09.03.2009

AFGHANISTAN: OBAMA PRÊT A ENTAMER DES DISCUSSIONS AVEC LES TALIBANS

Le président américain Barack Obama estime que les Etats-Unis ne sont pas en train de gagner la guerre en Afghanistan et laisse entendre que son pays pourrait entamer des discussions avec certains talibans, dans une interview publiée dimanche par le « new York Times ». Le succès de la stratégie américaine en Irak consiste selon lui à faire venir des insurgés sunnites à la table des négociations en les éloignant d'Al-Qaïda. Une stratégie conçue par le général David Petraeus, alors commandant des forces américaines dans le pays.cr_senategov_barack_obama.jpg «Si vous parlez au général Petraeus, je pense qu'il dirait qu'une part du succès en Irak impliquait de tendre la main à des gens que nous considérions comme des fondamentalistes islamiques mais qui étaient disposés à travailler avec nous parce qu'ils rejetaient complètement les tactiques d'Al-Qaïda en Irak», explique Obama qui a cependant prévenu que la situation en Afghanistan était «plus complexe» qu'en Irak, et que la pacification du pays était un «sacré défi». Le président afghan Hamid Karzaï a aussitôt salué ces déclarations. «C'est une très bonne nouvelle» que Barack Obama «soutienne l'idée de discussions avec les talibans qu'il considère comme modérés», a-t-il déclaré à Kaboul. C'est sans doute aussi une façon de tendre la main à ceux qui revendiquent les attentats du 11-septembre 2001. Un moyen, pour Obama, d'éviter que ne se répète ce type d'attaque, alors que les services de renseignements américains assurent que les probabilités d’un nouvel attentat terroriste aux Etats-Unis sont très fortes. Interrogé par le NYT pour savoir si les Etats-Unis étaient en train de gagner la guerre en Afghanistan, nouveau front de la lutte contre le terrorisme selon le président américain, Obama a simplement répondu: «Non». «Nous avons vu les conditions se dégrader ces dernières années. Les talibans sont plus téméraires qu'avant. Je crois que dans les régions situées au sud du pays, ils ont mené des attaques de manière inédite». «Le gouvernement national (afghan) n'a toujours pas gagné la confiance de la population», a au passage déploré le président américain. Peu après sa prise de fonction le 20 mars dernier, Obama a ordonné un réexamen de la politique américaine vis-à-vis de l'Afghanistan et du Pakistan qui doit lui être transmis avant son départ pour une série de rencontres internationales en Europe le 31 mars. Il a annoncé en février l'envoi de 17.000 soldats américains supplémentaires en Afghanistan, dont une partie doivent servir à assurer la sécurité de l'élection présidentielle d'août prochain. «Nous devons refondre notre politique» pour faire en sorte «qu'Al-Qaïda et les extrémistes qui pourraient nous faire du mal ne disposent plus des sanctuaires» qui leur permettent de mener des attaques aujourd'hui, a-t-il souligné, en référence aux zones tribales montagneuses, instables et difficilement contrôlables qui bordent la frontière afghano-pakistanaise.

 

24.02.2009

PAKISTAN: CESSEZ-LE-FEU CONTRE SHARIA DANS LA VALLEE DE SWAT

Cet accord, qui prévoit l'application de la loi islamique comme seul système judiciaire dans cette région himalayenne, avait suscité les inquiétudes des alliés occidentaux du Pakistan, les Etats-Unis et l'Otan en particulier craignant qu'il ne laisse le champ libre aux fondamentalistes. Taleb vallée de Swatt.jpgLa vallée de Swat, à seulement 120 kilomètres au nord-ouest d'Islamabad, était l'une des régions les plus touristiques du pays avant de tomber à l'automne 2007 aux mains d'un groupe de talibans pakistanais dirigé par le maulana Fazlullah, qui depuis menait campagne pour y imposer la charia. Le gouvernement du Pakistan, sous pression des Etats-Unis pour lutter plus activement contre les islamistes, a prévenu que l'accord ne serait appliqué que si les talibans cessaient durablement les combats. Les combattants islamistes ont également annoncé qu'ils relâchaient «tous les prisonniers de façon inconditionnelle. Aujourd'hui, nous avons libéré quatre paramilitaires et nous relâcherons tous les membres des services de sécurité entre nos mains dans un geste de bonne volonté», a indiqué à l'AFP Muslim Khan, porte-parole du groupe de Fazlullah. Le porte-parole de l'armée, le général Athar Abbas, a déclaré à l'AFP que l'armée avait déjà interrompu ses opérations dans la vallée de Swat et observerait aussi un cessez-le-feu. «L'armée ne mènera aucune offensive», a-t-il souligné. «Nous accueillons du fond du coeur l'annonce du cessez-le-feu par les talibans, qui ouvre la voie à une paix durable», a réagi Syed Mohammad Javed, un haut responsable du gouvernement local.

 

04.09.2008

AFGHANISTAN: L'INTEGRALITE DE L'ENTRETIEN PUBLIE PAR PARIS MATCH

L'événement. Eric de Lavarène a rencontré un des assaillants qui ont tendu un piège fatal aux hommes du 8e RPIMa le 18 août dernier en Afghanistan. Ces talibans sont installés à une vallée de distance seulement de l’Uzbin où a eu lieu l’embuscade qui a coûté la vie aux soldats français. Le premier village afghan est à vingt minutes de marche. Propos recueillis par Eric de Lavarène. Photo Véronique de Viguerie. Celui qui commande un des groupes responsables de la terrible attaque contre les soldats français se fait appeler le commandant Farouki. Il affirme être originaire de la province de Laghman. Il a environ 30-35 ans, comme la plupart de ses hommes. Ils seraient plus de 500. L’entretien ne va durer que quelques minutes. Personne ne s’attarde, dans ces régions. Paris Match. Pourquoi vous en êtes-vous pris aux militaires français ? Commandant Farouki. exclusif_nos_journalistes_ont_retrouve_les_talibans_qui_ont_abattu_les_dix_soldats_francais_photo_du_jour_grand.jpgIls ont franchi une limite en venant près d’ici. La vallée d’Uzbin nous appartient. C’est notre territoire. Quelques jours avant, des villageois les avaient prévenus : n’allez pas au-delà de cette zone, c’est dangereux. Ils ne les ont pas écoutés. Alors, nous les avons attaqués. C’est de la légitime défense. Aviez-vous obtenu des informations sur cette patrouille avant l’embuscade ? L’embuscade n’était pas préparée. Nous avons juste été prévenus un peu avant l’attaque de la présence de soldats étrangers sur notre territoire. Ensuite, nous avons agi très rapidement. Ce n’était pas compliqué. Nous disposons de caches d’armes un peu partout et nous connaissons évidemment bien le terrain. Nous étions positionnés avant qu’ils arrivent. Cent quarante combattants bien entraînés. Si la nuit n’était pas tombée, nous les aurions tous tués. Avez-vous torturé des soldats tombés entre vos mains ? Non. Ces hommes sont morts à cause de Bush et de votre président. Nous n’avons pas voulu tuer vos maris ou vos enfants. Nous n’en voulons pas aux Français. S’ils partent, alors tout ira bien. Tant que vous resterez chez nous, nous vous tuerons. Tous. Qu’allez-vous faire à l’avenir, s’ils reviennent ? Nous recommencerons. Par cette attaque, nous avons voulu montrer aux soldats français qu’il faut cesser d’aider les Américains. Et croyez-moi, c’était juste une sommation. La prochaine fois, nous les attaquerons directement là où ils se terrent, à Tagab et ailleurs. Et nous frapperons les intérêts français partout dans le monde. Nous en avons largement les moyens. Nous ne sommes pas seuls ni isolés dans ces montagnes. Avez-vous le soutien de la population ? Les gens ne nous soutiennent pas vraiment. Nous les laissons tranquilles et ils ne nous trahissent pas. Mais de plus en plus de jeunes nous rejoignent à cause des bombardements de l’Otan. Une maison bombardée, c’est un nouveau combattant à nos côtés. Ça s’appelle l’esprit de vengeance. C’est normal. Surtout ici. Avez-vous le soutien de groupes étrangers ? Nous sommes tous afghans. Nous n’avons pas besoin des autres. Nous défendons notre pays. C’est une guerre de libération. C’est tout. Mais il y a des liens entre groupes, jusqu’au-delà des frontières. Armes, argent, combattants passent d’une région à l’autre. D’un pays à l’autre. Facilement. Seriez-vous prêts à négocier avec les autorités de Kaboul ? Aucune négociation tant que les étrangers sont sur notre territoire. Nous nous en prenons à vos soldats, nous nous en prendrons à vos organisations humanitaires. Nous allons continuer à défendre notre pays. Jusqu’au bout. Jusqu’au dernier des nôtres. Il faudrait tous nous tuer pour en finir avec notre mouvement. Et croyez-moi, nous sommes nombreux.

03.09.2008

AFGHANISTAN: LES COMBATTANTS TALIBANS PARLENT

L'hebdomadaire Paris Match publie jeudi 4 septembre un document sur les talibans qui auraient tué les 10 soldats français le 18 août dernier. Deux journalistes, Eric de Lavarène et Véronique de Viguerie, ont photographié et interviewé le chef de la milice talibane. Les talibans ont posé pour le magazine avec des objets récupérés sur les cadavres des soldats français, dont les fameux fusils Famas de l'Armée française. Pour authentifier le groupe, la montre d'un des soldats français a été donnée aux journalistes, preuve de leur "honnêteté". 518981.jpgSelon les journalistes, les talibans, des hommes jeunes, auraient été respectueux. Ils en ont profité pour faire passer un message à la France, l'enjoignant à quitter l'Afghanistan, sous peine de violence. Le commandant Farouki qui a accordé l'interview à l'hebdomadaire a justifié l'attaque en expliquant que les talibans "ont voulu montrer aux soldats français qu'il faut cesser d'aider les Américains". "Ces hommes sont morts à cause de Bush et de votre président" a affirmé le commandant au journaliste qui l'interviewait. "Si les Français ne partent pas avant la fin du ramadan, nous les tuerons tous", rapporte Véronique de Viguerie, interrogée mercredi matin sur Europe 1, qui a été la seule à pouvoir entrer dans la cache du commando. Un message pour affirmer que les talibans se sont "restructurés, qu'ils tiennent une bonne partie du pays et qu'ils ne sont plus très loin de Kaboul", selon la journaliste. Les talibans auraient décidé quelques jours avant l'embuscade, lors d'un conseil au Pakistan, d'attaquer les soldats français dès qu'ils quitteraient leur base. Même si l'embuscade n'a pas été planifiée, une "information de leur intelligence" les aurait alertés qu'une patrouille française se dirigeait vers leur territoire. "Les talibans ont donc mis en place l'embuscade avec de vraies stratégies militaires", rapporte la journaliste. Le commandant Farouki précise qu'ils étaient "140 combattants" et que "si la nuit n'était pas tombée, les soldats auraient été tous tués". Ils auraient détenu les corps en leur possession pendant un certain temps, mais aucune torture n'aurait été infligée. La journaliste a affirmé qu'une vidéo prise par un des talibans présent lors de l'attaque, "un peu caméraman", circulerait. Un DVD a pu être fait et vendu sur les marchés au Pakistan, toujours selon Paris Match. Que pense de tout cela le ministre de la Défense et le général Puga ? Les troupes françaises n'ont rien à faire en Afghanistan. Elles n'ont pas pour vocation d'être les supplétifs de l'armée américaine. Elles doivent donc être rapatriées le plus rapidement possible. C'est la voie de la sagesse.

29.08.2008

AFGHANISTAN: "LES TALIBANS ONT PRIS UNE RACLEE"

L'opération était "réussie, n'en déplaise à certains tacticiens en herbe ou en chambre qui viennent porter un jugement à 7.000 km, confortablement installés dans leur fauteuil.  L’adversaire a été mis en fuite, il a pris une sacré raclée, nous avons détruit des dépôts d’armes et nous nous adaptons à lui ». h-3-1246850-1219146785.jpgVoilà ce qu'a déclaré ce jeudi le général Puga, un responsable de l'état-major des armées pendant une conférence de presse, concernant l'opération pendant laquelle sont morts 10 soldats français, le 18 août dernier. Franchement, il fallait oser …Comme dirait Audiard : « Les cons, ça ose tout, c’est même à cela qu’on les reconnaît ! »…En quelque sorte, c’est à qui perd gagne… A ce petit jeu, la « victoire » ne fait aucun doute. C’est comme un relent de communiqué de l’état-major américain pendant la guerre du Vietnam. Dix hommes au tapis, c’est une façon comme une autre de « s’adapter » à l’adversaire…qui court toujours les montagnes ! Le plus dur est à venir, mon général, et sans trop nous avancer, nous pouvons prévoir que la raclée des troupes qui occupent l’Afghanistan sera une nouvelle fois mémorable. Cela fait quelques décennies que cela dure… En attendant ce sont des soldats français qui tombent pour des intérêts américains.

 

22.08.2008

AFGHANISTAN: SELON KARIM PAKZAD DE L'IRIS: "IL EST IMPOSSIBLE DE GAGNER MILITAIREMENT EN AFGHANISTAN"

La coalition internationale est dans une position de plus en plus difficile en Afghanistan. «La guerre totale» au terrorisme privilégiée par les Etats-Unis depuis l’invasion fin 2001, et encore prônée par Nicolas Sarkozy tout au long de la semaine, pose clairement question., Karim Pakzad, chercheur associé à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris).revient sur la stratégie des talibans. (Extraits de son interview par Matthieu Grégoire de 20minute.fr).Dix soldats français, trois canadiens et trois polonais tués, le bilan de la semaine a été particulièrement meurtrier… afghan_moudjahidine.jpgCe qui est marquant, ce sont les zones où les insurgés talibans ont frappé. Leur région historique est le sud du pays, autour de Kandahar. Là, ils ont notamment attaqué dans le centre, et à l’est de Kaboul. Depuis le début 2008, on note un changement de stratégie des talibans. Ils sont montés vers Kaboul, se sont installés à 50 km au sud, à l’est et à l’ouest de la capitale. Ils sont de plus en plus présents dans le district de Saroubi, qui borde la région de la Kapissa où les Français viennent d’envoyer leurs troupes. Ils sont clairement dans une stratégie d’encerclement, ils veulent déstabiliser le régime.  Qui sont vraiment les talibans? C’est un mouvement disparate. Il y a des éléments étrangers qui appartiennent à Al Qaeda, qu’on retrouve par exemple dans les attentats kamikazes. Mais il est simpliste de les réduire à un mouvement terroriste. On parle aussi d’eux comme un parti politique, c’est les méconnaître. Les talibans ont une véritable assise populaire dans les zones pachtounes. Et les pachtounes représentent 40% de la population afghane. Ils n’ont pas le moindre problème de recrutement. Leur idéologie est rétrograde, à base de fanatisme religieux, mais ce sont également des farouches nationalistes. Et ils sont proches aujourd’hui de leurs ennemis d’hier, comme les anciens moujahidines. Prenez Gulbuddin Hekmatyar, dans l’est du pays, l’un des plus grands chefs de la résistance à l’Armée Rouge, on l’appelait «l’enfant chéri des Américains» dans les années 1980, il est aujourd’hui à leurs côtés. Existe-t-il une solution militaire ? Non, plus maintenant. Au début de l’année 2002, la coalition internationale a manqué l’occasion de renforcer le régime de Hamid Karzaï. Les Américains ont préféré poursuivre Ben Laden, ils ont négligé la question des talibans. Ces derniers ont quitté Kaboul et les grosses villes, ils se sont repliés dans leurs fiefs du sud, avec leurs armes. La reconquête qu’ils ont entamée depuis deux ans est partie de là. Ils semblent prendre le pas sur les forces de l’Otan…On sous-estime le lien très fort entre les tribus pachtounes. Elles sont souvent dans l’hostilité, mais quand un ennemi commun se présente, l’unité se fait contre cet envahisseur. C’est ce qui s’est passé avec les Anglais, avec les Soviétiques. Quant aux alliés locaux des Américains et des Français aujourd’hui, ils peuvent changer de camp sur la présence devient durable. La lutte armée risque de s’étendre. On ne peut pas gagner en Afghanistan en se servant d’une partie de la population contre l’autre…

Un bombardement fait débat.  76 civils, en majorité des femmes et des enfants, ont été tués vendredi dans un bombardement de la coalition dans l'ouest de l'Afghanistan, a annoncé le ministère afghan de l'Intérieur, qui a indiqué dans un communiqué avoir ouvert une enquête. La coalition a reconnu avoir mené des opérations qui ont fait 30 morts parmi les insurgés talibans, mais a réfuté avoir fait quelque victime civile que ce soit. Et nous allons les croire….

 

21.08.2008

AFGHANISTAN: MORT DE TROIS NOUVEAUX SOLDATS DE L'OTAN

Trois soldats de l'Otan ont été tués dans une explosion dans l'est de l'Afghanistan, annonce le commandement allié qui n'a pas précisé leur nationalité. Le véhicule dans lequel ils se trouvaient a explosé mercredi sur une bombe, précise l'état-major de la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf). talib.jpgCes nouvelles pertes surviennent deux jours après la mort de dix soldats français tombés dans une embuscade à une cinquantaine de kilomètres à l'est de la capitale, Kaboul, bilan le plus lourd subi au cours d'une opération par les forces alliées depuis le début de leur intervention, fin 2001. Par ailleurs, l'armée américaine annonce jeudi que plus de 30 insurgés ont été tués lors de combats dans la province orientale de Laghman. Quand on sait la facilité avec laquelle les troupes US confondent combattants et civils (et ça ne date pas d’aujourd’hui), on ne peut qu’être sceptique. Pas besoin d’être un expert pour comprendre que cette guerre est perdue d’avance pour la coalition sous commandement américain, qui ne contrôle d’ailleurs que Kaboul, quelques villes et sans doute à peine un tiers du pays. Les Afghans n’accepteront jamais de voir leur terre occupée par des armées étrangères. Le problème dépasse largement la seule question des Talibans, qui ne sont en réalité qu’une composante de la résistance afghane. Quant à la détermination des Etats-Unis à lutter contre l’Islamisme, cela fait sourire…La France n’a rien à faire sur ce terrain d’opération et nos soldats n’ont pas à être envoyés au « carton » pour des intérêts qui ne sont pas les nôtres. Wolff

20.08.2008

AFGHANISTAN: LES PROVINCES BASCULENT DU COTE DE LA REBELLION

Les erreurs de la coalition occidentale et l'impéritie de l'administration Karzaï ont poussé les Pachtounes dans les bras des talibans. On le savait, les spécialistes le savaient, mais personne ne le disait jamais vraiment dans des états-majors de l'Otan. L'Afghanistan est en guerre, les insurgés afghans sont des adversaires sérieux, qui n'opèrent plus seulement dans les lointaines provinces du Sud pachtoune, mais sont maintenant aux portes de Kaboul. Les insurgés, dont les talibans ne représentent qu'une fraction dominante, ne se sont pas forcément déplacés, même s'ils franchissent régulièrement la non-frontière pakistanaise pour se ravitailler. Les anciens étudiants en religion et leurs alliés n'ont pas repris de terrain en l'occupant. C'est surtout leur idéologie qui a regagné au cours des deux dernières années les clans et les tribus pachtounes des provinces voisines de la capitale : Parwan et Kapissa au nord de la ville, le Laghman et le Loghar à l'est, le Wardak et le Nangarhar au sud ont toutes, petit à petit, basculé du côté de l'insurrection.taliban2_wideweb__470x336,0.jpg Les routes sont devenues d'abord dangereuses, puis impraticables. Les insurgés organisant à présent des points de contrôle en plein jour. Les talibans ont ainsi réussi en quelques années, par un mélange classique de propagande habile et d'intimidation, à se remettre à flot politiquement, en se présentant comme des patriotes afghans luttant contre un envahisseur étranger, thème efficace dans ce pays jaloux de son indépendance. Les bavures de l'aviation de l'Otan, les erreurs et l'impéritie de l'administration de Hamid Karzaï ont fait le reste. Ils disputent à présent les provinces pachtounes du Sud et de l'Est au gouvernement. Sarobi est le parfait exemple de ce basculement idéologique de provinces entières. Cette région, en majorité pachtoune, est un fief du Hezb-Islami, le parti de Goulbouddine Hekmatyar, l'ancien rival du commandant Massoud. Ce vétéran du djihad contre les Soviétiques n'avait jamais été allié aux talibans. Leur rapprochement s'est effectué après 2001, à la faveur de la nouvelle guerre contre l'Otan. L'est de la province de Kapissa et le district de Sarobi ont ainsi basculé dans l'insurrection. Les gorges étroites de Sarobi forment un terrain favorable pour les insurgés. C'est par ces défilés étroits et ces vallées encaissées que passe la route Kaboul-Djalalabad, qui continue ensuite, à travers la Khyber Pass, vers Peshawar et le Pakistan. C'est là où les tribus afghanes Gilzaï avaient anéanti une armée britannique pendant sa retraite au cours de l'hiver 1841-1842. Au siècle suivant, les convois soviétiques avaient essuyé des pertes sévères en tentant de maintenir ouvert le passage des défilés. En 2001, au moment de la chute des talibans, trois journalistes avaient été assassinés de sang-froid dans les sombres gorges de Sarobi. Les insurgés afghans ne sont pas des surhommes mais des combattants sérieux. Qu'ils se battent pour une mauvaise cause n'y change rien. Dans ces combats d'embuscades et de coups de main, à coup de mortiers et de mitrailleuses, la technologie et la puissance de feu dont dispose l'Otan ne font pas toujours la différence. À forces égales, les talibans peuvent avoir le dessus contre une patrouille ou un poste isolé. Comme celui des parachutistes américains dans la vallée de la Pech, dans la province de Kunar, qui ont failli succomber à une attaque surprise, à l'aube, de leur petit poste, le mois dernier. Ou comme la patrouille française qui vient de tomber dans une embuscade meurtrière. Comme à l'époque de Kipling, l'«arithmétique sur la frontière», met souvent à égalité le coûteux combattant occidental surentraîné et suréquipé et le taliban avec sa kalachnikov à 100 dollars. Pour faire face aux insurgés, l'Otan a placé beaucoup d'espoirs dans la nouvelle armée afghane, recréée en 2002. Mais ses bataillons ont été recrutés comme ceux d'une armée nationale, mélangeant dans chaque unité toutes les ethnies afghanes, Pachtounes et Hazaras, Ouzbeks et Tadjiks. Ce système, parfait sur le papier, contribue à casser les qualités traditionnelles des combattants afghans, qui reposent beaucoup sur leurs appartenances tribales. Pour des raisons pratiques, cette armée a été entraînée et équipée comme une armée régulière occidentale, gourmande en matériel et en soutien logistique. Les qualités de rusticité et d'endurance des moudjahidins, ont-elles aussi été perdues au profit d'une modernité factice. Pas de cohésion dans cette armée, si ce n'est celle de l'argent, et ses quelques bonnes unités sont noyées dans un système souvent corrompu, et rarement efficace. Ainsi, au lieu de mener contre les talibans une guerre de commandos, de tendre des embuscades la nuit à leurs colonnes, l'Otan et ses alliés afghans font de la contre-guérilla à l'aveuglette, à coups de bombes de précision et de convois blindés, dépendant des routes et de l'air pour leur ravitaillement. Les statistiques compilées par les états-majors de l'Otan dans des bases climatisées, installées d'ailleurs à l'emplacement même des cantonnements britanniques de 1840 à Kaboul, ou des bases russes de Kandahar ou de Bagram, annoncent la victoire prochaine de l'Otan contre les «terroristes». La réalité sur le terrain pourrait un jour leur donner un démenti. Source: Le Figaro

 

21.06.2008

AFGHANISTAN: QUATRE SOLDATS DE LA COALITION TUES

Quatre soldats de la coalition sous commandement américain ont été tués et deux blessés samedi dans l'explosion d'une bombe dans le sud de l'Afghanistan, a annoncé la coalition. photo_1208970305314-1-0.jpg"Quatre soldats de la coalition ont été tués et deux ont été gravement blessés samedi dans l'explosion d'une bombe artisanale au cours d'une opération dans la province de Kandahar", a indiqué la coalition dans un communiqué. La Coalition n'a révélé ni l'identité, ni la nationalité des victimes, elle en laisse systématiquement le soin aux autorités des pays d'origine. La province de Kandahar est un bastion des talibans. Les talibans ont lancé une insurrection meurtrière depuis qu'ils ont été chassés du pouvoir à la fin 2001 par une coalition internationale emmenée par les Etats-Unis. Les violences ont redoublé d'intensité depuis près de deux ans malgré la présence de 70.000 soldats de deux forces multinationales, l'une de l'Otan, l'autre sous commandement américain. Combien de soldats français tomberont dans cette guerre menée au seul profit de l’Axe américano-sioniste ?