12.07.2008
TRICASTIN: LA SOCATRI DOIT SUSPENDRE CERTAINES DE SES ACTIVITES
L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a imposé vendredi à la Socatri, filiale d'Areva, de suspendre l'activité d'une de ses deux stations de traitement sur le site du Tricastin (Vaucluse), à l'origine d'une fuite accidentelle d'uranium lundi, estimant qu'elle n'est toujours pas sûre. Dans un rapport accablant publié vendredi à Lyon, l'ASN fait état d'une "série de dysfonctionnements et de négligences humaines" dans la gestion de l'incident.
La Socatri a de son côté indiqué qu'elle cessait immédiatement d'utiliser la plus vétuste de ses deux installations, qu'elle prévoyait de fermer "dans les prochaines semaines" dans le cadre d'un plan de modernisation. Lors d'une inspection jeudi, l'ASN a constaté que dans cette station une cuve fuyait toujours dans un bassin de rétention non étanche. Le canal où une partie des effluents uranifères s'est déversée lundi soir a été asséché, mais en cas de pluie, l'eau peut à nouveau entraîner des sédiments contaminés vers la rivière voisine. L'ASN a sommé la Socatri de vidanger les cuves de son ancienne station de traitement, en travaux lors de l'incident, et de cesser toute arrivée d'effluents. L'ASN a aussi noté "une série de dysfonctionnements et de négligences humaines qui n'est pas acceptable", ayant entraîné un incident "assez inédit" par son ampleur. Lors d'un transfert entre deux cuves, une vanne défaillante a entraîné le débordement d'une cuve dans un bac de rétention fissuré, qui a fui à son tour. L'ASN souligne qu'une alarme s'est déclenchée lundi à 19H00 pour signaler qu'une cuve était trop pleine, mais l'exploitant n'a pas réagi. Environ 20 m3 d'effluents uranifères ont alors fui dans le bac de rétention, fissuré par un engin de chantier une semaine auparavant, et 75 kg d'uranium se sont répandus dans le sol et les cours d'eau voisins. La direction a constaté dès 23H00 la présence d'effluents dans une zone voisine, mais n'a déclenché un plan d'urgence que mardi à 05H30. "Le bac de rétention fissuré depuis le 2 juillet n'a pas été réparé alors que l'exploitant connaissait l'existence de cette fissure, l'alarme n'a pas été suivi d'une inspection suffisante, les pouvoirs publics n'ont pas été prévenus aussi tôt qu'ils auraient dû", a dénoncé Charles-Antoine Louët, responsable de l'ASN de Lyon, lors d'une conférence de presse. "On va faire en sorte que ce genre d'incident ne se reproduise plus, y compris en matière de gestion de crise", a affirmé un porte-parole de la Socatri. L'ASN va transmettre un procès-verbal dans les prochains jours au procureur de la République de Carpentras. Le réseau Sortir du Nucléaire a annoncé qu'il comptait porter plainte contre l'ASN pour "rétention d'information", reprochant à l'autorité de contrôle d'avoir tardé à prévenir la population. La Commission de recherche et d'information indépendante sur la radioactivité (Criirad) avait indiqué mercredi qu'elle allait porter plainte contre Areva pour "des violations répétées et très importantes des limites de rejets de produits radioactifs" par la Socatri. L'ASN préconise la levée "très rapide" de l'interdiction d'utiliser l'eau de la nappe phréatique, une fois mise en place une surveillance de la concentration d'uranium dans cette nappe. La fuite d'uranium n'aurait pas contaminé l'eau de la nappe phréatique autour du site nucléaire du Tricastin (Vaucluse), selon les premiers résultats des mesures publiés vendredi par l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). En revanche la pêche, la baignade et l'utilisation des eaux de surface devraient rester interdites, dans l'attente de mesures effectuées sur les sédiments des cours d'eau voisins, d'ici une à deux semaines, selon l'ASN.
18:01 Publié dans Politique nationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tricastin, incident nucléaire, socatri
10.07.2008
NUCLEAIRE: FUITE SUR LE SITE DE TRICASTIN, UNE SOCIETE PRIVEE MISE EN CAUSE
Si les conditions de la fuite d'uranium dans une installation de la société Socatri sur le site nucléaire de Tricastin, à Bollène, dans le Vaucluse, se sont nettement éclaircies, c'est la responsabilité de cette filiale d'Areva qui est désormais directement mise en cause. Selon une information révélée jeudi par le quotidien La Provence, Socatri avait été rappelée à l'ordre en mai par l'Autorité de Sûreté nucléaire (ASN) pour des «fuites» et des «écarts répétés» à ses autorisations de rejets chimiques et radiologiques.
Dans un rapport, l'ASN indique que «la canalisation qui évacue les effluents liquides, du fait de son ancienneté, a fait l'objet de fuites répétées en 2007». L'ASN a demandé un remplacement «au plus vite» ainsi qu'une «surveillance renforcée», peut-on lire dans le rapport. L'ASN relève encore que «les effluents liquides en sortie de la station de traitement présentent régulièrement des écarts aux seuils de rejets chimiques» et recommande la mise en service en 2008 «d'une nouvelle station de traitement». L'ASN évoque aussi un dépassement des rejets en carbone 14. «Bien que tous ces écarts n'aient pas de conséquences sur les personnes et l'environnement, l'ASN considère qu'ils ne sont pas acceptables et a demandé à Socatri plus de rigueur». L'antenne lyonnaise de l'ASN, qui a produit ce rapport, a indiqué jeudi que la Socatri avait engagé des travaux depuis ses recommandations. Autre élément qui plaide en défaveur de Socatri, la lenteur de sa réaction. L'ASN n'a été informée qu'à 7h30, mardi, de l'accident intervenu à 23 heures la veille au soir. Et «l'exploitant n'a pris conscience de l'importance du rejet que vers midi», constate l'Autorité dont le président a annoncé mercredi des sanctions. Mercredi, la Commission de recherche et d'information indépendante sur la radioactivité (Criirad) a annoncé qu'elle allait porter plainte. Elle vise notamment la Socatri «pour ses rejets radioactifs dans l'environnement». Des rejets dont l'ampleur a été revue à la baisse le même jour : 18,7 m3 de solution et non 30 m3 comme annoncé initialement. Quant au niveau de contamination des deux rivières (la Gaffière et le Lauzon), qui était de plusieurs milligrammes par litre mardi matin, il était tombé mercredi à 15 microgrammes par litre en moyenne. Mais quel est le degré de confiance que l’on peut accorder à ces déclarations? Rappelons-nous le « nuage » de Tchernobyl qui était censé s’être arrêté « miraculeusement » à la frontière française. On connaît la suite… Cette valeur est considérée par l'Organisation mondiale de la santé comme la limite pour la consommation humaine. Certaines mesures de restriction pourraient donc être levées. Une inspection du gendarme du nucléaire doit avoir lieu aujourd’hui jeudi sur place. En attendant, méfiance…
15:53 Publié dans Nucléaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tricastin, socatri, fuite, nucléaire














