31.08.2009
VERS UN RENVERSEMENT D'ALLIANCE par Christian BOUCHET
La politique adoptée par Barack Obama au Proche-Orient, depuis son accession à la présidence, agace pour le moins – le mot est faible – une partie de l’establishment sioniste. Si aucune rupture inéluctable n’est encore survenue, certains analystes pensent que la situation peut notablement s’aggraver et conduire à un dangereux isolement d’Israël sur la scène internationale.
Cela n’est pas sans susciter une inquiétude vive dans l’état-major de Tsahal où des officiers généraux, particulièrement influents, défendent en conséquence la nécessité d’agir en vue d’une alliance alternative avec la Russie. Leur meilleur allié dans cette affaire est le très contesté ministre des Affaires étrangères d’origine russe Avigdor Liberman dont la stratégie est transparente : construire une alliance profonde avec son pays natal et dans la foulée faire passer l’alliance USA-Israël au second rang. En cela, il est aidé par un phénomène démographico-sociologique particulier : le million de juifs russes qui a émigré en Israël dans les années 1990 détient de plus en plus de responsabilités gouvernementales et se trouve au cœur de l’appareil d’État. Un nombre important d’entre eux ont gardé des liens familiaux ou affectifs avec la Russie et se sentent mille fois plus proche d’elle que des USA, ils sont donc extrêmement favorables à la mise en œuvre d’une coopération politique, technologique et militaire solide entre leur pays de naissance et leur pays d’élection. Ce n’est donc pas du tout par hasard que Shimon Péres s’est rendu la semaine passée à Moscou. Ce n’est pas non plus par hasard qu’il y a abordé des sujets auxquels les américains ont toujours été très hostiles (achat d’armement, transfert de technologie et de savoir-faire israélien vers la Russie dans des domaines sensibles : drones, avionique, nanotechnologie, nucléaire, etc.) Si des accords venaient à être conclus, toute la région y gagnerait sans aucun doute en stabilité car les bonnes relations qu’entretiendrait alors Moscou avec la Syrie, l’Iran et … Israël, seraient de nature à modifier notablement la donne au Proche-Orient. C’est ce que craint, bien sûr, plus que tout au monde le Département d’État. Et c’est, vraisemblablement, ce qui explique que la police israélienne aie très récemment clos une enquête qui durait depuis trois ans et recommandé l'inculpation d’Avigdor Lieberman pour fraude, obstruction à la justice, harcèlement et blanchiment d'argent… Car il n’y a pas, en effet, qu’en Europe que le parti américain compte des auxiliaires zélés. (Source voxnr)
13:03 Publié dans Libres propos | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : palestine, israel, usa, russie, avigdor liberman
23.08.2009
AFGHANISTAN: LA FARCE DES ELECTIONS PRESIDENTIELLES
Alors que le candidat sortant Hamid Karzaï affirme être arrivé en tête du scrutin présidentiel afghan, son principal opposant, Abdullah Abdullah dénonce les "irrégularités" observées pendant la campagne.
Le principal rival du président sortant Hamid Karzaï, arrivé dans les fourgons de l’armée américaine, Abdullah Abdullah, ancien proche du commandant Ahmed Shah Massoud, a dénoncé dimanche 23 août des "irrégularités et fraudes massives" en faveur de son adversaire. "Il y a des irrégularités, fraudes et tentatives de trucages massives", a-t-il déclaré à la presse, en se fondant notamment sur les rapports de ses propres observateurs sur le terrain. Selon de "nombreuses informations" reçues par son équipe de campagne, la participation annoncée dans certaines zones a été "quatre fois supérieure à ce qui a été compté en réalité", soit "40 à 45%" au lieu de "10%", et avec des votes qui "se sont portés sur le sortant Karzaï", a-t-il indiqué.
Ces irrégularités concernent des zones où la participation a été très faible, voire nulle. Elles correspondent en général au sud et au sud-est, régions où la résistance à l’occupation occidentale est très forte et où la participation n'a parfois pas dépassé 10%, selon des observateurs. Abdullah Abdullah a dénoncé plusieurs fois ces derniers jours des irrégularités dans la région de Kandahar, la grande ville du sud. Il a ajouté que son équipe continuait d'enquêter, car "nous n'avons pas encore d'idée complète" de la situation
"Comme il s'agit d'un trucage massif, je pense que le peuple d'Afghanistan mérite de savoir ce qui est en train de se passer, et la communauté internationale mérite d'être au courant de nos inquiétudes", a-t-il affirmé. Toutes ces informations ont été transmises à la Commission des plaintes électorales (ECC) pour qu'elle puisse enquêter. Cet organisme indépendant créé par la loi afghane a déclaré dimanche 23 août avoir reçu quelque 225 plaintes contre des irrégularités présumées commises lors des suffrages présidentiel et provinciaux de jeudi, dont certaines pourraient affecter les résultats définitifs. Les accusations concernent essentiellement le bourrage d'urnes, l'intimidation d'électeurs, des violences ainsi que la qualité douteuse de l'encre indélébile servant à marquer le doigt des électeurs, a déclaré à la presse le président de la Commission, Grant Kippen. L'équipe d'Abdullah a annoncé avoir transmis 40 plaintes, la plupart dénonçant l'attitude de responsables locaux qui ont ordonné aux électeurs de voter pour Karzaï. Abdullah affirme depuis le lendemain du scrutin qu'il est en tête, tout comme l'équipe de Karzaï. Les résultats définitifs ne sont pas attendus avant la mi-septembre. Et pendant ce temps-là, Etats-Unis et Union européenne se félicitent des progrès de la « démocratie » en Afghanistan ! A mourir de rire…
19:48 Publié dans Afghanistan | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : afghanistan, élections présidentielles, karzaï, abdullah abdullah
22.08.2009
ISLAM: DEBUT DU JEÛNE DU MOIS DE RAMADAN 1429
"Le premier jour du mois sacré de Ramadan pour l'an 1430 de l'Hégire correspondra au samedi 22 août 2009",
a annoncé Mohammed Moussaoui, président du CFCM, lors de la cérémonie de "la nuit du doute", à la Grande Mosquée de Paris.
A cette occasion, « Chronique du Temps qui passe » présente tous ses meilleurs voeux à la Communauté musulmane de France et lui souhaite un Ramadhan mabrouk.
14:53 Publié dans Islam | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : islam, ramadan 1429
20.08.2009
LES TRENTE DENIERS DU VICOMTE par Philippe RANDA
Il y a des départs à la retraite tonitruants, avec pince-fesses et flonflons… et il y en a d’autres plus discrets, les fesses très pincées et étouffée par la lourdeur de la chaleur estivale. L’avis de décès des ambitions nationales du vicomte Philippe Le Jolis de Villiers de Saintignon est de ceux-là.
C’est le quotidien Libération qui l’a poussé à l’aveu, au détour d’un entretien auquel sinon personne n’aurait sans doute guère prêté d’attention. Le Figaro et Le Monde ont relayé “l’affaire”, faute d’événements plus excitants et quelques sites internet d’une droite plus radicale que celle de l’intéressé s’en sont à peine gaussés : « Même pas drôle ! » En reconnaissant songer à « entrer au comité de liaison de la majorité présidentielle présidé par Jean-Claude Gaudin », Philippe de Villiers rentre donc à son bercail politique, comme un fils retourne dans sa famille après s’être couvert de dettes et aphone d’avoir trop plastronné qu’on allait voir ce qu’on allait voir…Fredonne-t-on du côté du Puy-du-fou : « Il est tombé dans la peine, c’est la faute à Le Pen ; le nez dans le ruisseau, c’est la faute à Sarko » ? La faute à Le Pen ? Il comptait bien prendre sa place, encore aurait-il fallût que le président du FN la lui laissa… et le menhir breton ne semble toujours pas décidé à passer la main, pas même à ses plus proches, alors à lui, à quel titre, vraiment ! Bien fous ceux qui y ont crû ! La faute à Sarko ? Sans doute, si toute son aventure politique n’a jamais eu d’autre sens, comme beaucoup le pensent, que de freiner l’ascension du Front national. L’actuel hôte de l’Élysée a fait le travail à sa place. Son échec est tel qu’il lui serait sans doute plus grotesque encore de s’acharner que d’abandonner. Laisser tomber, oui, mais il aurait pu le faire avec panache. En se retirant définitivement de l’arène politique, il gardait la tête haute et l’estime que méritent ceux qui se sont battus sincèrement en mettant leurs convictions au bout de leur engagement. Philippe de Villiers préfère se défiler par la petite porte de service de la domesticité pour rappeler à ses maîtres quelques gages non perçus – un éventuel maroquin au gouvernement – ou pour conserver coûte que coûte ceux déjà reçus : la présidence du Conseil général de Vendée. Car tel est désormais la piètre ambition du Président du bien pompeusement nommé Mouvement pour la France (MPF) au sein de ce « comité Théodule » qui réunit à la solde de l’UMP Hervé Morin (Nouveau Centre), Jean-Marie Bockel (Gauche moderne) et Éric Besson (ancien socialiste), tous riches des trente deniers de Judas ! Philippe de Villiers n’aura trahi que ses troupes, lui ! Encore heureux qu’elles ne furent jamais très importantes… Philippe RANDA (voxnr.com)
15:45 Publié dans Politique nationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ump, philippe de villiers, mouvement pour la france
19.08.2009
ISLAM: LE VOILE INTEGRAL, TOUT UN HOURVARI POUR SI PEU...
Véritable lame de fond qui s’est soudainement abattue sur les femmes musulmanes dans un tumulte politique indigne, le débat de toutes les divagations sur le port de la burqa et du niqab se voit enfin ramener à une rationalité salvatrice, qui a cruellement fait défaut jusqu’ici.
Loin du péril vert claironné à grand renfort d’émissions réunissant le gotha de l’élite bien-pensante, seulement 367 femmes musulmanes revêtues du voile intégral ont été recensées sur l’ensemble du territoire national, des données concrètes émanant de la non moins indiscutable sous-direction de l’information générale (SDIG), au sein du ministère de l’Intérieur. Une telle battue médiatique stigmatisant l’islam et les musulmans, dans un hourvari aussi vainement bruyant pour … moins de 400 femmes ! La République va-t-elle donc si mal que cela, qu’elle doive livrer à la vindicte populaire des boucs émissaires tout désignés ? Enfonçant le clou, une deuxième note de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) vient tordre le cou aux lancinants fantasmes occidentaux que de vils esprits exaltent sciemment, en observant que ce signe vestimentaire distinctif relève d’un phénomène très marginal, qui ne concerne que des jeunes femmes (moins de 30 ans), vivant le plus souvent en milieu urbain, et qui, loin d’être asservies, ont fait ce choix librement.
Alors, que reste-t-il de cette bourrasque parlementaire peu glorieuse qui a déferlé sur l’Assemblée Nationale, balayant opportunément toutes les divergences, et emportant dans son sillage le plus haut sommet de l’Etat, le Président Nicolas Sarkozy en personne ?
Un élu, André Gérin, qui tente de sauver la face en récusant jeudi matin, sur les ondes de RMC, les estimations chiffrées des services du ministère de l’Intérieur, trahissant son trouble à travers une piètre échappatoire : savoir quels fondamentalistes se cachent derrière chaque musulmane portant le voile intégral… Une classe politique, une médiasphère, des intellectuels pétris d’arrogance, qui se sont discrédités en exacerbant les pires préjugés.
Enfin, une commission d’information parlementaire, dont la vocation intrinsèque échappe, qui se ridiculiserait à vouloir légiférer. (Source: oumma.com)
17:38 Publié dans Islam | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : islam, burqa
AFGHANISTAN: 64% DES FRANCAIS HOSTILES A L'INTERVENTION MILITAIRE
Selon un sondage Ifop pour le Figaro, 64% des Français sont opposés à l'intervention militaire française en Afghanistan. Ils ne sont que 36% à y être favorables.
Le soutien des Français se réduit au fil du temps : en octobre 2001, 58 % ( contre 32 %) étaient favorables, puis 45% (contre 55%) en avril 2008.
Globalement, les sympathisants de gauche sont plus hostiles à l'intervention que ceux de droite. C'est aussi le cas des femmes (71%) que des hommes (56%), des catégories populaires (ouvriers-employés) que des cadres. Seuls sont favorables à plus de 50%, les cadres (53%) ainsi que les sympathisants de l'UMP (57%) et électeurs de Nicolas Sarkozy au 1er tour (55%).
92% des Français estiment que " la situation sur place est très difficile et nos militaires y sont très exposés", 86% qu'il y a "un vrai risque d'enlisement des troupes occidentales", 50% que "la présence militaire est nécessaire pour lutter contre le terrorisme international" et 42% que "la présence militaire a permis de faire progresser le pays vers la démocratie".
12:41 Publié dans Afghanistan | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : afghanistan, coalition occidentale, intervention française, hostilité des français
16.08.2009
CHOSES VUES EN IRAN par Christian BOUCHET
« Dans les circonstances actuelles, il est recommandé de surseoir à tout voyage non essentiel en Iran. Cette recommandation s’applique aussi bien aux voyages d’affaires qu’aux voyages touristiques. Les services de sécurité sont en effet très suspicieux à l’égard des contacts avec la population, notamment avec les milieux universitaires et étudiants, qu’ils observent avec attention, et à l’égard des prises de photographies. » Ministère français des Affaires étrangères et européennes. Conseils aux voyageurs, juillet 2009. 
Quand j’ai annoncé à mes proches, il y a quelques temps, que j’avais l’intention de me rendre, début août, pour une grosse dizaine de jours en Iran, les réactions ont été de deux types. Mes amis politisés n’ont pas caché qu’ils m’enviaient et qu’ils auraient aimé être à ma place. Les autres, par contre, n’ont eu de cesse de me mettre en garde contre le danger inutile que je prenais, vu les circonstances, en me jetant volontairement dans ce qu’ils considéraient comme la gueule du grand méchant loup…Pour ma part, j’étais perplexe. J’avais, naturellement, un a priori favorable, je savais ce que la Propaganda Staffel occidentale peut générer comme désinformation, mais je ne m’attendais pas à ce que la réalité soit à ce point différente de l’image que les médias du Grand Occident nous délivrent. Il est vrai qu’ils peuvent mentir sans risques, bien rares étant les occidentaux qui se rendent en Iran et qui donc pourraient les contredire. Ainsi, durant mon séjour, si j’ai rencontré un certain nombre de touristes, ceux-ci venaient d’Irak ou des pays du Golfe, et moins d’une quinzaine d’entre eux étaient originaires de pays européens. Je ne ferai pas ici le détail de mon voyage (1) – réalisé en voiture de location et sans aucun contrôle des autorités du pays - me limitant à relever ce qui m’a le plus étonné.
Étant donné les troubles liés à l’élection présidentielle contestée, je m’attendais à une présence policière forte. Or, je n’ai nulle part vu plus de police que ce qui est normal et coutumier dans tout pays civilisé. En ce qui concerne la fameuse milice des basijis, je n’en ai vu nulle trace. Pire, en me rendant à son Quartier général de Téhéran, j’ai pu constater qu’il était fermé (week end musulman oblige) et … non gardé. Si j’ai bien eu l’occasion d’assister à deux manifestations, ce qui m’a surtout surpris a été le faible nombre des participants (2) : 100 à 150 à Téhéran dont l’agglomération compte 14 millions d’habitants, quelques dizaines à Ispahan (1.6 millions d’habitants)… Si des policiers anti-émeutes étaient bien sur les lieux, ils n’étaient guère nombreux et leur présence n’avait rien à voir avec ce à quoi m’a habituée ma participation aux cortèges protestataires en France. Quant au Tchador, dont tout le monde nous rebat les oreilles, Delphine Minoui évoquait dans une de ses récentes chroniques du Figaro le fait que Mahmoud Ahmadinejad pourrait, pour se rabibocher avec la population, lâcher du lest en supprimant l’action de la police chargée de veiller au respect de son port correct ainsi qu’à ce que les jeunes iraniens des deux sexes n’aient pas de rapports trop étroits. Correspondante de presse à Téhéran, Delphine Minoui ne doit pas rester, je présume, cloîtrée dans son appartement… Alors pourquoi écrire cela ? Tout le monde sait en Iran que depuis plusieurs années cette police n’est plus active. D’ailleurs cela se voit dans les rues et la tenue, adoptée par un nombre non négligeable de femmes, si elle est fort élégante est aussi bien peu conforme au dress-code islamique. Quand à la drague, il suffit de se rendre sur les contreforts des monts Alborz, à Darband par exemple, pour se rendre compte que tout, le long de ruisseaux romantiques à souhait, y est organisé pour… Pour résumer mon séjour, j’écrirai que j’ai visité un pays moderne, aux infrastructures développées et au parc automobile conséquent (3), où rien ne m’a laissé supposer que la démocratie soit moins bien respectée qu’en France et que peuple soit plus opprimé. (Source: voxnr.com)
Notes
1 – Je réserve ce récit au bimestriel Flash (numéro de la première quinzaine de septembre – disponible à la librairie Primatice ou à www.flashmagazine.fr).
2 – Ce qui explique les plans serrés des reportages TV que nous pouvons voir.
3 – Les autoroutes sont d’excellente qualité, pour partie payante et les excès de vitesse y sont contrôlés, comme chez nous, pas des radars…
22:48 Publié dans Iran | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : iran
06.08.2009
VERS UNE NOUVELLE CRISE DE LA DETTE par Eric TOUSSAINT
La crise financière nord-américaine produit une onde de choc dans l’économie globale. Les ressources des pays en développement s’assèchent tandis que le loyer de l’argent s’élève. Une nouvelle crise de la dette est imminente. Des économies émergentes peuvent être englouties par cette vague. Ici l’enjeu n’est pas de savoir si les banquiers des pays riches toucheront leurs bonus, mais comment les populations des pays pauvres pourront survivre.
Bien qu’il représente une ponction très importante sur les recettes des pouvoirs publics [1], le remboursement de la dette publique, entre 2004 et 2008, n’a pas constitué un grand problème pour la plupart des pays à moyens revenus et pour les pays exportateurs de matières premières en général. En effet, la plupart des gouvernements de ces pays trouvaient facilement des prêts à des taux historiquement bas leur permettant de trouver les fonds nécessaires. Néanmoins, la crise de la dette privée qui a éclaté dans les pays les plus industrialisés en 2007 a modifié radicalement les conditions d’endettement des « Pays en développement » (PED), qui se dirigent vers une nouvelle crise de la dette.
Un peu d’histoire
Au cours des deux siècles précédents de l’histoire du capitalisme, plusieurs crises internationales de la dette ont éclaté (on en compte trois au 19e siècle et deux au 20e siècle [2]). Elles ont affecté directement le destin des pays émergents [3]. Les origines des crises et les moments où elles éclatent sont intimement liés au rythme de l’économie mondiale, et principalement de celle des pays les plus industrialisés. Chaque crise de la dette a été précédée d’une phase de surchauffe de l’économie des pays du Centre au cours de laquelle il y a eu surabondance de capitaux dont une partie a été recyclée vers les économies de la Périphérie. La crise est généralement provoquée par une récession ou un krach frappant certaines des principales économies industrialisées. La crise qui a éclaté à partir de 2007-2008 dans la Triade [4] confirme cette « règle ».
Entre 2004 et 2008, une grande partie des PED ont vu leurs recettes d’exportation fortement augmenter en raison de la hausse des prix des marchandises qu’ils vendent sur le marché mondial : hydrocarbures (pétrole et gaz), minéraux et produits agricoles. Cela leur a permis à la fois de puiser dans ces recettes en devises pour rembourser la dette et d’avoir la crédibilité suffisante pour contracter de nouveaux prêts.
De plus, les banques commerciales du Nord, qui avaient fortement réduit leurs prêts à partir de la fin des années 1990 suite aux crises financières dans les PED, ont progressivement rouvert toutes grandes les vannes des prêts de 2004 à 2008 [5]. D’autres groupes financiers privés (fonds de pensions, sociétés d’assurance, hedge funds) ont fourni du crédit aux PED en achetant les bons qu’ils émettaient sur les principales places financières. Des États ont également augmenté l’offre de crédits aux PED, de la Chine qui prête tous azimuts au Venezuela qui finance l’Argentine et des pays de la Caraïbe. En général, les taux demandés étaient nettement plus avantageux que ceux qui ont prévalu jusqu’au début des années 2000. Il faut ajouter à cela l’abondant crédit octroyé à l’intérieur des PED par les banques locales ou étrangères qui opèrent au Sud.
Le basculement de 2007
Un changement est intervenu avec la crise de la dette privée dans les pays les plus industrialisés en 2007 [6]. Le déclencheur en a été l’éclatement de la bulle spéculative dans le marché de l’immobilier aux États-Unis qui a entraîné l’effondrement de plusieurs marchés de la dette privée (marché des subprimes, des ABCP [7], des CDO [8], des LBO [9], des CDS [10], des ARS [11]…). Cette crise est loin d’être terminée et le monde est seulement en train de découvrir ses multiples répercussions.
Alors que l’argent du crédit coulait à flot jusqu’en juillet 2007, les différentes sources privées se sont taries subitement au Nord. Les banques privées complètement engluées dans des montages chancelants de dettes ont commencé à se méfier les unes des autres et ont rechigné à se prêter de l’argent. Il a fallu que les pouvoirs publics des États-Unis, d’Europe occidentale et du Japon injectent massivement et à plusieurs reprises des liquidités (plus de 2 000 milliards de dollars et d’euros en 2007-2009) pour éviter la paralysie du système financier au Nord. Pendant ce temps, les banques privées qui se finançaient en vendant des titres non garantis n’ont plus trouvé acquéreur sur les marchés financiers du Nord. Elles ont dû commencer à assainir leurs comptes en amortissant les énormes pertes dues à leurs opérations aventureuses des dernières années. Pour s’en sortir, elles ont dû faire appel à des apports d’argent frais. Cet argent a été fourni au début par les fonds souverains des pays asiatiques et par ceux du Golfe persique. Ensuite, les États du Nord sont venus massivement à la rescousse. Les banques qui n’ont pas trouvé à temps de l’argent frais ont été rachetées par d’autres (Bear Stearns [12] et WAMU ont été rachetées par JPMorgan) ou par l’État (en Grande Bretagne, Northern Rock Bank, Royal Bank of Scotland et l’établissement de crédit hypothécaire Bradford & Bingley ; le gouvernement des Pays-Bas a acheté ABN Amro ; le gouvernement belge a acheté de manière temporaire Fortis Bank pour la revendre ensuite à BNP Paribas ; le gouvernement états-unien a « nationalisé » Freddie Mac et Fannie Mae ainsi que AIG [13], etc.). La nationalisation de Freddie Mac et de Fannie Mae est un exemple parfait de la privatisation des bénéfices en temps de prospérité économique et de socialisation des pertes en temps de dépression. Ces deux institutions ont été privatisées au moment où elles produisaient de gros bénéfices. Avec la crise dans l’immobilier qui a éclaté en 2007, la situation de Freddie Mac et de Fannie Mae s’est dramatiquement dégradée. Alors qu’elles avaient distribué des dividendes à leurs actionnaires privés en 2007, les deux institutions subitement aux abois ont appelé l’État à la rescousse afin qu’il prenne en charge leurs pertes. Leur portefeuille de crédits hypothécaires s’élève à 5 300 milliards de dollars (c’est-à-dire l’équivalent de quatre fois la dette publique externe de l’ensemble des PED). L’éditorial du très néolibéral The Economist du 30 août 2008 déclara lui-même : « C’est le pire aspect du capitalisme : il signifie que les actionnaires et les dirigeants jouissent des profits tandis que les contribuables paient l’ardoise quand il y a des pertes ».
Dans un premier temps, la plupart des PED n’a pas souffert
En 2007, les Bourses de valeurs d’une série de PED ont vu affluer de l’argent spéculatif qui fuyait l’épicentre du séisme financier, c’est-à-dire l’Amérique du Nord. Les capitaux libérés par l’explosion de la bulle immobilière qui a traversé l’Atlantique d’Ouest en Est (l’Irlande, la Grande-Bretagne, l’Espagne ont été particulièrement touchées et la liste s’est allongée au fil du temps) se sont jetés sur d’autres marchés : les Bourses de matières premières et de produits alimentaires qui sont situées au Nord (renforçant par là même l’augmentation des prix) et certaines Bourses de valeurs du Sud. Mais cela n’a pas duré longtemps : en 2008, toutes les Bourses de valeurs du Sud étaient les grandes perdantes. Certaines d’entre elles sont reparties à la hausse en 2009 (Chine, Taïwan, Brésil, Russie…), mais pour combien de temps ?
Par ailleurs, la décision de la Réserve fédérale des États-Unis de baisser à plusieurs reprises son taux d’intérêt directeur a aussi allégé provisoirement le fardeau de la dette du Sud. Mais la situation changea radicalement mi-2008 quand les primes de risque-pays augmentèrent fortement et quand les banques du Nord restreignirent l’offre de nouveaux crédits destinés à refinancer le paiement de la dette. De la même manière, les investisseurs institutionnels (fonds de pension, assurances, banques…) réduisirent l’achat de titres de la dette du Sud pour acheter en priorité les bons du Trésor des États-Unis. Les prix des matières premières, qui s’étaient maintenus à la hausse jusqu’en juillet 2008, entamèrent une chute brutale. De plus, en 2008-2009, les monnaies des pays latino-américains se dévaluèrent face au dollar. Cela augmenta à nouveau le coût de la dette externe qui se paie majoritairement en dollars.
La Banque des Règlements Internationaux (BRI) confirme : « La crise économique et financière a frappé de plein fouet les « Économies émergentes » (ÉcÉm) au dernier trimestre 2008. La faillite de Lehman Brothers, en septembre 2008, a été suivie par un recul sans précédent de la demande d’exportations, qui a coïncidé avec un important reflux des prêts bancaires internationaux et de l’investissement de portefeuille étranger. Le cours de change de nombreux pays s’est déprécié, la valorisation des actions a baissé et le coût du financement extérieur a fortement progressé. Avec l’atonie de la consommation et des dépenses d’investissement dans les économies avancées, la demande d’exportations des Économies émergentes s’est effondrée, ce qui a accentué l’inversion des flux de capitaux et mis fin à une longue période de croissance tirée par les exportations et soutenue par les entrées de fonds [14]. »
Baisse des réserves en devises des PED en 2008-2009
Toujours selon la BRI, les réserves en devises des PED se sont mises à baisser : « Le stock d’avoirs de change, après avoir culminé en 2008, a fortement diminué dans plusieurs Économies émergentes, s’établissant à plus de 4 300 milliards [de dollars] pour l’ensemble du groupe en janvier 2009. […] Ainsi, au premier trimestre 2009, le niveau des réserves de change était tombé à 80 % de celui de juin 2008 en Corée et en Inde, à environ 75 % en Pologne et à 65 % en Russie. En cas de persistance des chocs extérieurs, ces ponctions soulèvent des interrogations, même si les stocks demeurent abondants, d’après les indicateurs classiques [15]. »
Le ralentissement de la croissance économique, clairement perceptible en Amérique du Nord, en Europe et au Japon, a entraîné une réduction des exportations de produits manufacturés, principalement par la Chine, le Mexique et d’autres pays asiatiques. La demande interne chinoise ne sera pas en mesure de pallier à la réduction de la demande externe.
Le reflux de l’activité économique dans les pays industrialisés, en Chine et dans d’autres pays asiatiques gros consommateurs de matières premières (Malaisie, Thaïlande, Corée du Sud…), ainsi que la réduction des capitaux financiers disponibles pour spéculer à la hausse sur les marchés du futur, ont entraîné une réduction des prix des hydrocarbures et de quasiment toutes les autres matières premières (y compris les produits agricoles) : « La baisse des dépenses en biens de consommation durable dans les pays avancés pendant le second semestre 2008 a lourdement pesé sur les exportations dans les secteurs de l’automobile et des technologies de l’information (TI). Pour l’automobile, qui représente une part notable du PIB dans plusieurs Économies émergentes (3 % en Turquie, 6 % au Mexique, 8 % en Corée et en Thaïlande et plus de 10 % en Europe centrale), les exportations ont chuté, par exemple de 45 % au Mexique en février 2009 et de 54 % en Turquie au premier trimestre 2009. […] De plus, le ralentissement de la croissance mondiale a précipité un fléchissement des cours des produits de base. Entre juillet 2008 et mars 2009, les cours du pétrole ont cédé 65 %, et ceux des autres produits de base, 34 %. […] Or, les produits de base comptent pour plus de 40 % des exportations en Amérique latine (au-delà de 20 % au Mexique) [16]. »
Il faut y ajouter une forte réduction des transferts des migrants vers leur pays d’origine. Les travailleurs mexicains, équatoriens, boliviens qui travaillent dans le secteur de la construction aux États-Unis et en Espagne sont directement touchés par la crise de l’immobilier et perdent en masse leur emploi.
Durcissement des conditions de prêt
Pendant que les recettes des États baissent, les dépenses pour le remboursement de la dette augmentent. Les banques réduisent leur offre de crédits et exigent une augmentation des primes de risque. Les pertes que les banques doivent éponger se sont constamment élevées depuis 2007. Le nombre de défauts de paiements a augmenté dans le Nord. Le marché des Credit default swaps, ces produits dérivés non régulés qui étaient censés protéger les détenteurs de créances contre le risque de non paiement, est plongé dans l’incertitude tant les sommes en jeu sont énormes [17].
Et nous sommes seulement au début de ce durcissement des conditions. En juin 2008, la BRI écrivait : « Même si les primes souveraines (c’est-à-dire les primes de risque que paient les pouvoirs publics aux prêteurs) demeurent bien inférieures aux niveaux observés durant les précédents épisodes de turbulences financières, elles sont beaucoup plus élevées qu’au premier semestre 2007, de sorte que les tensions sur les financements risquent de devenir contraignantes » [18]. La BRI ajoutait un peu plus loin : « En ce qui concerne les entreprises, la hausse récente des primes de risque sur leurs obligations a souvent été plus forte que celle des primes souveraines, ce qui laisse penser que certains emprunteurs commencent à ressentir les effets d’un durcissement des conditions de crédit, après de nombreuses années d’endettement facile [19]. » Puis : « Dans le contexte de turbulences qui frappe les banques des économies avancées, la seconde grande source de vulnérabilité pour certaines économies émergentes est le risque de tarissement des entrées de capitaux bancaires. Par le passé, ces flux se sont inversés brutalement à plusieurs reprises, comme au début des années 1980 pour l’Amérique latine et en 1997-1997, pour l’Asie émergente [20]. »
Dans la version suivante de son rapport, en 2009, la BRI affirme : « En Amérique latine, par exemple, au premier trimestre 2009, plusieurs grandes banques internationales n’ont reconduit que 50–60 % des lignes de crédit commercial octroyées en 2008. […] De plus, les rapatriements de bénéfices se sont fortement accrus dans certains cas, car, à l’instar des banques internationales, nombre de matières premières (Malaisie, Thaïlande, Corée du Sud…), ainsi que la réduction des capitaux financiers disponibles pour spéculer à la hausse sur les marchés du futur, ont entraîné une réduction des prix des hydrocarbures et de quasiment toutes les autres matières premières (y compris les produits agricoles) : « La baisse des dépenses en biens de consommation durable dans les pays avancés pendant le second semestre 2008 a lourdement pesé sur les exportations dans les secteurs de l’automobile et des technologies de l’information (TI). Pour l’automobile, qui représente une part notable du PIB dans plusieurs Économies émergentes (3 % en Turquie, 6 % au Mexique, 8 % en Corée et en Thaïlande et plus de 10 % en Europe centrale), les exportations ont chuté, par exemple de 45 % au Mexique en février 2009 et de 54 % en Turquie au premier trimestre 2009. […] De plus, le ralentissement de la croissance mondiale a précipité un fléchissement des cours des produits de base. Entre juillet 2008 et mars 2009, les cours du pétrole ont cédé 65 %, et ceux des autres produits de base, 34 %. […] Or, les produits de base comptent pour plus de 40 % des exportations en Amérique latine (au-delà de 20 % au Mexique) [16]. »
Il faut y ajouter une forte réduction des transferts des migrants vers leur pays d’origine. Les travailleurs mexicains, équatoriens, boliviens qui travaillent dans le secteur de la construction aux États-Unis et en Espagne sont directement touchés par la crise de l’immobilier et perdent en masse leur emploi.
Durcissement des conditions de prêt
Pendant que les recettes des États baissent, les dépenses pour le remboursement de la dette augmentent. Les banques réduisent leur offre de crédits et exigent une augmentation des primes de risque. Les pertes que les banques doivent éponger se sont constamment élevées depuis 2007. Le nombre de défauts de paiements a augmenté dans le Nord. Le marché des Credit default swaps, ces produits dérivés non régulés qui étaient censés protéger les détenteurs de créances contre le risque de non paiement, est plongé dans l’incertitude tant les sommes en jeu sont énormes [17].
Et nous sommes seulement au début de ce durcissement des conditions. En juin 2008, la BRI écrivait : « Même si les primes souveraines (c’est-à-dire les primes de risque que paient les pouvoirs publics aux prêteurs) demeurent bien inférieures aux niveaux observés durant les précédents épisodes de turbulences financières, elles sont beaucoup plus élevées qu’au premier semestre 2007, de sorte que les tensions sur les financements risquent de devenir contraignantes » [18]. La BRI ajoutait un peu plus loin : « En ce qui concerne les entreprises, la hausse récente des primes de risque sur leurs obligations a souvent été plus forte que celle des primes souveraines, ce qui laisse penser que certains emprunteurs commencent à ressentir les effets d’un durcissement des conditions de crédit, après de nombreuses années d’endettement facile [19]. » Puis : « Dans le contexte de turbulences qui frappe les banques des économies avancées, la seconde grande source de vulnérabilité pour certaines économies émergentes est le risque de tarissement des entrées de capitaux bancaires. Par le passé, ces flux se sont inversés brutalement à plusieurs reprises, comme au début des années 1980 pour l’Amérique latine et en 1997-1997, pour l’Asie émergente [20]. »
Dans la version suivante de son rapport, en 2009, la BRI affirme : « En Amérique latine, par exemple, au premier trimestre 2009, plusieurs grandes banques internationales n’ont reconduit que 50–60 % des lignes de crédit commercial octroyées en 2008. […] De plus, les rapatriements de bénéfices se sont fortement accrus dans certains cas, car, à l’instar des banques internationales, nombre de multinationales ont eu besoin de liquidité sur leur marché d’origine. D’après le Centre de développement de l’OCDE, les rapatriements de ressources financières vers les sociétés mères expliquent la chute du réinvestissement des bénéfices et des prêts intragroupes. Puisque la crise actuelle s’accompagne d’une contraction sans précédent de l’activité économique mondiale, il est extrêmement difficile de prévoir quand et dans quelle mesure les capitaux privés reviendront vers les Économies émergentes [21]. »
Conclusions
En conséquence de la crise qui a éclaté dans les pays les plus industrialisés, les conditions de prêts se sont déjà considérablement durcies pour les PED. Les importantes réserves de change qu’ils avaient engrangées ces dernières années ont constitué un amortisseur des effets de ce durcissement, mais elles ne suffiront sans doute pas à les protéger totalement. Certains maillons faibles de la chaîne de l’endettement au Sud sont directement touchés par la chute des matières premières. C’est par exemple le cas de l’Équateur (chute du prix du pétrole) et de l’Argentine (chute du prix du soja exporté). La situation n’est absolument pas sous contrôle et il faut agir résolument pour que ce ne soit pas les peuples qui paient une fois de plus le prix fort [22]. Éric Toussaint Président du CADTM Belgique (Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde). Dernier livre publié : Banque du Sud et nouvelle crise internationale, CADTM/Syllepse, 2008. (Source: Réseau Voltaire)
[1] Entre 20 et 35% du budget de l’État sont consacrés au remboursement de la dette publique dans de nombreux pays. Dans le cas du Brésil, la part du budget de l’État destinée au remboursement de la dette publique interne et externe est quatre fois supérieure à la somme des dépenses en éducation et santé ! Voir Rodrigo Vieira de Ávila, « Brésil : La dette publique est toujours bien là ! »
[2] Voir Eric Toussaint, La Finance contre les peuples, CADTM-Syllepse-Cetim, 2004, chapitre 7. Voir également, Eric Toussaint, Banque mondiale : le Coup d’État permanent. L’agenda caché du Consensus de Washington, CADTM-Syllepse-Cetim, 2006, chapitre 4.
[3] Au 19e siècle, il s’agissait notamment de l’Argentine, de l’Égypte, de la Tunisie, de la Chine et de l’Empire ottoman.
[4] On appelle Triade l’ensemble constitué par l’Amérique du Nord, l’Europe et le Japon.
[5] « Les créances transfrontières des banques déclarantes à la BRI sur les Économies émergentes ont été estimées à 2600 milliards de dollars en 2007, soit une augmentation de 1600 milliards en cinq ans » Banque des règlements internationaux (BRI), 78e Rapport annuel, Bâle, juin 2008, p. 44.
[6] Pour une analyse détaillée du déclenchement de la crise et du contexte international, voir Éric Toussaint, Banque du Sud et nouvelle crise internationale, CADTM-Syllepse, Liège-Paris, 2008, chapitres 9 et 10.
[7] Les commercial papers nord-américains (« asset backed commercial paper », ABCP) sont des titres de créances négociables émis par les banques ou d’autres entreprises sur le marché financier pour une courte période (2 à 270 jours). Ces titres de créances ne sont pas garantis par une contrepartie (une propriété immobilière par exemple). Ils sont basés sur la confiance que l’acheteur du commercial paper éprouve à l’égard de la banque ou de l’entreprise qui le vend.
[8] Collateralized Debt Obligations.
[9] Leveraged Debt Buy-Out. Il s’agit d’opérations de rachat d’entreprises financées par des dettes.
[10] Credit Default Swaps. L’acheteur d’un CDS veut en l’acquérant se protéger contre un risque de non paiement d’une dette. Le marché des CDS s’est fortement développé depuis 2002. Le volume des montants concernés par les CDS a été multiplié par 11 entre 2002 et 2006. Le problème, c’est que ces contrats d’assurance sont vendus sans que s’exerce un contrôle de la part des autorités publiques. L’existence de ces CDS a poussé les entreprises à prendre de plus en plus de risques. Se croyant protégés contre un défaut de paiement, les prêteurs octroient des prêts sans avoir vérifié la capacité de l’emprunteur à rembourser.
[11] Auction Rate Securities. Ces titres vendus aux États-Unis représentent des crédits octroyés à des municipalités, des universités (pour des bourses à des étudiants), des hôpitaux. Chaque semaine, les clients pouvaient en acheter ou en vendre via un système d’enchères (« auction »). En juin-juillet 2008, ce marché s’est effondré et les banques qui avaient commercialisé ces dettes ont dû les racheter à leurs clients et payer des amendes à l’État. Les montants en jeu sont estimés à 330 milliards de dollars et les amendes payées par UBS (150 millions de dollars), Citigroup (100 millions), JPMorgan, Morgan Stanley… totalisent plusieurs centaines de millions de dollars.
[12] Bear Stearns, la 5e banque d’affaires des États-Unis, étaient complètement engluée dans le marché des CDS.
[13] AIG, principal groupe mondial d’assurance, était lui aussi complètement embourbé dans le marché des CDS.
[14] Banque des règlements internationaux, 79e Rapport Annuel 2009, p. 80.
[15] Ibid, p. 84 et p. 94.
[16] Ibid, p. 84.
[17] « En particulier, nombre d’entreprises brésiliennes, coréennes, mexicaines et polonaises avaient souscrit des contrats sur dérivés auprès de banques étrangères ou locales, en 2007 et 2008, pour protéger leurs recettes d’exportations contre une forte appréciation des monnaies locales, voire, parfois, pour spéculer sur la poursuite de la hausse. Ces positions ne figuraient généralement pas au bilan des entreprises. Quand les cours de change se sont repliés face au dollar ou à l’euro, ces dernières ont essuyé de lourdes pertes : selon les estimations, près de 0,8 % du PIB en Corée et plus de 1 % en Pologne. » Source : BRI, 2009, Op. cit., p. 89.
[18] BRI, 2008, Op. cit., p. 55.
[19] La BRI écrit également : « Le crédit bancaire du secteur privé s’est énormément développé durant les cinq dernières années : de 7 points de pourcentage en termes de PIB en Amérique latine et de 30 points de pourcentage dans les pays d’Europe centrale et orientale. Il n’est pas impossible que cette extension ait outrepassé la capacité des établissements à évaluer et à surveiller efficacement leur exposition… », Op. cit., p. 57.
[20] BRI, 2008, Op. cit., p. 56.
[21] BRI, 2009, Op. cit., pp.92-93.
[22] En ce qui concerne les propositions d’alternatives, voir Éric Toussaint, Banque du Sud et nouvelle crise internationale, CADTM-Syllepse, Liège-Paris, 2008, chapitre 1 à 4. Voir également : Éric Toussaint, « Quelles alternatives pour le développement humain ? » , ainsi que Damien Millet et Éric Toussaint, 60 questions/60 réponses sur la dette, le FMI et la Banque mondiale, CADTM-Syllepse, 2008, chapitres 10 à 12.
13:17 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : economie, dette, crise économique et financière
05.08.2009
IRAN: LE PRESIDENT MAMOUD AHMADINEJAD A PRETE SERMENT
Le président iranien a prononcé mercredi son discours d'investiture devant le Parlement iranien. "L'épopée de l'élection présidentielle du 12 juin est le début de changements importants en Iran et dans le monde", a déclaré le chef d'État dès le début de son allocution.
Le dirigeant iranien a par ailleurs averti que l'Iran allait continuer à résister face aux puissances "oppressives". "Ils (les pays occidentaux) ont dit qu'ils reconnaissaient les élections (en Iran), mais qu'ils n'enverraient pas de messages de félicitations. Cela signifie qu'ils veulent la démocratie seulement pour leurs propres intérêts et ne respectent pas les droits des peuples", a-t-il estimé. "Sachez qu'en Iran personne n'attend vos messages de félicitations", a-t-il lancé, notamment à l'intention de Washington, qui a, jusqu'ici, refusé de le féliciter pour sa réélection. Puis le président a formellement prêté serment. "Moi, en tant que président de la République islamique d'Iran, jure devant le Coran sacré, la nation iranienne et Dieu d'être le gardien de la religion officielle, de la République islamique et de la constitution", a-t-il déclaré. Mahmoud Ahmadinejad dispose dorénavant de deux semaines pour soumettre son gouvernement à cette assemblée. La cérémonie a commencé par la récitation de versets du Coran. Le Guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, qui décide des grandes questions politiques du pays, a confirmé lundi l'élection de Mahmoud Ahmadinejad au cours d'une cérémonie en présence de hauts dignitaires du régime.
13:50 Publié dans Iran | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : iran, ahmadinejad
POURQUOI LA CRISE? UN LIVRE A LIRE ET A FAIRE LIRE par Christian BOUCHET
Quand d’un continent à l’autre des grandes sociétés déposent chaque jour leur bilan après avoir reçu des milliards de subventions des États, ce n’est pas le fait du hasard ou d’une quelconque « main invisible » du marché.
Quand en quelques mois des millions d’hommes et de femmes se trouvent privés du jour au lendemain des moyens d’existence les plus élémentaires, c’est n’est pas d’un « mal nécessaire » inévitable et fatal contre lequel on ne peut rien qu’il s’agit. Pourtant, bien peu de personnes, dans les milieux politiques, économiques et financiers dénonçent et s’attaquent aux cause réelles de la crise et à ses responsables. Protégée par les gouvernements, accompagnée par les grandes banques privées, une caste de grands propriétaires privés de l’économie détournent chaque année au niveau mondial 255 milliards de dollars de recettes fiscales et encaissent 860 milliards de dollars de revenu de leurs fortunes non déclarées. Ces intouchables privent ainsi les collectivités humaines des moyens indispensables à leur survie et à leur développement. Résultat : la crise économique et financière se propage et la misère s’accroît sur la planète tandis que les ventes de Rolls-Royce battent des records dans le club très fermé des milliardaires. Qui sont-ils ? Comment procèdent-ils ? De quelles complicités bénéficient-ils ? Où mènent-ils le monde alors que notre collectivité humaine est menacée ? Comment mettre un terme à leur système de pillage ? C’est à ces questions, et à bien d’autres, que répond Jean-Loup Izambert dans son livre Pourquoi la crise ? (disponible via www.librad.com). Journaliste d’investigation indépendant, ancien collaborateur du quotidien Les Échos, de VSD et de L’Humanité, bien connu « des nôtres » (il a collaboré à divers numéros de Résistance) et dénonciateur remarqué de nombreux scandales bancaires récents (voir ses livres sur le Crédit Agricole et le Crédit Lyonnais aux Éditions Carnot et à L’Arganier) Jean-Loup Izambert, dans une style direct et facile à lire nous donne dans cet ouvrages des pistes essentielles pour la réflexion et l’action afin de pouvoir contribuer à changer l’état des choses . (Source: voxnr.com)
10:21 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : économie, crise économique et financière














