06.10.2009

ELLE EST AUX ORDRES DE SARKOZY, C'EST LA NOUVELLE EXTRÊME-DROITE... par Christian BOUCHET

Deux nouvelles récentes, ont confirmé une analyse que je faisais depuis plus d’un an : la mise en place par certains réseaux d’une extrême droite sarkocompatible. Il y a eu tout d’abord l’annonce que la deuxième Convention identitaire, qui doit se tenir à Orange, le temps d’un week end d’octobre, recevrait un hôte de marque : Yves-Marie Laulan, présenté dans un communiqué comme « économiste, démographe et géopoliticien. ». truclambda4cg9bf1.gif Ce que le communiqué omet de préciser, c’est qu’Yves-Marie Laulan a un pedigree conséquent de libéral atlantiste. En effet, notre homme a été un cadre important du Fonds monétaire international (FMI) puis de la Banque mondiale, avant de devenir chef du service des affaires économiques de l'OTAN… Ce sont des postes que l’on n’occupe pas par hasard et des fonctions que l’on n’obtient pas si on est soupçonné du moindre désaccords avec ces instances mondialistes.

 Les hommes et leurs idées changent, me direz vous. Ceci est parfaitement exact et l’on peut donc s’interroger : Yves-Marie Laulan est-il allé à Canossa ? Que nenni ! Notre homme, qui s’était porté volontaire pendant la guerre des Six Jours pour servir dans l'armée israélienne, affirme toujours haut et clair ses idées : ultra-libéralisme économique (il a, il y a quelque temps proposé la suppression de toutes les aides à l’emploi), soutien inconditionnel à Israël et haine de "l'extrême droite traditionnelle". Qu’il soit invité à prendre la parole à la Convention identitaire d’Orange est donc un signe fort : les idées qu’il défend et l’image politique qu’il véhicule sont « cachères » pour les « identitaires ».  Plus récemment, la presse a annoncé la création d’une Ligue du Sud derrière le maire d’Orange, Jacques Bompard, afin de présenter une liste en PACA aux prochaines élections régionales. Ce que les journalistes ont peu dit c’est que cette Ligue du Sud sera aussi présente en Languedoc-Roussillon où sa tête de liste sera, cette fois, un certain Richard Roudier, ancien membre de la direction d’Unité radicale et maintenant un de ceux qui dirigent le Bloc identitaire et organisent la fameuse Convention identitaire.

 La manœuvre là est claire et le quotidien Le Figaro, jouant contre son camp, l’a maladroitement éventée. Il a en effet révélé que dans les sondages pré-électoraux qu’à fait réaliser l’UMP en PACA, il est ressorti que, quel que soit son candidat, la droite sarkozyste arrivait en tête au premier tour (avec 31 à 34% des voix), devant le PS (27 à 29%), les Verts (14 à 16%), le MoDem (5 à 6%) et Le FN (12 à 14%). Ces sondages donnent le PS gagnant au second tour dans tous les cas de figure (avec 49 à 51% des suffrages), à la faveur d'une triangulaire avec le Front national (8 à 10 %). La seule possibilité de victoire pour l’UMP est donc d’éliminer le FN du second tour en le faisant passer sous la barre des 10 %. Cela n’est possible qu’en suscitant l’apparition d’une liste dissidente, marquée à droite mais qui donnera le moment venu les bonnes consignes de vote. La manœuvre est sensiblement la même en Languedoc-Roussillon. Ces deux nouvelles résument ce que sera la nouvelle extrême droite. D’un point de vue idéologique, elle sera libérale, européiste, favorable à la landerisation de notre sous continent et au démantèlement des nations, elle se réfèrera à l’occidentalisme et au choc des civilisations. D’un point de vue politique, elle tentera d’exister en jouant un rôle d’appoint électoral aux blocs centraux de la droite libérale.

Tout cela en fait bien sur une ennemie pour le mouvement national français dans son ensemble et tout cela donne raison à posteriori à mes mises en garde et à mes appels à la mise en quarantaine. L’ennemi était tapis dans nos rangs et peu nombreux étaient ceux qui en avait conscience. Maintenant au moins les choses sont claires et bien des yeux vont se dessiller. Christian BOUCHET (Source voxnr.com)

09.04.2009

LA LOGIQUE DE GUERRE DE NICOLAS SARKOZY par AGATHON

Voici un article qui date de trois mois, et qui, malheureusement est vérifié par l’actualité. Il a déjà été publié sur le site d’Egalité et Réconciliation de la région Normandie. Il mérite bien que nous le reprenions.

Voici quelques mois, au sujet de l’Iran, Monsieur Kouchner se présentait en va-t-en-guerre. En avait-il trop dit ? Le silence gêné du Président Sarkozy n’était pas un démenti.Sarkozy_bush.jpg

Aujourd’hui les faits éclatent au grand jour avec le projet d’installation de bases militaires françaises, notamment face à l’Iran. Monsieur Sarkozy, « Américain possédant un passeport français » et son ami Kouchner seraient-ils chargés d’une double mission ? :
- Précipiter l’Europe aux côtés des Etats-Unis dans un conflit avec l’Iran au Proche-Orient ;
- Verrouiller l’unité européenne le plus rapidement possible afin de stopper le risque de rapprochement entre le vieux continent et une Russie émergente.
C’est l’application pure et simple de l’archaïque politique américaine du « diviser pour régner » et du « déstabiliser pour intervenir ».

L’implication de la France aux cotés des Américains, par l’engagement d’une présence militaire et la volonté hystérique de bâcler la constitution des Etats-Unis d’Europe avant d’accéder pour six mois à la présidence, sont donc les deux volets d’une même logique de guerre arrêtée par Bush.

Cet alignement était prévisible dès l’instant où Sarkozy plaçait dans le poste si important des affaires étrangères l’atlantiste sulfureux Kouchner, seul défenseur officiel de l’intervention américaine en Irak (il faut d’ailleurs rappeler que Sarkozy s’était engagé à ne choisir comme ministre que des hommes ayant obtenu un mandat électif). L’intouchable ex-médecin, antimilitariste quand il s’agit de l’armée de son pays, serait-il commis aujourd’hui de fournir de la chair à canon ? L’implication croissante de nos troupes en Afghanistan en appui de la politique américaine n’est que l’illustration de cette rupture dans l’indépendance de notre diplomatie.

On peut comprendre l’inquiétude du monde industrialisé quant à la garantie de ses approvisionnements ; on peut admettre que les pays industrialisés, parlant d’une seule voix, décident de la mise en place d’une force opérationnelle de protection d’une zone dans laquelle transite la quasi-totalité de l’énergie mondiale. Cette solution eût pu faire fléchir les éventuelles velléités de l’Iran sur cette partie du Monde en associant à ce dispositif préventif, son allié russe. Le dispositif eut été plus dissuasif qu’une compromission sans poids.

Il est moins compréhensible qu’un Président n’ait pas évalué l’état de la force armée qu’il vient de démanteler, avant que de s’en servir comme fer de lance de sa politique de présence dans cette région sous tension. La Fontaine raillerait que la grenouille franco-hongroise veuille se faire plus grosse que le bœuf américain. On se souvient comment la grenouille du fabuliste a fini…Cette politique impulsive du revirement va avoir deux conséquences catastrophiques pour l’équilibre du vieux continent : - La première est d’engager la France à court terme et l’Europe à moyen terme dans un rapport de force dont elles sont les maillons faibles ; - La seconde va être de réanimer des tensions entre une Russie à nouveau présente sur l’échiquier politique et une Europe occidentalisée sans maturité politique et aux intérêts divergents.

La France maillon faible parce que son armée est sous dotée « budgétairement », sous dotée matériellement, en sous-effectif quantitatif et qualitatif.

La France maillon faible parce qu’elle est incapable de régler ses divergences intérieures ni même d’assumer sa propre sécurité (on l’a vu au moment des vagues d’émeutes ethniques de banlieues)

La France maillon faible car elle n’a pas le courage de s’attaquer au fond du problème créé par une immigration, en mal d’un eldorado inexistant, disponible au recrutement des réseaux fondamentalistes qui infiltrent le pays.

La stratégie de l’infiltration s’est pratiquée depuis plusieurs décennies en Afghanistan, en Afrique de l’Est, dans les archipels d’Extrême-Orient où règne la guérilla. L’Afrique est islamisée par l’installation d’écoles coraniques qui préparent des enfants d’aujourd’hui à être les soldats de l’islam, demain. « Un jour viendra où les peuples du sud envahiront les peuples du Nord et cela ne se fera ni amicalement ni pacifiquement » (Boumediene)

Les Français vont découvrir sous peu, hélas, et douloureusement le visage du terrorisme salafiste comme ils ont découvert voici quelques années, non sans stupeur, qu’un ouvrier modèle, discret, bon travailleur chez Renault était responsable de la tuerie de la rue de Rennes.

La France maillon faible parce qu’elle refuse d’admettre que l’immigration est l’agence de voyage qu’emploie aussi le terrorisme.

La France maillon faible parce que la détermination nationale est sapée depuis des décennies par l’idéologie du repentir, de l’anti- France, et par la démotivation de la jeunesse préparée au fatalisme de la régression.

L’Amérique a besoin de ce maillon faible pour asseoir sans partage son hégémonisme sur le Monde. L’implication de la France n’est donc que le fusible à court terme de la politique va-t-en-guerre d’une Présidence américaine qui se demande chaque matin en se rasant jusqu’où elle va pouvoir bluffer. Mais le rôle d’un fusible est de sauter à la place de l’installation principale.

L’étape suivante sera l’Europe déjà plombée par l’économie américaine. Sarkozy veut faire l’Europe tout de suite, quitte à faire un déni de démocratie, à mépriser l’avis des peuples. Il en va de l’intérêt Américain qui doit verrouiller l’essor européen avant que la Russie ait les moyens de s’y intégrer économiquement. En outre, l’enjeu stratégique est la façade méditerranéenne de l’Europe, Israël ne pouvant plus tenir longtemps cet emplacement capital entre l’Asie l’Afrique et l’Europe. (Lire Les clés de la guerre de Pierre Rossi, écrit en 1966 et toujours d’actualité.)

Une Europe bâclée par une constitution illisible ratifiée dans l’ombre des peuples et l’obscurantisme des signataires. Une Europe supranationale qui préside déjà au démantèlement des états et communautés nationales historiques. On vient de le voir avec la récente création de l’état du Kosovo quasiment imposée par la diplomatie américaine. Voilà résumée la méthode miracle sarkozienne pour vous ôter tous les maux de Bush. L’économie américaine a encore de beaux jours devant elle.

Mais c’est oublier que Vladimir Poutine, ayant assaini la Russie des mafias qui l’avaient porté au pouvoir a redoré le blason de son pays, motivé la conscience nationale de sa jeunesse et de son armée. L’Europe est le fusible « instrumentalisé » par Bush contre Poutine (comme le fut en son temps la révolte afghane dont un certain Ben Laden était le pion de la CIA) : la désastreuse affaire du sous-marin russe Kurks n’en est que la triste et peu médiatique provocation à la sauce américaine. Il y avait une logique de paix qui s’annonçait, au-delà des clivages idéologiques, avec la fin de la guerre froide, l’ouverture de la Chine à l’économie de marché, les échanges et la coopération technologique et surtout la mise en route d’un continent africain paupérisé par une décolonisation trop rapide. L’impérialisme américain n’en veut pas. D’où la campagne médiatique orchestrée chez les autres contre la Chine à l’occasion des J.O.

Le président Sarkozy a donc choisi une logique de guerre : celle de la fuite en avant, de l’arrogance ; celle de l’Amérique autiste à tous les avertissements de l’histoire et dont les propres armes se retournent contre elle : Ben Laden, 11 septembre, guerre d’Irak ; Autant d’échecs meurtriers - celle de la négociation et du troc avec le n’importe quoi (voyage de Kadhafi). Celle du camp qui va perdre. Grâce à l’oncle d’Amérique, déjà, « L’Europe a perdu l’Afrique ». C’est toute l’Europe qui risque d’être déstabilisée si un terme n’est pas mis à la politique atlantiste de Sarkozy. Le président Sarkozy ne doit pas quitter la tradition de paix de la diplomatie qui avait su donner à la France un rôle d’interlocuteur et de médiateur objectif apprécié de tous. Il doit tenir compte du fait que la ratification que la charte européenne n’a de valeur qu’après l’aval des peuples par voie de référendum. Il ne doit pas oublier que la dissuasion est l’arme de la paix. Si la diplomatie française ne reprend pas le langage rationnel qui lui permit pendant des décennies d’imposer la négociation à l’affrontement, si le peuple est rejeté de la démocratie, la paix en Europe et en France sera menacée. La seule différence entre Chamberlain en 1939 et Sarkozy en 2008, c’est que le premier croyait avoir sauvé la paix et que le second est en train de sauver la guerre que nous perdrons. Mais de toute façon, comme en 1945, la France et son peuple mais aussi l’idéal de paix qu’ils représentent seront les mutilés de l’histoire. Voilà pourquoi, au-delà des idéologies, La France doit devenir notre arme de Résistance commune contre la mondialisation, mais aussi notre flamme de l’espérance en la paix. Agathon

 

 

03.04.2009

LA FRANCE DANS L'OTAN ? C'EST LA SERVITUDE VOLONTAIRE par Maxime DUBLANC

Ainsi la France, toute honte bue, retourne au bercail atlantiste. Comme si l’intégration militaire était notre état naturel, l’indépendance gaullienne une simple parenthèse, et l’alignement sur les Etats-Unis le « destin » de la France. Bernard Kouchner se pâme littéralement à la perspective de ces noces atlantistes. Il martèle un oxymore de son invention avec la foi du charbonnier.otan.jpg « La France dans l’OTAN, écrit-il, c’est le choix d’un destin ». Au delà de cette étrangeté métaphysique, nous voilà sommés d’entonner un refrain éculé : les Etats-Unis, nos sauveurs d’hier, « nous ne pouvons les décevoir » demain. (« Le Monde », 17/03/09) Peu importe que les Etats-Unis, en l’occurrence, ne nous aient rien demandé. Et l’argument selon lequel on ne peut refuser à Barack Obama ce qu’on eût mégoté à George W. Bush est d’autant plus curieux qu’Obama est davantage susceptible de comprendre la position française.

Entre une hypothétique déception américaine et celle, inévitable, des peuples du Sud, le tandem Sarkozy-Kouchner a donc fait son choix. Celui de sceller, jusque dans les réunions d’état-major, notre mariage contre-nature avec une Amérique dont le rêve néoconservateur, au même moment, s’effondre avec fracas. Celui de célébrer d’émouvantes retrouvailles avec un Oncle Sam dont l’Amérique latine, de son côté, commence enfin à desserrer l’étreinte mortifère qui l’opprime depuis plus d’un siècle. Celui de s’aligner sur un impérialisme en crise fauteur de chaos au Moyen-Orient, au lieu d’assumer la vocation naturelle de la France, celle de partenaire privilégié d’un monde arabe hostile à la tutelle étrangère.

Au fond, c’est comme si on oubliait l’essentiel : le commandement intégré de l’OTAN est une machine de guerre. On nous présente comme une évidence la nécessité d’en faire partie. Mais pour quoi faire ? Le débat sur les avantages supposés de notre intégration n’est pas seulement fastidieux : il n’a aucun sens. A quoi bon obtenir des postes pour quelques généraux français si c’est pour servir de supplétifs ? Quel intérêt présente le débat technique sur les moyens si l’on n’est pas d’accord sur les fins ? Barack Obama veut sortir son pays du guêpier irakien : fort bien. Mais il veut aussi poursuivre la guerre en Afghanistan, tout en confessant son échec face aux talibans. Cette hésitation stratégique de la première puissance mondiale devrait inciter à la prudence. Rien n’y fait : sous l’effet d’un réflexe pavlovien, on a hâte de rallier la bannière étoilée.

Dans un vibrant plaidoyer pour l’intégration atlantique, Bernard Kouchner avance que la participation française eût été plus efficace, au Kosovo, si nos militaires avaient été associés aux « vrais centres de commandement ». Mais la question est plutôt de savoir si, demain, notre participation à un nouveau Kosovo sera opportune ou pas. Occulter cette question, c’est considérer comme allant de soi l’embrigadement de la France, au nom de l’OTAN, dans des opérations militaires étrangères aux impératifs de la défense nationale. « Nous ne devons pas nous laisser entraîner dans des guerres qui ne sont pas les nôtres », souligne justement Jean-Pierre Chevènement. Et cette erreur, qui risque fort d’être commise au nom de la lutte contre le terrorisme, « nous mettra à la merci de ceux qui tireront partie de ces assimilations abusives pour nous frapper, y compris sur notre sol » (« Libération », 11/02/09).

Une alliance militaire n’a de sens que si les alliés ont une vision commune de la menace qu’il s’agit de conjurer. Est-ce le cas aujourd’hui ? Il est stupéfiant de voir à quel point nos gouvernants ont oublié - ou plutôt veulent qu’on oublie - la signification profonde de la décision prise par le général de Gaulle en 1966. Le sort du monde était suspendu à l’affrontement entre les blocs, l’Amérique engagée au Vietnam, le Tiers Monde en effervescence. En sortant la France de la gangue atlantique, de Gaulle voulait conjurer les affres de la bipolarité et tendre la main aux peuples du Sud. La France reconnut la Chine populaire, dénonça l’intervention américaine en Asie (discours de Phnom Penh), amorça la détente avec l’URSS. Sortir de l’Alliance ? De Gaulle n’y a jamais songé. Mais en refusant de laisser les forces françaises sous commandement américain, il donnait sa crédibilité à une politique étrangère indépendante et à son plaidoyer pour un monde multipolaire.

A entendre les partisans de l’intégration, les choses ont fondamentalement changé depuis les années 60. Maniant le truisme avec brio, ils nous expliquent que le monde d’aujourd’hui n’est plus celui d’hier. Assurément ! Le pacte atlantique puisait sa légitimité dans la perception d’une menace venant de l’Est. Fruit de la guerre froide, l’OTAN enrôlait l’Occident sous la bannière américaine. Son véritable moteur, c’était la peur : celle du communisme et de son incarnation historique, l’ours russe. C’est pourquoi de Gaulle s’employa doublement à secouer ce carcan : en dialoguant avec Moscou et en quittant le commandement intégré. Aujourd’hui, quelles menaces justifient cette alliance militaire ? A l’affrontement des blocs, nous dit-on, se serait substitué la menace diffuse exercée par le terrorisme d’inspiration jihadiste. Mais en quoi l’appareil militaire de l’OTAN permet-il de le combattre ? Si la solution au problème était militaire, il y a belle lurette qu’on l’aurait trouvée. Le fiasco afghan illustre cette contradiction.

Le retour de la France au bercail atlantiste, qui plus est, a lieu au pire moment. Loin de consacrer une réforme de l’Alliance dictée par la fin de la guerre froide, il conforte une dérive désastreuse. Embourbée en Afghanistan après avoir matraqué la Serbie, l’OTAN apparaît comme le bras séculier d’un Occident vassalisé par une hyperpuissance en crise. « Les circonstances ont bel et bien changé, observe Nicolas Dupont-Aignan. Mais cela souligne l’audace visionnaire du général de Gaulle : l’émergence d’un monde multipolaire. Il serait donc complètement contre-productif pour la France, qui a vu juste avant tout le monde, de se renier, notamment face aux pays émergents trop souvent qualifiés d’adversaires par la doctrine américaine du choc des civilisations » (« Le Monde », 20/02/09).

L’on ne cesse de s’interroger, au demeurant, sur le périmètre et les missions de l’Alliance. «  On peut résumer la problématique, explique l’historien Frédéric Bozo, en se demandant si les alliés voudront continuer dans la voie qu’ils suivent depuis quelques années et qui est celle d’une double globalisation, géographique (élargissement à des pays comme l’Ukraine et la Géorgie, mise en place de partenariats avec des pays non européens comme le Japon) et fonctionnelle (élargissement des missions de l’OTAN au delà de la stricte défense collective) ». (« Le Monde », 11/03/09) En d’autres termes : faut-il, oui ou non, que cette alliance militaire continue à intervenir tous azimuts, dans le sillage d’une Amérique convaincue de sa mission planétaire ? Et faut-il qu’elle s’implique davantage dans une lutte contre le terrorisme dont la définition est délibérément extensive ?

Paradoxe qui n’est qu’apparent, ce débat ressemble à s’y méprendre à celui de 1966. « Que l’Alliance atlantique se perpétue dans l’hypothèse, de moins en moins vraisemblable, d’une agression soviétique, soit. Mais qu’elle entraîne la France dans toutes les aventures où pourront s’engager les USA, c’est ce que refuse le général de Gaulle. Car, grisés par leur puissance militaire et suivant leur chemin habituel, les Etats-Unis entendent faire régner partout leurs conceptions », lit-on dans « Combat » le 12 mars 1966. Mais le choc des civilisations, lui non plus, n’est pas une idée nouvelle. Dans « Le Figaro » du 11 mars, André François-Poncet dresse l’inventaire hallucinant des menaces qui pèsent sur l’Occident : « Mao-Tsé-Toung est un autre Hitler. A sa place peut surgir un Gengis Khan, un Tamerlan, un Mahomet qui, muni d’armes atomiques, entraînera les populations affamées d’Asie et d’Afrique à l’assaut des peuples nantis et prospères, à l’assaut des Blancs et de leur civilisation. »

Le plus cocasse, c’est que cet enrôlement de l’Alliance au service d’une croisade mondiale a aussi pour effet de ressusciter la guerre froide. De la « révolution orange » à la crise géorgienne en passant par le bouclier anti-missiles, Washington a réussi cet exploit : relancer la course aux armements avec Moscou. La Russie, qui réarme à grande échelle, n’a pas manqué de le faire savoir à la veille du sommet de l’OTAN. Et c’est le moment choisi par Paris pour annoncer la réintégration des forces françaises ! Crédité d’une certaine sympathie pour Vladimir Poutine, le président français pourra-t-il infléchir les positions de l’Alliance ? Il faut être naïf pour le croire. Comme le rappelle Hubert Védrine, « on ne peut pas citer de cas au cours des dernières décennies où un pays autre que les Etats-Unis ait eu une influence importante dans l’Alliance parce qu’il était intégré » (« Le Monde », 17/03/09). A supposer bien sûr que l’exécutif français en ait la volonté, au risque de « décevoir » nos amis américains.

La désillusion sera également au rendez-vous s’agissant d’une « réforme de l’Alliance » dont on parle depuis quarante ans sans en avoir vu la couleur. Formule lancée par Kennedy, « l’Alliance à deux piliers » est restée lettre morte. Elle suppose que les Européens (le second pilier) soient en mesure de définir une position commune sur des sujets qui sont de véritables pommes de discorde. Le tropisme atlantique de la Grande-Bretagne rendait déjà l’exercice quasiment impossible. L’élargissement de l’UE aux pays de l’Est en a fait une véritable gageure. Pour rendre l’Alliance plus européenne, encore faut-il esquisser une « Europe de la défense ». Mais la plupart des Etats-membres, ayant renoncé à tout effort militaire, préfèrent la protection du parapluie américain. Et ce n’est pas en rendant l’Europe plus atlantique qu’on rendra l’OTAN plus européenne. L’exécutif français veut nous bercer de cette illusion, mais personne n’est dupe, et surtout pas les Américains.

Reste à se demander, du coup, quelles sont les raisons profondes du réalignement français. Un argument souvent invoqué fait valoir que le président actuel parachève une évolution amorcée sous ses prédécesseurs. Ce n’est pas totalement inexact. La SFIO était viscéralement atlantiste et François Mitterrand dénonça la décision du général de Gaulle en 1966. Elu président, il emprunte des accents gaulliens lors du discours de Cancun (1983), mais se rallie à la coalition onusienne à direction américaine lors de la guerre du Golfe (1991). Simultanément, « en 1990-1991, il a testé auprès des Américains l’idée d’une réforme de l’Alliance préalable à tout changement de la position française, soit le contraire de ce qui est fait aujourd’hui » (Hubert Védrine).

« Pour François Mitterrand, résume l’universitaire Louis Gautier, le retour complet de la France dans l’OTAN se résumait à une formule : « Nous bougerons quand l’OTAN changera ». Après 1995, Jacques Chirac tente une autre approche  : « Nous allons bouger pour faire changer l’OTAN ». Il conditionne alors la réintégration de la France au rééquilibrage de l’Alliance en faveur des Européens. Les Français réclament le commandement Sud. C’est un échec. Enfin, pour Nicolas Sarkozy : « Nous bougeons puisque l’OTAN ne change pas ». Il n’est plus question de revendication ni de contrepartie » (« Le Monde », 20/02/09). Morale de l’histoire : Nicolas Sarkozy ne s’inscrit pas seulement dans une continuité, mais il infléchit sensiblement la position française. La réintégration de la France est bien un préalable et la transformation de l’Alliance un vœu pieux.

Quoi qu’il en soit, la question essentielle demeure en suspens : à quoi sert l’OTAN ? Le débat sur le partage des responsabilités n’a d’intérêt que si la France a l’intention de faire valoir sa vision du monde. Mais celle de M. Sarkozy est-elle différente de celle de l’administration américaine ? Pour le président français, l’Europe et les USA communient dans les mêmes valeurs, appartiennent à ce monde féérique où règnent la liberté et la démocratie, et combattent avec la même ardeur vengeresse l’hydre islamo-terroriste. Certes, pour faire avaler la pilule de l’intégration militaire, nos dirigeants préconisent une France « alliée mais pas vassale » et « fidèle mais pas soumise » [sic]. Sans faire de psychanalyse, on constatera simplement que s’ils le disent, c’est qu’ils y pensent. Cette dénégation est trop insistante pour ne pas s’apparenter à un aveu. Et puis on les croirait volontiers, si l’on n’avait déjà éprouvé la signification particulière qu’ils donnent à l’indépendance nationale.

Une France ni « vassale » ni « soumise » ? Mais une France, en tout cas, qui s’empresse de rejoindre le commandement intégré de l’OTAN après avoir expédié davantage de soldats en Afghanistan, qui a pratiqué une absurde surenchère belliciste à l’égard de l’Iran, généreusement absous Israël de toute responsabilité dans la tragédie de Gaza, contribué à la diabolisation du Hamas et du Hezbollah, jeté de l’huile sur le feu dans le conflit du Darfour, fait quasiment amende honorable pour sa rébellion à propos de l’Irak et, bien sûr, relayé la paranoïa américaine face à « l’Axe du Mal ». Mais il est vrai que ni M. Sarkozy ni M. Kouchner n’ont besoin de se forcer pour assumer ce rôle historique.

« French Doctor qui aime l’Amérique » (« Paris-Match »), Bernard Kouchner n’a jamais fait mystère d’un atlantisme béat. Depuis trente ans, il parcourt la planète en brandissant le « devoir d’ingérence » de l’Occident civilisé, y compris lorsque Washington y voit le droit du plus fort à l’écrasement des plus faibles. Du Biafra au Darfour en passant par le Kosovo et la Somalie, il s’est toujours placé du côté du manche, quitte à vanter les mérites de la démocratie importée et la vertu roborative des B 52. Son étonnante popularité, il l’a bâtie sur une posture répétitive, celle de l’indignation emphatique, laquelle coïncide toujours, comme par enchantement, avec les options de l’oncle Sam. Ajoutée à sa prédilection pour les solutions militaires, son obstination à repérer partout des bons et des méchants est conforme au manichéisme américain, à tel point que sa rhétorique ampoulée paraît la fidèle traduction du moralisme hypocrite d’outre-Atlantique.

Moins porté sur la doctrine, Nicolas Sarkozy est également un inconditionnel avéré de l’hyperpuissance. Lui aussi, il aime l’Amérique et il s’en vante. Son amour pour les Etats-Unis traduit avant tout sa fascination pour un modèle américain, plus fantasmé que réel, dont la vertu est de faire ressortir l’archaïsme français dont il prétend nous débarrasser ( c’est « la rupture »). Si les Européens (et surtout les Français) vous dénigrent, aime-t-il déclarer aux Américains, c’est parce qu’ils sont jaloux de votre réussite et de votre puissance. Et il ne viendrait pas à l’esprit de Nicolas Sarkozy de douter de la réalité de ces succès, ni a fortiori de s’interroger sur la pertinence du « rêve américain » : « J’aime l’énergie et la fluidité de l’Amérique. Ce sentiment que tout est possible. Cette impression -peut-être artificielle- que des sagas sont possibles, qu’on peut partir du bas de l’échelle et monter très haut, ou bien le contraire ». (« Le Monde », 10/09/06). On pourrait rétorquer que les Etats-Unis eux-mêmes pourraient aussi tomber de très haut, et nous avec.

Cette allégeance proclamée induit une attitude inimaginable chez ses prédécesseurs. On en citera deux exemples. M. Sarkozy a fini par reconnaître que la France avait eu raison, en 2003, de refuser la légitimité onusienne à l’expédition américaine contre Saddam Hussein. Mais en septembre 2006, bien avant son élection, il fait le procès rétrospectif de l’opposition chiraquienne aux visées moyen-orientales de George W. Bush. « J’ai toujours préféré l’efficacité dans la modestie plutôt qu’une grandiloquence stérile, déclare-t-il devant la French American Foundation. Et je ne veux pas d’une France arrogante et pas assez présente ». La messe est dite. Il percevra, le moment venu, les dividendes de cette contrition en célébrant, une fois élu, des retrouvailles atlantiques dont l’ostentation devra beaucoup à la générosité de ses amis milliardaires.

Tout aussi significatif, le deuxième épisode concerne la crise du nucléaire iranien. Résumant la situation en août 2007, le président français se contente d’une traduction littérale de l’antienne des néoconservateurs américains : « Iran Bomb or Bomb Iran ». Incroyable surenchère belliciste, alors que la France fait partie du trio diplomatique censé explorer les voies d’une solution pacifique à la crise. Toujours prompt à en rajouter, son ministre des affaires étrangères s’exclame deux semaines plus tard, face à des journalistes lui demandant s’il est vrai que nos états-majors préparent des plans d’attaque : « Mais Monsieur, c’est la guerre ! ». On atteint le summum du ridicule lorsque paraît en novembre le rapport du renseignement américain montrant que la menace nucléaire iranienne est largement surestimée. Que les ardeurs guerrières de l’exécutif français soient battues en brèche par le gotha des services secrets d’outre-Atlantique, voilà qui ne manque pas de sel.

Ni « vassale » ni « soumise » ? D’un zèle admiratif jusqu’à la surenchère, en tout cas, et décidée à jouer le rôle du premier de la classe dans la cour atlantiste. Nul doute que ce réalignement français soit une catastrophe sur le plan symbolique : il signe le reniement d’un héritage qui conférait à la France une aura singulière. Mais ce renoncement aux attributs de la souveraineté militaire pourrait aussi nous entraîner dans une course à l‘abîme. Engluée dans le bourbier afghan, l’Amérique aura peut-être la tentation de la fuite en avant. Que feront les troupes françaises sous commandement américain ? Rééditant le fiasco irakien, les Etats-Unis ne peuvent ni déserter ce théâtre d’opérations ni l’occuper indéfiniment. Décidés à jouer les supplétifs de l’US Army dans cette nouvelle guerre coloniale, les Français vont-ils continuer de se jeter dans la gueule du loup ? On connaît la réponse de nos dirigeants : c’est oui.

Puisque l’Amérique est un modèle indépassable, les démocraties occidentales en danger et l’ennemi islamo-fasciste à nos portes, le reniement du gaullisme n’est ni une erreur d’appréciation ni une faute politique. C’est un choix cohérent. Si nous partageons tout avec les Etats-Unis, pourquoi ne pas partager aussi leurs aventures militaires ? L’indépendance affirmée il y a quarante ans par un général sourcilleux n’a plus cours. Cette « illusion d’une grandeur passée » dénoncée par Bernard Kouchner ? Bonne à jeter dans les poubelles de l’histoire ! Et peu importe que l’Amérique soit dirigée par Bush ou Obama, puisque son leadership mondial est aussi naturel que la gravitation universelle. Rallions-nous, puisque nous n’avons pas le choix et que c’est bon pour la France dès lors que c’est bon pour l’Amérique. La France dans l’OTAN ? C’est la servitude volontaire. Maxime DUBLANC  (Source umma.com)

 

17.03.2009

ROBERTO HERNANDEZ, LE NABAB MEXICAIN QUI GÊNE NICOLAS SARKOZY

Roberto Hernández Ramírez est la 615e fortune mondiale selon le classement 2009 du magazine Forbes. C’est aussi l’homme chez qui ont résidé Nicolas Sarkozy et Carla Bruni les 5 et 6 mars. Il s’agissait de deux jours de vacances avant d’attaquer la visite officielle, le 8 mars. Aucun frais à payer donc, mais une invitation à assumer. En effet, Roberto Hernández Ramírez est, au Mexique, un homme controversé.Sarko Mexique 2.jpg Ex-PDG d’une des principales banques du pays, Banamex, il est aujourd’hui membre du conseil d’administration de Citigroup et le cinquième homme le plus riche du Mexique, avec 1,2 milliard de dollars. Pour Mario di Constanza, économiste, auteur de Blanchiment d’argent au Mexique et leader de l’opposition, l’homme a profité de la visite du président français pour faire fructifier ses affaires. «Il cherche à s’associer à différentes entreprises de diverses nationalités pour investir dans le secteur énergétique.»

Relations. Au Mexique, c’est un sujet sensible. Une réforme a récemment modifié le statut de l’entreprise nationale Pemex (Pétrole mexicain), autorisant, de manière indirecte, l’intervention d’entreprises étrangères dans l’exploitation du pétrole. L’homme d’affaires pourrait avoir voulu se placer pour l’avenir en se prévalant de ses prestigieuses relations.

Inquiet de possibles dépenses inconsidérées de l’Etat mexicain - si le séjour du président français a été payé par son homologue mexicain, Felipe Calderón, comme l’a indiqué l’Elysée - ou d’un possible conflit d’intérêts, Mario di Constanza a fait, mercredi, une demande officielle d’informations auprès de l’Institut fédéral d’accès à l’information publique pour savoir combien avait coûté la visite officielle et privée du président français et pour savoir qui avait payé. La réponse est normalement assurée dans un délai de dix jours. Vendredi soir, la présidence mexicaine déclarait qu’un «groupe d’entrepreneurs mexicains a mis à disposition du président Sarkozy un lieu sur la côte de l’Etat de Jalisco».

«Roberto Hernández Ramírez a toujours été très proche de l’ancien président Vicente Fox et de l’actuel Felipe Calderón [tout deux membres du Parti action national (PAN), ndlr], ce qui a entraîné, par le passé, des trafics d’influence», dénonce Mario di Constanza. Il dénonce deux scandales qui ont secoué le Mexique et auquel serait lié le milliardaire : la chute du peso en octobre, à laquelle il aurait contribué avec d’autres spéculateurs ; et la vente, en 2001, de la banque Banamex à Citigroup, qui refait parler d’elle avec l’entrée récente dans Citigroup de capitaux de l’Etat américain (les lois mexicaines interdisent aux Etats étrangers d’avoir des parts dans les banques locales).

Haciendas. Mais le banquier ne côtoie pas que les présidents issus du PAN. Et l’hébergement d’un chef d’Etat étranger n’est pas non plus une première. En 2007, il avait accueilli les présidents Bush et Calderón dans une de ses haciendas du Yucatán. Idem en février 1999 quand le président mexicain Ernesto Zedillo avait reçu Bill Clinton. A l’époque, le journal local Por Esto avait publié une enquête en trois volets dénonçant l’implication de Roberto Hernández Ramírez dans le trafic de drogue et le blanchiment d’argent. Cette enquête fut le point de départ de l’opération «Casa blanca» menée par la justice américaine. «Des opérations de blanchiment d’argent dans une des banques de Banamex avaient été détectées, explique Mario di Constanza. Mais la banque plaidera coupable et paiera, au final, une simple amende.» Quant aux accusations de trafic de drogue, reprises par The Boston Phoenix, aux Etats-Unis, le milliardaire attaqua en diffamation devant un tribunal américain. Mais il fut débouté. (Source : Libération)

16.03.2009

LES SINGULIERES VACANCES DE NICOLAS SARKOZY AU MEXIQUE

Une semaine après l’escapade du couple Sarkozy-Bruni sur la côte Pacifique du Mexique, l’Elysée est sur la défensive. Nombre de questions sont toujours sans réponse sur les conditions de leur séjour et la polémique enfle en France. Au départ, il y a la volonté du Château de dissimuler ces vacances pour ne pas donner prise aux critiques : la visite d’Etat du président français ne dure que douze heures pour sa partie officielle à Mexico… contre deux jours et demi de farniente bling-bling sur les plages du Pacifique. Sarko Mexique.jpgLe black-out sur ce «séjour privé du Président et de son épouse» est donc décrété. Mais une gaffe de Carla Bruni - qui ne peut s’empêcher, lors d’une soirée, d’annoncer son départ imminent pour le Mexique - anéantit le plan com de l’Elysée. Bombardés de questions sur le coût et lieu de la villégiature des Sarkozy, les conseillers refusent dans un premier temps de révéler quoi que ce soit, puis finissent par indiquer qu’ils ont été «invités» par le président mexicain, Felipe Calderón, à Manzanillo.

Légèreté. En début de semaine, RTL révèle que les Sarkozy n’ont pas séjourné dans un hôtel de luxe, comme initialement rapporté dans plusieurs médias, mais dans une luxueuse villa, propriété du richissime banquier Roberto Hernández Ramírez. Problème, ce proche de Calderón est tout sauf un enfant de chœur. L’Elysée affirme aujourd’hui que Nicolas Sarkozy ne le connaît pas. Et qu’il ne se serait pas renseigné sur le propriétaire de la maison du lieu de ses vacances. Tant de légèreté n’est ni dans les habitudes du Président ni dans celles des services ad hoc de la République française, qui veillent à ce que ses hauts dirigeants ne puissent pas se retrouver dans des situations embarrassantes à l’étranger ou face à des interlocuteurs indésirables… Parmi une centaine d’invités, Roberto Hernández Ramírez était cependant présent au grand dîner d’Etat offert par Calderón au Palais national de Mexico, lundi, juste avant le départ des Sarkozy. Cette information du Parisien a été confirmée par l’Elysée.

Englué. Mais le Château reste toujours aussi silencieux sur le prix du séjour dans la fastueuse villa d’Hernández Ramírez et assure que ni Sarkozy (de sa poche) ni la France n’ont payé. Les conseillers de l’Elysée renvoient «vers la présidence mexicaine», puissance invitante du chef de l’Etat français.

Une fois de plus, voilà Sarkozy englué dans une affaire de vacances, comme après sa virée sur le yacht de Vincent Bolloré, son séjour dans une villa de luxe louée par de riches amis dans le New Hampshire ou son transport vers un palace égyptien dans un jet de l’ami Bolloré (lire ci-contre). Vendredi, Frédéric Lefebvre, porte-parole de l’UMP et fidèle parmi les fidèles du Président, a relayé la communication élyséenne : «Si des gens veulent demander des comptes, c’est au Mexique qu’il faut le faire.» Puis il a dénoncé une polémique «gratuite». Gratuites comme des vacances présidentielles qui finissent par coûter cher. (Source : Libération)

 

29.01.2009

FORTE MOBILISATION CONTRE LA POLITIQUE DE NICOLAS SARKOZY

Forts d'une mobilisation d'une rare ampleur en France, surtout en province, les syndicats et l'opposition ont appelé jeudi Nicolas Sarkozy à "entendre la rue" en répondant aux attentes sociales face à la crise. Les organisations estiment avoir réussi leur pari de mobiliser autant qu'en 2006 contre le projet de "contrat première embauche" du précédent gouvernement (un à 2,6 millions de manifestants), malgré une participation mitigée aux grèves. 4023400775-forte-mobilisation-contre-la-politique-de-nicolas-sarkozy.jpgPlus de 1,4 million de personnes ont participé dans la moitié des villes à la journée d'action syndicale, selon la CGT, tandis que Solidaires, qui regroupe les syndicats Sud, revendiquait au total plus de deux millions de manifestants. Dès le début de la matinée, les cortèges étaient particulièrement fournis en province avec 24.000 manifestants à Marseille selon la police, 300.000 d'après la CGT et FO, 56.000 à 90.000 à Toulouse, 20.000 à 53.000 à Lyon, 34.000 à 80.000 à Bordeaux, 25.000 à 50.000 à Rennes, 30.000 à 40.000 à Nantes. Des salariés du privé, notamment de l'automobile, de la distribution, des banques ou des télécommunications, se sont joints un peu partout aux défilés.

 

24.08.2008

AFGHANISTAN: "SARKOZY RESPONSABLE ET COUPABLE"

Le système Sarkozy, c’est le mensonge et l’imposture érigés en méthode de gouvernement. Cela se manifeste dans tous les domaines de la vie politique, économique, sociale, diplomatique. La mort de dix soldats en Afghanistan en est une tragique illustration. Morts pour qui ? Morts pour quoi ? Pour satisfaire la mégalomanie du caniche de Washington. Pierre Vial.jpgQui, pour tenter de justifier l’injustifiable, n’a d’autre recours que d’être la voix de son maître : pourquoi le tribut de sang français en Afghanistan ? Pour défendre « la liberté » (déclaration au conseil des ministres du 21 août : « la France défend la liberté du monde en Afghanistan comme ailleurs »). ! Ah, la Liberté ! Que d’ignominies commises en son nom, depuis longtemps (déjà, en 1944-1945, les Yankees « libéraient » les Normands en les écrasant sous les bombes…avant de « libérer » de la même façon les Vietnamiens, les Irakiens, les Serbes…). La vérité, c’est que l’alignement total de Sarkozy sur Washington rend illusoire toute velléité d’indépendance de la France, qui vient au pied quand elle est sonnée : intégration à l’OTAN, envoi de troupes françaises supplémentaires pour boucher les trous du dispositif américain et de ses supplétifs européens. La presse française fait son sale boulot habituel de désinformation. Des soldats français blessés lors du combat du 18 août disent qu’ils ont été victimes des retards d’acheminement de renforts pour les secourir et de tirs américains censés les aider ? Le Figaro (22 août) titre froidement en première page sur quatre colonnes : « Les renforts ont été renvoyés rapidement. Aucun bombardement de l’Otan n’est à l’origine de la mort des dix militaires ». Autrement dit, le perroquet figaresque récite sa leçon, dictée par l’Elysée. Quant à Libération (22 août), censé être « de gauche » (mais propriété de Rotschild…donc…), il écrit : « il n’est pas totalement exclu que des éclats de munitions ou de pierres provenant de tirs amis aient pu toucher des soldats français. Plusieurs milliers d’obus d’aviation ont été tirés au cours des combats et les tirs fratricides sont malheureusement un grand classique de toute bataille ». Plus faux cul, tu meurs.. Mais, en matière de « dégâts collatéraux », l’OTAN est spécialiste. Venant après d’innombrables « bavures », qui durent depuis des années, un bombardement de l’OTAN a tué, le 22 août, 76 civils en Afghanistan, pour la plupart des femmes et des enfants (qui sont, comme chacun sait, de redoutables terroristes). Marianne (23 août), un des rares journaux français à oser dire certaines vérités, rappelle : « Le Pentagone prétend liquider l’ennemi en l’attaquant du ciel et déverse un nombre incalculable de bombes si intelligentes qu’elles tombent systématiquement sur les civils ou l’armée afghane amie ». 55 % des Français souhaitent le retrait de nos soldats d’Afghanistan. Qu’importe. Sarkozy va continuer à avoir le petit doigt sur le pantalon dès qu’il est sifflé par Washington : « Nicolas Sarkozy savait parfaitement qu’il envoyait au casse-pipe nos soldats dans un combat sans aucun sens ni aucune espérance. Mais l’intérêt supérieur de la France, l’alliance sans faille avec Washington, exigeait ce sacrifice » (Guy Sitbon, Marianne). Sacrifice d’autant plus pitoyable qu’il y a encore (sondage CSA publié par Aujourd’hui en France le 22 août) 80 % des électeurs UMP à faire confiance à Sarkozy mais aussi 62 % des électeurs FN. Charles de Gaulle avait raison. Des veaux. Pierre VIAL (Terre et Peuple)

 

19.08.2008

AFGHANISTAN: DIX SOLDATS FRANCAIS TUES

Dix soldats français de la force de l'Otan en Afghanistan ont été tués lundi et mardi lors de combats contre les talibans, a-t-on appris mardi de source proche de la présidence française. Les soldats ont péri lors d'affrontements déclenchés par une "embuscade tendue par les talibans", qui ont débuté lundi et se sont poursuivis tout au long de la nuit de lundi à mardi à une cinquantaine de kilomètres à l'est de Kaboul, a précisé cette source à Paris. 7A705D1C8E6EFD43D4BEB844A74.jpgLa Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) de l'Otan avait indiqué auparavant que des soldats étaient engagés dans un "incident majeur" dans la province de Kaboul. Un officier afghan interrogé sous couvert de l'anonymat avait pour sa part indiqué que dix soldats français avaient été tués et vingt blessés lors de ces affrontements dans le district de Saroubi, à quelque 50 km de la capitale afghane. Un porte-parole des talibans a affirmé que les insurgés avaient infligé "de lourdes pertes" aux forces de l'Otan dans le district de Saroubi. "Ce matin, nous avons tendu une embuscade aux troupes de l'Otan dans le district de Saroubi, à l'aide de mines et de roquettes. Nous avons détruit cinq véhicules et infligé de lourdes pertes", a déclaré à l'AFP Zabihullah Mujahed. "L'Otan a riposté par des frappes aériennes aux cours desquelles cinq talibans et 15 civils ont été tués", a-t-il ajouté. Ces pertes sont les premières depuis le renforcement de la présence militaire française en Afghanistan, annoncée par Nicolas Sarkozy lors du sommet de l'Otan à Bucarest en avril. Environ 3.000 militaires français sont actuellement engagés en Afghanistan, au sein de l'Isaf, principalement à Kaboul et dans la province de Kapisa, au nord-est de la capitale. A Kaboul, l'ossature de la présence française est constituée par le Régiment de marche du Tchad, basé à Noyon (Oise, nord de la France). La France a pris le 5 août le commandement de la région "capitale", assuré à tour de rôle par la France, l'Italie et la Turquie, qui disposent chacun d'un bataillon déployé à Kaboul et dans sa région proche. Depuis fin 2001 et sans compter les morts de lundi et mardi, quatorze militaires français sont morts en Afghanistan dans des accidents, opérations ou attentats. Le dernier en date avait péri le 21 septembre 2007, dans un attentat suicide à la voiture piégée à Kaboul. 2261772559-afghanistan-dix-soldats-francais-tues-une-base-americaine-attaquee.jpgQuelque 176 soldats étrangers sont morts en Afghanistan depuis le début de l'année, selon un décompte de l'AFP basé sur les communiqués militaires. La plupart d'entre eux ont été victimes de bombes improvisées. Les talibans ont lancé une insurrection meurtrière depuis qu'ils ont été chassés du pouvoir à la fin 2001 par une coalition internationale emmenée par les Etats-Unis. Les violences ont redoublé d'intensité depuis près de deux ans malgré la présence de 70.000 soldats de deux forces multinationales, l'une de l'Otan, l'autre sous commandement américain (Operation Enduring Freedom). Par ailleurs, la base américaine Salerno située à proximité de la ville de Khost, à quelque 30 km de la frontière avec le Pakistan, a fait l'objet d'une nouvelle attaque dès l'aube, au lendemain d'un attentat suicide qui y avait fait 10 tués civils. Non à la politique d’alignement sur l’Axe américano-sioniste menée par Nicolas Sarkozy. Les soldats français ne doivent pas mourir pour des intérêts qui ne sont pas les nôtres. Ils doivent rentrer au pays. On peut lire le récit de cette embuscade sur le blog  "Secret défense".

12.08.2008

SARKOZY: CLOWN DIPLOMATIQUE

A la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Pékin, Nicolas Sarkozy était le seul chef d'État présent parmi ceux des grands pays d'Europe occidentale. Il est aussi le seul à n'avoir jamais rencontré le dalaï-lama (qui a déjà été reçu à Washington, à Londres et à Berlin). En bonne logique, la France devait donc être au cours des prochains mois le partenaire privilégié de Pékin A ce qu'il semble, il n'en est rien. Il se murmure dans les milieux diplomatiques pékinois qu'une fois le temps des politesses olympiques passé, la France va payer au prix fort son attitude envers l'Empire du milieu. Non seulement le président s'est mis à dos les Chinois, mais en paraissant s'incliner devant le diktat de Pékin, il a déçu les défenseurs des droits de l'homme. Nabotléon.jpgTels sont les effets de l'invraisemblable accumulation de maladresses qui a marqué les relations franco-chinoises depuis un an. La première fut de laisser présenter la participation du Président français comme un enjeu politique majeur. Boycotterait-il ou non les Jeux Olympiques ? se demandait-on il y a un an, sans que personne en haut lieu n'ait la prudence de désamorcer la question. Le terme de boycott avait jusque-là une signification pour les athlètes, on ignorait qu'il en eut pour les invités. Mais si les seconds veulent voler la vedette aux premiers... Nicolas Sarkozy n'aurait jamais manqué l'événement  Quand les Jeux Olympiques eurent lieu à Rome en 1964, le général de Gaulle, chef de l'État, ne s'y rendit pas, sans que cela ait revêtu une quelconque signification pour les relations franco-italiennes. Voilà ce qu'on aurait pu rappeler, le Président se réservant de se déterminer au dernier moment « en fonction de son emploi du temps ». Silvio Berlusconi a bien su invoquer la météo pour ne pas aller à Pékin. Déconnection d'autant plus nécessaire que Nicolas Sarkozy était sans doute décidé dès le départ, avec son fils, à ne pas manquer l'événement.  Soit-dit en passant, ceux qui tiennent les Jeux olympiques pour une manifestation purement sportive noteront que la question de la participation des autorités politiques à la cérémonie d'ouverture ne se pose pas quand les jeux ont lieu dans un État démocratique, à Atlanta ou à Sydney. Ce n'est que quand ils ont lieu dans un État non-démocratique que la question se pose : cela seul suffit à faire la différence entre les pays d'accueil. Pour durcir encore l'enjeu, la France préside cette saison l'Union européenne et à travers elle, c'est l'attitude de l'Europe entière qui a semblé en cause, alors même que le gouvernement français, sur cette question, en droit, n'engageait que lui. Cela non plus n'a jamais fait l'objet d'une mise au point. Soumission et repentance, le double-jeu français. A cette première erreur s'ajoute l'incroyable réaction de soumission intervenue lorsque le gouvernement chinois a élevé la voix contre les manifestations ayant accompagné en avril le parcours de la flamme olympique sur notre territoire. Là où il eut fallu rappeler sèchement que dans un pays comme la France, à la différence d'autres, les manifestations de rue ne sont pas téléguidées par le gouvernement, on envoya au contraire une délégation de haut niveau, le président du Sénat et un ancien Premier Ministre, rien de moins, pour « renouer le dialogue ». Tout cela avait, qu'on le veuille ou non, l'air d'une repentance et donc d'un aveu de culpabilité. Alors même que notre police avait fait plus que du zèle contre les manifestants, laissant même agir sur notre territoire, au mépris de toutes les règles de souveraineté, un obscur service d'ordre chinois. Enfin, comment ne pas trouver insupportables les avertissements arrogants de Pékin mettant en demeure le gouvernement français de ne pas accueillir le dalaï-lama lequel, on l'a dit, l'a déjà été dans les grandes capitales occidentales ? Bernard Kouchner heureusement l'a rappelé. Mais ces avertissements ont eu leur effet : Nicolas Sarkozy a annoncé à la veille de son départ pour Pékin qu'il ne recevrait pas le chef religieux tibétain immédiatement. Là aussi coup double : d'un côté on paraît s'incliner devant les dirigeants chinois, de l'autre on les mécontente en laissant supposer que le dalaï-lama sera reçu un peu plus tard. Comment ces dirigeants n'auront-ils pas eu l'impression, tout au long de cette histoire, qu'on les prenait pour des imbéciles ? La question chinoise illustre les limites de la méthode Sarkozy. On peut penser beaucoup de mal des hommes qui gouvernent à Pékin mais à la différence des militants UMP, on ne peut pas leur faire gober tout et son contraire. C'est la même chose des autres grands dirigeants étrangers. Mais le dommage est là moins apparent : Washington se réjouit trop d'un alignement inconditionnel pour faire le difficile. Les Européens sont déjà habitués à nos pitreries – et d'ailleurs ils en ont déjà vu d'autres avec ces grands communicants qui ont pour nom Blair ou Berlusconi. Poutine, pour des raisons qui restent à expliquer, s'accommode bien du caractère de notre Président. Bien des dégâts ont déjà été faits en Afrique et en Amérique latine, mais qui s'en préoccupe aujourd'hui ? Avec la Chine, on est tombé sur un os. La somptueuse ouverture des jeux a montré, s'il en était besoin, que ce pays tient aujourd'hui son rang. Sans doute fallait-il marquer le coup au sujet du Tibet mais pas avec tant de légèreté, Monsieur le Président ! Car ces gens-là ne rigolent pas ! Mardi 12 Août 2008 . Roland Hureaux. Source : Marianne2

 

21.07.2008

REFORME DES INSTITUTIONS: MERCI JACK LANG

La réforme des institutions voulue par Nicolas Sarkozy a été adoptée lundi avec une petite voix de majorité. Les députés et sénateurs réunis en Congrès à Versailles l'ont approuvé par 539 voix contre 357. Compte tenu du nombre de voix exprimées, la majorité des trois cinquièmes requise était en effet de 538 voix. sarko lang.jpgSur les 317 députés UMP, six ont voté contre: Henri Cuq, Guy Geoffroy, François Goulard, Jean-Pierre Grand, Jacques Le Guen et Jacques Myard. Un sénateur UMP, André Lardeux, a également voté contre. Côté député socialiste, seul l'ancien ministre Jack Lang a voté en faveur de la réforme. Parmi les non inscrits, François Bayrou et Nicolas Dupont-Aignan ont voté contre. La surprise est venue des sénateurs centristes, qui ont failli faire basculer le vote. Sur les 30 membres du groupe Union centriste-UDF, 24 ont voté pour, mais deux ont voté contre et 4 se sont abstenus. La réforme modifie ou crée 47 articles dans la Constitution. Elle permet notamment au chef de l'Etat de venir s'exprimer devant les parlementaires réunis en congrès à Versailles. Elle limite par ailleurs à deux les mandats du président de la République, encadre davantage l'usage de l'article 49-3 (adoption sans vote d'un projet de loi), permet au Parlement de mieux contrôler son ordre du jour ou de mettre son veto à certaines nominations présidentielles. Triste spectacle que celui de la mise à mort des institutions de la Ve République, faisant suite au vote du quinquennat. Et cela  grâce à la voix du « socialiste » Jack Lang… qui sera, n’en doutons pas, récompensé… On se demande ce qu’aurait fait DSK à sa place…Pour Kouchner, nous savons déjà… Mais tout ceci n’a que finalement peu d’importance, au vu de la crise politique, économique, sociale et ethnique qui s’annonce… Les politiciens, de gauche ou de droite, « européistes » et « mondialistes » dansent sur un volcan en toute inconscience, pauvres instruments de lobbies qui savent, eux, où ils conduisent les peuples européens. Le réveil sera brutal.

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