26.08.2008
JULIUS EVOLA: CE QUI COMPTE AUJOURD'HUI
“Seul compte, aujourd'hui, le travail de ceux qui savent se tenir sur les lignes de crête : fermes sur les principes ; inaccessibles à tout compromis ; insensibles devant les fièvres, les convulsions , les superstitions et les prostitutions sur le rythme desquelles dansent les dernières générations.
Seule compte la résistance silencieuse d'un petit nombre, dont la présence impassible de “convives de pierres” sert à créer de nouveaux rapports, de nouvelles distances, de nouvelles valeurs, à construire un pôle qui, s'il n'empêchera certes pas ce monde d'égarés et d'agités d'être ce qu'il est, permettra cependant de transmettre à certains la sensation de la vérité - sensation qui sera peut-être aussi le déclic de quelque crise libératrice.” (Révolte contre le monde moderne).
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28.07.2008
JULIUS EVOLA: DE L'OPPOSITION ENTRE CIVILISATIONS MODERNES ET CIVILISATIONS TRADITIONNELLES
« L’opposition entre les civilisations modernes et traditionnelles peut être exprimée comme suit :les civilisations modernes sont dévoratrices d’espace, les civilisations traditionnelles furent dévoratrices de temps.
Les premières – les civilisations modernes – sont vertigineuses de par leur fièvre de mouvement et de conquête spatiale, génératrice d’un inépuisable arsenal de moyens mécaniques, capables de réduire toutes les distances, d’abréger tous les intervalles, de joindre en une sensation d’ubiquité tout ce qui est épars dans la multitude des lieux… Par contre, les civilisations traditionnelles furent vertigineuses en leur stabilité, en leur identité, en leur manière de subsister inébranlablement et immuablement au milieu du courant du temps et de l’histoire : en sorte qu’elles furent même capables d’exprimer, en des formes sensibles et tangibles, une esquisse de l’éternité. » (1968)
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17.07.2008
JULIUS EVOLA: LE MYTHE DE LA ROYAUTE FUTURE
« (…) Mais peut-être est-ce le Moyen Âge qui présente les formulations les plus prégnantes du thème dont nous parlons. La restauratio imperii romano-germanique et gibeline fut inséparable d'une série de légendes et de mythes où elle s’exprimait avec une force plus grande, acquérant une signification supérieure, transcendante, universelle.
Ici entrent d'abord en jeu les légendes du Graal. Comme nous l'avons montré dans l'un de nos livres, le noyau central de ces légendes n’a pas grand-chose à voir avec les divagations mystico-chrétiennes et romantiques de Wagner. Il s'agit essentiellement, ici, de l'attente de celui grâce auquel un royaume déchu renaît à une splendeur nouvelle. Le mythe impérial du Moyen Âge gibelin eut beaucoup d'autres variantes. Le thème dantesque de l'Arbre de l'Empire qui refleurit, s'y rapporte. Plus intéressante encore est l'idée de la « dernière bataille ». Elle se rattache au thème de l'interregnum, de la latence de la fonction royale. Une figure royale ou impériale - identifiée dans la légende à tel ou tel personnage historique - ne serait pas morte, en réalité., Elle se serait retirée en un lieu inaccessible (par exemple Frédéric Barberousse dans le Kyffhâuser) et attendrait son heure pour se réveiller et se manifester, afin de mener avec tous ceux qui lui sont restés fidèles une bataille décisive contre les forces du désordre, de l'injustice et des ténèbres. (…) »
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15.06.2008
JULIUS EVOLA: A PROPOS DU "PROGRES"
"Le « progrès » de l'histoire au delà du Moyen-âge se résume essentiellement par un développement anormal de l'élément bourgeois ainsi que des intérêts et des activités qui lui sont propres, par rapport aux éléments supérieurs de la hiérarchie médiévale : développement qui a pris les proportions d'un véritable cancer.
C'est le bourgeois qui a jeté le ridicule sur les idéaux de l'ancienne éthique chevaleresque. C'est le bourgeois qui, le premier, comme cette « nouvelle engeance » méprisée par Dante, a donné le signal de la révolte anti‑traditionnelle, usurpant le droit des armes, fortifiant les centres d'une puissance économique impure, arborant ses propres bannières, opposant à l'autorité impériale – avec les Communes – une prétention anarchique à l'autonomie. C'est le bourgeois qui, peu à peu, a présenté comme naturel ce qui, en d'autres temps, aurait semblé une hérésie absurde : l'idée selon laquelle l'économie est notre destin, le gain notre but, le marchandage et le trafic les seules formes d'action ; et puis l'idée que le confort, le bien-être, le welfare, sont l'essence de la civilisation." « Regime fascista » (3 avril 1934)
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