08.09.2009
LE PEN: CHRONIQUE D'UNE RETRAITE ANNONCEE
Le président du Front national devait officiellement garder son poste jusqu’au congrès de 2011 mais la date pourrait être avancée. Sa fille, Marine Le Pen, et Bruno Gollnisch sont sur les rangs pour lui succéder. Le leader frontiste, Jean-Marie Le Pen en meeting à Nice pendant la campagne européenne, le 3 juin. (Eric Gaillard / Reuters)
A 81 ans, Jean-Marie Le Pen annonce qu’il pourrait lâcher les rênes du Front national dès 2010, jugeant plus «raisonnable de passer la main». «Ce sera en 2011 ou 2010», hésite le leader d’extrême droite, invité de France 2. Officiellement, le président du FN devait conserver son poste jusqu’au prochain congrès du parti prévu en 2011, mais dont la date pourrait être avancée. «Sauf événement extraordinaire, j’ai autre chose à faire que la direction du Front national», a justifié Le Pen, qui a participé à cinq présidentielles depuis 1974. Interrogé sur une nouvelle candidature à la présidentielle de 2012, il a estimé «probable que non», renvoyant aux «militants et aux adhérents du FN» la responsabilité de trancher au congrès. Le Pen s’est gardé d’afficher sa préférence entre ses deux successeurs potentiels, sa fille Marine, reboostée par la municipale partielle d’Hénin Beaumont , début juillet, et l’autre vice-président du parti, Bruno Gollnisch. «Ca peut être en effet Marine, ça peut être Gollnish et ça peut être quelqu’un d’autre, il y a d’autres candidats, il paraît. On verra bien», a-t-il éludé.
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11.09.2008
LE PEN: LA SUCCESSION EST OUVERTE
Qu'on se le dise, la succession est ouverte! Jean-Marie Le Pen a en effet ouvert officiellement la voie à sa succession à la tête du Front national en annonçant qu'il ne souhaitait pas se présenter à l'élection présidentielle de 2012. Dans une interview à l'hebdomadaire Valeurs actuelles, le président du FN, âgé de 80 ans, confirme implicitement qu'il quittera la présidence du parti d'extrême droite en 2010, soulignant être "en responsabilité pour encore au moins deux ans.
" Après trente-six ans de règne sur le mouvement qu'il a fondé, Jean-Marie Le Pen ne se prononce pas directement sur sa succession à la tête du Front national mais marque sa préférence pour sa fille Marine, vice-présidente du FN. Il juge ainsi que sa benjamine "est plus proche des préoccupations des gens" que son principal rival Bruno Gollnisch, actuel numéro deux du parti, et qu'elle incarne davantage l'avenir. "Si la prochaine élection présidentielle a lieu en son temps, Marine aura 43 ans, Bruno 62 ans et moi 83 ans. Il faudrait des circonstances exceptionnelles pour que je sois candidat à nouveau", déclare-t-il. Prié de préciser s'il souhaite se représenter, il répond "non" tout en ajoutant qu'il pourrait changer d'avis en cas de "circonstances exceptionnelles" liées à la situation du pays. "J'ai déjà dépassé de vingt ans l'âge légal de départ à la retraite", explique par ailleurs le leader nationaliste à Libération. "Rien n'est fini mais je change de rôle", poursuit-il. Jean-Marie Le Pen se défend de ne pas penser à l'avenir de son parti et de ne pas préparer sa succession, comme l'avancent des politologues. "Il n'y a pas de vie réussie sans legs. Mais je ne favoriserai quelqu'un qu'en fonction de ce que je considérerai être l'intérêt du Front national", dit-il. Le président du FN, qui s'énervait jusque-là à la seule évocation du mot "retraite", confirme dans ses grandes lignes le calendrier qui avait été donné vendredi dernier par sa fille Marine, vice-présidente du parti. Il montre à présent son intention de piloter le changement. Un sondage paru dans Valeurs actuelles montre que Marine Le Pen est plébiscitée par les sympathisants FN, qui sont 76% à souhaiter qu'elle succède à son père, contre 14% pour Bruno Gollnisch et 7% au député européen Carl Lang. Ce dernier a indiqué qu'il briguerait la direction du FN si Bruno Gollnisch, qui s'appuie davantage sur l'appareil du parti, y renonçait. Jean-Marie Le Pen n'hésite pas à critiquer les rivaux de sa fille, soulignant que le numéro 2 du FN "est là depuis trente ans" et qu'il ne s'est peut-être pas mis en avant jusque-là "parce que c'est peut-être aussi un élément de sa personnalité."La crise que traverse le Front National ne semble pas en passe de cesser dans les prochains mois.
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