24.04.2009

EN MEMOIRE DE TIBERINE par Rachid KORAÏCHI

Dans une discussion, lorsque chacun fait part de son expérience personnelle, on ne parle pas d’idéologies abstraites. Et c’est ainsi, je crois, que l’on s’enrichit les uns les autres, parce que chaque personne, en se racontant, livre un témoignage sur la société à laquelle elle appartient. Tiberine.jpg

Pour ma part, j’ai quitté l’Algérie en 1968. J’ai alors voyagé, je suis allé en France, j’ai vécu à Paris, mais j’ai toujours gardé un lien très fort avec ma famille. Et je ne suis jamais autant retourné en Algérie que depuis la périodedu terrorisme, c’est-à-dire depuis 1988 et jusqu’à récemment. Dans ce va-et-vient permanent entre l’Algérie et la France, j’ai acquis un regard extérieur sur mon pays – en miroir.

Pendant la guerre d’Algérie, nous avons vécu une période très dure – notamment avec un père torturé devant nos yeux –, mais nous nous battions pour l’indépendance, qui était vue comme la clé du paradis. Aujourd’hui, on en arrive à se dire que, bizarrement, on était mieux au moment de la colonisation !

A l’époque, nous avions une cause, nous poursuivions un rêve. Maintenant, nous n’avons ni cause ni perspective claire. Et cette prise de conscience provoque une implosion intérieure très douloureuse.

En plus, l’état socialiste, pendant trente ans, a pris en charge les gens – qui se laissaient faire. Tout devait être donné, on attendait tout du système…

Aujourd’hui, les gens se rendent compte que, s’ils ne travaillent pas eux-mêmes, s’ils ne relèvent pas leurs manches, s’ils ne revendiquent pas, rien ne se fera.

En outre, l’Algérie est musulmane depuis le VIIIe siècle, l’islam venant s’ajouter à la chrétienté et au judaïsme que l’on trouvait auparavant. Elle s’est retrouvée brutalement amputée de ses deux identités antérieures. Avec l’abrogation du décret Crémieux en 1940, les Juifs sont partis, puis les chrétiens avec l’indépendance en 1962.

La petite Eglise chrétienne d’Algérie ne se sent donc aujourd’hui qu’algérienne. Pour prendre un exemple, l’ancien archevêque d’Alger, Mgr Duval, a assuré l’intérim lorsque Paul VI était malade. A cette époque, j’étais étudiant à Paris, et j’avais été outré de voir ce titre à la une du journal Minute : « Un Algérien à la tête de la chrétienté. » Des années après, je suis passé dans le bureau de Mgr Duval à Alger. On y voyait, encadrée, une couverture de Minute, sur laquelle était écrit en gros titre : « Mohammed Duval. » Et l’archevêque m’a dit : « Tu vois, me donner le nom du prophète de l’islam, c’est le plus beau cadeau qu’on m’ait fait. » Pour moi, c’était bouleversant ! De la même façon, la dernière messe en souvenir des moines de Tiberine, dans la petite église du monastère, a été dite en arabe algérien – et les cantiques aussi ont été chantés en arabe.

J’avais déjà entendu des messes en arabe dans d’autres pays orientaux, mais c’était la toute première fois en Algérie. Cette appartenance viscérale à la terre d’Algérie est pour moi très significative de la part de cette Eglise chrétienne algérienne, si pauvre et si réduite aujourd’hui.

Je viens d’une famille de mystiques soufis du désert. L’assassinat des moines de Tiberine a été pour nous un choc terrible. Nous avons tous été ravagés. J’ai dit alors à Mgr Teissier, l’évêque d’Alger, que je souhaitais faire un petit mémorial près de l’endroit où les sept moines ont été assassinés, d’autant plus que l’on a retrouvé seulement leurs têtes, pas leurs corps. J’ai demandé ensuite aux régions d’où étaient originaires les moines d’envoyer un cube de pierre pour symboliser leur lieu d’origine. A côté de ce premier cube, on poserait un autre cube de pierre provenant du lieu où ils étaient morts.

Je voulais aussi faire faire un bassin avec un fond noir dans lequel le ciel se refléterait. L’ensemble aurait formé une croix, avec de chaque côté les douze apôtres. Mais l’évêque a réfléchi et m’a dit : « C’est impossible, Rachid, et pour deux raisons. D’une part, le village de Tiberine, qui est juste en face, n’a pas d’eau, et les gens du village viennent en prendre au monastère. D’autre part, le village n’a pas de mosquée non plus, et les habitants viennent faire la prière au monastère. »

J’ai trouvé ça merveilleux.

Le soir même, je suis allé dîner chez un ami de mon père à Alger, qui est quant à lui totalement athée. Après le dîner, il m’a raccompagné à l’ascenseur pour que je parte avant le couvre-feu. Il m’a alors confié une enveloppe dans laquelle se trouvait une importante somme d’argent destinée à construire une mosquée à Tiberine. « Je suis athée, je m’en fiche, me dit-il, mais le fait que ce soit des moines chrétiens qui le demandent me touche, alors je veux apporter une contribution. »

A travers ces anecdotes, je veux dire que, à partir du judaïsme, du catholicisme ou de l’islam, et sans être forcément pratiquant, nous sommes, autour de la Méditerranée, traversés d’un mouvement autre que la politique dite « classique ». C’est un mouvement qui tend à faire se rencontrer ces différentes spiritualités, malgré les conflits qui les opposent. Rachid KORAÏCHI

 

22.04.2009

ECONOMIE : LA FRANCE "DEVRAIT CONNAITRE SA PLUS FORTE RECESSION DEPUIS LES ANNEES 30"

Les prévisions économiques restent noires pour 2009 et 2010. L'OFCE prévoit pour la France un recul du Produit intérieur brut (PIB) de: - 2,3% en 2009- 0,2% en 2010, Le taux de chômage dépassera les 10% dès le début 2010, selon les prévisions communiquées lundi 20 avril. chomage-01.jpgC'est pire que les prévisions du gouvernement, qui table sur un recul du PIB de 1,5% en 2009 avant un rebond de l'ordre de 1% l'année suivante. Au niveau mondial, l'Observatoire français des conjonctures économiques prévoit- une contraction du PIB de 1,5% en 2009, puis un rebond de 1,5% en 2010. "En 2009, l'économie française devrait connaître sa plus forte récession depuis les années 30", écrit l'OFCE. L'activité attendue en 2010 ne permettra pas de "parler de reprise" en France, précise le communiqué. Les prévisions sont également noires pour les comptes publics:  le déficit public devrait s'établir à 6,1% du PIB en 2009 et à 7,2% en 2010 (contre 3,4% en 2008), la dette publique devrait atteindre 75,8% du PIB en 2009 et 81,8% l'année suivante (contre 68% en 2008).  "On est sur des niveaux jamais atteints", a commenté lors d'une conférence de presse, Eric Heyer, de l'OFCE. Il estime que nous sommes entrés dans une ère "d'incertitude complète".
Selon Eric Heyer, l'"ajustement" social de la crise n'a pas encore débuté. Il prévoit une très forte hausse du chômage avec "800.000 pertes d'emploi" dans les deux années à venir, soit la plus forte progression depuis vingt-cinq ans. Le taux de chômage montera ainsi à:  9,8% fin 2009 et 10,7% fin 2010 (contre 8,2% à la fin de l'année 2008).

 

IRAN: INTERVENTION DU PRESIDENT MAHMOUD AHMADINEJAD A LA CONFERENCE DURBAN II A GENEVE

M. Mahmoud Ahmadinejad, Président de la République islamique d’Iran, a déclaré que si les leçons avaient été tirées de l’oppression, des horreurs et des crimes des deux guerres mondiales, des rayons d’espoir auraient pu filtrer pour confronter l’avenir. Mais les puissances victorieuses se sont autoproclamées les conquérantes du monde en imposant des lois et arrangements oppressifs. Il suffit pour s’en convaincre de se pencher sur le Conseil de sécurité, qui est un legs des deux guerres mondiales, a-t-il expliqué. Quelle est la logique dont s’inspire l’octroi, par ces puissances, d’un droit de veto, a-t-il demandé ? article_photo_1237527173563-2-0.jpgSe pourrait-il que cela soit conforme avec les principes reconnus de justice, d’égalité devant la loi, d’amour et de dignité humaine ou est-ce plutôt conforme à la discrimination, à l’injustice, voire à l’humiliation de la majorité des pays ? Le Conseil de sécurité est l’organe suprême de prise de décision en matière de préservation de l’ordre et de la sécurité internationaux ; comment s’attendre à ce que soient réalisées la justice et la paix lorsque la discrimination est légalisée et lorsque l’origine de la loi est dominée par la coercition et la force plutôt que par la justice et le droit ? Après la deuxième guerre mondiale, « sous prétexte des souffrances des juifs », un groupe de pays puissants a eu recours à l’agression militaire pour faire d’une nation entière une population sans abri, a poursuivi le Président iranien (plusieurs délégations ont alors quitté la salle). Ces pays ont envoyé des migrants d’Europe, des États-Unis et d’ailleurs pour établir un « gouvernement totalement raciste » en Palestine occupée et, pour compenser les « sinistres conséquences du racisme en Europe », ont aidé à porter au pouvoir les racistes les plus cruels et les plus durs en Palestine. Le Conseil de sécurité a aidé à stabiliser le régime sioniste et a soutenu les sionistes durant ces six dernières décennies, leur laissant main libre pour continuer leurs crimes, a insisté le Président iranien. Il est tout à fait regrettable qu’un certain nombre de gouvernements occidentaux ainsi que les États-Unis aient entrepris de défendre ces racistes auteurs de génocide ; ils ont toujours soutenu les actes odieux du régime sioniste ou sont restés silencieux face à ces actes, a déclaré M. Ahmadinejad. Ce qui est le plus regrettable, a-t-il poursuivi, c’est que la raison de ce soutien réside dans le fait que le sionisme égoïste et non civilisé est parvenu à pénétrer leurs structures politiques et économiques. Aussi longtemps que continuera la domination sioniste, de nombreux pays ne seront pas en mesure de jouir de la liberté, de l’indépendance et de la sécurité. Le moment est venu de briser l’idéal du sionisme, qui est le modèle du racisme, a déclaré le Président iranien.
M. Ahmadinejad a ensuite appelé chacun à s’interroger sur les causes profondes des attaques des États-Unis contre l’Iraq ou encore de l’invasion de l’Afghanistan. L’invasion de l’Afghanistan a-t-elle restauré la paix, la sécurité et le bien-être économique à ce pays, a-t-il demandé ? Les États-Unis et leurs alliés ne sont même pas parvenus à contenir la production de stupéfiants dans ce pays ; au contraire, cette production n’a cessé d’augmenter, a souligné le Président iranien. Qui sont les responsables de la crise économique globale que connaît le monde, a par ailleurs interrogé M. Ahmadinejad ? Pendant longtemps, les lois et règlements inéquitables en matière économique ont été imposés par les États-Unis et l’Europe grâce à leur pouvoir politique sur l’économie mondiale. Un système économique et financier a été imposé sans qu’il n’y ait de mécanisme de contrôle au niveau international. Ces pays n’ont même pas permis à leurs populations d’avoir un droit de regard sur leurs pratiques et politiques. Ils ont mis en place des lois et règlements contraires aux valeurs morales pour protéger les intérêts des détenteurs de richesse et de pouvoir. Ils ont transféré à d’autres leurs problèmes et aujourd’hui injectent des milliards de la poche de leurs propres populations vers les banques et entreprises en faillite. La racine du racisme réside dans le manque de compréhension quant à la réalité de l’existence humaine en tant que créature sélectionnée par Dieu, a poursuivi le Président iranien. Le racisme est le signe d’une ignorance qui, aujourd’hui, met en danger la paix internationale et met en péril la coexistence entre les nations. Le racisme est le signe d’une frustration dans la sphère du développement de la société humaine. Pour lutter contre ces manifestations, il faut enseigner toute la philosophie associée à la vie de l’homme ; il faut en revenir aux valeurs morales, aux valeurs spirituelles et en fin de compte, à la dévotion à Dieu, a déclaré M. Ahmadinejad. Aujourd’hui, la communauté humaine est confrontée à une sorte de racisme qui a terni l’image de l’humanité à l’aube du troisième millénaire, a poursuivi le Président iranien. « Le sionisme mondial personnifie le racisme » qui recourt à la religion et à l’abus des sentiments religieux pour cacher sa haine et son visage hideux, a-t-il déclaré. Il est important de mettre à jour les objectifs politiques de certaines des puissances mondiales et de ceux qui contrôlent d’énormes intérêts économiques et richesses dans le monde. Ils mobilisent toutes leurs ressources, y compris leur influence économique et politique et les médias du monde pour soutenir le régime sioniste et insidieusement chercher à minimiser l’indignité et la disgrâce de ce régime. Des efforts doivent être déployés pour mettre un terme aux abus des sionistes et de leurs soutiens ; les gouvernements doivent être encouragés et soutenus dans leurs efforts visant à éradiquer ce racisme barbare. « Il ne fait aucun doute que vous êtes tous conscients de la conspiration de certaines puissances et des cercles sionistes contre les buts et objectifs de cette Conférence d’examen », a déclaré M. Ahmadinejad. Il devrait être reconnu que le fait de boycotter une telle session indique clairement le soutien à l’exemple flagrant du racisme. Il est nécessaire de restructurer les organisations internationales existantes et leurs arrangements respectifs. Aussi, cette Conférence constitue-t-elle un terrain d’essai. Le monde connaît des changements fondamentaux ; le craquement des piliers de l’oppression mondiale peut maintenant être entendu et les principales structures politiques et économiques sont sur le point de s’effondrer. Les crises politiques et sécuritaires augmentent. La crise de l’économie mondiale, qui s’aggrave et pour laquelle aucune perspective d’éclaircissement n’est en vue, témoigne amplement de la marée montante des changements globaux de grande ampleur qui sont en train d’intervenir. « La gestion injuste et inéquitable du monde se trouve maintenant en fin de route », a assuré le Président iranien. Cette impasse était inévitable étant donné que la logique de cette gestion imposée était oppressive, a-t-il ajouté. La victoire du bien sur le mal et l’instauration d’un système mondial juste ont été promis par Dieu et ses Messagers et ont constitué un objectif commun de différentes sociétés et générations au cours de l’histoire, a poursuivi le Président iranien, qui a par ailleurs affirmé que le libéralisme occidental, comme le communisme, touche à sa fin car il n’est pas parvenu à percevoir la vérité profonde du monde et de l’être humain. Il est absolument possible d’améliorer la situation actuelle dans le monde dans le contexte actuel, a assuré M. Ahmadinejad ; mais cela ne pourra se faire que par le biais de la coopération de tous les pays.
Par ailleurs, a poursuivi le Président iranien, eu égard à l’inefficacité des systèmes politiques, économiques et sécuritaires actuels, il convient, en particulier, de réformer rapidement la structure du Conseil de sécurité et notamment d’éliminer le droit de veto discriminatoire qui y prévaut, ainsi que de modifier le système financier et monétaire mondial. Il est évident que ne pas comprendre l’urgence des changements équivaut à devoir assumer les coûts beaucoup plus élevés de remettre à plus tard ces changements.

 

21.04.2009

EN 2009: LA RUPTURE DU SYSTEME MONETAIRE INTERNATIONAL SE CONFIRME

Communiqué public GEAB N°34 (15 avril 2009) -

 

La prochaine étape de la crise sera déterminée par un rêve chinois. En effet, à quoi peut bien rêver Pékin pris, d'après Washington, dans le « piège Dollar » de ses 1.400 milliards d'actifs libellés en Dollars US (1) ? D'après les dirigeants américains et leur cortège d'experts médiatiques, à continuer à être prisonnier et même à renforcer cette condition carcérale en achetant toujours plus de Bons du Trésor et de Dollars US (2).

Pourtant, tout le monde sait à quoi rêve vraiment un prisonnier ? index.jpgA s'évader bien sûr, à sortir de sa prison. Aussi, pour LEAP/E2020, il ne fait aucun doute que Pékin cherche sans relâche désormais (3) à se débarrasser au plus vite de cette montagne d'actifs « toxiques » que sont devenus les Bons du Trésor US et la devise américaine sous laquelle la richesse de 1 milliard 300 millions de Chinois (4) est emprisonnée. Dans ce GEAB N°34, notre équipe détaille donc les « tunnels et les galeries » que Pékin creuse discrètement depuis plusieurs mois dans le système économique et financier mondial afin de s'évader du « piège Dollar » d'ici la fin de l'été 2009. Sur fond de cessation de paiement des Etats-Unis s'ouvrira alors la période à partir de laquelle le « chacun pour soi » deviendra la règle du jeu international, dans la droite ligne d'un G20 de Londres dont le communiqué final se lit comme la « chronique d'une dislocation géopolitique annoncée » ainsi que LEAP/E2020 l'analyse dans ce numéro du Global Europe Anticipation Bulletin.

 

La prochaine étape de la crise sera déterminée par un rêve chinois. En effet, à quoi peut bien rêver Pékin pris, d'après Washington, dans le « piège Dollar » de ses 1.400 milliards d'actifs libellés en Dollars US (1) ? D'après les dirigeants américains et leur cortège d'experts médiatiques, à continuer à être prisonnier et même à renforcer cette condition carcérale en achetant toujours plus de Bons du Trésor et de Dollars US (2). 

 Derrière le « jeu de dupes » londonien, où chacun a prétendu croire qu’une collaboration internationale « historique » (5) était en action, on constate en fait une profonde division du G20 : les Américains et le Britanniques (suivis par un Japon docile) tentent désespérément de préserver leur contrôle sur le système financier mondial, en bloquant ou en diluant toute réforme significative donnant un pouvoir plus important aux autres acteurs du système, sans plus avoir assez de puissance pour imposer leurs objectifs. Les Chinois, les Russes, les Indiens, les Brésiliens, … essayent de rééquilibrer le système monétaire et financier international en leur faveur, mais sans pouvoir (ou peut-être même sans vouloir vraiment (6)) imposer une telle réforme. Les Européens (et quand on utilise ce terme il implique de plus en plus une UE sans le Royaume-Uni) s'avèrent de leur côté incapables de trancher entre les deux seules options qui s'offrent à eux : sombrer avec les Etats-Unis et le Royaume-Uni en copiant leurs politiques ou bien remettre fondamentalement en cause le système monétaire et financier mondial actuel en partenariat avec les Chinois, les Russes, les Indiens et les Brésiliens. Ils arrivent à ne plus suivre Washington et Londres dans leur reproduction des politiques passées qui ont toutes déjà fait faillite (7), mais ils ne parviennent pas à oser préparer l'avenir.  

Les Européens porteront d'ailleurs une responsabilité majeure si, dans la brève fenêtre temporelle qui reste (moins de six mois désormais), aucune action majeure n'est entreprise pour éviter la crise longue et tragique qui durera plus d'une décennie (8). Ils possèdent à la fois le savoir-faire technique pour aider au succès d'une devise internationale fondée sur un panier des principales monnaies et une méthode politique qui permet de gérer au mieux les intérêts stratégiques divers d'un ensemble de pays comme ceux dont la monnaie serait derrière la nouvelle devise internationale de référence. Pourtant, il existe aujourd'hui une évidente incapacité des dirigeants de l'UE (et notamment de la zone Euro) à assumer ces responsabilités, comme si finalement ils préféraient voir le système occidental finir de se briser (tout en proclamant le contraire) plutôt que de se battre pour en faire un pont vers un nouveau système mondial : que ce soit un choix (ce que LEAP/E2020 ne croit pas) ou que ce soit le simple résultat de la pusillanimité de dirigeants européens choisis pour leur docilité (vis-à-vis de Washington et des grands opérateurs économiques et financiers européens), dans tous les cas, leur neutralité est très dangereuse pour la planète puisqu'elle empêche le lancement d'un processus efficace permettant d’éviter une crise longue et tragique (9).
Ainsi, dans ce GEAB N°34, nos chercheurs développent plus avant leurs anticipations sur les formes possibles que prendra la cessation de paiement américaine d'ici la fin de l'été 2009 et que le mois d'Avril 2009 (principal mois de collecte des revenus fiscaux aux Etats-Unis) va rendre désormais impossible à masquer (10). La cessation de paiement des Etats-Unis à l'été 2009 est en effet d'une actualité toujours plus brûlante avec un déficit public désormais totalement hors de contrôle sur fond d'explosion des dépenses (+ 41%) et d'effondrement des recettes fiscales (-28%) comme l'a anticipé LEAP/E2020 il y a plus d'un an : pour le seul mois de Mars 2009, le déficit fédéral s'est monté à près de 200 Milliards USD (très largement au-dessus des prévision les plus pessimistes), soit à peine un peu moins de la moitié du déficit pourtant record de l'ensemble de l'année 2008 (11). Et le même phénomène se répète à tous les niveaux de la structure publique du pays : état fédéral, états fédérés (12), comtés, villes (13), … partout les recettes fiscales s'évanouissent entraînant de manière accélérée l'ensemble du pays dans une spirale déficitaire que personne (Washington en premier chef) ne maîtrise plus.

Dans ce GEAB N°34, nos chercheurs se penchent également sur le « mystère du cours de l'or ». Pour le métal jaune, nos chercheurs (non pas d'or, mais d'information) ont identifié quelques pistes très intéressantes pour comprendre pourquoi (14), alors que les acheteurs d'or sont légion et que dans de nombreux pays on signale des ruptures d'approvisionnement en pièces ou lingots d'or, le cours du métal jaune ne fait qu'osciller autour du même pivot depuis des mois.
Enfin, notre équipe présente ses recommandations pour se préparer aux prochains mois de la crise en s'attachant ce mois-ci notamment à l'épargne en général et aux assurances-vie en particulier.

 

 

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Notes:

(1) Si l'ensemble des réserves chinoises est évalué désormais à environ 2.000 milliards USD, la part d'actifs libellés en Dollars US n'est au maximum que de 70%, ce qui donne environ 1.400 milliards USD. Le reste consiste essentiellement en actifs libellés en Euros.

(2) N'oublions pas que ce sont en général les mêmes « experts » qui prédisaient ces dernières années que l'économie mondiale bénéficierait de la suppression de la régulation des banques, que l'économie de l'Internet ouvrait la voie à une croissance sans fin, que les déficits américains étaient un signe de force, que les prix de l'immobilier US n'arrêteraient pas de monter et enfin que s'endetter sans restrictions était la forme moderne d'un enrichissement durable.

(3) Le message sur le nécessaire changement de devise internationale de référence que Pékin a adressé au monde entier, et aux autorités américaines en particulier, à la veille du sommet du G20 de Londres n'était absolument pas un « ballon d'essai » ou une tentative sans espoir de réussite. Les dirigeants chinois ne se faisaient aucune illusion sur la probabilité qu'un tel sujet soit discuté au cours de ce G20. Ils ont voulu imposer ce débat dans les couloirs du sommet afin de faire passer un message, un avertissement officieux à tous les acteurs du système monétaire international : pour Pékin, le système Dollar, c'est fini. Si personne ne veut préparer un système alternatif en commun, alors, cela se fera autrement. Et leurs actes, analysés dans ce numéro du GEAB, corroborent cette intention. D'ailleurs, et le hasard du calendrier politique est une rareté à Pékin, dans la même période sort un livre, intitulé « La Chine mécontente », qui demande une action plus volontariste des leaders chinois afin d'imposer leurs choix sur la scène internationale. Source :
ChinaDailyBBS, 27/03/2009

(4) Un lien original pour suivre ce chiffre en temps réel :
Chine Information.

(5) C'est en fait Angela Merkel qui a fait preuve de la plus grande clairvoyance en trouvant le mot juste sur la nature du sommet du G20 à Londres. Elle a dit que c'était une réunion «
presque historique » ; et c'est bien le mot « presque » qui résume ce qui s'est passé à Londres. Les dirigeants du G20 ont « presque » abordé les questions essentielles ; ils ont « presque » défini un programme commun d'action; ils sont « presque » parvenus à lancer de nouvelles stimulations économiques et une nouvelle régulation financière mondiale; ils ont « presque » interdit les paradis fiscaux; et ils ont « presque » convaincu » l'opinion publique mondiale. « Presque », mais, hélas, pas réellement. Et cela fait une belle différence pour la suite de la crise.

(6) C'est en effet le dilemme du « jeu international » développé dans le GEAB N°33. A un certain moment, l'intérêt des joueurs qui montent en puissance est de laisser purement et simplement l'ancien jeu se briser net pour en reconstruire un qui leur convienne plutôt que de se battre pour transformer l'ancien jeu via une transition longue et incertaine.

(7) Notamment l'endettement public à outrance, qui est appelé par Washington et Londres « stimulus économique ».

(8) Le G20 de Londres s'inscrit directement dans la direction de cette crise de longue durée.

(9) A propos de l'UE, l'équipe de LEAP/E2020 souhaite souligner l'inanité des « analyses » économico-politiques, essentiellement issues d'éminents économistes et experts proches du Parti démocrate américain, que relayent actuellement les principaux médias internationaux, et qui se limitent à reprocher aux Européens … de ne pas faire comme Washington. Paul Krugman en tête, ces « grands amis » de l'Europe, qui l'aiment tant qu'ils pensent savoir mieux que les Européens ce qu'elle doit faire (et aussi ce qu'elle doit être car les mêmes prônent généralement aussi son extension à la Turquie, voire à Israël et à l'Asie centrale), feraient mieux de s'occuper de conseiller efficacement leur propre parti et leur nouveau président pour éviter l'effondrement de leur pays, car c'est bien de cela qu'il s'agit désormais. Enfin, et nous n'y reviendrons plus, il est quand même étonnant qu'un ensemble d'experts qui depuis des années a tant vanté les mérites d'un système qui aujourd'hui s'effondre sous les yeux de tous, ose encore donner des leçons au reste du monde. La plus élémentaire décence lui imposerait, au niveau international, la seule voie respectable possible : le silence. En tout cas, en Europe, ce discours, qui a bien entendu toujours ses relais académiques et journalistiques, ne passe plus car il vient tout droit d'une époque révolue. Comme le fait d'ailleurs régulièrement remarquer LEAP/E2020, il est bien évidemment nécessaire et légitime de porter un regard très critique sur l'UE, ses dirigeants et ses politiques ; mais le faire avec comme seul critère la conformité ou non aux orientations de Washington (ou Londres) est désormais inacceptable. Visiblement, à l'image des financiers qui n'ont pas encore compris qu'une page était tournée en ce qui concerne leurs stock-options et leurs « parachutes dorés », nombre d'intellectuels et de politiques n'ont pas encore bien intégré que leurs références, leurs valeurs et leurs analyses appartenaient désormais au passé. Qu'ils pensent aux élites du bloc soviétique … et ils comprendront comment et à quelle vitesse un système de pensée peut devenir obsolète.

(10) Outre la baisse des revenus fiscaux, on assiste dorénavant aux Etats-Unis à l'extension d'un mouvement de révolte contre l'utilisation des impôts pour sauver Wall Street et contre l'ampleur des déficits prévus, qui met en cause l'ensemble de la classe dirigeante américaine. Sources :
USAToday, 13/04/2009 ; MarketWatch, 16/04/2009

(11) Sources :
USAToday, 11/04/2009 ; MarketWatch, 10/04/2009

(12) Ainsi en Californie, les premiers jours d'Avril laissent craindre des recettes très largement inférieures aux pires prévisions, entraînant un déficit budgétaire multiplié par deux pour la Californie par rapport aux prévisions d’il y a seulement quelques mois. Au niveau fédéral, un processus du même type est en cours, rendant désormais envisageable selon LEAP/E2020 un déficit fédéral annuel à près de 3.500 Milliards USD, soit plus de 20% du PNB des Etats-Unis. Source :
CaliforniaCapitol, 08/04/2009

(13) L'exemple de ces villes qui, comme Auburn dans la région de Seattle, doivent interdire leurs grands axes aux poids-lourds faute de moyens pour les entretenir est éloquent. Source :
SeattleBusinessJournal, 10/04/2009

(14) Et permettre ainsi d'anticiper les tendances des prochains mois.

 

 

 

Mercredi 15 Avril 2009

10.04.2009

IRAN: LE PRESIDENT AHMADINEJAD INSISTE SUR LE CARACTERE PUREMENT PACIFIQUE DU PROGRAMME NUCLEAIRE IRANIEN

Ahmadinejad insiste sur le caractère purement pacifique de son programme nucléaire, les Occidentaux doutent. Le président iranien a inauguré jeudi à Ispahan, dans le centre du pays, la première usine de fabrication de combustible nucléaire. Une nouvelle étape importante dans le programme nucléaire controversé de l'Iran. article_photo_1237527173563-2-0.jpgAvec l'inauguration de cette usine, Téhéran affirme maîtriser désormais le cycle de la fabrication de combustible nucléaire. L'Iran a en outre «testé deux nouveaux types de centrifugeuses d'une capacité plusieurs fois supérieure à celle existante actuellement», a ajouté le président iranien lors d'un discours à l'occasion de la «Journée nationale de l'énergie atomique». La République islamique a «installé environ 7.000 centrifugeuses (à Natanz, centre) et ce chiffre atteindra les 50.000 durant le programme quinquennal», a indiqué pour sa part le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA) Gholamreza Aghazadeh. L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), a refusé de commenter ces chiffres. Dans un rapport du 19 février, l'AIEA affirmait que l'Iran possédait 3.964 centrifugeuses en activité, 1.476 machines sous test et quelque 125 centrifugeuses installées mais pas encore en fonctionnement. L'usine inaugurée à Ispahan a une capacité annuelle de production de dix tonnes de combustible nucléaire pour alimenter le réacteur de recherche à eau lourde d'Arak, actuellement en construction dans la province Markazi (centre) et une capacité de trente tonnes de combustible pour les futurs réacteurs à eau légère, selon l'agence de presse Mehr. Ces annonces interviennent alors que le groupe des Six (Russie, Allemagne, Chine, Etats-Unis, France et Grande-Bretagne) a annoncé mercredi qu'il allait adresser à l'Iran une invitation pour une rencontre directe afin de discuter de son programme nucléaire. «Cette proposition doit être examinée. Mais il s'agit d'une proposition constructive et d'un changement d'attitude», a déclaré Ali Akbar Javanfekr, un proche conseiller du président Ahmadinejad. «Nous espérons que cela montre un changement d'attitude vers une approche plus réaliste», a-t-il ajouté. Le président Ahmadinejad a déclaré jeudi que «l'Iran cherchait toujours un dialogue logique» mais que tout dialogue devait être «basé sur le respect mutuel et la justice». Il a ajouté que l'Iran n'acceptait pas de «dialogue à sens unique et des négociations dans une atmosphère d'intimidation.» L'Iran a souligné sa volonté de poursuivre son programme nucléaire en insistant sur son caractère purement pacifique, malgré plusieurs résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU, dont trois assorties de sanctions. Les instances internationales se font moins pressantes quant il s'agit de l'Etat d'Israël. Deux poids, deux mesures...

 

ECONOMIE: UN G20 POUR RIEN par Damien MILLET et Eric TOUSSAINT

Ceux qui attendaient du G20 des mesures concrètes pour résoudre la crise économique mondiale en sont pour leurs frais. Il ne s’agissait ici que de parler finance et de donner des moyens accrus au FMI et à la Banque mondiale pour poursuivre leur politique d’exploitation du tiers-monde. En brisant les résistances, la crise offre une « opportunité » inespérée aux tenants du capitalisme pour accélérer a globalisation du système. Damien Millet et Éric Toussaint dressent leur bilan de ce sommet. 1-126.jpg

Les effets d’annonce ne manquent pas autour du sommet des 20 pays industrialisés et émergents (G20) réuni à Londres les 1er et 2 avril pour apporter des solutions à la crise. Mais bien avant la clôture du sommet, les conclusions sont connues : le G20 ne sera pas à la hauteur de l’enjeu.

Au-delà de la publication dans la presse spécialisée d’un projet de communiqué final très insuffisant, la raison en est simple : le sommet du G20 n’a pas été mis en place pour apporter de véritables solutions, il a été convoqué à la va-vite une première fois en novembre dernier pour sauver la mise des puissants et tenter de colmater les brèches d’un capitalisme en pleine crise. Impossible, dès lors, qu’il apporte aux peuples du monde entier des alternatives suffisamment radicales pour inverser la tendance. Initié par ceux qui profitent du rapport de forces actuel, le sommet du G20 est structurellement incapable de choisir des pistes de nature à modifier en profondeur ce rapport de forces. Quand un chef d’État ou le directeur d’une institution internationale est arrivé à son poste grâce au soutien des grands créanciers et des multinationales, il ne va pas chercher à fragiliser le pouvoir de ses précieux soutiens.

Comme la situation est intenable du fait de la crise financière internationale, le G20 va chercher à limer les dents de ce système prédateur au lieu de le mettre hors d’état de nuire. L’opinion publique va donc être priée de regarder dans deux directions qui doivent servir à cristalliser l’exaspération : les paradis fiscaux et les rémunérations des dirigeants de grandes entreprises.

Il faut abolir les paradis fiscaux, cela va de soi. C’est facile à décider. Il suffit d’interdire aux entreprises et aux résidents d’avoir des actifs dans ou d’entretenir des relations avec des partenaires situés dans des paradis fiscaux qui sont tout à fait identifiables. Les pays de l’Union européenne qui fonctionnent comme des paradis fiscaux (Autriche, Belgique, Grande-Bretagne, Luxembourg…) et la Suisse, qui est signataire des accords de Schengen, doivent lever le secret bancaire et mettre fin à leurs pratiques scandaleuses. Mais telle n’est pas l’orientation prise par le G20 : quelques cas emblématiques seront sanctionnés, des mesures minimales seront demandées aux pays concernés, et une liste noire des territoires « non coopératifs » soigneusement épurée (la City de Londres, le Luxembourg ou l’Autriche ont obtenu de ne pas y figurer) sera dressée. D’ailleurs, une telle liste existait déjà, mais au fil du temps, la quasi-totalité des pays en avait été rayée. On va donc reprendre les mêmes et recommencer.

Par ailleurs, les rémunérations des dirigeants des grandes entreprises, incluant parachutes dorés et bonus divers, sont proprement scandaleuses. En période de croissance, le patronat affirmait qu’il fallait récompenser ceux qui prenaient des risques et apportaient tant de profits aux sociétés (nous ne parlons pas là des travailleurs, vous l’aurez compris !) afin qu’ils ne partent pas ailleurs. Maintenant que la crise est solidement installée et que les entreprises creusent leurs pertes, les mêmes continuent de justifier des revenus faramineux. Le G20 va « encadrer » ces rémunérations, pour une durée limitée (jusqu’à fin 2010 en France). La logique elle-même n’est pas remise en cause, on en gomme juste l’aspect insupportable pour la faire perdurer.

Au-delà des questions des paradis fiscaux et des super-bonus des patrons, pour lesquelles aucune sanction éventuelle n’est spécifiée, les pays du G20 vont continuer de renflouer les banques, mais sans en prendre le contrôle pour imposer d’autres orientations que celles qui ont échoué depuis plusieurs décennies et qui ont conduit à la crise actuelle. Le G20 ne manque pas de rappeler qu’il va lutter contre le protectionnisme, comme s’il était inadmissible de vouloir protéger les secteurs vitaux de son économie. Le libre marché et la dérégulation forcenée ont conduit au fiasco, le G20 en tire des conclusions que les populations ne peuvent accepter : il cherche à sauvegarder coûte que coûte ce libre marché, apanage des puissants qui ne veulent rien lâcher de leur domination face aux plus faibles.

Peu importe au G20 si le FMI a été un acteur central dans l’imposition des politiques d’ajustement structurel depuis les années 1980, au contraire, le G20 veut le remercier d’avoir été le grand ordonnateur des privatisations à outrance, de la libéralisation de l’économie, de l’ouverture des marchés et de la réduction drastique des budgets sociaux. Le FMI, bien que discrédité et délégitimé au niveau mondial, va être remis au centre du jeu politique et économique grâce à un apport de fonds d’ici 2010.

Un petit coup de peinture sur un monde en ruines, voilà la démarche du G20. Seule une forte mobilisation populaire pourra permettre de bâtir des fondations solides pour construire enfin un monde dans lequel la finance est au service des êtres humains, et non l’inverse. Les manifestations du 28 mars furent importantes : 40 000 personnes à Londres, des dizaines de milliers à Vienne, Berlin, Stuttgart…, sur le thème « Que les riches paient pour la crise ! ». La semaine d’action mondiale convoquée par les mouvements sociaux du monde entier lors du Forum social mondial (FSM) de Belem en janvier a donc eu un écho de tout premier ordre. Ceux qui ont annoncé la fin du mouvement altermondialiste se sont trompés, celui-ci démontre qu’il est parfaitement capable de réussir de grandes mobilisations. En France, les 29 janvier et 19 mars derniers, les salariés, les sans-emplois, les jeunes ont affirmé avec force qu’ils veulent d’autres solutions à la crise que celles qui consistent à sauver les banquiers et à obliger ceux d’en bas à se serrer une fois de plus la ceinture.

En contrepoint du G20, le président de l’Assemblée générale des Nations unies, Miguel d’Escoto, a convoqué une réunion générale des chefs d’Etat pour le mois de juin et a demandé à l’économiste Joseph Stiglitz de présider une commission qui fera des propositions pour répondre à la crise globale. Selon certains documents préparatoires, les solutions proposées sont inappropriées, mais elles auront le mérite d’être soumises à la discussion de l’Assemblée générale des Nations unies. Pourquoi la presse fait-elle le silence autour de cette démarche ? Pourquoi le quotidien Le Monde participe-t-il à une campagne de discrédit international à l’encontre de Miguel d’Escoto qui a eu le courage de saluer l’importance du FSM de Belem, qui a pris activement parti pour la défense du peuple palestinien et s’est prononcé contre toute attaque contre l’Iran sous prétexte de mettre fin à son programme nucléaire ? [1] Poser la question, c’est y répondre.

Une nouvelle crise de la dette est en préparation au Sud, elle est la conséquence de l’explosion de la bulle de la dette privée immobilière au Nord. La crise qui touche aujourd’hui l’économie réelle de tous les pays du Nord a provoqué une chute des prix des matières premières, ce qui a réduit les recettes en devises avec lesquelles les gouvernements des pays du Sud remboursent leur dette publique externe. De plus, le credit crunch a provoqué une hausse du coût des emprunts des pays du Sud. Ces deux facteurs provoquent déjà des suspensions de remboursement de la dette de la part des gouvernements des pays les plus exposés à la crise (à commencer par l’Équateur). D’autres suivront.

La situation est absurde : les pays du Sud sont des prêteurs nets à l’égard du Nord, à commencer par les États-Unis qui ont une dette extérieure totale de plus de 6 000 milliards de dollars (le double de la dette externe des pays du Sud). Les banques centrales des pays du Sud achètent des bons du Trésor des États-Unis. Ils devraient au contraire former ensemble une banque du Sud démocratique afin de financer des projets de développement humain. Ils devraient quitter la Banque mondiale et le FMI qui sont des instruments de domination. Ils devraient développer des relations de solidarités Sud-Sud comme le font les pays membres de l’ALBA (Venezuela, Cuba, Bolivie, Nicaragua, Honduras, Dominique). Ils devraient réaliser un audit des dettes qu’on leur réclame et mettre fin au paiement des dettes illégitimes.

Le G20 va veiller à préserver l’essentiel de la logique néolibérale : il est déterminé à rétablir la sacro-sainte croissance, dont le contenu n’est jamais interrogé, et à « résister au protectionnisme ». Les principes erronés sont de nouveau martelés : le G20 réaffirme son attachement à « une économie mondiale ouverte basée sur les principes de marché », donc son soutien au dieu marché n’est pas négociable. Le reste n’est qu’illusion.

Damien Millet. Damien Millet est secrétaire général du CADTM France (Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde).

Eric Toussaint. Éric Toussaint est président du CADTM Belgique (Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde).

(Source Réseau Voltaire)

09.04.2009

LA LOGIQUE DE GUERRE DE NICOLAS SARKOZY par AGATHON

Voici un article qui date de trois mois, et qui, malheureusement est vérifié par l’actualité. Il a déjà été publié sur le site d’Egalité et Réconciliation de la région Normandie. Il mérite bien que nous le reprenions.

Voici quelques mois, au sujet de l’Iran, Monsieur Kouchner se présentait en va-t-en-guerre. En avait-il trop dit ? Le silence gêné du Président Sarkozy n’était pas un démenti.Sarkozy_bush.jpg

Aujourd’hui les faits éclatent au grand jour avec le projet d’installation de bases militaires françaises, notamment face à l’Iran. Monsieur Sarkozy, « Américain possédant un passeport français » et son ami Kouchner seraient-ils chargés d’une double mission ? :
- Précipiter l’Europe aux côtés des Etats-Unis dans un conflit avec l’Iran au Proche-Orient ;
- Verrouiller l’unité européenne le plus rapidement possible afin de stopper le risque de rapprochement entre le vieux continent et une Russie émergente.
C’est l’application pure et simple de l’archaïque politique américaine du « diviser pour régner » et du « déstabiliser pour intervenir ».

L’implication de la France aux cotés des Américains, par l’engagement d’une présence militaire et la volonté hystérique de bâcler la constitution des Etats-Unis d’Europe avant d’accéder pour six mois à la présidence, sont donc les deux volets d’une même logique de guerre arrêtée par Bush.

Cet alignement était prévisible dès l’instant où Sarkozy plaçait dans le poste si important des affaires étrangères l’atlantiste sulfureux Kouchner, seul défenseur officiel de l’intervention américaine en Irak (il faut d’ailleurs rappeler que Sarkozy s’était engagé à ne choisir comme ministre que des hommes ayant obtenu un mandat électif). L’intouchable ex-médecin, antimilitariste quand il s’agit de l’armée de son pays, serait-il commis aujourd’hui de fournir de la chair à canon ? L’implication croissante de nos troupes en Afghanistan en appui de la politique américaine n’est que l’illustration de cette rupture dans l’indépendance de notre diplomatie.

On peut comprendre l’inquiétude du monde industrialisé quant à la garantie de ses approvisionnements ; on peut admettre que les pays industrialisés, parlant d’une seule voix, décident de la mise en place d’une force opérationnelle de protection d’une zone dans laquelle transite la quasi-totalité de l’énergie mondiale. Cette solution eût pu faire fléchir les éventuelles velléités de l’Iran sur cette partie du Monde en associant à ce dispositif préventif, son allié russe. Le dispositif eut été plus dissuasif qu’une compromission sans poids.

Il est moins compréhensible qu’un Président n’ait pas évalué l’état de la force armée qu’il vient de démanteler, avant que de s’en servir comme fer de lance de sa politique de présence dans cette région sous tension. La Fontaine raillerait que la grenouille franco-hongroise veuille se faire plus grosse que le bœuf américain. On se souvient comment la grenouille du fabuliste a fini…Cette politique impulsive du revirement va avoir deux conséquences catastrophiques pour l’équilibre du vieux continent : - La première est d’engager la France à court terme et l’Europe à moyen terme dans un rapport de force dont elles sont les maillons faibles ; - La seconde va être de réanimer des tensions entre une Russie à nouveau présente sur l’échiquier politique et une Europe occidentalisée sans maturité politique et aux intérêts divergents.

La France maillon faible parce que son armée est sous dotée « budgétairement », sous dotée matériellement, en sous-effectif quantitatif et qualitatif.

La France maillon faible parce qu’elle est incapable de régler ses divergences intérieures ni même d’assumer sa propre sécurité (on l’a vu au moment des vagues d’émeutes ethniques de banlieues)

La France maillon faible car elle n’a pas le courage de s’attaquer au fond du problème créé par une immigration, en mal d’un eldorado inexistant, disponible au recrutement des réseaux fondamentalistes qui infiltrent le pays.

La stratégie de l’infiltration s’est pratiquée depuis plusieurs décennies en Afghanistan, en Afrique de l’Est, dans les archipels d’Extrême-Orient où règne la guérilla. L’Afrique est islamisée par l’installation d’écoles coraniques qui préparent des enfants d’aujourd’hui à être les soldats de l’islam, demain. « Un jour viendra où les peuples du sud envahiront les peuples du Nord et cela ne se fera ni amicalement ni pacifiquement » (Boumediene)

Les Français vont découvrir sous peu, hélas, et douloureusement le visage du terrorisme salafiste comme ils ont découvert voici quelques années, non sans stupeur, qu’un ouvrier modèle, discret, bon travailleur chez Renault était responsable de la tuerie de la rue de Rennes.

La France maillon faible parce qu’elle refuse d’admettre que l’immigration est l’agence de voyage qu’emploie aussi le terrorisme.

La France maillon faible parce que la détermination nationale est sapée depuis des décennies par l’idéologie du repentir, de l’anti- France, et par la démotivation de la jeunesse préparée au fatalisme de la régression.

L’Amérique a besoin de ce maillon faible pour asseoir sans partage son hégémonisme sur le Monde. L’implication de la France n’est donc que le fusible à court terme de la politique va-t-en-guerre d’une Présidence américaine qui se demande chaque matin en se rasant jusqu’où elle va pouvoir bluffer. Mais le rôle d’un fusible est de sauter à la place de l’installation principale.

L’étape suivante sera l’Europe déjà plombée par l’économie américaine. Sarkozy veut faire l’Europe tout de suite, quitte à faire un déni de démocratie, à mépriser l’avis des peuples. Il en va de l’intérêt Américain qui doit verrouiller l’essor européen avant que la Russie ait les moyens de s’y intégrer économiquement. En outre, l’enjeu stratégique est la façade méditerranéenne de l’Europe, Israël ne pouvant plus tenir longtemps cet emplacement capital entre l’Asie l’Afrique et l’Europe. (Lire Les clés de la guerre de Pierre Rossi, écrit en 1966 et toujours d’actualité.)

Une Europe bâclée par une constitution illisible ratifiée dans l’ombre des peuples et l’obscurantisme des signataires. Une Europe supranationale qui préside déjà au démantèlement des états et communautés nationales historiques. On vient de le voir avec la récente création de l’état du Kosovo quasiment imposée par la diplomatie américaine. Voilà résumée la méthode miracle sarkozienne pour vous ôter tous les maux de Bush. L’économie américaine a encore de beaux jours devant elle.

Mais c’est oublier que Vladimir Poutine, ayant assaini la Russie des mafias qui l’avaient porté au pouvoir a redoré le blason de son pays, motivé la conscience nationale de sa jeunesse et de son armée. L’Europe est le fusible « instrumentalisé » par Bush contre Poutine (comme le fut en son temps la révolte afghane dont un certain Ben Laden était le pion de la CIA) : la désastreuse affaire du sous-marin russe Kurks n’en est que la triste et peu médiatique provocation à la sauce américaine. Il y avait une logique de paix qui s’annonçait, au-delà des clivages idéologiques, avec la fin de la guerre froide, l’ouverture de la Chine à l’économie de marché, les échanges et la coopération technologique et surtout la mise en route d’un continent africain paupérisé par une décolonisation trop rapide. L’impérialisme américain n’en veut pas. D’où la campagne médiatique orchestrée chez les autres contre la Chine à l’occasion des J.O.

Le président Sarkozy a donc choisi une logique de guerre : celle de la fuite en avant, de l’arrogance ; celle de l’Amérique autiste à tous les avertissements de l’histoire et dont les propres armes se retournent contre elle : Ben Laden, 11 septembre, guerre d’Irak ; Autant d’échecs meurtriers - celle de la négociation et du troc avec le n’importe quoi (voyage de Kadhafi). Celle du camp qui va perdre. Grâce à l’oncle d’Amérique, déjà, « L’Europe a perdu l’Afrique ». C’est toute l’Europe qui risque d’être déstabilisée si un terme n’est pas mis à la politique atlantiste de Sarkozy. Le président Sarkozy ne doit pas quitter la tradition de paix de la diplomatie qui avait su donner à la France un rôle d’interlocuteur et de médiateur objectif apprécié de tous. Il doit tenir compte du fait que la ratification que la charte européenne n’a de valeur qu’après l’aval des peuples par voie de référendum. Il ne doit pas oublier que la dissuasion est l’arme de la paix. Si la diplomatie française ne reprend pas le langage rationnel qui lui permit pendant des décennies d’imposer la négociation à l’affrontement, si le peuple est rejeté de la démocratie, la paix en Europe et en France sera menacée. La seule différence entre Chamberlain en 1939 et Sarkozy en 2008, c’est que le premier croyait avoir sauvé la paix et que le second est en train de sauver la guerre que nous perdrons. Mais de toute façon, comme en 1945, la France et son peuple mais aussi l’idéal de paix qu’ils représentent seront les mutilés de l’histoire. Voilà pourquoi, au-delà des idéologies, La France doit devenir notre arme de Résistance commune contre la mondialisation, mais aussi notre flamme de l’espérance en la paix. Agathon

 

 

LIBAN: 13 JUIN 1978, LE MOSSAD ASSASSINE LE DEPUTE CHRETIEN LIBANAIS ANTOINE FRANGIEH

L’écrivain et journaliste français Richard Labévière, qui avait déjà consacré un livre très documenté aux secrets des délibérations du Conseil de sécurité de l’ONU relatives au Liban, s’apprête à publier un nouvel ouvrage traitant d’un autre épisode tragique de l’histoire du pays du Cèdre : l’assassinat de l’ancien député et ministre chrétien Antoine Frangieh, dit « Tony », le 13 juin 1978. Frangieh.jpgL’ouvrage révèle le rôle décisif du Mossad, le service secret du ministère israélien des Affaires étrangères, dans ce meurtre.

L’auteur, qui est par ailleurs rédacteur en chef de la revue de l’Institut des hautes études de la Défense nationale , a recoupé des sources israéliennes de haut niveau, qu’il a rencontré en Suisse, et des sources françaises liées aux services secrets extérieurs.

Selon les informations du Réseau Voltaire, Richard Labévière est arrivé à la conclusion qu’en préparant cette opération, Israël s’était fixé quatre objectifs stratégiques :
 L’élimination d’un de ses adversaires chrétiens les plus déterminés ;
 Se déployer militairement dans le Nord du Liban, qu’il contrôlait déjà indirectement au plan sécuritaire ;
 Semer la zizanie dans le camp chrétien afin d’y trouver plus facilement des alliés ;
 Affaiblir les chrétiens alliés à la Syrie.

Le Mossad aurait confié l’opération au parti  libanais, les « phalanges » de Bachir Gemayel. Des psychologues israéliens auraient fait passer des tests de personnalité à divers hommes de main et auraient choisi parmi eux le profil idéal pour remplir cette mission : Samir Geagea. Le chapitre 11 de l’ouvrage serait consacré à la manière dont le Mossad a planifié l’opération. Celle-ci visait officiellement à enlever dans le palais des Frangieh à Ehden un de leurs hommes impliqué dans la mort d’un cadre phalangiste. Elle aurait donc dû se dérouler en l’absence de Tony Frangieh et de ses gardes du corps. Mais les choses furent organisées de telle sorte que le leader politique fut retenu chez lui par une panne de voiture. Sachant qu’il refuserait de livrer un des siens et que Samir Geagea est un psychopathe, l’issue fatale de l’affrontement ne faisait aucun doute. Dés le début des combats, Geagea fut blessé à la main et au bras. C’est donc probablement son adjoint qui commanda le massacre de tous les habitants de la résidence, incluant Tony Frangieh, son épouse et leur bébé de trois ans, ainsi que 35 autres personnes. Il y a quelques mois, un membre du clan Frangieh, Joseph, a témoigné sur Orange TV (la chaîne de télévision du Courant patriotique libre de Michel Aoun) qu’à l’époque il avait participé à la défense de la résidence et qu’il avait lui-même blessé Samir Geagea. Dès la diffusion de cette révélation, le vieil homme était assassiné à son tour. Dans un souci d’objectivité, l’auteur a sollicité une rencontre avec Samir Geagea pour recueillir sa version des faits. Il en dresserait un compte rendu dans le chapitre 14. M. Geagea y reconnaîtrait les exactions de ses miliciens durant ces années sombres, et soulignerait qu’il n’a pas dirigé le massacre d’Ehden et ne pouvait pas l’avoir fait, puisqu’il était blessé. Le plus grand secret entoure la parution de ce livre, annoncé en librairie en France fin avril, et au Liban courant mai. Il semble que l’auteur y dévoile l’identité des différents protagonistes, des chefs du Mossad qui organisèrent l’opération jusqu’aux trois complices de Samir Geagea qui seraient aujourd’hui réfugiés en Australie. Le caractère extrêmement sensible de ces informations, qui plus est à la veille des élections législatives libanaises, suscite beaucoup d’inquiétudes à Tel-Aviv et à Beyrouth. Des pressions se multiplient pour censurer une partie du manuscrit ou en bloquer la diffusion. Si nul n’ignore les nombreux crimes de Samir Geagea, incluant le meurtre du Premier ministre Rachid Karamé, le 1er juin 1987, son recrutement par le Mossad n’avait jamais été mis en lumière. En outre, l’amnistie dont le clan Hariri a fait bénéficier M. Geagea pourrait ne pas couvrir de nouveaux éléments révélés par M. Labévière.  Nidal Hamade (Journaliste, correspondant en Europe d’Al-Intikad.)

 

08.04.2009

GUANTANAMO: DES PERSONNELS MEDICAUX ONT PARTICIPE AUX INTERROGATOIRES DE LA CIA RELEVANT DE LA TORTURE

1135862224-prisons-de-la-cia-un-rapport-secret-du-cicr-fait.jpgQuand l'interrogatoire passe avant la santé du patient. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) affirme dans un rapport confidentiel que des personnels médicaux ont participé à des interrogatoires de la CIA relevant de la torture, a rapporté la presse américaine. Des pratiques en violation des règles déontologiques de la médecine. «La première intention des personnels médicaux semble avoir été d'être utiles aux procédures d'interrogatoires, et non au patient», assure le CICR dans ce rapport mis en ligne lundi par le site The New York Review of Books. Des premières conclusions de ce document, dévoilé en mars par la presse américaine, avaient montré que les traitements infligés aux personnes soupçonnées de terrorisme dans les prisons secrètes de la CIA relevaient de la «torture»: coups, privations de sommeil, expositions à des températures extrêmes, simulations de noyade... Selon les nouvelles révélations, des personnels médicaux étaient présents lors de ces interrogatoires, surveillant l'état de santé des détenus alors que leur étaient infligés des mauvais traitements. Ils «donnaient des instructions pour poursuivre, cesser ou modifier» les interrogatoires, assure le rapport, qui s'appuie sur les conclusions de responsables du CICR qui ont pu rencontrer des détenus des prisons de la CIA, membres présumés d'Al-Qaida, après leur transfert en 2006 dans le camp de prisonniers de Guantanamo, sur l'île de Cuba. Un des détenus a ainsi affirmé «qu'à plusieurs occasions, des simulations d'asphyxie ont été arrêtées sur intervention» d'équipes de santé présentes dans la pièce. A l'inverse, celles-ci pouvaient «recommander» la poursuite de tels traitements. «Je m'occupe de ta santé seulement parce qu'on a besoin de tes informations», aurait par ailleurs lancé un membre de ces équipes à un détenu. Le CICR rappelle dans son rapport que la pratique de la médecine obéit à des principes déontologiques: respect de la dignité du malade, recherche de l'amélioration de sa santé, interdiction des mauvais traitements. Le comité conclut que «la participation du personnel médical» dans le cadre de ces interrogatoires «constituent une violation flagrante de l'éthique médicale, et s'apparente dans certains cas à une participation à la torture et/ou à des traitements cruels, inhumains ou dégradants». Au moins cinq copies du rapport ont été réalisées et diffusées auprès de hauts responsables de la CIA et de la Maison Blanche en 2007, mais interdits de diffusion auprès du public par le CICR, censé garder sa neutralité dans les conflits. Le CICR n'a pas contesté l'authenticité du rapport, mais regretté sa diffusion. La CIA avait refusé de réagir. A mesure qu'elles ont été révélées, les méthodes utilisées par l'agence de renseignement dans le cadre de la «guerre contre le terrorisme» de l'ancien président américain George W. Bush n'ont cessé de faire scandale. (Source : 20mn.fr)

07.04.2009

PALESTINE : EN ANGLETERRE, LES OFFICIERS ISRAELIENS PEUVENT TOUJOURS ÊTRE POURSUIVIS POUR CRIMES DE GUERRE

Le gouvernement britannique a fait savoir aux dirigeants israéliens que, contrairement à des promesses antérieures, il ne ferait voter aucune modification de la loi qui autorise l’arrestation pour crimes de guerres d’officiers de l’armée israélienne.2009-026-01tsahal.jpg "Dans un message officieux à la ministre des Affaires Etrangères Tzipi Livni, les Britanniques ont fait savoir, qu’en raison de la dégradation de l’image publique d’Israël, ils ne peuvent pas faire passer cet amendement de la loi avant les élections prévues l’année prochaine. La loi britannique permet à tout citoyen d’engager des poursuites contre des étrangers pour crimes de guerre. Une fois qu’une inculpation a été délivrée, les suspects peuvent être arrêtés et traduits devant un juge, s’ils mettent les pieds sur le sol britannique.  En 2005, l’ancien général de réserve Doron Almog s’était envolé pour une courte visite à Londres. Après avoir appris, dans l’avion, que la police l’attendait pour le débarquer et l’arrêter, Almog était resté à bord de l’avion et était reparti pour Israël. Un mandat d’arrêt avait été délivré contre lui pour son rôle dans la destruction de maisons palestiniennes à Rafah, alors qu’il dirigeait le commandement militaire dans le Sud (Gaza).  Depuis cet incident, les officiers supérieurs de l’IDF d’active et de réserve, y compris les anciens chefs d’Etat major et de cabinets ministériels (Ehud Barak, Shaul Mofaz), se sont bien gardés de voyager en Angleterre.  Le gouvernement travailliste anglais, d’abord sous Tony Blair et récemment sous Gordon Brown, avait promis à Israel de faire passer des changements dans la loi pour que des citoyens privés voulant poursuivre pour crimes de guerre obtiennent d’abord l’accord du Procureur Général. Promesse qu’ils ne peuvent plus tenir, ont-ils fait savoir." Sources : Palestinian Center for Human Rights

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