14.12.2009

PAS DE MINARETS ET APRES? par Jésus FRANCO

L'éruption revancharde et joyeuse qu'a provoqué dans les milieux nationalistes et identitaires le résultat de la votation suisse sur les minarets laisse entrevoir un certain simplisme de cette mouvance dans son "combat contre l'islam", voire même une cécité partielle quant aux problématiques posées par cette religion.UDC.jpg Bien sûr, il est sapide et délectable de voir les habituels thuriféraires de la sacro-sainte démocratie se muer en gorgones anti-peuple dénonçant les "dangers populistes" de la pratique du référendum. Mais, à contrario, on pourrait tout autant s'amuser des farouches réactionnaires élitistes et autres chantres de l'autocratie, habituellement grands pourfendeurs des aberrations et des ridiculités du principe démocratique, se faire, pour l'occasion, les avocats véhéments du caractère sacré et indiscutable du choix majoritaire. On ne gagne pourtant jamais rien à adapter ses principes aux circonstances. Passée donc la superficielle satisfaction du pied de nez adressé au "politiquement correct" se pose la question primordiale du bilan de cette décision. L'interdiction de la construction de minarets va-t-elle faire diminuer le nombre d'immigrés en Suisse, va-t-elle endiguer la pratique de l'islam et renforcer l'identité helvétique en détournant, par exemple, la jeunesse de la drogue et de la techno pour la diriger vers les églises et les temples ? Bien sûr que non. Le seul mérite de cette votation est de forcer l'ouverture d'un débat jusque là maintenu sous le boisseau. En aucun cas elle ne peut être considérée comme une réponse satisfaisante à celui-ci. Ce rejet de l'expression architecturale la plus visible du développement de l'islam ne peut qu'entretenir les musulmans dans une posture victimaire tout en donnant des arguments supplémentaires aux plus radicaux d'entre eux, et ce sans régler aucune des questions de fond. Pour se pencher politiquement, et non épidermiquement, sur l'islam, il faut avoir le courage et l'honnêteté de poser comme préalable que cette religion ne sera jamais "rejetée à la mer", éradiquée de façon totale et absolue du sol européen. Ce constat n'est nullement une démission ou une résignation mais, au contraire, la base d'une politique volontariste, concrète et efficace et non simplement incantatoire. C'est par la foi, l'évangélisation, la culture et l'identité réelles et vécues que l'on peut s'opposer efficacement à l'expansion excessive de l'Islam, pas par des interdictions administratives. La "Reconquista" ce n'est pas et ce ne sera jamais obtenir l'annulation d'un permis de construire d'une mosquée afin qu'un supermarché ou une discothèque soient bâtis à sa place. Car l'islam, religion patriarcale, traditionnelle et "archaïque", ne peut nullement être intrinsèquement, ontologiquement, l'ennemi numéro 1 des "révoltés contre le monde moderne", des militants anti-libéraux et réfractaires au progressisme et à la festivocratie obligatoire que nous sommes. Le danger de l'islam, c'est sa massification et sa transformation en force politique à volonté hégémonique. Une fois encore, la clef du problème se situe donc dans le "nombre", la "proportion" de musulmans par rapport à l'ensemble de la communauté et la solidité de celle-ci. C'est donc bel et bien l'immigration- la gestion des flux de populations- qui est le centre et le nœud causal de la problématique actuelle et non la religion musulmane "en tant que telle".Ne nous trompons pas d'adversaire prioritaire et posons-nous les questions suivantes: Qui menace le plus notre vision du monde, le musulman pratiquant ou la racaille acculturée et sous-humanisée par MTV ? Avec qui avons nous le plus de chances d'entamer un dialogue productif et utile sur les questions d'identité, d'immigration et de retour concerté au pays: avec le musulman soucieux de ses traditions et de ses origines ou avec l'ectoplasme à demi assimilé au modèle occidental du relativisme et du pognon ? L'islam, pratiqué par des communautés numériquement limitées, n'est ni plus ni moins antagoniste de nos valeurs que le bouddhisme, le "new age", l'évangélisme, le judaïsme ou, pire encore, l'athéisme consumériste doublé de culte de la technique et du progrès qui tient lieu de spiritualité à la très grande majorité de nos contemporains "de souche".Ce que nous refusons, avec la plus implacable conviction, ce n'est pas "l'islam", religion digne et respectable, mais l'importation de masses allogènes, quelles qu'elles soient, qui atomisent la société et rendent impossibles l'idée même de cohésion collective, de solidarité réelle et de conscience communautaire. Utiliser la lutte contre l'islam comme biais principal (et comme cache sexe !) de l'opposition à l'immigration est non seulement une erreur, c'est aussi une faute. N'inversons pas la hiérarchie des problématiques. Les flux migratoires incontrôlés, l'indifférenciation marchande et le multi-ethnisme sans âme, voilà les ennemis. Encore une fois, ne nous trompons pas de combat et cessons de prendre une succursale bancaire comme exemple de nos luttes et de nos espoirs. (Source: voxnr.com)

 

07.12.2009

A QUI PROFITE L'INTERDICTION DES MINARETS EN SUISSE? par Théo von Büren

Rarement une votation populaire n’avait soulevé une telle vague de passions. De mémoire, seules les votations historiques sur les questions liées à nos relations avec l’Union Européenne avaient su susciter tant d’émois, et l’objet en était certes autrement plus digne de polémique. À première vue, l’on pourrait s’amuser de la tournure des débats.AmmanMinaret01.jpg D’un côté, assistons au délire de l’UDC, qui a laissé libre cours à sa paranoïa en brandissant le spectre d’une “islamisation” de la Suisse. Nous pourrions effectivement moquer cette analyse saugrenue en rappelant que les musulmans représentent à peine 5% de la population suisse et que la plupart d’entre eux sont issus de territoires à forte tradition laïque (Balkans, Turquie). D’autre part, les opposants à l’initiative n’ont su opposer qu’un argumentaire geignard, droitdelhommiste et compliqué d’arguties juridiques. Nous furent servis de savants avis de droit qui ont argué de cette initiative la violation de la Convention Européenne des Droits de l’Homme. À cet égard, il faut affirmer avec force que rien n’est plus légitime que la décision souveraine et démocratique d’un peuple libre et indépendant, et que rien ne saurait y être opposé ! La signification véritable de cette initiative a donc été largement éludée. Car l’initiative anti-minarets n’est qu’une étape de plus dans la diabolisation de l’Islam qui a cours depuis le 11 septembre 2001. La dernière affiche en date de l’UDC, représentant les trois conseillères fédérales voile accompagnées de citations misogines de Mahomet (la droite “conservatrice” jouant la carte du féminisme, il fallait vraiment qu’ils manquent d’arguments !), montrent bien que cette question des minarets n’est qu’un prétexte, un leurre grossier pour tenter, une fois encore, de monter les citoyens les uns contre les autres sur la base d’une querelle vidée de son sens. Le sens politique de cette stratégie est très clair, et elle n’est pas le propre de l’UDC. De nombreux partis à travers toute l’Europe ont trouvé dans l’islamophobie un fonds de commerce particulièrement rémunérateur, et ces partis – comme par hasard – sont presque tous engagés sur la ligne libérale, suivant ainsi le modèle américain jusque dans ses paranoïas et ses délires huttingtoniens. Il ne s’agit au fond que de la banale stratégie du bouc émissaire, qui vise à fédérer la communauté nationale qui se délite contre un ennemi commode fabriqué de toutes pièces pour la circonstance. Après le juif et le communiste, c’est aujourd’hui le tour du musulman d’incarner la cinquième colonne infiltrée dans notre société pour la subvertir. Il est tout à fait vrai que le lien social s’effiloche, que l’amour de la patrie est aujourd’hui regardé d’un œil soupçonneux par la police de la pensée, que les valeurs traditionnelles sont battues en brèche par les marchands du temple et que l’identité nationale est l’objet de tous les contresens. Pourtant, on est en droit de se demander si l’Islam est responsable de cette situation déplorable. Albert Camus disait fort justement que mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde. Nous serions tentés d’ajouter que mal nommer son ennemi, c’est faire le jeu objectif de ce dernier. Car l’islamophobie ambiante n’est qu’une stratégie du leurre, un rideau de fumée masquant les nuisances du véritable ennemi : le libéralisme. C’est l’individualisme jouisseur promu par la société de consommation qui est responsable du délitement des valeurs morales. Qui passe sur nos écrans, s’affiche sur nos murs et tente chaque jour de faire sa place dans nos préaux, Paris Hilton ou Mahomet ? Comme l’a relevé le socialiste Didier Berberat il y a quelques semaines lors d’un débat à Neuchâtel (en présence de Tariq Ramadan et de Dominique Baettig), si l’on doit légitimement avoir peur des symboles d’une nouvelle colonisation rampante, alors commençons par démonter les centaines de McDonald’s qui se sont imposés dans toutes les régions de notre pays ! Comme nous l’avons dit plusieurs fois, ceux qui, dans les quartiers à forte présence immigrée, amènent le désordre, la violence et la délinquance, ne sont pas des musulmans en puissance – ce sont, au contraire, des “Américains en puissance”, shootés à la propagande télévisuelle de l’argent facile, du repli égotiste et du communautarisme. C’est la logique libérale qui est derrière ce libre-échange qui affaiblit les nations et les réduit à l’état de coquille vide. Qui empiète sur la souveraineté des Etats-Nations et leur impose des politiques néfastes ? Le grand Califat ou bien les instances antidémocratiques de la gouvernance mondiale (OMC, FMI, UE) ? Qui est responsable de la misère du tiers-monde et pousse à l’immigration massive des peuples du Sud vers les pays du Nord ? Est-ce le fruit d’un complot ourdi dans une grotte pakistanaise ou bien le résultat de politiques néo-impérialistes menées par les pays occidentaux ? Répondre à ces quelques questions, c’est comprendre que l’Islam est un faux problème. L’islamophobie est un symptôme, et non un remède. (Source voxnr.com)

09.11.2009

ENTRETIEN AVEC CLAUDIO MUTTI

En Italie, ainsi que dans d’autres pays européens, il existe une relative coopération entre certains courants musulmans et certains mouvements de droite radicale. En Allemagne (1), au contraire, la plupart des nationalistes sont critiques, sinon hostiles, vis à vis de l’islam. Quels sont, à votre avis, les motifs de cette différence ?
Numriser0003.jpgEn Italie, l’extrême droite (les néo-fascistes ou ce qu’on nomme la droite radicale) est d’opinions diverses, confuses et souvent contradictoires. Certaines composantes de cette nébuleuse on toujours eu une position explicitement philo-islamique. Les raisons de cela sont dues à divers facteurs. Premièrement, le souvenir de la solidarité historique qui unit le fascisme et le national-socialisme aux peuples musulmans. Ensuite, la présentation favorable de l’Islam que donnèrent les penseurs traditionalistes et tout particulièrement Julius Evola. Enfin, la manifestation de l’Islam, à partir des années 1970, comme une force spirituelle et politique en lutte contre le même ennemi.
Cela étant, à l’intérieur de cette nébuleuse, il faut noter l’existence de comportements quasi-schizophréniques qui consistent à adopter des positions philo-musulmanes ou philo-arabes concernant l’Irak ou la Palestine et des positions anti-musulmanes ou anti-arabes concernant l’Italie, où l’immigration est dénoncée comme une « invasion islamique », à cause d’une perception irrationnelle et émotionnelle de celle-ci. Naturellement, cette schizophrénie expose les militants de l’extrême droite et de la droite radicale au risque de devenir les alliés objectifs de la droite de gouvernement, qui est philo-américaine et philo-sioniste, et hostile aux véritables intérêts européens.

La société multiraciale et multiculturelle est, sans aucun doute, un danger pour l’Europe…
Le modèle sociale communément nommé « multiculturel » est en réalité monoculturel, parce qu’il promeut l’hégémonie, sinon l’existence exclusive, d’une culture unique : la civilisation occidentale, celle des États-Unis. Le modèle occidental, qui a été imposé à une moitié de l’Europe en 1945 et à l’autre en 1989, considère l’islam comme son ennemi prioritaire. « Pour l’Occident, écrit Samuel Huntington, le véritable problème n’est pas le fondamentalisme islamiste, mais l’islam en lui-même. »

Il se dit que l’islam n’est pas concerné par les différences raciales. Un accroissement de l’influence musulmane en Europe pourrait donc accroître la tendance au métissage…
L’islam affirme de manière radicale la primauté du facteur spirituel sur le facteur biologique. Cela ne signifie cependant pas que l’islam ne reconnaisse pas les différences raciales et n’en tienne pas compte. La doctrine islamique relative à cette question se trouve résumée dans le verset 21 de la sourate XXX du Coran où l’on peut lire « La diversité de vos langues et de vos couleurs sont aussi un signe. » L’islam considère donc que « langues et couleurs » sont des marqueurs de l’identité culturelle et raciale comme des « signes divins ». Ce n’est pas un hasard si Ludwig Ferdinand Clauss, qui dans Rasse und Charakter (1936) avait exposé la composante psycho-anthropologique du fait racial, est devenu musulman, comme l’est aussi devenu un autre théoricien de la race, Johannes von Leers.

On nous dit que l’islam est une religion très agressive qui n’accepterait pas l’existence des autres religions. Julius Evola défendit l’idée d’un Imperium supra-national et supra-confessionnel. Mais l’islam peut-il tolérer d’autres religions en concurrence avec lui ?
Historiquement, à chaque fois que l’islam est devenu la religion dominante d’un pays, il a reconnu l’existence des autres religions et a garanti à leurs membres la protection et l’autonomie. Dans l’Empire omeyyade les chrétiens furent respectés au point qu’un de leur futur saint, Jean Damascène, devint ministre du Calife ; dans l’Espagne musulmane fleurit la culture des chrétiens mozarabes ; dans l’Empire ottoman, le patriarche orthodoxe était considéré de même niveau qu’un ministre du sultan et la communauté chrétienne bénéficiait de l’autonomie la plus large qui soit ; dans l’Inde de la dynastie Moghol, les hindou et les bouddhistes étaient légalement considérés comme des « gens du livre » et bénéficiait de ce fait de privilèges particuliers ; aujourd’hui, dans la République islamique d’Iran les chrétiens et les zoroastriens ont des sièges de députés qui leurs sont réservés au Parlement. En ce qui concerne Julius Evola, son opinion concernant l’islam était très positive. Dans Révolte contre le monde moderne, il écrit que l’islam est une « tradition d’un niveau supérieur à toutes les croyances qui ont conquis l’Occident ».

L’idée eurasiste est bien connue en Italie et dans quelques autres pays européens, en Allemagne elle est quasi-ignorée. Seule notre revue, Junges Forum, a tenté de faire connaître la pensée d’Alexandre Dougine. Pensez-vous que le projet eurasiste soit réalisable ? Quelles sont les idées, en dehors de la géopolitique, qui peuvent unir l’Eurasie ?
Jusqu’à la deuxième guerre mondiale, des États nationaux comme l’Allemagne, l’Italie ou la France étaient de taille suffisante – en terme de territoire, de population et d’économie – pour être indépendants. Maintenant, seules sont indépendantes les entités politiques qui disposent d’une dimension continentale. Karl Haushofer avait annoncé cela dès le début du XXème siècle en énonçant le concept géopolitique du bloc continental eurasiatique de Dublin à Vladivostok.
Cela étant, il ne faut pas oublier que si l’idée du Kontinentalblock eurasiatique est née d’une nécessité géopolitique, il a des fondements plus profonds dont l’origine se trouve dans l’unité spirituelle de l’Eurasie. Une unité qui transcende la multiplicité des formes culturelles.

Indépendamment de nos gouvernements qu’est-il possible de faire ?
La « pars destruens » de notre action doit consister à exposer l’essence anti-européenne de la notion d’Occident, qui a pour but de perpétuer la subordination de l’Europe aux États-Unis et de creuser un profond fossé entre l’Europe et le reste du continent eurasiatique. Il faut dénoncer la thèse du « choc des civilisations » pour ce qu’elle est : un instrument idéologique de l’impérialisme yankee qui vise à déclencher une série de guerres en Eurasie au profit des États-Unis. Si un « choc des civilisations » devait exister, ce ne serait pas celui qui opposerait l’islam au christianisme, mais la civilisation eurasiatique à la barbarie nord-américaine.
Notre « pars construens », doit être de créer une conscience eurasiste en utilisant le contenu des œuvres qui montrent l’unité spirituelle de l’Eurasie. Je ne pense pas seulement à celles d’auteurs traditionalistes comme Guénon et Evola, mais aussi aux travaux de spécialistes en histoire des religions comme Mircea Eliade et Giuseppe Tucci, d’historiens comme Franz Altheim et Lev Gumilev, de théoriciens classique de l’eurasisme comme Nikolaï Troubetskoï et Petr Savickiï.

L’idée eurasiste peut-elle être vu comme une renaissance de l’esprit du Saint-Empire médiéval ?
Avec Charlemagne, le Saint-Empire romain unifia l’espace compris entre la mer du Nord et la Méditerranée, entre l’Ebre et l’Adriatique. Avec Frédéric II, que Nietzsche qualifia de génie, un empereur qui parlait latin et allemand, grec et arabe et qui écrivait des poèmes en italien, le Saint-Empire fit un premier pas en direction d’une synthèse eurasiste après être entré en possession de Jérusalem grâce à une politique de « paix et d’amitié avec l’islam » (Nietzsche). Le grand Staufen réunissait dans sa propre personne les caractères d’un empereur romain, d’un roi germanique, d’un basileus byzantin et d’un sultan musulman. Ce n’est pas par hasard que les musulmans le comparaît à Alexandre de Macédoine qui le premier chercha à unir l’Europe et l’Asie. Aujourd’hui, à l’aube du troisième millénaire, l’idée eurasiste irradie le même esprit impérial sur tout le grand espace compris entre l’Atlantique et le pacifique.

notes

1 – Cet entretien a été réalisé par la rédaction de la revue NR allemande Junges Forum.
Claudio Mutti, qui milita à Jeune Europe dans les années 1960, est journaliste, écrivain et éditeur. Il est le rédacteur en chef de l’édition italienne de la revue Eurasia.

22.10.2009

UNE QUESTION DE VALEURS par Christian BOUCHET

L’affaire Roman Polanski, puis l’affaire Frédéric Mitterrand, auront sans doute eu un avantage inattendu, celui de procéder, une fois de plus, à un partage des eaux. Ainsi, a-t-on pu voir la totalité des islamophobes médiatiques, les dénonciateurs habituels du voile, des atteintes portées au droit des femmes, etc., les Alain Finkielkraut, les Caroline Fourest, et tous les autres, se ranger, comme pour la parade, derrière Polanski et Mitterrand. Bouchet.jpgDans le même temps, toutes les structures musulmanes qui comptent ont dénoncées les agissements pédophiles du cinéastes et du ministre. Le site Oumma.com, par exemple (et ce n’est qu’un exemple parmi de très nombreux autres), s’est indigné de « l’indécence » de Mitterrand « s’apitoyant devant les caméras sur le cas Roman Polanski » avant de dénoncer « la tour d’ivoire des nantis décadents » et « l’immoralité qui frappe ces intouchables du pouvoir, lesquels sont à ce point dénués du sens de l’honneur qu’ils ne démissionnent jamais. » Sensiblement au même moment, un club de football de sensibilité musulmane a eu le courage de faire ce qu’aucun club de gaulois n’avait jusqu’alors osé : refuser de jouer un match contre une équipe revendiquant haut et fort son inversion sexuelle. Me sont alors revenues à l’esprit ces lignes de Gilbert Comte, parues dans le numéro du printemps 2006 du magazine Eléments : « Quand à la droite, mes propos sonnent sans doute à ses oreilles comme du chinois ou du bambara. Aux familles bourgeoises apeurées qu’elle rassemble parfois électoralement, je souhaite seulement d’avoir encore assez d’énergie pour produire des “grands frères” sourcilleux comme il faut l’être sur l’honneur, à commencer par celui des filles. L’immigration a transplanté aux périphéries de nos villes des peuples restés encore très traditionnels. Ils y subissent depuis trente ans l’agression d’un modernisme destructeur sous toutes ses formes, à commencer par la permissivité et la domination de l’argent. Si la droite clabaudeuse avait été autre chose que ce qu’elle est, c’est-à-dire un ramassis de petits bourgeois bruyants mais apeurés, c’est là qu’elle aurait envoyé des missionnaires, afin d’y lever des secours. Mais il lui aurait fallu une audace qu’elle n’imagine même pas dans ses ronrons de nonagénaires. » Comme en écho, je me suis aussi souvenu qu’Alain Soral, alors qu’il était encore au Front national, s’était risqué à écrire: « La culture musulmane ne produit pas des délinquants drogués et suicidaires, mais des hommes élevés dans des valeurs. Des valeurs de dignité et de respect qui ressemblent beaucoup, finalement, à celles qu’on inculquait aux hommes de France, et à moi-même, avant la déferlante du néo-matriarcat à l’américaine importé par mai 68. » Je n’en tirerai nullement la conclusion que nous devrions baisser la garde face à l’islam, et tout particulièrement face à certaines de ses manifestations les plus rétrogrades et les plus contraires aux mœurs européennes, mais je ne peux m’empêcher de penser, une fois de plus, que nous ne devons pas nous tromper dans la désignation de l’ennemi. Rappelons le, encore et encore, l’ennemi principal, ce n’est pas celui que le système nous désigne, ce n’est pas celui que l’on pourrait nommer l’ennemi de confort (l’immigré, le musulman, la femme voilée, etc.), mais c’est le système en lui-même et ses suppôts, ses Finkielkraut et ses Fourest... Si la mouvance nationale ne prend pas garde à cela, elle finira comme la droite hollandaise anti-immigrée que sa haine de l’islam a conduit successivement à se donner à un homosexuel militant puis à un ami d’Ariel Sharon et d’Ehoud Olmert. Certains en prennent déjà le chemin, on l’a vu le week-end passé en Provence, pour ma part je n’en serai pas. (Source: voxnr)

 

05.10.2009

ENTRETIEN AVEC JEAN-MARIE LE PEN - Propos recueillis par Nicolas Gauthier, Kamel, Abdelaali et Jonathan

C’est le plus ancien en grade et en fonction. Total respect, donc. Surtout au vu de ce qu’il a à dire à nos lecteurs. À ceux qui s’étonneront qu’aucune question ne lui ait été posée quant à la tambouille politicienne, cette seule réponse : c’était aussi le but de l’opération ! LE%20PEN.jpgL’homme ayant vécu, de près et de visu, tant de bouleversements relevant désormais plus de l’histoire avec un grand “H” que de la politique avec un petit “p”, on ne le dérange pas, juste façon de savoir ce qui fait la différence entre le Modem et le Nouveau centre, et autres scissions toutes plus groupusculaires les unes que les autres, qu’elles grenouillent ou non à droite ou à gauche de l’échiquier électoraliste… Bref, on lui parle d’autre chose. On tente d’élever le débat vers d’autres sphères qui, comment dire, relèvent davantage de la géopolitique et de la civilisation que de l’actuel brouet que les médias nous servent, matin, midi et soir jusqu’à indigestion .D’où ce long entretien, à l’occasion duquel l’homme livre ce qu’il a sur le cœur.

 

Dès la chute du mur de Berlin, vous avez été l’un des premiers hommes politiques à avoir pris acte du fait que le monde avait changé en profondeur et que les cartes allaient être redistribuées…

Les choses ont changé c’est certain, et la fin de la Guerre froide n’a pas toujours été intégrée, ni dans les esprits, ni dans les déterminations politiques. L’émergence des puissances nouvelles, les phénomènes de migration massive, transforment la donne géopolitique mondiale. Ces derniers ont défini des solidarités nouvelles. En ce sens, il y a un certain temps que ce mouvement d’union, par ailleurs adultéré par l’Union Européenne, s’étend jusqu’aux pays slaves, participant ainsi à la multipolarité du monde avec des pays qui nous sont proches. Évidemment, cela n’induit pas d’agressivité à l’égard d’autres pays, en particulier ceux du Sud, mouvement qui nous a longtemps permis de nous tenir relativement à distance de la politique américaine. Le choix par les Français d’élire Nicolas Sarkozy s’est traduit par une option tout à fait différente en ce domaine ; c’est la raison pour laquelle nous sommes dans l’opposition, et en passe, d’ailleurs, d’être les derniers opposants.

À l’époque, Mikhaïl Gorbatchev aurait dit aux Américains, juste après la chute du mur : “Nous venons de jouer le tour le plus pendable qui soit, nous vous avons privés de votre principal ennemi…” D’où la stigmatisation de l’islamisme, sorte de diable de substitution ?

C’est tout à fait ça. D’ailleurs, dans quelle mesure ce diable n’est-il pas instrumentalisé par la politique américaine ? Son émergence évidente participe plus, à mon avis, d’une poussée démographique que religieuse. Je crois que les aspirations de puissance de certaines nations, naturelles, pas forcément politiques et calculées, prennent le canal religieux parce qu’il est le moins vulnérable. Moi, j’ai milité pour que nous ne rompions pas les liens traditionnels de la politique française avec les pays de l’islam, qui restent d’ailleurs très différents, très divisés, derrière une Oumma qui est en fait beaucoup plus de façade que de réalité. Même le monde arabe est profondément divisé. D’ailleurs, les maîtres de la manipulation diplomatique que sont les Britanniques ont toujours affirmé que c’est un monde qui ne serait jamais unifié. C’est ce qui m’a amené personnellement, alors que je ne connaissais aucun Irakien, à prendre des distances de plus en plus grandes avec les États-Unis et la politique qu’ils menaient dans le Moyen-Orient. J’ai appliqué le même raisonnement aux relations avec l’Iran. Ce pays n’a pas à être diabolisé, même s’il ne faut pas se montrer naïf pour autant, sachant que les nations ont leurs propres égoïsmes, leurs propres intérêts. Il ne s’agit pas de donner dans les sentiments, mais pas non plus de les écarter systématiquement des relations internationales. Je n’ai pas été suivi, c’est le moins que l’on puisse dire.

 

En 1990, quand vous prenez position contre la Guerre du Golfe, vous êtes minoritaire même au sein de votre propre mouvement, ou en tout cas au bureau politique…

En tout cas ça ne s’est pas manifesté. [Rires]. La première expression de ma position a été une tribune publiée par Le Figaro, intitulée “Qu’allons-nous faire dans cette felouque ?” À partir de cette démarche, et profitant de la sympathie qu’elle entraînait chez les Irakiens, je me suis rendu à Bagdad rencontrer le président Saddam Hussein, ce qui m’a permis d’obtenir la libération de nombreux otages. Pas des otages français, mais européens, parce que le gouvernement français a tout mis en œuvre pour empêcher que j’en sois le bénéficiaire politique. De même, quand j’ai ramené ces otages, mon avion a été détourné, sur ordre du gouvernement français, de Strasbourg à l’aéroport de Bâle. Nous avons été accueillis par des policiers avec chiens, casques et pistolets-mitrailleurs. Ensuite, les événements ont pris la tournure que j’avais prévue, et l’Irak s’est avéré être un guêpier sans issue.

 

Puis, le martyre du peuple irakien : deux guerres, l’embargo…

Cataclysme auquel nous n’avons pas été indifférents puisque nous avons créé l’association SOS Enfants d’Irak, il y a plus de dix ans, présidée par ma femme Jany, qui, d’une antenne de Bagdad, s’occupe aussi du sort des enfants irakiens réfugiés en Jordanie.

 

La chose est peu connue, mais on dit qu’aux pires moments de la guerre entre l’Iran et l’Irak, vous avez aussi joué les intermédiaires, les messieurs “bons offices” entre ces deux pays…

C’est tout à fait exact. Je pense qu’ils ont été tous les deux victimes de manipulations américaines et que cette guerre a été suscitée, entretenue et aggravée par les États-Unis et Israël. Mais, dans ces histoires de Moyen-Orient, il n’est pas forcément nécessaire de les diviser, de les séparer l’un de l’autre…

 

Revenons-en à l’islamisme. À la faveur de la guerre en Afghanistan, les États-Unis n’ont-ils pas été le principal financier de l’islamisme ?

Pire, après avoir financé l’islamisme, ce sont les Américains qui ont en quelque sorte “créé” les Talibans tout en offrant, sur un plateau, l’arme nucléaire au Pakistan. Maintenant ils sont aux prises avec leur propre créature…

 

Un peu comme en 1945, quand les USA ont armé l’URSS contre l’Allemagne, pour ensuite se retourner contre Joseph Staline…

Absolument ! Comme à Cuba, où ils ont laisser faire Fidel Castro contre Fulgencio Batista pour le retrouver ensuite comme ennemi.

 

C’est une manie, chez eux ! Déjà, au Vietnam, ils avaient financé le général Giap contre les Français…

Il y a des gens dont c’est le métier de vendre des armes. S’il n’y a pas de guerre, comment veut-on faire du commerce ? Cette relance alternative leur permet de faire des affaires !

 

 Quand les Américains nous vendent, clefs en main, un choc de civilisations entre Occident et Orient, le véritable choc ne serait-il pas plutôt entre les sociétés marchandes et mercantile ?

Tout à fait, ce clivage est essentiellement incarné par les Anglo-Saxons. On peut ainsi considérer qu’il y a des divergences fondamentales de conception de la vie et du monde. Ce qui fait la différence entre nous et eux, c’est peut-être que nous travaillons pour vivre alors que d’autres préfèrent vivre pour travailler. La politique étrangère, en tout cas celle qui peut avoir un avenir, s’articule autour d’un certain nombre de réalités. Il faut des intérêts communs, des risques communs et des sentiments communs. Je crois que les espaces de relations et d’influences que je définis paraissent plus proches et réalistes que ceux qui nous sont proposés. Le rôle qui nous a été assigné par le président Sarkozy, c’est celui du petit toutou en laisse qui est chargé d’aboyer face aux adversaires, alors que j’ai sans doute une plus grande ouverture d’esprit aussi, une plus grande pratique des autres peuples.

 

Vous avez également beaucoup voyagé…

Oui. Mais il y a un autre fait à prendre en compte : la France a toujours eu un autre niveau de relations avec les autres nations. Mais, paradoxalement, le fait d’avoir été plus affectifs, plus humanistes, plus proches des peuples, ne nous a pas forcément rendus plus sympathiques. Je me souviens qu’en Égypte, au moment de l’opération de Suez, en 1956, les Britanniques, qui avaient toujours agi avec brutalité dans la répression, avaient plus de prestige que nous n’en avions. Et à la limite, ils étaient moins détestés que nous. Dans l’amour il y a toujours un reproche : on n’en fait jamais assez. Tandis que la posture anglo-saxonne, dans sa froideur et sa distance, fait qu’on n’en attend rien ; donc, on n’est pas déçu.

 

Un peu comme la France et l’Algérie, sorte d’histoire d’amour contrariée.

Avec aussi beaucoup d’aveuglement. En 1957, quand j’ai présenté la candidature d’Ahmed Djebbour à Paris, aux élections législatives, Jacques Soustelle, me dit : “Mais vous n’y pensez pas ? Vous rendez vous compte ? Vous présentez un Arabe à la députation à Paris”, un tel discours, alors qu’il est le symbole de l’Algérie française ! Je lui assure que ça me paraissait être dans la logique de la politique que nous définissions alors, mais il ne m’écoute pas !

 

L’Algérie française sans les Algériens, donc…

C’est ça ! Et je choisis un candidat qui me semble représenter le rêve de cette Algérie commune : il est marié selon la loi française, selon le code civil, ce qui est relativement rare à l’époque dans des milieux de classe moyenne. Seuls les grands bourgeois, quelquefois, ont cette pratique. Je pousse ma logique assimilationniste. Elle est de jouer le jeu, que je crois possible, mais ça ne correspond pas à ce que souhaitent beaucoup de puissants. On l’a bien vu avec la politique du général De Gaulle, qui dit oui à l’Algérie française, et le “Je vous ai compris”. Moi, je pense que, pour la France, c’est un atout fantastique que d’avoir le pied sur deux continents différents. Nous avons les possibilités d’un développement exceptionnel et corrélatif. Ça aurait été une autre aventure. Malheureusement, je n’ai guère été suivi…

 

Quel jugement portez-vous sur Hugo Chavez, le président vénézuélien ?

Le poids de l’Histoire est très fort, ainsi que le poids des cultures. Je pense que le continent hispanique a plus d’affinités naturelles avec l’Espagne, même si les relations ont parfois été douloureuses. Mais la France peut être appréciée en Amérique du Sud, malgré la barrière de la langue. Bien sûr que nous devons utiliser ce qui nous reste de prestige auprès de ces pays, ce qui est lié à des choses mystérieuses d’ailleurs, à l’Histoire et au catholicisme. Il y a une attitude générale du monde latino-américain qui a quand même été la grande déception du XXe siècle. Ces pays présentaient un potentiel exceptionnel et, malgré des réussites incontestables, telle l’émergence du Brésil, c’est tout de même assez décevant par rapport à ce que l’on pouvait attendre d’eux. L’Argentine et le Chili sont restés, dans le fond, des puissances régionales.

 

Il faut dire que la doctrine Monroe leur interdit d’être des puissances politiques, et quand elles essaient d’y arriver, il y a toujours un putsch…

Il est vrai que les Américains leur tiennent sévèrement la bride. Mais il est étonnant de voir l’hispanité reconquérir aux États-Unis les territoires qui leur ont été volés. C’est la Reconquista !

 

Vous avez été très lié avec l’ancien Premier ministre turc islamiste Necmettin Erbakan. Peut-on en savoir plus ?

Il n’était pas pour l’entrée de la Turquie en Europe. Il avait une autre conception de la grandeur, plus ottomane qu’européenne. C’est assez compréhensible, même si cela heurte de plein fouet les intérêts anglo-saxons qui, en 1918, ont dépecé la Turquie, lui confisquant au passage tout son pétrole… J’ai toujours eu des relations assez amicales avec la Turquie, j’ai dû être un des premiers marins à naviguer sur leurs côtes. C’est un peuple courageux et travailleur. Mais ils ont plus d’affinités avec les Allemands qu’avec nous, comme on disait à la Légion étrangère. Ce sont des maîtres dans le travail du fer, du bois, du cuir. Ils maîtrisent la création d’objets, plus que nous. Pour résumer la personnalité de Necmettin Erbakan, il faut savoir qu’il s’agit d’un religieux, très profondément croyant, persuadé comme moi que l’islam risque de se corrompre dans la fréquentation ou dans l’intimité d’un Occident décadent.

 

Aujourd’hui, Israël paraît se croire absolument tout permis. Même en Afrique du Sud, aux pires heures de l’Apartheid, les Afrikaners ne faisaient pourtant pas endurer aux Noirs le centième de ce qui se passe à Gaza…

Ce serait insulter les Afrikaners que de faire cette comparaison. La doctrine afrikaner, aussi contestable qu’elle ait pu être, et contestée historiquement, était quand même une proposition de développement séparé et non pas d’hostilités poussées aux extrêmes. C’est sûr que le traitement réservé aux Palestiniens est absolument scandaleux.

 

Entre les murs, les blocus, les eaux usées qu’Israël déverse sur Gaza, plus grosse concentration démographique, prison à ciel ouvert, ça fait beaucoup. Et quand ils se révoltent un petit peu avec leurs roquettes en carton, ils se font ratonner…

Dès que l’on dit cela, on est immédiatement pris pour cible. En France, on ne peut plus rien dire ! Rappelez-vous quand j’ai dit que Bienvenue chez les Ch’tis de Dany Boon était un film médiocre et sans importance, j’ai cru qu’on allait me refaire le procès du “détail” !

 

Pourtant, un “raciste” présumé qui est ami avec Dieudonné, ça devrait faire réfléchir…

Cette réputation de racisme a été fabriquée. La première fois que j’ai été élu député, mon deuxième de liste était Noir. Je ne suis pas raciste. Sur le plan personnel, je reconnais la dignité et la capacité individuelles de gens différents issus de races différentes. Cela étant, je demeure un adversaire de l’immigration de masse et, plus encore, adversaire de ces grands mouvements migratoires qui, je crois, contribuent à déstabiliser l’équilibre des sociétés.

 

C’est mauvais pour les pays d’accueil, mais aussi pour ceux d’origine. Ainsi comptons-nous plus de médecins béninois en Île-de-France qu’au Bénin… C’est vrai. Ce phénomène crée un monde cosmopolite, de gens souvent coupés de leurs racines, n’ayant plus les qualités de leurs origines, et beaucoup des défauts de l’endroit où ils se trouvent.

 

L’immigration de masse, on peut la voir comme une forme raffinée de l’esclavagisme. Parce que finalement, avant, acheter des esclaves ça coûtait beaucoup d’argent. L’esclave, il fallait le nourrir, le loger, le soigner et il travaillait le moins possible, faute de “plan de carrière”. Désormais, ce sont les esclaves qui viennent tout seuls pour se faire exploiter ! C’est finalement la forme la plus raffinée de l’esclavagisme ?

D’une certaine manière, c’est vrai. Mais de la part du pouvoir, c’est plus une politique de lâcheté, d’incapacité d’affronter les problèmes. Il est certain que l’antiracisme est devenu une religion à laquelle on fait dire n’importe quoi et à partir de laquelle on déclenche toutes sortes de comportements qui me paraissent asociaux. On dit que les Américains ont trouvé en ce domaine des méthodes de sélection inédites : le mur du Rio Grande serait ainsi fait pour être franchissable par des jeunes hommes de 20 à 40 ans, mais pas par les autres, trop jeunes ou trop vieux…

 

Ce qui est paradoxal justement, quand on voit les mouvements antiracistes en France, c’est qu’ils servent de caution morale à des actions assez ignobles. Quand on voit qu’au lieu de payer normalement des Français, on sous-paye des clandestins, donc qui ne peuvent pas être syndiqués, sans se poser la question de savoir si ces gens-là sont heureux chez nous – parce que le déracinement n’est jamais un bonheur –, il y a quelque chose d’assez malsain dans tout ça, non ?

Cette action en faveur des “sans-papiers” est une revendication sûrement sincère chez un certain nombre de gens, même fondée sur cette sorte d’injustice que vous dénoncez ; mais la vie elle-même est injuste. À partir de cela, on a théorisé une opposition entre races, parfois aggravée par la différence des religions. Et puis, il y a eu aussi toutes ces indépendances mal négociées ayant débouché sur tant d’espoirs déçus. Alors, oui, je suis respectueux du droit des hommes, mais j’aimerais bien aussi qu’on soit respectueux des droits des Français de souche. Je suis un Français de souche, je ne vais pas m’en excuser. Ça ne me rend pas pour autant agressif à l’égard des autres Français de branche qui, à mes yeux, méritent de l’être par les efforts qu’ils ont faits pour le devenir ou le rester. Ce n’est pas évident… On sait ce que cela peut représenter de souffrance, l’insertion dans un autre pays.

Vous avez été le premier homme politique d’envergure à avoir demandé, en 1987, l’annulation définitive de la dette des pays sous-développés…

C’était en effet lors d’une conférence de presse. À croire qu’en cette matière, j’ai également été un précurseur. Mais à mon sens, il s’agissait d’une mesure de justice élémentaire.

 

 Dieudonné affirme que, tout bien réfléchi, cette décolonisation hâtive a été pire que la colonisation et que c’est à cette époque que le véritable pillage de l’Afrique a commencé…

Sur le pillage des ressources, je crois qu’il faut essayer d’être objectif. Il y a des ressources qui ont été exploitées par les Occidentaux, mais qui n’auraient pas pu l’être par ces peuples qui n’avaient pas le niveau technique, ni les moyens d’investissement suffisants pour mettre leurs richesses en valeur. Alors bien sûr, la sagesse aurait voulu que tout cela fût géré avec plus de compréhension.

 

Et avec un meilleur sens du partage, aussi ?

Sans aucun doute. Même si la violence et la guerre sont les accoucheuses de l’Histoire, le résultat est décevant. C’est moins vrai au Maroc et en Tunisie, mais quand on regarde l’Algérie par exemple, où pourtant il a été donné un patrimoine considérable, y compris le Sahara qui n’était pas algérien et ses ressources en gaz et en pétrole, eh bien, il faut dire que là la poussée démographique a tout bousculé. La population est de plus en plus nombreuse et la gestion du pays ne correspond pas à un développement harmonieux.

 

Vous développiez tout à l’heure une vision continentale de l’Europe, quasiment boréale, allant jusqu’aux peuples slaves. Mais pour le Celte que vous êtes, on sent aussi qu’il y a un amour de la Mare Nostrum, parce que, si on résume un peu les choses, toutes les civilisations sont nées autour de la Méditerranée : l’écriture, Homère, les philosophes, les religions révélées…

On a tenté cette synthèse. C’est son échec qui me conduit à essayer de développer une autre forme d’association. Je crois que les conflits laissent des cicatrices qui ne sont pas toujours faciles à effacer, et des blessures pas toujours faciles à guérir compte tenu du fait que c’est l’intérêt politique d’un certain nombre de gens que de les rouvrir en permanence.

 

D’autant plus que si l’on regarde plus loin dans l’histoire, la France a bien plus fait la guerre aux Prussiens, aux Hongrois, aux Anglais, aux Allemands qu’au Maghreb et au Proche-Orient.

À la limite, les guerres peuvent aussi rapprocher. Prenez le cas de l’Allemagne et de la France, j’affirme que le sentiment anti-allemand était moins fort après la Seconde guerre mondiale qu’il ne l’était avant. Pourquoi ? Avant ce conflit, les peuples allemand et français n’avaient l’un de l’autre qu’une appréhension chimérique, artificielle, médiatique. Alors que là, il y a eu cohabitation en quelque sorte. C’est-à-dire que nous avions battu les Allemands, ils nous avaient battus, on s’était rebattu ensemble bien souvent. Mais on a vu notre débâcle en 1940, et la leur en 1944. Il y a eu un million et demi de prisonniers français en Allemagne pendant quatre ans, ils travaillaient dans des fermes… Et il y a eu l’équivalent de prisonniers allemands en France après la guerre. Ce jour-là, ils se sont aperçus qu’il y avait effectivement peu de choses qui les séparaient ; qu’ils avaient à peu près les mêmes conceptions familiales, sociales. Et donc il a fallu soixante ans d’efforts, de matraquage politique, pour maintenir les Allemands, d’abord dans leur humiliation – ils s’y prêtent d’ailleurs assez bien –, et puis qu’on recrée un stock de sentiments hostiles. Il faut savoir que ce ne sont pas les faits qui forgent les relations, c’est la relation de ces faits. Or, un Français, quelle appréhension a-t-il de la Seconde guerre mondiale ? Eh bien le cinéma, les films ! Il ne sait pas ce qui s’est réellement passé. Mais il croit savoir ce qu’il a vu au cinéma. Il y a même un certain nombre de gens qui, comme ça, sont convaincus qu’ils ont été résistants. Ils se voient avoir fait dérailler les trains, etc, alors qu’ils étaient dans leur lit ou sous leur lit !

 

Et puis à l’époque, tout le monde courait après les tickets de rationnement, comme l’écrivait le défunt Michel Audiard…

J’ai été jugé pour avoir tenu des propos aussi peu orthodoxes sur ces questions. J’ai dit au juge : “Madame, écoutez, soyons raisonnables ! Mettez-moi donc de la prison ferme, j’ai besoin de trois mois pour lire, écrire un peu, cessons cette hypocrisie des mois de prison avec sursis !”

 

Je vous ramène à l’immigration, à la France, à l’islam, phénomène d’après vous davantage lié à la poussée migratoire démographique qu’à un simple problème religieux ?

Quand il y avait 400 000 ou 500 000 musulmans en France, il y avait une mosquée, personne n’en réclamait d’autre. Maintenant il y a des réclamations constantes, souvent suscitées par les maires afin d’augmenter leur clientèle électorale. Un peu comme Sarkozy, qui professe l’opinion dominante du problème venant d’être soulevé. Il est très vert en ce moment, parce qu’il a vu le succès d’Europe-Écologie aux dernières élections européennes. Il était aussi très tricolore en 2007… Cet homme est toujours à disposition !

 

Ce que certaines personnes peuvent reprocher aux mosquées, c’est d’abord de ne pas s’inscrire dans l’architecture traditionnelle…

Je dirais qu’il y a là une volonté provocatrice, en particulier des musulmans sous influence wahhabite. Ces espèces de grands blocs à la manière du Sacré-Cœur de Montmartre. Ces grandes mosquées financées par l’Arabie Saoudite, que l’on voit à Singapour, à Hong Kong, partout dans le monde. C’est sûr que cela peut apparaître incongru dans le paysage où s’inscrivent ces fantaisies architecturales. C’est très curieux, mais près de Grenoble, sur un terrain industriel, il y a un endroit où voisinent trois mosquées. L’une est marocaine, l’autre algérienne, la dernière kurde ou iranienne. L’architecture n’est pas provocatrice, relativement modeste avec petits minarets. Mais nous sommes déjà en plein communautarisme…

 

Parlons franchement : y a-t-il incompatibilité entre les cinq piliers de la foi musulmane – profession de foi, cinq prières quotidiennes, ramadan, charité du vendredi, pèlerinage une fois dans sa vie à La Mecque – et le mode de vie français ?

À mon sens, aucune. En principe, les religions chrétiennes étaient religions de paix, de fraternité et d’amour. Ça n’a pas empêché les catholiques et les protestants de s’égorger des siècles durant, tel qu’en Irlande aujourd’hui encore. Ainsi, le fait qu’il y existe un islam pacifique ne signifie pas pour autant qu’il le restera toujours. Et dans ces affaires, il ne faut pas non plus surestimer l’ingrédient religieux. La guerre d’Algérie n’a jamais eu de caractère religieux. C’était un mouvement laïc, nationaliste, socialiste.

 

Pour les populations issues de l’immigration, le retour à la culture religieuse d’origine, ça aide aussi au maintien de l’ordre public ?

Sûrement. Mais pour aller plus loin, sachant que les médias jouent à nous faire peur avec l’islamisme, je me demande, moi qui suis iconoclaste, dans quelle mesure le terrorisme islamiste n’a pas été imaginé pour freiner l’expansion islamique.

 

En tout cas, si le 11 septembre est l’affaire des islamistes, c’est qu’ils sont plus nigauds que la moyenne…

C’est encore l’une des choses auxquelles je ne crois pas. Il y a un certain nombre de choses auxquelles je ne crois pas…

 

C’est votre côté Bigard, on va dire…

Oui, mais je suis plus que Bigard ! C’est mon côté voltairien : en matière d’Histoire, le doute doit être constant. Donc, si on me dit ceci, monsieur, c’est une chaise [dit-il en désignant la table basse de son bureau], je ne le crois évidemment pas. C’est pourquoi j’ai peine à imaginer que cet attentat si sophistiqué ait pu être conçu dans une grotte d’Afghanistan.

Par des Talibans en mobylette ?

Non que je ne croie les Orientaux capables de monter des coups, mais celui-là était quand même très peaufiné…

 

Et on ne peut pas dire qu’il ait servi la cause de l’Islam dans le monde…

C’est pour ça qu’à titre d’hypothèse, je pense qu’après tout, peut-être que des gens ont pu imaginer

 

Claude Imbert écrit dans Le Point “Je dois avouer qu’effectivement je suis assez islamophobe…” À croire qu’il s’agit d’une nouvelle mode médiatique…

 

Je crois à ce que je vois. Et ce que je vois autour de moi, ce sont des musulmans intégrés à la vie sociale, très souvent par l’artisanat plus encore que par le commerce. Parce que le commerce les met quelquefois en relation avec leurs propres coreligionnaires. Alors que l’artisanat les place au contraire dans un milieu différent. La vérité m’oblige ainsi à remarquer que leurs réactions sont souvent celles de Français de souche.

 

Lesquelles consistent souvent à râler contre le fisc et ’administration…

Et à en avoir assez d’être persécutés par les impôts, de se poser le problème de savoir combien c’est difficile de laisser les filles sortir le soir, etc. Alors, qu’ils aient une religion, la nôtre ou la leur… Moi, les descendants de l’immigration, je les considère avec respect. Le dernier jour de la campagne européenne, nous avons conduit les journalistes au Parc Astérix, mais sans qu’ils le sachent. Alors on leur donne rendez-vous au siège du Front, on va vers l’autocar qui va nous amener, mais ils ne savent pas où. À ce moment-là, paf ! Un camion d’éboueurs de la mairie communiste de Nanterre, avec deux superbes Noirs derrière, habillés en jaune, qui en passant font “ho ! ho !” Et les journalistes me disent : “Mais vous les connaissez ?” Je leur dis que non, mais qu’eux, ils me connaissent ! Ils étaient soufflés. Mais j’en ai cinquante exemples du même acabit…

 

On reproche souvent aux gens de droite d’être pessimistes. Dans ce registre, pensez-vous que c’était toujours mieux avant et que ce sera pire demain ?

L’autre jour, je lisais un livre, Un fil dans le tapis, de François Suarez d’Aulan, officier de réserve au 8e RPIMA, consacré à l’histoire de sa famille, laquelle remonte à l’an 800, en Espagne. Les Suarez, c’était une grande famille aristocratique française. Il raconte qu’à la prise de Cordoue ou de Séville, on trouva le drapeau musulman, abandonné, mais sur lequel était brodée la formule “Dieu est toujours le vainqueur”. C’est à ce moment que sa mère dit au dernier roi musulman d’Espagne, Boadil : “Pleure comme une femme ce que tu n’as pas su défendre comme un homme…” Alors, moi je suis comme le bœuf qui traîne sa charrue dans son sillon. Le bœuf ne sait pas le rôle qu’il joue dans la galaxie, mais il traîne sa charrue.

 

 Rien n’est donc jamais inutile dans la vie ?

Rien n’est inutile, rien n’est jamais perdu. Les choses peuvent changer. Le pire, c’est de n’être pas. Et, surtout, d’être infidèle à soi-même. La vie est courte : on ne peut pas toujours rencontrer les gens qu’on souhaiterait. Il y a en place des forces colossales qui tiennent le monde, qui imposent leur vision et qui ont organisé la haine des Arabes et des musulmans contre moi, ce qui est tout de même assez pittoresque pour qui connaît mon passé !

 

Où veut-on aller ?

C’est une question que tous les êtres humains se posent, quelle que soit leur religion…

 

En Occident, maintenant, les gens ont peur de mourir. Les musulmans, eux, ont plutôt peur d’aller en Enfer. Mais comme c’était le cas chez nous autrefois…

Oui, mais on ne peut pas généraliser. Je crois qu’il y a là une gamme de réactions très variées, mais que, par discrétion, par prudence, les musulmans n’expriment pas. Et puis il y a aussi les réactions d’en face de l’adversaire. Un ami athée m’a dit : “Si on voulait virer les types de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, [les catholiques traditionalistes, NDLR] moi j’irais faire le coup de poing pour les défendre…” En fait, c’est exactement ça. Lui ne va pas à la messe, il ne croit pas en Dieu, et il veut les défendre. C’est cette solidarité naturelle entre les êtres humains qui présente une certaine valeur morale. Ils respectent un certain nombre de critères communs. Pour nous, un homme loyal, c’est un homme loyal dans n’importe quel monde. Un voleur, c’est un voleur. Un salaud, c’est un salaud. Et ça, ça nous rapproche terriblement les uns des autres.

 

À ce compte, pensez-vous que le nationaliste de demain puisse être aussi issu de l’immigration

J’ai affirmé un jour, alors qu’on disait “mais qu’est-ce qui arriverait si il y avait un soulèvement des banlieues ?”, que c’est peut-être le général Ben Barek qui réduirait les insurgés. La formation civique des jeunes de banlieue, mais aussi des autres, a été abandonnée ; à l’école, d’abord, puis par l’abandon de la conscription à l’armée. Or, à l’armée, on apprend plus sûrement à ne pas être raciste qu’à l’école, parce que nous étions tous camarades de combat. Et ça, c’est irremplaçable. Je dois avouer qu’en ce sens, la France n’a pas été à la hauteur. Il suffit de voir Hervé Morin, l’actuel ministre de la Défense… Encore un dont les seules balles qu’il ait entendu siffler à ses oreilles étaient des balles de tennis ! Ces mecs, réformés ou objecteurs de conscience, n’ont jamais vu un fusil de leur vie.

 

Êtes-vous conscient que nombre de Français issus de l’immigration aient pu théoriser et intégrer l’idée d’un nouveau nationalisme ?

J’en suis convaincu. Je dirais, sans enlever le mérite de ceux qui le font consciemment, que c’est sociologique et naturel, quand vous n’avez plus ou si peu de liens avec le pays d’origine. Ma théorie, c’est de dire que vous ne devez pas avoir honte ou peur parce qu’il y a déjà beaucoup de vos frères en religion en terre de France. Ils sont les combattants des guerres passées. Un jour, je rencontre un garçon nommé Toscano, violoniste. Je lui demande : “Vous êtes d’où ?” Il me répond qu’il est de Vannes. De Vannes, avec un prénom pareil ? Et là, il me répond : “Je suis de Vannes parce que mes parents sont enterrés à Vannes…” Voilà une bonne réponse ! Je suis très critique à l’égard du pouvoir français. Parce que l’attitude de compromis avec les jeunes, en particulier les marginaux, est condamnable. Les jeunes, il ne faut pas les laisser aller. Moi je suis un partisan de la fessée pour les enfants. D’ailleurs, un jour j’ai vu à la télé un père musulman à qui l’on disait “Oui, mais comprenez, on va retenir les allocations familiales, parce que vous ne tenez pas vos enfants”. Et le malheureux d’expliquer : “Mais comment voulez-vous que j’éduque mes enfants ? Quant on donne une claque à l’un de nos enfants, l’assistante sociale, le psychiatre, le psychologue nous menacent de procès. Comment voulez-vous faire ?”

 

C’est une volonté de destruction de la famille, aussi ?

Là, on peut trouver une grande communauté avec ceux qui respectent ces valeurs ; qu’ils aillent à l’office le dimanche ou le vendredi. D’ailleurs, qui pourrait mieux rapprocher chrétiens et musulmans que la notion de Dieu ? Celle de la vie éternelle. Voilà qui constitue quand même l’essentiel de la vie. Mais, pour les raisons que vous savez, tout est fait au contraire pour nous séparer ou nous opposer au maximum.

Lors de la grande psychose de l’entre-deux tours, en 2002, les autorités musulmanes sont les seules à n’avoir pas pris parti. Ils ne vous ont pas attaqué, ils n’ont pas appelé à voter Chirac.

Le fait est indubitable… Les autorités musulmanes se sont bien tenues, au contraire de tant d’autres…

Cela signifierait-il que certains musulmans manifestent plus d’intérêt pour l’identité nationale ?

Eh oui ! Et moi, j’apparais comme un vieux schnock dans cette histoire. Pour les médias, c’est “Oh, il est encore là celui-là ! il n’est pas encore mort ?” C’est ça, il n’y a plus d’idéal. C’est le monde que certains veulent, un univers de moutons consommateurs.

 

20.09.2009

ISLAM: AÏD MABRUK !

Les musulmans de France ont fêté ce dimanche la fête de l’Aïd al-Fitr, qui marque la fin du mois de jeûne de Ramadan. photo_1253452885145-5-0.jpgLa cérémonie à la Mosquée de Paris a, pour la première fois, été retransmise en direct à la télévision, sur la chaîne publique France 2. A cette occasion, CHRONIQUE DU TEMPS QUI PASSE présente tous ses vœux d’AÏD MABRUK à la communauté musulmane de France.

08.09.2009

BURQA: LE COMMISSAIRE A L'EGALITE ET A LA DIVERSITE DES CHANCES S'EXPRIME

Le débat sur la burqa est un «nouveau piège tendu» à la France, lâche Yazid Sabeg dans un entretien à paraître ce mardi dans le quotidien La Croix. burqa77.jpg Le commissaire à l’égalité et à la diversité des chances a été interrogé alors que la mission parlementaire sur la question du port du voile intégral, burqa et niqab, lancée en juin dernier, entame ses auditions ce mercredi. Selon lui, «la confusion qui est installée dans les esprits va encore perturber le vrai débat sur les vrais enjeux qui sont d'abord économiques et sociaux». Et de rappeler que les «vrais sujets» sont avant tout le chômage, le logement ou encore l’éducation dans les quartiers difficiles. Pas la peine, assure-t-il, de relancer une polémique qui va «rouvrir des frustrations, des antagonismes, des racismes alors qu'il faut au contraire rassembler les Français». D’autant que «la crise s'aggrave dans les quartiers, et les tensions sociales sont à leur maximum». «Va-t-on interdire de pratiquer le monokini sur la plage?» Pour Yazid Sabeg, le timing n’est pas anodin: le débat sur la burqa intervient «de nouveau avant les régionales, et c’est  par pur calcul politique, que certains élus de droite ou de gauche veulent relancer le processus». Reste que, selon lui, «l'Etat n'a pas à se prononcer sur les tenues vestimentaires des Français».

22.08.2009

ISLAM: DEBUT DU JEÛNE DU MOIS DE RAMADAN 1429

"Le premier jour du mois sacré de Ramadan pour l'an 1430 de l'Hégire correspondra au samedi 22 août 2009", E7C1C8814FAA6C20FD752EA3DA27CE.jpga annoncé Mohammed Moussaoui, président du CFCM, lors de la cérémonie de "la nuit du doute", à la Grande Mosquée de Paris.

A cette occasion, « Chronique du Temps qui passe » présente tous ses meilleurs voeux à la Communauté musulmane de France et lui souhaite un Ramadhan mabrouk.

 

19.08.2009

ISLAM: LE VOILE INTEGRAL, TOUT UN HOURVARI POUR SI PEU...

Véritable lame de fond qui s’est soudainement abattue sur les femmes musulmanes dans un tumulte politique indigne, le débat de toutes les divagations sur le port de la burqa et du niqab se voit enfin ramener à une rationalité salvatrice, qui a cruellement fait défaut jusqu’ici.burqa.jpg Loin du péril vert claironné à grand renfort d’émissions réunissant le gotha de l’élite bien-pensante, seulement 367 femmes musulmanes revêtues du voile intégral ont été recensées sur l’ensemble du territoire national, des données concrètes émanant de la non moins indiscutable sous-direction de l’information générale (SDIG), au sein du ministère de l’Intérieur. Une telle battue médiatique stigmatisant l’islam et les musulmans, dans un hourvari aussi vainement bruyant pour … moins de 400 femmes ! La République va-t-elle donc si mal que cela, qu’elle doive livrer à la vindicte populaire des boucs émissaires tout désignés ? Enfonçant le clou, une deuxième note de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) vient tordre le cou aux lancinants fantasmes occidentaux que de vils esprits exaltent sciemment, en observant que ce signe vestimentaire distinctif relève d’un phénomène très marginal, qui ne concerne que des jeunes femmes (moins de 30 ans), vivant le plus souvent en milieu urbain, et qui, loin d’être asservies, ont fait ce choix librement.

Alors, que reste-t-il de cette bourrasque parlementaire peu glorieuse qui a déferlé sur l’Assemblée Nationale, balayant opportunément toutes les divergences, et emportant dans son sillage le plus haut sommet de l’Etat, le Président Nicolas Sarkozy en personne ?

Un élu, André Gérin, qui tente de sauver la face en récusant jeudi matin, sur les ondes de RMC, les estimations chiffrées des services du ministère de l’Intérieur, trahissant son trouble à travers une piètre échappatoire : savoir quels fondamentalistes se cachent derrière chaque musulmane portant le voile intégral… Une classe politique, une médiasphère, des intellectuels pétris d’arrogance, qui se sont discrédités en exacerbant les pires préjugés.

Enfin, une commission d’information parlementaire, dont la vocation intrinsèque échappe, qui se ridiculiserait à vouloir légiférer. (Source: oumma.com)

 

17:38 Publié dans Islam | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : islam, burqa

21.07.2009

ISLAM: L'ETAT RUSSE AIDERA A LA FORMATION DES IMAMS

L'Etat aidera les organisations religieuses musulmanes de Russie à créer leur propre système d'éducation et de formation des imams, a déclaré le président russe Dmitri Medvedev lors d'un entretien avec les muftis.Medvedev.jpg Le président russe a déclaré que l'éducation et l'instruction musulmanes étaient appelées à jouer un grand rôle, notamment dans la lutte contre l'extrémisme. "Nous nous rendons compte de l'importance pour nos organisations religieuses d'avoir leur propre système de formation des imams et des enseignants. L'Etat poursuivra son soutien dans ce domaine", a indiqué M.Medvedev. Selon le président russe, l'éducation musulmane est un sujet de préoccupations à part. "Elle est importante non seulement pour la communauté religieuse, mais aussi pour l'Etat", a estimé M.Medvedev

 

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