18.09.2009

LE BATALLON DE SAN PATRICIO, UN EXEMPLE D'UNION DES PEUPLES CATHOLIQUES CONTRE LES USA par Albert JACQUEMIN

Lors de la seconde guerre du Golfe, nombre de journalistes ont insisté sur le fait que, connaissant des problèmes de recrutement parmi ses nationaux, l’armée des USA avait intégré dans ses rangs un nombre non-négligeable d’étrangers en leur promettant la nationalité américaine à l’issue de leur engagement. Pour surprenante quelle soit, cette pratique n’est pas nouvelle au sein de l’US Army. Pratiquée sur une grande échelle au milieu du XIXème siècle, elle a été la cause d’un des épisodes figurant parmi les plus occultés de l’histoire des USA : la création du Batallón de San Patricio.san%20patricios%205.jpg Dans les années 1830-1850, les États-Unis entreprirent de se rendre maître des territoires, alors sous domination mexicaine, situés au Sud et au Sud-Est de leur frontière. Le moment le plus important de cette marche vers le sud fut l’annexion du Texas en 1845, dix années après que les colons anglo-saxons qui y résidaient se soient soulevés contre le Mexique et aient déclaré leur indépendance. Cette annexion fut la cause la guerre américano-mexicaine qui se déroula de 1846 à 1848. Connaissant une pénurie d’homme de troupe qu’elle ne réussissait pas à combler en faisant appel à ses nationaux, l’armée américaine eut alors l’idée d’enrôler, plus ou moins de force, les immigrants célibataires à leur descente des navires les amenant d’Europe. Ainsi, nombreux furent, parmi les soldats qui combattirent contre les Mexicains, ceux originaires d’Irlande d’où la « Grande famine » occasionnait alors une immigration particulièrement conséquente. Ces soldats, à qui on avait promis la nationalité américaine et quelques arpents de terre à l’issue de la guerre, eurent rapidement de multiples raisons de regretter leur engagement dans les troupes de l’oncle Sam. D’une part, dirigée par des officiers wasp (white anglo-saxon protestant), ils devaient subir le racisme ethnique et religieux de ceux-ci qui se manifestait par le mépris, par des mauvais traitements ainsi par des difficultés à pouvoir pratiquer la foi catholique. D’autre part, cette même foi les poussait à être solidaires des Mexicains et à considérer comme inacceptable le comportement au combat de l’US Army caractérisé par des exécutions sommaires, des pillages et des viols. C’est en conséquence de cela qu’un nombre important d’entre eux, menés par un lieutenant du nom de John Riley, choisirent, selon les termes de l’historien Peter Quinn « de combattre au côté des Mexicains catholiques contre les protestants américains, formant le régiment de saint Patrick qui est le seul exemple dans toute l’histoire américaine d’une désertion de masse en temps de guerre pour se mettre au service de l’ennemi. ». Exclusivement irlandais à l’origine les San Patricios furent rapidement rejoints par d’autres déserteurs de religion catholique et de souche européenne : Français, Italiens, Polonais, Espagnols et Suisse. Au nombre de huit cents, ils s’illustrèrent lors des combats de Monterrey Angostura, Churubusco et Chapultepec, où leurs capacité d’artilleurs et leur ardeur au combat firent des miracles. Vaincu militairement, le Mexique dut accepter de signer, le 2 février 1848, le traité de Guadalupe par lequel il abandonna aux États-Unis, contre une indemnisation minime, le Texas, la Californie, le Nevada, l’Utah, le Colorado, l’Arizona, le Nouveau-Mexique et le Wyoming, soit les deux tiers de son territoire national… Il n’oublia cependant pas les étrangers qui avaient servi dans ses rangs. Rendus à la vie civile en 1850, ceux ci furent décorés, reçurent la nationalité mexicaine et il se virent attribuer des terres agricoles. Ceux qui, par contre, eurent le malheur d’être capturés par les troupes yankees furent tous condamnés à mort et exécuté par pendaison. Si aux USA, cet épisode fut dès l’origine totalement occulté  et y suscite toujours une très grande réticence, il fut l’objet au Mexique et en Irlande d’une glorification qui n’a jamais cessée. Chaque 12 septembre, anniversaire du jour où les San Patricios prisonniers furent pour la plupart pendus, leur souvenir est commémoré au Mexique par des cérémonies officielles. À Monterrey et à Mexico, des rues portent leurs noms et une plaque apposée sur le Parlement mexicain relate en lettres d’or leur sacrifice pour une nation qui n’était pas la leur. En Irlande, à Clifden, ville natale de John Riley, une statue, offerte par le gouvernement mexicain, évoque son histoire sur la place centrale de la ville et chaque année, le 12 septembre, la ville pavoise aux couleurs mexicaines. Dans le champ politique, les San Patricios sont aussi depuis quelques temps régulièrement invoqués. Le sous-commandant Marcos de l’Armée zapatiste de libération en a fait un exemple d’union des peuples contre l’impérialisme américain et, aux États-Unis même, depuis quelques années, une partie de la droite catholique se revendique de leur souvenir, voyant dans l’augmentation de la proportion des latinos dans la population une occasion pour les catholiques de prendre leur revanche sur l’Amérique protestante qui les a si longtemps considérée comme des citoyens de seconde zone. (Source voxnr)

 

03.08.2008

EUROPE: 71% DES IRLANDAIS OPPOSES A UN NOUVEAU REFERENDUM

Les Irlandais sont 71 % à s’opposer à la tenue d’un nouveau référendum sur le traité de Lisbonne…Irlande-confiance_pf.jpg Et si les politiciens passaient outre… les Irlandais seraient 62% à voter NON, contre 34% pour le OUI… Ces chiffres sont fournis dans les résultats d'un sondage publié par le cercle de réflexion "Open Europe". Les esprits chagrins feront valoir qu'il s'agit d'un cercle "eurosceptique".

20.07.2008

EUROPE: JUSQU'A CE QUE MORT S'EN SUIVE...

Certes, ce n'est pas dit dans la "chanson", mais c'est pensé si fort… "L'Irlande devra revoter"… Parole de Sarkozy! Et un second couteau d'insister: "Il n'y a pas d'autre solution" … (Axel Poniatowski – président UMP de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale). sarko-europeen2.jpg Martelant une fois de plus : "L'Irlande seule ne peut pas bloquer le traité de Lisbonne. Il n'est pas normal que quatre millions d'habitants puissent bloquer l'avenir de 500 millions" Simple, non ? Le vote n'a qu'une raison d'être: approuver les propositions des oligarques européens ! A l'avenir attendons nous à ce que soit instauré un vote obligatoire se prononçant non plus sur une question mais sur une affirmation: "Vous approuvez le traité de Lisbonne"; Un seul bulletin "Oui".  Pas d'abstention possible… Lundi prochain, le président "européen" Sarkozy doit se rendre en Irlande. Soutenons nos amis irlandais!

 

 

13.06.2008

FAIBLE PARTICIPATION DES IRLANDAIS AU REFERENDUM

Le sort du traité de Lisbonne réformant les institutions européennes est incertain, compte tenu de la faible participation des Irlandais au référendum de ratification organisé jeudi. No Irlande.jpgSelon une estimation de la chaîne publique de télévision RTE, le taux de participation serait de 42%, soit le minimum nécessaire, selon ce qu'ont indiqué les instituts de sondage, pour que le camp du "oui" l'emporte. Un faible taux de participation est considéré comme favorisant le camp du "non" : ses partisans sont considérés comme particulièrement désireux de se rendre aux urnes pour faire valoir leur point de vue. Les bureaux de vote ayant fermé à 22h00 locales (21h00 GMT), le dépouillement débutera vendredi matin à 08h00 GMT. Une première indication du résultat sera donnée en fin de matinée par les "contrôleurs" engagés par les partis politiques pour surveiller le dépouillement avant les résultats définitifs attendus en fin d'après-midi. "On est sur le fil du rasoir", a déclaré un membre du parti au parti au pouvoir. Si (le taux de participation) passe à 45%, cela ira très bien pour nous." "Le camp du 'oui' croit que c'est dans la poche", a commenté pour sa part Mary Lou McDonald, député européenne du Sinn Féin opposé au traité. "Cela dépendra de la participation. Je pense que ce sera très serré."

 

 

12.06.2008

COMMENT BRUXELLES VEUT CONTOURNER UN NON IRLANDAIS

i86648europe.jpgDe hauts responsables à Bruxelles préparent des plans pour s'assurer que le traité de Lisbonne sera bien appliqué ailleurs au cas où l'Irlande le rejetterait par référendum. Des mesures comme la création d'un président de l'Union européenne (UE), d'un ministre des Affaires étrangères et de services diplomatiques seront peut-être retardées, mais elles devraient malgré tout finir par être mises en place. A en croire un diplomate, un "mécanisme de soudure" serait en discussion. Si l'Irlande rejette le traité, peut-être sera-t-elle simplement retirée de la liste des signataires. Elle ne serait ainsi pas légalement contrainte d'en respecter les clauses. D'ici à la fin de 2009 ou au début de 2010, quand la Croatie entrera dans l'UE, un "traité d'adhésion" ayant valeur d'amendement sera voté par tous les membres, y compris Dublin. Il comprendrait une série de protocoles prévoyant sur le papier des "issues" aux problèmes que l'Irlande peut avoir avec l'UE, comme les pouvoirs fiscaux ou une plus grande coopération militaire. Ces textes ne seraient pas sans rappeler les clauses d'exemption dont dispose le Royaume-Uni sur la Charte des droits fondamentaux et les questions sociales dans le traité de Lisbonne actuellement ratifié à Westminster. Comme le reste de l'Europe, l'Irlande n'organise pas de référendums sur les traités d'élargissement de l'UE. Avec les nouveaux protocoles, Dublin pourrait faire passer un traité d'adhésion au Parlement irlandais sans avoir recours à une consultation du peuple. "Ce mécanisme ne serait pas plus incompréhensible ou légaliste que le traité lui-même", déclare-t-on de source officielle. "Il n'est probablement pas plus compliqué que les allées et venues qui ont été nécessaires pour transformer le Traité constitutionnel en traité de Lisbonne après son rejet par les Français et les Néerlandais. Tout est une question de temps." Ces dernières semaines, les responsables irlandais se sont réunis à huis clos pour débattre de la possibilité d'une application du traité, avec ou sans référendum. Lors de discussions portant sur la création d'un corps diplomatique européen, les 7 et 13 mai, les diplomates irlandais ont défendu leur position sur la composition du Service d'action externe européen et le rôle du futur ministre des Affaires étrangères de l'UE. Les minutes secrètes de ces rencontres, que le Daily Telegraph a pu examiner, montre que Bobby McDonagh, représentant de l'Irlande auprès de l'UE, a plaidé auprès de ses collègues afin que ces négociations et la position de Dublin restent confidentielles. "[Nous] devons nous montrer prudents quant à la façon de présenter ces questions !"  Bruno Waterfield (The Daily Telegraph)  Et vive la démocratie ! Pour ceux qui en douteraient encore !

07.06.2008

ET SI L'IRLANDE VOTAIT NON...

L'inquiétude monte à Bruxelles et dans les vingt-sept pays membres de l'Union européenne. A quelques jours du référendum irlandais sur le traité de Lisbonne, jeudi 12 juin, l'hypothèse d'un non semble de plus en plus plausible. Les Irlandais, seuls citoyens de l'UE à devoir se prononcer par référendum et non par voie parlementaire, comme l'exige leur Constitution, peuvent considérablement gêner la mise en oeuvre des réformes institutionnelles prévues par l'Europe. dublin_irlande_wicklow_107.jpgLe traité doit, pour entrer en vigueur, être ratifié par la totalité des pays membres. "Le non serait une catastrophe", dit un diplomate finlandais pour la première fois, selon un sondage de l'institut TNS/MRBI publié vendredi 6 juin par le quotidien irlandais Irish Times, le camp du non est passé en tête, crédité de 35 % des intentions de vote, contre 30 % pour le oui. La proportion des indécis (28 %) peut encore tout faire basculer. A la mi-mai, un sondage réalisé par le même institut plaçait encore le oui à 35 % des intentions de vote. Quelque 18 % des sondés étaient pour le non et 40 % indécis : le camp du non a doublé et le pourcentage de partisans du traité a reculé de 5 points. D'autres instituts de sondage avaient mesuré ces dernières semaines une remontée du non dans les intentions de vote. En cas de rejet du traité par les Irlandais, plusieurs options sont possibles : abandonner le traité de Lisbonne et continuer à fonctionner dans le cadre actuel du traité de Nice ; le renégocier - mais les Vingt-Sept sont lassés par huit ans de discussions institutionnelles, et José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, a prévenu : "Il n'y a pas de plan B" ; enfin, envisager d'octroyer de nouvelles dérogations aux Irlandais afin qu'ils acceptent la perspective d'un deuxième vote, comme cela avait déjà été le cas en 2002 pour le traité de Nice. La démocratie, c'est quand le peuple vote "bien"!