le président Sarkozy ne doit pas quitter la tradition de paix de la diplomatie qui avait su donner à la France un rôle d’interlocuteur et de médiateur objectif apprécié de tous. Il doit tenir compte du fait que la ratification que la charte européenne n’a de valeur qu’après l’aval des peuples par voie de référendum. Il ne doit pas oublier que la dissuasion est l’arme de la paix. Si la diplomatie française ne reprend pas le langage rationnel qui lui permit pendant des décennies d’imposer la négociation à l’affrontement, si le peuple est rejeté de la démocratie, la paix en Europe et en France sera menacée. La seule différence entre Chamberlain en 1939 et Sarkozy en 2008, c’est que le premier croyait avoir sauvé la paix et que le second est en train de sauver la guerre que nous perdrons. Mais de toute façon, comme en 1945, la France et son peuple mais aussi l’idéal de paix qu’ils représentent seront les mutilés de l’histoire. Voilà pourquoi, au-delà des idéologies, La France doit devenir notre arme de Résistance commune contre la mondialisation, mais aussi notre flamme de l’espérance en la paix. Agathon

 

 

04.03.2009

POUR L'AYATOLLAH ALI KHAMENEI, "LA RESISTANCE EST LE SEUL MOYEN DE SAUVER LA PALESTINE"

Le guide suprême iranien Ali Khamenei a déclaré que la "résistance est le seul moyen de sauver la Palestine", qualifiant Israël de "tumeur cancéreuse", lors d'une conférence mercredi sur la bande de Gaza à Téhéran. L'ayatollah Khamenei, la plus haute autorité de l'Etat, a réitéré son idée d'un retour de tous les réfugiés palestiniens suivi d'un référendum sur l'avenir du territoire israélien.2250647417-khamenei-la-resistance-est-la-seule-facon-de-sauver-la.jpg Il intervenait en ouverture d'un "sommet" alternatif sur l'aide à Gaza et aux Palestiniens, deux jours après une conférence en Egypte qui a réuni 75 donateurs internationaux et reçu des engagements à hauteur près de 4,5 milliards de dollars sur deux ans pour la reconstruction de Gaza. Le guide suprême a adressé une pique au président américain Barack Obama, en l'accusant de prendre la "défense du terrorisme gouvernemental" d'Israël. "Même le nouveau président des Etats-Unis qui est arrivé au pouvoir sur un slogan de changement par rapport aux politiques de l'administration (de l'ex-président George W.) Bush parle d'un soutien inconditionnel à la sécurité d'Israël", a-t-il dit. La conférence de Téhéran, au cours de laquelle le président Mahmoud Ahmadinejad doit s'exprimer, réunit pendant deux jours des représentants de pays de la région. L'identité des participants étrangers n'est pas connue. "La conférence va examiner la question de l'aide aux Palestiniens et aussi trouver une solution aux aventures du régime sioniste contre les Palestiniens", a dit le président du Parlement iranien Ali Larijani, cité par l'agence Fars. Téhéran est fermement opposé à la solution de deux Etats, israélien et palestinien, prônée aussi bien par les pays arabes que par les grandes puissances. Le guide suprême a qualifié d'"erreur de raisonnement" le fait qu'"un pays nommé Israël soit une réalité de 60 ans qui doive être acceptée. Une autre erreur est de dire que la seule façon de sauver les Palestiniens est par la négociation". "Je dis maintenant à tous les frères et sœurs musulmans de joindre leurs forces pour briser l'immunité des criminels sionistes", a-t-il ajouté, estimant que "le premier pas à prendre" est de passer en jugement "les responsables politiques et militaires du régime qui ont joué un rôle dans le désastre de Gaza".

25.02.2009

IRAN: FIN DE LA CONSTRUCTION DE LA CENTRALE NUCLEAIRE DE BOUCHEHR

La Russie a achevé la construction de la centrale nucléaire de Bouchehr, située dans le sud de l'Iran. Les responsables russe et iranien doivent annoncer, mercredi 25 février, sa date de mise en service. Selon le chef de l'Agence fédérale russe de l'énergie atomique, Sergueï Kirenko, la centrale est actuellement au stade de "pré-mise en service". h_4_ill_896346_iran.jpgLes différents systèmes – "le circuit primaire [d'énergie], les systèmes de secours et les unités de soutien" – sont vérifiés un à un "pour éliminer tout incident lors du lancement". Le projet, confié initialement à l’allemand Siemens, remonte à l’époque du Shah. Il est interrompu par la révolution islamique de 1979, et la guerre Irak-Iran (1980-1988) L'Allemagne ayant convaincu Siemens de se retirer, à cause des risques de prolifération nucléaire, Téhéran se tourne vers la Russie, qui reprend le contrat en janvier 1995. Il s'agit d'un réacteur à eau pressurisée d'une puissance de 1 000 mégawatts. L'Iran, qui est le quatrième producteur mondial de pétrole, a pour objectif de s'équiper d'un parc nucléaire d'une capacité de 20 000 mégawatts. - Le 5 février, M. Kirienko avait affirmé qu'un lancement "technique" de la centrale était possible d'ici à fin 2009. Ce lancement "technique" permet de tester les équipements et précède le lancement "énergétique", après lequel commence la production de l'énergie, qui pourrait suivre sous deux à trois mois. La construction de la centrale a été retardée à de multiples reprises sur fond de tensions autour du programme nucléaire iranien, les Occidentaux craignant qu'il ne dissimule un projet militaire. Téhéran affirme qu'il a uniquement un objectif civil. La République islamique fait l'objet de cinq résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU, dont trois assorties de sanctions, à cause de son manque de coopération avec l'Agence internationale de l'énergie atomique et de son refus de suspendre son programme d'enrichissement d'uranium. L'Iran a justifié ce programme par sa volonté d'alimenter elle-même ses futures centrales en combustible.

10.02.2009

L'IRAN PRÊT AU DIALOGUE AVEC LES ETATS-UNIS MAIS DANS L'EGALITE ET LE RESPECT

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a déclaré mardi que son pays était prêt au dialogue avec les Etats-Unis mais dans l'égalité et le respect mutuel, à l'occasion du 30e anniversaire de la révolution islamique "Le nouveau gouvernement américain a déclaré qu'il voulait le changement et entamer le chemin du dialogue mais le changement réel doit être fondamental et non tactique. aminajad.jpgLe peuple iranien est prêt au dialogue mais dans un climat d'égalité et de respect mutuel", a-t-il dit devant des dizaines de milliers personnes rassemblées à Téhéran. Les deux pays, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques depuis 1980, s'opposent sur plusieurs dossiers, dont le programme nucléaire iranien, officiellement civil mais soupçonné par les Occidentaux de masquer des ambitions militaires. Signe de la méfiance entre les deux pays, M. Ahmadinejad a également lancé une mise en garde aux Etats-Unis. "Le monde ne désire pas la répétition de la période noire de (l'ex-président George W. Bush). Si certains cherchent à répéter son expérience, même avec des méthodes nouvelles, ils doivent savoir que leur destin sera encore pire", a-t-il dit. Enumérant les acquis scientifiques et technologiques de l'Iran, notamment dans le domaine nucléaire et le récent envoi d'un satellite dans l'espace, il a affirmé que l'Iran était désormais "une grande puissance". Non loin de là, les autorités avaient érigé une réplique grandeur nature de la fusée qui a mis en orbite la semaine dernière un satellite. Des manifestants portaient des pancartes "30 ans de liberté, 30 ans de fierté" ou encore "mort à l'Amérique", "mort à Israël". La République islamique se pose aujourd'hui en chef de file de l'anti-impérialisme et de l'ordre injuste que font peser, selon elle, sur le monde les grandes puissances au Conseil de sécurité de l'ONU. La télévision d'Etat a diffusé les images de manifestations similaires à travers le pays pour célébrer la révolution marquée par le retour d'exil le 1er février 1979 de l'ayatollah Rouhollah Khomeiny, fondateur de la République islamique, et par le renversement du Shah.

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